Le Québec et le Canada à Davos - Charest se targue d'avoir un emploi du temps chargé
Harper, lui, presse les Européens de prendre les mesures pour endiguer la crise
Davos — Au sommet de Davos, les premiers ministres Stephen Harper et Jean Charest ont chacun trouvé leur propre antidote aux soubresauts de l'économie mondiale.
Pendant que M. Harper faisait pression en coulisse pour que l'Europe accélère la mise en oeuvre des mesures visant à dénouer la crise des dettes publiques, M. Charest amorçait un marathon de rencontres avec des dirigeants de multinationales étrangères qui songent à investir au Québec.
Pas moins de 25 de ces rendez-vous sont prévus d'ici demain soir. «Si ce n'est pas un record, on n'en est pas loin», a lancé Jean Charest à La Presse canadienne hier.
Le premier ministre du Québec est devenu un vieux routier de Davos: il en est à sa septième participation à la réunion annuelle du Forum économique mondial. Pour sa 42e édition, l'événement rassemble pas moins de 2600 membres de l'élite mondiale des affaires, de la politique et des milieux associatifs, dont près de 40 chefs de gouvernement.
M. Harper en est pour sa part à sa deuxième présence dans la station des Alpes suisses. Comme pour ne pas être trop dépaysé, il a senti le besoin d'organiser une «table ronde» avec des leaders du monde canadien des affaires dès son arrivée à Davos, hier. Étaient notamment présents Monique Leroux, p.-d.g. du Mouvement Desjardins, Charles Sirois, président du conseil d'administration de la Banque CIBC, Bill Downe, p.-d.g. de la Banque de Montréal, et Aaron Regent, p.-d.g. de Barrick Gold.
Sans surprise, les chemins des deux premiers ministres ne se sont pas croisés. Jean Charest n'a donc pas eu l'occasion de faire part en personne à Stephen Harper de son désaccord sur deux sujets chauds: le financement fédéral des soins de santé et les coûts liés au projet de loi C-10, qui accroît les peines de prison pour plusieurs crimes.
Il faut dire que le premier ministre fédéral avait la tête ailleurs. Hier soir, il a eu un tête-à-tête avec la première ministre danoise, Helle Thorning-Schmidt. Selon l'entourage de M. Harper, celui-ci a prévenu l'actuelle présidente de l'Union européenne que l'économie mondiale écoperait si le Vieux Continent n'agit pas de manière décisive pour juguler la crise. Le chef conservateur doit réitérer le même message aujourd'hui lors d'une allocution qu'il prononcera dans l'amphithéâtre du centre des congrès de Davos.
La chancelière allemande, Angela Merkel, qui prononçait hier le discours d'ouverture du sommet, a assuré que son pays était prêt à s'engager plus à fond pour sauver l'euro. Elle a toutefois refusé de promettre plus d'argent pour venir en aide aux pays européens les plus mal en point, la Grèce notamment.
Stephen Harper attirera également l'attention de son auditoire sélect sur la solidité du système bancaire canadien, qui a relativement bien traversé la crise financière des dernières années. «Parler positivement d'investissement, de commerce international et de l'importance d'une fiscalité équilibrée, ce sont des messages qui sont nécessaires et le Canada est bien placé pour les donner», a estimé l'ancien ministre libéral John Manley, maintenant p.-d.g. du Conseil canadien des chefs d'entreprises, qui a participé à la table ronde avec M. Harper hier.
M. Manley a tenu à répondre aux critiques du sommet de Davos — et du capitalisme en général. «Vous aurez toujours du mal à redistribuer la richesse si vous ne la créez pas», a-t-il lancé.
En matinée, le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, a participé à un panel sur les risques auxquels est actuellement confronté le monde. Il a estimé qu'au mieux, à peine la moitié des réformes nécessaires pour redresser le système financier ont été engagées à ce jour.
M. Carney a refusé de se prononcer spécifiquement sur la possibilité que l'Europe s'enfonce davantage. Il s'est toutefois montré encouragé par la détermination des dirigeants politiques du continent à prendre les choses en main.
Pour sa part, le célèbre financier américain George Soros a soutenu, dans un discours fort couru, que l'Europe était enlisée dans une «spirale de décroissance». Selon lui, il serait possible d'émettre des «euro-obligations» à 1 % d'intérêt pour amorcer une sortie de crise.
Outre ses rencontres avec des gens d'affaires, Jean Charest a rendez-vous aujourd'hui avec Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, le parti au pouvoir en France, Michel Barnier, commissaire européen chargé du marché intérieur et des services, ainsi que Enrique Peina Nieto, candidat à la présidentielle mexicaine.
Pendant que M. Harper faisait pression en coulisse pour que l'Europe accélère la mise en oeuvre des mesures visant à dénouer la crise des dettes publiques, M. Charest amorçait un marathon de rencontres avec des dirigeants de multinationales étrangères qui songent à investir au Québec.
Pas moins de 25 de ces rendez-vous sont prévus d'ici demain soir. «Si ce n'est pas un record, on n'en est pas loin», a lancé Jean Charest à La Presse canadienne hier.
Le premier ministre du Québec est devenu un vieux routier de Davos: il en est à sa septième participation à la réunion annuelle du Forum économique mondial. Pour sa 42e édition, l'événement rassemble pas moins de 2600 membres de l'élite mondiale des affaires, de la politique et des milieux associatifs, dont près de 40 chefs de gouvernement.
M. Harper en est pour sa part à sa deuxième présence dans la station des Alpes suisses. Comme pour ne pas être trop dépaysé, il a senti le besoin d'organiser une «table ronde» avec des leaders du monde canadien des affaires dès son arrivée à Davos, hier. Étaient notamment présents Monique Leroux, p.-d.g. du Mouvement Desjardins, Charles Sirois, président du conseil d'administration de la Banque CIBC, Bill Downe, p.-d.g. de la Banque de Montréal, et Aaron Regent, p.-d.g. de Barrick Gold.
Sans surprise, les chemins des deux premiers ministres ne se sont pas croisés. Jean Charest n'a donc pas eu l'occasion de faire part en personne à Stephen Harper de son désaccord sur deux sujets chauds: le financement fédéral des soins de santé et les coûts liés au projet de loi C-10, qui accroît les peines de prison pour plusieurs crimes.
Il faut dire que le premier ministre fédéral avait la tête ailleurs. Hier soir, il a eu un tête-à-tête avec la première ministre danoise, Helle Thorning-Schmidt. Selon l'entourage de M. Harper, celui-ci a prévenu l'actuelle présidente de l'Union européenne que l'économie mondiale écoperait si le Vieux Continent n'agit pas de manière décisive pour juguler la crise. Le chef conservateur doit réitérer le même message aujourd'hui lors d'une allocution qu'il prononcera dans l'amphithéâtre du centre des congrès de Davos.
La chancelière allemande, Angela Merkel, qui prononçait hier le discours d'ouverture du sommet, a assuré que son pays était prêt à s'engager plus à fond pour sauver l'euro. Elle a toutefois refusé de promettre plus d'argent pour venir en aide aux pays européens les plus mal en point, la Grèce notamment.
Stephen Harper attirera également l'attention de son auditoire sélect sur la solidité du système bancaire canadien, qui a relativement bien traversé la crise financière des dernières années. «Parler positivement d'investissement, de commerce international et de l'importance d'une fiscalité équilibrée, ce sont des messages qui sont nécessaires et le Canada est bien placé pour les donner», a estimé l'ancien ministre libéral John Manley, maintenant p.-d.g. du Conseil canadien des chefs d'entreprises, qui a participé à la table ronde avec M. Harper hier.
M. Manley a tenu à répondre aux critiques du sommet de Davos — et du capitalisme en général. «Vous aurez toujours du mal à redistribuer la richesse si vous ne la créez pas», a-t-il lancé.
En matinée, le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, a participé à un panel sur les risques auxquels est actuellement confronté le monde. Il a estimé qu'au mieux, à peine la moitié des réformes nécessaires pour redresser le système financier ont été engagées à ce jour.
M. Carney a refusé de se prononcer spécifiquement sur la possibilité que l'Europe s'enfonce davantage. Il s'est toutefois montré encouragé par la détermination des dirigeants politiques du continent à prendre les choses en main.
Pour sa part, le célèbre financier américain George Soros a soutenu, dans un discours fort couru, que l'Europe était enlisée dans une «spirale de décroissance». Selon lui, il serait possible d'émettre des «euro-obligations» à 1 % d'intérêt pour amorcer une sortie de crise.
Outre ses rencontres avec des gens d'affaires, Jean Charest a rendez-vous aujourd'hui avec Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, le parti au pouvoir en France, Michel Barnier, commissaire européen chargé du marché intérieur et des services, ainsi que Enrique Peina Nieto, candidat à la présidentielle mexicaine.
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