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Même Davos doute du capitalisme...

Le modèle s'éteindra s'il n'est pas rapidement réformé

Le prix Nobel de la paix Desmond Tutu a estimé hier que le tour était venu pour les femmes de se soulever, après le mouvement de révolte dans le monde arabe. Les femmes ont été trop longtemps exclues de la politique, a estimé l’archevêque anglican lors du Forum économique mondial (WEF) à Davos, où une majorité des participants sont des hommes. «Nous devons rétablir le rapport de force. Assurons-nous que les femmes obtiennent un rôle important dans les processus de décision», a déclaré Desmond Tutu, ajoutant que «nous avons exclu les femmes». «Nous avons besoin d’une révolution dirigée par les femmes. Je pense que les femmes devraient dire à nous, les hommes: “vous avez fichu la pagaille, sortez et laissez-nous entrer”», a ajouté le Prix Nobel, qui s’exprimait après la chancelière allemande, Angela Merkel, et la présidente suisse, Eveline Widmer-Schlumpf.<br />
Photo : Agence Reuters Christian Hartmann
Le prix Nobel de la paix Desmond Tutu a estimé hier que le tour était venu pour les femmes de se soulever, après le mouvement de révolte dans le monde arabe. Les femmes ont été trop longtemps exclues de la politique, a estimé l’archevêque anglican lors du Forum économique mondial (WEF) à Davos, où une majorité des participants sont des hommes. «Nous devons rétablir le rapport de force. Assurons-nous que les femmes obtiennent un rôle important dans les processus de décision», a déclaré Desmond Tutu, ajoutant que «nous avons exclu les femmes». «Nous avons besoin d’une révolution dirigée par les femmes. Je pense que les femmes devraient dire à nous, les hommes: “vous avez fichu la pagaille, sortez et laissez-nous entrer”», a ajouté le Prix Nobel, qui s’exprimait après la chancelière allemande, Angela Merkel, et la présidente suisse, Eveline Widmer-Schlumpf.
Davos — Le Forum économique mondial a dressé dès son premier débat un constat d'échec du capitalisme occidental à l'avenir «incertain», face aux coups de butoir des pays émergents et de leur modèle.

Ben J. Verwaayen, directeur général du groupe de télécoms Alcatel-Lucent, a été le premier à évoquer «le blues à Davos» des dirigeants politiques et économiques de la planète et la «désillusion face aux promesses non tenues». Mais au Brésil ou en Inde, a-t-il souligné, les jeunes ont une vision du monde «bien différente».

«Nous pensons que nous prenons des décisions nationales alors qu'elles sont prises au niveau mondial», notamment en matière d'emploi, a-t-il dit, déplorant le «manque de pouvoirs» des entreprises. «Le consommateur, lui, remplit son panier de produits issus de la mondialisation et demande qu'on le protège contre la mondialisation», a-t-il ajouté.

Pessimiste lui aussi, David M. Rubenstein, co-directeur du fonds d'investissement américain Carlyle, a prédit la mort du capitalisme occidental «dans trois ou quatre ans», plombé par la dette et les déficits, si rien n'est entrepris pour redresser la barre. «Je pense que nous avons trois ou quatre ans dans les pays occidentaux pour améliorer notre modèle économique, sinon nous aurons perdu la partie face au capitalisme des pays émergents ou au capitalisme d'État» en Chine, a-t-il ajouté. «Si nous n'agissons pas rapidement, quand nous nous retrouverons ici [à Davos] dans trois ou quatre ans, le type de capitalisme que beaucoup d'entre nous ont connu et que nous avons cru être la meilleure forme de capitalisme, aura vécu», a-t-il dit.

M. Rubenstein, 62 ans, l'un des fondateurs du groupe Carlyle, vient de recevoir un dividende de 134 millions de dollars à l'issue d'une année très profitable.

«Comment créer des emplois? C'est la question», s'est interrogé de son côté Raghuram G. Rajan, professeur de finances à l'université de Chicago, déplorant une «croissance industrielle trop lente», tandis que M. Verwaayen plaçait ses espoirs dans les nouvelles technologies, créatrices d'emplois pour les jeunes générations. «Et comment partage-t-on les profits ?» l'a interrompu Sharan Burrow, secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale (CSI) qui représente 175 millions de travailleurs dans 151 pays.

«Que l'économie réelle se lève», a-t-elle plaidé, rappelant la nécessité de salaires décents devant l'appauvrissement des salariés et notant que le salaire horaire minimal aux États-unis est de 7,20 $US. «Est-ce que l'économie réelle va avoir droit au chapitre, parce que les marchés financiers nous tuent... Personne ne va aimer l'instabilité sociale qui va suivre», a-t-elle averti, accusant les banques d'être les «plus gros tyrans» de la planète.

«Ceux qui peuvent faire changer le monde, ce sont les jeunes», a finalement conclu David Rubenstein, notant toutefois qu'aucun jeune n'avait été invité sur le plateau du débat, tandis que Raghuram Rajan observait que nombre d'entre eux, souvent très diplômés, étaient laissés sur le côté, les chiffres du chômage chez les jeunes atteignant 40 % en Espagne, 45 % en Grèce.

Plus tard dans la journée, la chancelière allemande Angela Merkel, inaugurant ce 42e Forum de Davos, s'est aussi alarmée de ces chiffres: «Il ne faut pas s'étonner si ces jeunes ne sont pas convaincus par l'Europe. Personne ne va croire en l'Europe si le chômage augmente», a-t-elle lancé.

Mme Merkel est toutefois restée déterminée à maintenir le cap dans la crise qui secoue l'Europe, en dépit des doutes sur la pertinence des réponses apportées jusqu'à présent. La dirigeante de la première économie européenne a confirmé dans son discours que le chemin emprunté jusqu'à présent par l'Allemagne pour résoudre la crise de la dette était le bon.

Il n'est ainsi toujours pas question pour la chancelière allemande de desserrer une fois encore les cordons de la bourse en augmentant la capacité des pare-feux que l'Europe cherche à mettre en place pour éviter la contagion de la crise de la dette à d'autres pays.
Le prix Nobel de la paix Desmond Tutu a estim&eacute; hier que le tour &eacute;tait venu pour les femmes de se soulever, apr&egrave;s le mouvement de r&eacute;volte dans le monde arabe. Les femmes ont &eacute;t&eacute; trop longtemps exclues de la politique, a estim&eacute; l&rsquo;archev&ecirc;que anglican lors du Forum &eacute;conomique mondial (WEF) &agrave; Davos, o&ugrave; une majorit&eacute; des participants sont des hommes. &laquo;Nous devons r&eacute;tablir le rapport de force. Assurons-nous que les femmes obtiennent un r&ocirc;le important dans les processus de d&eacute;cision&raquo;, a d&eacute;clar&eacute; Desmond Tutu, ajoutant que &laquo;nous avons exclu les femmes&raquo;. &laquo;Nous avons besoin d&rsquo;une r&eacute;volution dirig&eacute;e par les femmes. Je pense que les femmes devraient dire &agrave; nous, les hommes: &ldquo;vous avez fichu la pagaille, sortez et laissez-nous entrer&rdquo;&raquo;, a ajout&eacute; le Prix Nobel, qui s&rsquo;exprimait apr&egrave;s la chanceli&egrave;re allemande, Angela Merkel, et la pr&eacute;sidente suisse, Eveline Widmer-Schlumpf.<br />
Les Canadiens &agrave; Davos : les premiers ministres du Canada et du Qu&eacute;bec, Stephen Harper et Jean Charest, de m&ecirc;me que le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, ont fait le voyage jusqu&rsquo;en Suisse afin de participer &agrave; cette rencontre annuelle des leaders mondiaux de la finance et de la politique pour r&eacute;fl&eacute;chir &agrave; l&rsquo;&eacute;tat &eacute;conomique du monde.<br />
 
 
 
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  • Jacques Saint-Cyr
    Inscrit
    jeudi 26 janvier 2012 09h32
    Panique chez les ayants droit
    La montée en puissance des pays émergents, les efforts de leurs populations pour maîtriser les dernières techniques et pour produire font que les pays occidentaux se retrouveront bientôt dans la dèche, le cul sur la paille. Depuis des décennies, nous négligeons l'industrie et jouons au Monopoly avec l'argent des autres (Moyen-Orient, Chine), en nous dotant des systèmes sociaux les plus avancés.
    Les vieux rentiers atrabilaires de Davos sont dépassés parce qu'ils s'appuient sur des monnaies qui ne tiennent plus la route. Qui, aujourd'hui, a la crédibilité requise pour nous inviter à mettre la main à la pâte? Des potiches parlementaires qui construisent des amphithéâtre et rêvent de jeux olympiques? Il est significatif que le Plan Nord devienne ici la planche de salut: nous comptons sur un accident géographique pour requinquer notre économie.

  • Mathieu Bouchard
    Abonné
    jeudi 26 janvier 2012 10h43
    Salaires minimums, avantages sociaux
    On peut pas directement comparer des salaires minimums comme ça. Aux USA, ils ont un certain nombre d'exceptions aux salaires minimums qui sont plus grandes qu'ici. Par exemple, au Maine, les employés à pourboires font juste 3,75 $/h ; en Arkansas, le salaire minimum existe juste pour des entreprises qui ont au moins 4 employés ; etc. Il y a aussi des standards fédéraux et municipaux et je sais pas très bien comment ils se superposent. San Francisco est déjà à 10 $/h. En plus, ce sont généralement de grosses améliorations par rapport à avant : il y a juste 2 ans ½ que le standard fédéral est passé à 7,25 $, alors qu'en 2007 c'était 5,15 $. Pour les employés à pourboire, le minimum était 2,13 $/h et l'est ENCORE (!!!).

    Mais plus important encore, si les avantages sociaux sont pas inclus, alors c'est pas très équivalent. 10 $/h ça vient pas nécessairement avec l'assurance-maladie. La loi d'Obama met des plafonds aux primes d'assurance privée, elle n'instaure pas d'assurance publique. Ça veut dire que si tu fais 7,25 $ de l'heure, tu payes des impôts, pis APRÈS ÇA tu payes ton assurance maladie privée... si t'es capable. Il y a encore plein de monde qui peuvent pas se la payer. Avoir des listes d'attentes courtes, c'est pas magique, ils faut bien qu'ils excluent plein de gens et qu'ils payent des salaires élevés à des médecins qui seraient pas là si les salaires étaient juste raisonnables. La plupart des faillites impliquent de grosses dettes médicales. (Ça serait mieux si un américain l'expliquait, parce que je connais pas bien ce système.)

    Ça se rajoute à toutes les autres différences de coût de la vie qu'on imagine habituellement, ou qu'on oublie d'imaginer. Ils ont pas Hydro-Québec pour vendre en-dessous du marché, par exemple.

    Et si les Républicains rentrent, avec la dette fédérale qu'il y a, pensez-vous qu'ils vont pas couper dans l'assurance-maladie ?

  • stephane dupras
    Inscrit
    jeudi 26 janvier 2012 11h28
    Que ca pète !
    Pour que ca change il faut que la pression soit au-delà de la capacité du système néolibéral à récupérer les réformes. Malheureusement le prix à payer semble être immense pour la société. C'est comme le dentiste, plus on attend plus ca fait mal, alors que ca pète !

  • Vincent Bussière
    Abonné
    jeudi 26 janvier 2012 13h14
    Desmond Tutu et les femmes!
    L’église protestante accorde plus de place à la femme dans notre société que sa sœur de Rome mais malgré cela, il faut bien être un général du christianisme ou les femmes sont exclus en presque totalité des grandes décisions, pour dicter au monde la juste place qu'elles devraient occuper dans la société, si il y a un péché commis par les églises chrétiennes c'est bien celui là! Heureusement ces gens sont à même le confessionnal, il peuvent pêcher puis se confesser puis pécher à nouveau... ou est le ferme propos monsignore?
    Néanmoins il s'agit d'un pas important! Dieu vous pardonne, dite trois ''Je vous salue Marie'', allez et ne péché plus!

  • Cover3
    Inscrit
    jeudi 26 janvier 2012 14h11
    Pure démagogie
    Ca s'en vient redondant, bon, le capitalisme a ''échoué'', donc la solution est clairement de remonter le salaire minimum, ca donnera une encore meilleure excuse pour monter les taxes et agrandir les fonctions de l'état quand cette idée mène inévitablement a un plus haut taux de chômage.. si la solution a une amélioration des conditions de vie des personnes entrant dans le marché du travail était aussi simple que pour des politiciens de fixer le salaire minimum a un niveau arbitraire, pourquoi pas 20 dollars l'heure? quelle logique pouvez vous m'offrir pour refuser une telle proposition, ou p-e êtes vous d'accord avec celle ci?

  • homocalculus
    Inscrit
    vendredi 27 janvier 2012 12h48
    Le capitalisme vs l'économie vs les systèmes financiers.
    Tous semblent d'accord que le capitalisme (actuel) ne fonctionne pas. Mais, à bien y penser, ce n'est pas le capitalisme qui ne fonctionne pas..., ce sont les systèmes économiques et financiers qui , au-dessus du capitalisme, sont malades...! Donc, changeons-les!
    Mais pour ce faire, faut y aller progressivement...
    Commencer par limiter les avoirs des multimilliardaires, en distribuant aux autres... leurs surplus inutiles socialement et financièrement.
    Deuxièmement, stoppons les actions des spéculateurs (qui n'apportent rien à la société...),
    Troisièment , inventons un autre modèle d'économie afin que les ressources soient distribuées équitablement aux nécessiteux (95% de la société),
    Enfin,élisons des gens plus instruits et...honnêtes comme politiciens , et j'en passe. Si on connaît les problèmes et leurs causes, c'est le temps d'être INVENTIF et CRÉATEUR!
    Cela prendrait beaucoup de courage mais, c'est possible; faut simplement y croire et agir car nous sommes en pleine crise révolutiionnaire dans le monde. Dommage qu'on n'entende jamais parler d'un tel...projet ! Utopique? Vu par les ricchissimes, probablement mais certes pas par les autres...
    Amen
    HOMOCALCULUS

    maurice.bernard@videotron.ca

  • Christian PHILIPPE
    Inscrit
    mardi 31 janvier 2012 05h07
    SIMPLEMENT DROITS DE L HOMME
    Prendre les problèmes au seul niveau économique serait un leurre qui n'arrangerait rien, la crise est bien plus humaine.
    Faites donc l'expérience de reprendre les simples fondements des Droits de l'Homme et tachez d'y insérer nos données économiques. Vous n'irez pas loin dans la logique!
    Ou vous modifiez les données économiques ou les Droits de l'Homme ou pire la logique même comme aujourd'hui. On nous fait croire des hommes et nous ne sommes qu'une donnée économique, la plus malléable qui plus est, voyez la force des média.
    Ne me faites pas dire que se serait Communisme, Socialisme ou quelconque histoire ancienne? Non, Démocratie seulement qui n'existe plus!
    Pas d'emplâtre donc sur une jambe de bois et en plus on a attendu que le bois soit vermoulu. Voilà ce qu'ils constatent à DAVOS. Cela leur chauffe aux fesses, ils ont peur d'une surchauffe quelque part et d'un incendie général, voilà leur crainte, toujours pas l'intérêt des Peuples. Or ils ne peuvent plus résoudre le problème sans nous! Alors..qui prendra le pouvoir?
    Nous pardi! En adaptant l'économie libérale du capital de ces lascars à nos Droits d'Hommes à nous et ils ne devront commercer pour nous qu'avec les pays qui appliquent ces règles là pour leurs Peuples.On verra s'ils produisent alors meilleur marché que nous. Nous pouvons encore exiger cela de la mondialisation car nous sommes encore les grands consommateurs.
    Ce ne sera plus le cas très bientôt. et nous n'aurons plus même ni emplâtre, ni béquilles pour nos 2 jambes de bois.
    DAVOS a besoin de philosophes pas d'économistes!

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