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Malgré les promesses du nouveau patron de RIM, les investisseurs réagissent mal

Autrefois une des sociétés canadiennes les plus fortement évaluées, RIM a plongé ces dernières années et a perdu un part du marché aux mains de concurrents comme Apple, avec son iPhone, et Google, avec son système d’exploitation pour téléphone Android.
Photo : Agence Reuters
Autrefois une des sociétés canadiennes les plus fortement évaluées, RIM a plongé ces dernières années et a perdu un part du marché aux mains de concurrents comme Apple, avec son iPhone, et Google, avec son système d’exploitation pour téléphone Android.
Le nouveau patron de Research In Motion a pris aujourd'hui les rênes du fabricant des téléphones intelligents BlackBerry avec optimisme, mais la réaction négative des marchés financiers suggère qu’il devra redresser rapidement la barre pour rassurer les investisseurs.

L’action de RIM retraitait de plus de neuf pour cent cet après-midi, à la suite de la réorganisation qui voit Thorsten Heins devenir immédiatement chef de la direction, et les deux cochefs précédents, Jim Balsillie et Mike Lazaridis, tirer leur révérence. Mais si les deux anciens patrons ne font plus partie de la haute direction, ils restent malgré tout membres du conseil d’administration de la société.

M. Heins, qui était jusque là chef de l’exploitation de RIM, s’est dit convaincu que la société serait appelée à jouer un rôle clé dans la course aux téléphones intelligents, malgré les inquiétudes d’analystes qui jugent qu’elle a cédé beaucoup trop de terrain au profit de ses concurrents.

«Je ne crois pas qu’un changement draconien soit nécessaire», a affirmé M. Heins lors d’une conférence téléphonique avec des analystes.

«Nos stratégies, nos tactiques et nos processus évoluent (...) Je veux que nous soyons un peu plus attentifs au marché des consommateurs et que nous comprenions mieux les tendances — et non simplement faire ce que les analystes nous disent de faire.»

Cependant, l’action de Research In Motion cédait  1,58 $, soit plus de neuf pour cent, à 15,67 $ à la Bourse de Toronto, tandis qu’un important investisseurs exprimait sa déception vis-à-vis de la réorganisation.

«Le marché vote avec ses pieds», a affirmé Vic Alboini, président de la firme Jaguar Financial, à Toronto, qui milite en faveur d’un changement de la structure du conseil d’administration de RIM depuis plusieurs mois.

«Le marché dit ’c’est du pareil au même»’, a poursuivi M. Alboini, membre d’un groupe d’actionnaires qui partagent ses opinions et qui détiennent ensemble une participation de plus de 10 pour cent dans RIM.

Le changement ne va pas assez loin pour éliminer le besoin d’une révision stratégique des activités, qui s’intéresserait à une éventuelle vente de la société ou de certaines de ses divisions, a-t-il expliqué.

«Le nouveau chef de la direction (...), ne peut fermer la porte à aucune possibilité. Dans l’ensemble, il s’agit d’une nouvelle négative, malheureusement, parce qu’ils laissent les deux cochefs de la direction sur le conseil», a-t-il affirmé.

«La dernière chose que vous voudriez faire, c’est d’entourer le nouveau chef de la direction — à qui vous demandez de penser différemment et d’avoir des initiatives indépendantes — du passé de RIM en la personne des deux cofondateurs qui se retrouvent assis à la table du conseil.»

M. Alboini, qui a été un des critiques les plus virulents de RIM ces derniers temps, avait demandé il y a déjà plusieurs mois la démission de MM. Balsillie et Lazaridis. Il a qualifié le nouveau chef de la direction et les administrateurs d’«équipe de transition», affirmant qu’ils n’auraient que quelques mois pour afficher les résultats attendus.

L’entreprise de Waterloo, en Ontario, a annoncé tard dimanche soir que MM. Balsillie et Lazaridis étaient remplacés par Thorsten Heins, qui s’est joint à RIM il y a quatre ans après un passage chez Siemens AG. La nomination vise à sortir RIM du marasme dans lequel elle se trouve depuis quelques temps et à calmer les investisseurs.

«Ce n’est pas un changement sismique», a admis aujourd'hui M. Heins, en réponse à une question lors de la conférence téléphonique.

Plus tôt, dans une allocution préparée, M. Heins a affirmé que la société n’avait pas encore terminé sa «transformation majeure» qui l’a vu passer d’une petite entreprise technologique canadienne à un important joueur.

«Comme toutes les entreprises qui grandissent à l’échelle mondiale, on rencontre quelques pépins en cours de route ici et là, mais la clé, c’est d’apprendre de ces erreurs.»

«Il ne fait aucun doute que nous sommes plus forts aujourd’hui en raison de ce que nous avons vécu.»

Autrefois une des sociétés canadiennes les plus fortement évaluées, RIM a plongé ces dernières années et a perdu un part du marché aux mains de concurrents comme Apple, avec son iPhone, et Google, avec son système d’exploitation pour téléphone Android.

 
 
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