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    La colère populaire menace la croissance mondiale

    Le chômage des jeunes et la montée des inégalités figurent au sommet des facteurs de risque

    La colère populaire, exprimée sur notre photo par le mouvement de contestation des<em> «indignados»</em> espagnols en octobre dernier, incarnerait une menace pour la croissance mondiale, selon le forum de Davos.<br />
    Photo : Agence Reuters La colère populaire, exprimée sur notre photo par le mouvement de contestation des «indignados» espagnols en octobre dernier, incarnerait une menace pour la croissance mondiale, selon le forum de Davos.

    Le chômage des jeunes, le vieillissement de la population et la montée des inégalités attisent une colère populaire qui menace la croissance mondiale, prévient le forum de Davos. L'omniprésence des nouvelles technologies de l'information et la désuétude des moyens d'encadrement des gouvernements dans un monde de plus en plus complexe et interdépendant apparaissent aussi sur la liste de la cinquantaine de risques que court l'humanité à long terme.

    L'explosion d'une population jeune aux perspectives restreintes, le nombre croissant de retraités dépendant d'États surendettés et le fossé grandissant entre riches et pauvres alimentent une dystopie (le contraire d'une utopie) qui, en absence d'option viable, est susceptible de se traduire en nationalisme, en populisme et en protectionnisme à un moment où le monde peine à se relever de sa pire crise économique depuis les années 30 et qu'il aurait bien besoin du contraire, a observé hier la 7e édition du Rapport sur les risques mondiaux du Forum économique mondial qui se tiendra à la fin du mois à Davos, en Suisse.

    «Pour la première fois depuis des générations, de nombreuses personnes ont cessé de penser que leurs enfants auront un meilleur niveau de vie qu'elles-mêmes», a constaté le responsable du rapport au Forum, Lee Howell. «Le sentiment de malaise est particulièrement prégnant dans les pays industrialisés qui, historiquement, ont été une source de grande confiance et d'idées audacieuses. [...] Il faut que les dirigeants politiques s'en préoccupent immédiatement», a-t-il ajouté à Reuters.

    Le rapport de 62 pages évoque deux autres «facteurs de risque majeurs». L'un d'eux est «le côté sombre de la connectivité» dans un monde où 5 milliards d'ordinateurs, de téléphones intelligents et de mille et un autres appareils sont déjà branchés sur Internet et où l'on prévoit que ce nombre dépassera les 30 milliards en 2020. Cette «hyperconnectivité» se révèle un puissant moteur de progrès économique et social, comme l'a encore montré récemment le printemps arabe. Mais elle expose aussi les pays, les entreprises, les services publics et les citoyens à toutes sortes de nouvelles menaces prenant la forme d'accidents ou d'attaques lancées par des puissances ennemies, des terroristes, des criminels ou de petits pirates informatiques.

    Le troisième facteur de risque majeur est l'inadéquation des mécanismes de contrôle de l'État en une ère où la moindre question est liée à un ensemble de phénomènes qui dépassent les frontières et dont la nature et l'ampleur des répercussions sont souvent inattendues. «Les actuels processus de régulation tendent à se concentrer sur des industries, des secteurs et des actions spécifiques et sont souvent trop compliqués, trop fragmentés et trop lents pour suivre l'accélération des changements mondiaux», observent les auteurs du rapport.

    «Nos protections doivent être proactives plutôt que réactives, a expliqué David Cole, Chief Risk Officer chez le réassureur Swiss Re. De même, il est important de donner aux réglementations plus de flexibilité, afin qu'elles puissent s'adapter efficacement aux changements.»

    50 menaces interreliées

    Outre le forum de Davos et Swiss Re, le rapport dévoilé hier a été rédigé par la firme de consultant Marsh & McLennan Companies, l'Université de Pennsylvanie et l'assureur Zurich Financial Services à partir d'un sondage réalisé auprès de 469 experts et dirigeants économiques. Il établit la liste d'une cinquantaine de phénomènes représentant un risque mondial sur un horizon de 10 ans. Ces risques sont évalués en terme de probabilité et d'impact potentiel et sont classés dans cinq catégories: économiques, environnementaux, géopolitiques, sociaux et technologiques. Les cinq qui sont jugés les plus importants en terme de probabilité sont: les sévères disparités de revenus, les déséquilibres financiers chroniques, l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre, les cyberattaques et les crises d'approvisionnement en eau.

    Bien que la cinquantaine de risques présentés dans le rapport cette année sont sensiblement les mêmes que ceux relevés dans les rapports précédents, la liste des cinq plus importants tend à suivre la conjoncture, pour ne pas dire les modes.

    Les menaces de pandémies et d'explosion des prix du pétrole arrivaient souvent en tête les premières années. La peur de l'effondrement du prix des actifs est arrivée en tête de liste de 2008 à 2010, alors que des enjeux environnementaux occupaient quatre des cinq premières places l'an dernier. On souligne cependant chaque fois l'interdépendance grandissante des humains et l'importance primordiale qu'ils apprennent à voir à plus long terme.

    Les leçons de Fukushima


    Les auteurs du rapport de cette année se sont penchés sur le cas du tsunami qui a récemment frappé le Japon et qui a mené à l'accident à la centrale de Fukushima afin d'essayer d'en tirer des leçons. La catastrophe a pris par surprise un pays pourtant habitué à ce genre d'événement, tuant 20 000 personnes et bouleversant la vie de 100 000 autres, sans parler des 220 milliards de dommages directs et des 450 à 775 milliards de dommages indirects. Des travailleurs de l'automobile à Detroit ne se doutaient pas que cette tragédie de l'autre côté de la planète allait les mettre en chômage technique, faute de pièces.

    Plusieurs organisations japonaises ont toutefois montré qu'elles avaient appris des tremblements de terre précédents. Elles ont su retomber rapidement sur leurs pieds grâce, notamment, à leur organisation en réseau, leurs systèmes de direction décentralisés, les liens souples entre leurs différentes unités, leur recours à des employés polyvalents et leurs règles de fonctionnement simples et flexibles.

    Le rapport «montre que la gouvernance mondiale et tous les risques mondiaux sont étroitement imbriqués, a conclu hier l'un de ses auteurs, Howard Kunreulther, professeur de sciences décisionnelles à la Wharton School de l'Université de Pennsylvanie. Il invite à repenser les responsabilités privées et publiques pour améliorer la confiance. Il fournit la base d'un dialogue sur les incidences néfastes d'une réflexion à courte vue et sur la nécessité de développer des stratégies à long terme à la fois réalistes et bien perçues.»
     
     
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