jeudi 23 février 2012 Dernière mise à jour 00h19
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Gaz de schiste - Des entreprises québécoises veulent leur part du gâteau

Convaincus que le Québec se lancera d'ici deux ans dans l'exploitation à grande échelle du gaz de schiste, des promoteurs impliqués dans l'industrie souhaitent maintenant que la province développe son propre secteur des services en matière d'exploitation pétrolière et gazière. Cela permettrait d'accélérer l'implantation des entreprises vouées à l'extraction d'énergies fossiles, qui pourraient alors espérer forer une moyenne de 200 puits par année.

«Il n'y a aucune raison, si on développe une industrie, qu'on ne puisse pas développer les services pour cette industrie», a fait valoir hier au Devoir le président de la nouvelle Association québécoise des fournisseurs de services pétroliers et gaziers (AFSPG), Mario Lévesque. «Présentement, les coûts de développement des puits sont très élevés dans l'est du Canada. Si on peut développer une industrie au Québec, on devrait pouvoir réduire les coûts pour les entreprises», a ajouté celui qui est lui-même propriétaire d'une entreprise spécialisée dans la gestion de chantiers lors de relevés sismiques.

M. Lévesque reconnaît toutefois que les gazières et les pétrolières viendront forer et fracturer le sous-sol québécois avec ou sans recours aux entreprises d'ici. «L'industrie se développerait tout de même. Mais si on ne le fait pas avec les Québécois, le Québec va manquer le bateau. Le calcul est simple. Présentement, ça coûte environ 15 millions de dollars pour faire un puits. Un total de 100 % de l'argent nécessaire pour faire un puits va à l'industrie du service. Pour moi, si on fait 200 puits par année au Québec, il y a un potentiel de 3 milliards de dollars par année en retombées directes pour les entrepreneurs.» À ce rythme, il y aurait 2000 nouveaux puits tous les 10 ans au Québec, et ce, pour plusieurs décennies.

Mais pour le moment, en raison de l'explosion du nombre de projets gaziers et pétroliers dans l'Ouest canadien et aux États-Unis, les entreprises qui ont mis la main sur les permis d'exploration au Québec — à raison de 10 ¢ l'hectare — sont moins actives dans la province. Les équipements nécessaires pour les travaux et la main-d'oeuvre spécialisée sont plus coûteux et le prix du gaz naturel est au plus bas.

Mario Lévesque espère donc inciter les entreprises à investir davantage au Québec d'ici deux ans en améliorant l'accès aux équipements et aux autres services nécessaires durant les phases d'exploration et d'exploitation. L'AFSPG, fondée en décembre 2011, compte rallier plusieurs entreprises du Québec à sa cause, que ce soit pour la construction de sites de forage, pour la réalisation de relevés sismiques ou pour assurer le transport. «Les entreprises vont devoir se développer en travaillant en partenariat avec les entreprises de l'extérieur [du Québec]. Mais une fois que les entrepreneurs locaux auront acquis de l'expérience, ils pourront développer leurs propres entreprises, croit M. Lévesque. Dans deux ans, on ne pourra pas fournir 100 % des services. Mais cinq ans après, oui.»

Précipité?

Il ne juge par ailleurs pas cette démarche précipitée, bien que le débat sur la pertinence d'exploiter le gaz de schiste dans la vallée du Saint-Laurent fasse toujours rage. Lundi dernier, on apprenait d'ailleurs que 20 000 propriétaires fonciers comptent, pour le moment, refuser l'accès à leur terrain aux gazières. Sans oublier que la question pétrolière n'a fait l'objet d'aucun débat public. Bref, on ne connaît pas encore les risques associés à l'exploitation gazière et pétrolière.

Le président de l'AFSPG — qui a aussi été porte-parole du Mouvement d'appui au gaz de schiste — a dit respecter l'évaluation environnementale stratégique (EES) lancée par les libéraux. Selon lui, ce processus «donne le temps aux gens d'analyser ce qui se passe». Il reconnaît que les citoyens peuvent être «craintifs» de prime abord. Mais selon lui, «une fois que les gens ont compris les tenants et les aboutissants, la crainte s'évapore». Et le verdict de Mario Lévesque est clair: «Je suis persuadé qu'à la fin, on va aller de l'avant.»

Raison de plus pour préparer dès maintenant la phase d'exploitation à grande échelle qui suivra. «Après l'étude, dans deux ans ou deux ans et demi, je veux que l'industrie soit prête, parce que je ne veux pas que le Québec manque le bateau. Je ne veux pas que l'industrie aille s'installer au Nouveau-Brunswick.»

Une trentaine d'entreprises sont déjà membres de l'Association québécoise des fournisseurs de services pétroliers et gaziers. Certaines oeuvrent dans la construction de sites de forage, dans la réalisation de relevés sismiques ou dans le secteur du transport.

Pour le moment, son unique membre «associé» est l'entreprise albertaine Questerre Energy. Un des trois administrateurs de l'AFSPG est d'ailleurs Michael Binnion, p.-d.g. de Questerre. L'ancien ministre de l'Environnement du Québec André Boisclair est lui aussi inscrit comme administrateur. M. Boisclair a été recruté en septembre par Questerre afin de conseiller l'entreprise. M. Lévesque a d'ailleurs eu de bons mots pour l'ex-chef péquiste. «C'est un amoureux du Québec. Il veut faire avancer les choses, il a une connaissance politique énorme et il a une connaissance du milieu des affaires. Il connaît plein de gens.»

Il a aussi vanté le franc-parler de Michael Binnion. Ce dernier a déjà affirmé, en parlant de l'EES, qu'il ne s'agissait pas d'un exercice scientifique, mais plutôt d'un «exercice politique et éducatif» qui permettra aux Québécois d'apprivoiser une industrie étrangère à leur culture, et à la «bureaucratie francophone» de se mettre à l'heure de cette technologie.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • claude landry
    Inscrit
    jeudi 12 janvier 2012 05h35
    Un seujl point d'accord avec le président de l'association
    Malheureusement, pour le président de cette association la plupart des partis politiques au Québec s'opposent à cette exploitation. L'association pourra toujours faire du lobbyisme auprès du Parti libéral du Québec, discrètement on l'espère. L'association pourra aussi nous offrir une campagne persuasive sur les bienfaits économiques de cette exploitation, mais les citoyens s'y opposeront. Ils ne sont pas craintifs, ils s'y opposent parce qu'ils ont compris de quoi il en retournait. Au contraire, ils n'auront pas peur de prendre tous les moyens nécessaires pour s'y opposer. Ils auront un seul point d'accord avec le président de cette association : l'EES n'est pas un processus scientifique. Alors, comment les pseudo-études et conclusions pourront-elles influencer une population qui, malgré ce qu'en dise les propagandistes de l'industrie, s'oppose aux gaz de schiste sur la base d'une réelle connaissance du sujet?

  • Jacques Saint-Cyr
    Inscrit
    jeudi 12 janvier 2012 08h24
    Nouvelle mantra
    L'EES n'est pas un processus scientifique est la nouvelle mantra. Quelle que soit la procédure suivie aux plans de la science, de la consultation publique ou du débat démocratique, les officiels seront discrédités par tous les moyens, dans la mesure où la décision penchera vers l'exploitation du gaz. Si la décision est négative, le "peuple" aura stoppé un vaste complot.

    On se croirait aux temps de l'hérésie cathare.

  • Jacques Saint-Cyr
    Inscrit
    jeudi 12 janvier 2012 08h35
    correction:nouveau mantra
    J'aurais dû écrire nouveau mantra. Je m'y perds toujours en matière de religion, qu'il s'agisse de dieux ou d'idées fixes.

  • Nicole Moreau
    Inscrit
    jeudi 12 janvier 2012 08h45
    Une analyse vraiment déconnectée?
    Il apparaît étrange que cette association fasse une telle analyse. Pourtant, les signes sur le terrain à l'effet que les communautés ne veulent pas de cette exploration, ni de l'exploitation des gaz de shistes sont vraiment très nombreux. Est-ce à dire qu'elle dispose d'une information que nous, simples citoyens, n'avons pas? C'est à se le demander, devant l'expression d'une telle certitude.

  • Sanzalure
    Inscrit
    jeudi 12 janvier 2012 08h54
    Ils doivent assumer leur part des responsabilités d'abord
    L'exploitation du gaz de schiste va nous coûter beaucoup plus cher que ce qu'elle peut rapporter. Peut-être mille fois plus cher. Alors, si je comprend bien, les compagnies veulent empocher les profits de la vente (en millions) et nous faire payer les coûts de production (en milliards).

    Moi je ne suis pas d'accord et je propose que l'on fasse un registre de tous les citoyens et que ce soient ceux qui ont voté «pour l'exploitation» qui paient la facture finale pour la réparation des dégâts à l'environnement ainsi que le dédommagement exemplaire aux citoyens lésés dont les propriétés auront été dévastées.

    Serge Grenier

  • meme40
    Inscrit
    jeudi 12 janvier 2012 09h09
    On ne connait pas encore les risques....etc...
    Hiiiii!
    Que leur faut-ils? On a qu'à voir ce qui se passe chez nos voisins du sud.... N'importe quoi par n'importe qui.? pourvu qu'ils soient Liberal..Une gang de poules pas de tête qui courent après le vent .Et la terre hurlera quand le vent tournera, papapam...

  • Pierre Heroux
    Inscrit
    jeudi 12 janvier 2012 10h24
    Bande d’opportunistes
    Les entreprises Québécoise qui veulent s'enrichir sur le dos du peuple en salissent polluent et pillant les derrières terres arable de la région. C'est une Honte ! Pensé à cour terme "Profit" c'est de l'irresponsabilité. Ve vous dis NON bande d'opportunistes.

  • romane
    Inscrit
    jeudi 12 janvier 2012 11h17
    Sans scrupules moi aussi!
    Mario Lévesque est clair: «Je suis persuadé qu'à la fin, on va aller de l'avant.» L'ÉES «donne le temps aux gens d'analyser ce qui se passe».

    Le temps pour nous de faire des réserves de salpêtre (toujours en vente libre dans les pharmacies) et de t'en préparer une blague pour mettre dans ta pipe avant que tu nous gaze tous.

  • green e-motion
    Inscrit
    jeudi 12 janvier 2012 11h52
    pitoyable
    ces gens-là n'ont toujours pas compris que l'argent seul ne se mange pas.
    C'est désolant une telle myopie, surtout dans le contexte actuel. Les ressources énergétiques durables sont là sous nos yeux; leur exploitation à échelle humaine n'a jamais été autant maîtrisée et pourtant il y en encore des vieux démons désespérément ancré au XXème siècle qui continuent de fantasmer devant les $$$ sales des énergies fossiles.
    Mais comment font-ils pour être aussi ignorants?
    L'urgence, c'est de changer de modèle énergétique. Pas de continuer à forer et à investir des MM$ dans les fossiles.

  • Jo Da
    Inscrite
    jeudi 12 janvier 2012 12h37
    NON AU GAZ DE SCHISTES

    Quand es-ce que ces barbares aveuglés par le fric sale vont finir par comprendre !?

    L'agriculture nourrit les humains, le pétrole nourrit nos véhicules et enrichit les puissants prospecteurs déjà pleins au as. Je préfère laisser à mes enfants une nappe phréatique propre que des terres agricoles souillées et non cultivables.

    Il me semble que c'est le gros bon sens non ?

  • Yvon Pesant
    Inscrit
    jeudi 12 janvier 2012 14h35
    Dans leur cour et dans celle de leurs parents et amis, svp
    Je recommande chaleureusement à ces gens d'aller creuser des puits pas trop loin des résidences trouvées sur leurs propres terrains et sur les propriétés de leurs parents et amis pour qu'ils puissent réaliser leur rêve de faire encore plus de cash à la Normandeau en économisant sur les frais de transport de leur matériel de forage.

  • Julien P.
    Inscrit
    jeudi 12 janvier 2012 15h48
    C'est bien beau tout ça mais...
    est-ce qu'on peut seulement prendre le temps de tout analyser en profondeur avant de partir en fou.

  • Gert
    Inscrit
    jeudi 12 janvier 2012 15h49
    Compréhension
    Je crois qu'on doit laisser la population décider de notre sort , ce n'est pas compliqué , il y a juste 2 décision , oui on laisse entrer les gaz de schiste chez nous ou bien non vous n'entrez pas chez nous car il y a des conséquenses a ça . Si on les laissent entrer chez nous , il y a le risque de se faire contaminer pour le reste de nos jours et en plus on enrichi les industries gazières et nous on vit avec les conséquences des forages et les fracturations et le cout de la vie monte en flèche et en plus la discorde qui s'instale dans le peuple ou bien on ne les laissent pas entrer chez nous et on garde notre garde-manger intact et rien ne change. De toute façon , rien ne nous garanti que des redevances seront payés equitablement pour le bien de notre Pays le QUÉBEC. La décision SENSÉE n'est pas bien dure a prendre . les industries prennent toutes sortes d'entourloupettes pour se faire Accepter chez nous mais on voit très clair dans leur jeu, on vas laisser le peuple décider de notre avenir .

    Gerty

  • MJ
    Inscrite
    jeudi 12 janvier 2012 19h38
    Il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre!
    Que cela se fasse par des entreprises étrangères ou québécoises, la population du Québec n’en veut pas de l’exploitation du gaz de schiste ni de l’exploitation pétrolière ou de toute autre énergie fossile. Après Lucien Bouchard, ex-PM du Québec, devenu représentant de l’Association de l’industrie gazière et pétrolière, voici André Boisclair, ancien ministre de l’Environnement du Québec, autre “transfuge” passé du côté industriel, administrateur de l’AFSPG et conseiller de Questerre. D’ailleurs, qu’a fait de si marquant André Boisclair comme ministre de l’Environnement au Québec? Rien qui vaille la peine d’être mentionné. La politique lui a servi de porte d’entrée dans le milieu des affaires qui l’utilise maintenant pour ses relations et contacts, ainsi que pour son ancien titre de ministre comme si cela lui conférait une auréole ou une crédibilité! L’intérêt public? Connaît pas! Il sait par contre se servir de ses relations et contacts pour infiltrer le monde politique (faciliter l’accès des industriels aux décideurs) et emmerder le peuple avec le gaz et le pétrole. Un autre profiteur qui n’a en vue que ses intérêts personnels.

  • Pierre Bellefeuille
    Inscrit
    jeudi 12 janvier 2012 19h45
    Lobby opportuniste surtout!
    « le président de la nouvelle Association québécoise des fournisseurs de services pétroliers et gaziers (AFSPG) ».

    Il s’agit d’un nouveau lobby où on cherchera par tous les moyens à convaincre de plus en plus de gens à suivre le mouvement d’exploitation des gaz de schiste ayant été initié par les multinationales américaines et étrangères.

    Pourtant, les articles scientifiques pleuvent démontrant les risques associés à ce genre de pratique industrielle.

    Je me méfierai toujours d’un lobby se préoccupant uniquement du profit, sans égard à la santé et la qualité de l’environnement.

    Je pense que tout développement durable devra tenir compte de la qualité de l’environnement, c’est une question de responsabilité pour les générations futures.

  • eric turenne
    Abonné
    jeudi 12 janvier 2012 20h44
    Le Mantra
    Commence a porter fruit

  • Gazette Du9
    Inscrite
    vendredi 13 janvier 2012 08h04
    Les petits "moi"...
    Le petit « moi » de Mario Lévesque n’a pas compris que la majorité des gens vivant comme lui au Québec, n’en veulent pas, tout simplement, et ça s’appelle « NON-ACCEPTABILITÉ SOCIALE » Pourquoi? Parce que nous pensons que les recherches sur les énergies alternatives sont assez avancées pour non seulement créer des emplois mais aussi promettre un avenir aux générations qui suivent. Est-ce que Mario Lévesque y a pensé? D’ailleurs, que lui et ses amis investissent dans les énergies vertes car tout bon entrepreneur se doit d’avoir le flair pour choisir la bonne affaire!
    Pendant ce temps où les pro-gaz s’occupent des énergies fossiles, le Québec prend du retard sur l'Ontario. Nous dépensons 7 millions sur l'ÉES pendant que le gouvernement ontarien
    met de l'avant des programmes afin de développer les énergies renouvelables.
    http://www.omafra.gov.on.ca/french/engineer/ge_bib
    http://www.omafra.gov.on.ca/french/engineer/biogas

  • LoupLoup
    Inscrit
    lundi 16 janvier 2012 21h09
    La France l'a interdit l'état de New-York aussi et nous?
    Comment peut-on défendre cette industrie qui a été bannie à plusieurs endroits du globe? Que valent nos terres agricole et nappes phréatiques pour M.Lévesque?

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
18 réactions
1 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012