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Mobilité de la main-d'oeuvre - Davos salue l'entente France-Québec

Le premier ministre du Québec, Jean Charest, et celui de la France, François Fillon, lors de la signature d’une entente sur la mobilité de la main-d’œuvre, en novembre 2010 à Paris<br />
Photo : Agence France-Presse Jacques Demarthon
Le premier ministre du Québec, Jean Charest, et celui de la France, François Fillon, lors de la signature d’une entente sur la mobilité de la main-d’œuvre, en novembre 2010 à Paris
Le Forum de Davos cite le Québec en exemple dans un rapport sur l'importance cruciale d'améliorer la mobilité de la main-d'œuvre.

L'entente de reconnaissance des compétences professionnelles conclue entre le Québec et la France apparaît dans la liste d'une cinquantaine d'exemples à suivre, dans un rapport sur les bonnes pratiques en matière de «mobilité des talents», dévoilé la semaine dernière et rédigé conjointement par le Forum économique mondial, qui se tiendra à Davos à la fin du mois, et la firme de consultants en ressources humaines Mercer.

L'entente signée par Paris et Québec en 2008 a attiré l'attention par sa façon de conjuguer le besoin de répondre à la forte pénurie de main-d'oeuvre qualifiée qui est appréhendée au Québec, tout en servant son désir de favoriser une immigration francophone. On salue également le fait qu'elle a su associer étroitement différents types d'acteurs, dont les ministères, les corporations professionnelles et les établissements d'enseignement.

«Les projections démographiques pour les 20 à 30 prochaines années révèlent que la prochaine crise de l'emploi découlera d'une pénurie de main-d'oeuvre liée à la dénatalité et au vieillissement de la population», prévient le commissaire européen à l'Emploi, aux Affaires sociales et à l'Inclusion, Lázló Andor, dans l'avant-propos du rapport de 110 pages.

En fait, le problème s'avère beaucoup plus compliqué que cela, note le rapport. Les pays (développés), aux prises avec une pénurie de main-d'oeuvre qualifiée, comptent souvent, aussi, un grand nombre de jeunes chômeurs non qualifiés. De plus, les autres pays (en voie de développement) font souvent face, au contraire, à des masses de travailleurs en quête d'emplois. «L'ampleur de ce problème [de répartitions des] talents requiert une action immédiate des gouvernements, des entreprises et des établissements d'enseignement afin d'assurer le développement économique futur de l'ensemble des régions de la planète. [...] Les succès de n'importe quel pays ou entreprise reposeront beaucoup plus dans l'avenir sur ses réserves de talents que sur ses ressources financières.»

Plus de mobilité en dedans et en dehors

La solution devrait passer par plus de mobilité (permanente ou temporaire) des talents entre les pays, bien sûr, mais aussi au sein même de toutes les formes d'organisations (entreprises, gouvernements, institutions), ainsi qu'entre chacune d'elles, explique le rapport. Il faudrait aussi viser le mouvement des personnes du chômage vers l'emploi, ainsi que celui des emplois vers les personnes (délocalisation).

Les quatre principaux objectifs poursuivis devraient être les suivants: la réduction du chômage, une meilleure adéquation entre la formation offerte et les besoins de main-d'oeuvre, une meilleure information sur la réalité du marché de l'emploi et la réduction des obstacles à la mobilité de la main-d'oeuvre dans les pays et entre eux, ainsi que dans les organisations et entre elles.

Relativement peu de mesures ont été mises en place jusqu'à présent par les pays et les entreprises pour répondre au problème, malgré sa gravité et son urgence, déplorent les auteurs du rapport. Le nombre de nouveaux travailleurs étrangers acceptés dans les pays développés stagne. La proportion d'employés amenés à changer de poste ou de responsabilité n'a pratiquement pas changé au sein des entreprises. Plusieurs pays sont aux prises avec des taux de chômage et de sous-emploi effarant, alors que leurs entreprises sont étranglées par des pénuries de main-d'oeuvre.

Cette inaction tient en bonne partie à la grande complexité de ces questions et des solutions à mettre en place, note le rapport. Elle tient aussi à la nécessité de convaincre des acteurs de différentes natures, ainsi que des entreprises concurrentes, de travailler ensemble à l'amélioration de leur marché d'emploi commun.

Trois exemples du Canada

Plus de 4000 questionnaires ont été envoyés par les auteurs du rapport à des praticiens et à des experts de 45 pays, afin d'établir la liste d'une cinquantaine d'exemples en suivre. Outre l'entente franco-québécoise, on y retrouve deux autres cas canadiens.

L'un d'eux est celui du Toronto Financial Services Alliance, une organisation créée en 2001, qu'on qualifierait ici de sorte de grappe industrielle, regroupant l'ensemble des acteurs gouvernementaux, privés et universitaires du secteur financier ontarien et disposant notamment d'un «centre d'excellence», qui fait la promotion des carrières en finance et aide à arrimer les programmes des établissements d'enseignement aux besoins des entreprises.

La British Colombia Hydro and Power Authority s'est aussi démarquée pour avoir résolu son problème de pénurie de techniciens spécialisés, en modifiant son organisation du travail, en s'engageant dans des relations à plus long terme avec ses sous-traitants, mais aussi en embauchant des travailleurs philippins.
 
 
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  • Kris13104 - Inscrit
    10 janvier 2012 14 h 03
    Voeux pieux?
    Les gouvernants prennent des décisions de bon sens, quant à leurs applications..... ? En Europe, la mobilité de la main d'oeuvre ne pose aucun problème, compte tenu de l'adoption d'une uniformisation des niveaux de formation. Au Québec, les corporations ne tiennent pas compte des décisions politiques; de plus, la prévention à l'égard des étrangers dans les emplois à haute technicité et à responsabilité est importante. Pourtant, la mise en valeur du Québec nécessite un apport important de main d'oeuvre quqlifiée. Problème?
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  • isgri54 - Inscrite
    21 janvier 2012 19 h 39
    Parles...Paroles
    Pour signer les accords, les ententes, ils sont toujours prêts et contents!
    En ce qui concerne l'application de ces accords, c'est une autre affaire!!!!!
    Combien de diplômés et surdiplômés étrangers sont là au Québec et non reconnus?
    je suis moi-même sage-femme française avec une expérience de 30 années d'exercice en France et je me bats depuis bientôt 3 ans pour essayer de travailler ici au Québec.
    Il y a quand même un gros gros problème!
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