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Rémunération et indignation - Contre le mythe des hauts dirigeants héroïques

Bertrand Malsch, Professeur à HEC Montréal, Marie-Soleil Tremblay, Professeure à l'ENAP et Yves Gendron, Professeur à l'Université Laval  9 janvier 2012  Actualités économiques
Qu’a donc fait de si extraordinaire l’homme d’affaires Frank Stronach, de Magna International, pour mériter une rémunération annuelle de 62 millions de dollars?<br />
Photo : Agence Reuters Adrien Veczan
Qu’a donc fait de si extraordinaire l’homme d’affaires Frank Stronach, de Magna International, pour mériter une rémunération annuelle de 62 millions de dollars?
Un rapport publié récemment par le Centre canadien des politiques alternatives révèle que, malgré les turbulences sévères de l'économie mondiale, l'écart de rémunération entre les hauts dirigeants des grandes sociétés et les salariés a de nouveau atteint un triste record.

Cette situation n'est pas propre au Canada. Les écarts sont tout aussi vertigineux de l'autre côté de la frontière, où, malgré la crise et des résultats en baisse, les banques de Wall Street continuent de distribuer frénétiquement bonis et options d'achat d'actions. Face à cette situation, le premier mouvement de réaction, entièrement légitime, est celui de l'indignation: qu'a donc fait de si extraordinaire l'homme d'affaires Frank Stronach, de Magna International, pour mériter une rémunération annuelle de 62 millions de dollars?

Passé ce sentiment de révolte, une question demeure — peut-être la plus importante: comment les comités de rémunération peuvent-ils trouver tout à fait normal ce qui semble parfaitement anormal à l'immense majorité des citoyens, les fameux 99 %? Cette interrogation est absolument cruciale. En effet, tant qu'on ne comprendra pas les mécanismes mobilisés par les membres des comités de rémunération pour rationaliser leurs décisions, tout effort de réforme demeure vain.

Dirigeants-vedettes

Nos travaux de recherche publiés montrent que ce processus de rationalisation s'appuie principalement sur l'adhésion des comités de rémunération à un schéma de valeurs individualistes. Le succès d'une entreprise n'est pas perçu par les administrateurs comme le résultat d'un effort collectif, mais plutôt comme le résultat d'efforts individuels. Cette logique d'individualisation encourage alors la création d'un marché de dirigeants — en tout point comparable à celui des joueurs de la LNH — où les comités de rémunération sont prêts à payer le prix le plus élevé possible pour avoir les meilleurs dirigeants.

Ces dirigeants-vedettes sont magnifiés comme des héros puissants capables, par leurs talents prétendument rares et exceptionnels, de garantir la réussite de leurs entreprises. Animés par cette philosophie, la plupart des comités de rémunération abandonnent ainsi, avec une bonne foi déconcertante, leur responsabilité morale dans les mains invisibles du marché des rémunérations.

Pourquoi ce marché est-il systématiquement haussier depuis plus de trois décennies? Notre étude apporte certains éléments de réponse. Puisque les comités de rémunération sont convaincus de la capacité du marché à déterminer de façon juste et équitable la rémunération des meilleurs dirigeants, ils ne peuvent pas attribuer une rémunération inférieure à celle des dirigeants faisant partie des quintiles les mieux rémunérés, à moins d'admettre que le dirigeant recruté performe moins bien que la moyenne.

Les dirigeants sous-payés par rapport au marché ont donc tendance à voir leur rémunération augmenter, tandis que les dirigeants qui se situent dans la limite supérieure du marché ne voient jamais, ou très rarement, leur rémunération abaissée. Par ailleurs, que l'on soit en période de crise ou en période de prospérité, il semble bien que toutes les raisons soient bonnes de rémunérer au maximum le talent individuel des dirigeants. Lorsque l'entreprise gagne beaucoup d'argent, les administrateurs expliquent qu'il est normal de récompenser les dirigeants avec des primes généreuses. Lorsque les temps deviennent difficiles, les administrateurs expliquent que c'est précisément dans ces périodes que les meilleurs dirigeants, c'est-à-dire les plus chers, sont nécessaires. Au royaume des administrateurs, il y a donc rarement de bonnes raisons de diminuer les salaires des dirigeants.

Le mythe du dirigeant héroïque

Une révolution culturelle s'impose au sein des comités de rémunération. Cette révolution implique de défaire le mythe du dirigeant héroïque sur les épaules duquel reposerait tout le succès de l'entreprise, au profit d'une conception davantage égalitaire et collective de la réussite. Ce changement n'a rien de facile. Il implique de modifier en profondeur la mentalité des comités de rémunération.

Il est illusoire de penser qu'une telle réforme pourrait venir de l'intérieur des conseils d'administration. Leur schéma de valeurs individualistes les maintient dans une zone de confort moral relativement hermétique aux doutes. Par ailleurs, la culture individualiste ne sévit pas simplement dans les conseils d'administration, mais elle touche tous les secteurs de la société. Et s'il faut se choquer qu'un dirigeant puisse gagner

62 millions de dollars en une année, il faut également s'émouvoir qu'un joueur de hockey, fût-il aussi un «héros» au talent rare, puisse gagner des sommes tout aussi extravagantes.

En réalité, les plus sérieux espoirs de changement ne peuvent venir que de cette émotion démocratique forte qui s'était répandue il y a quelques mois, avant de mourir étouffée par l'hiver et par l'indifférence: l'indignation. À condition de s'organiser collectivement et politiquement, cette indignation a les moyens de s'exprimer avec force. Les 99 % d'indignés potentiels canadiens sont en effet, par l'intermédiaire de leurs fonds de retraite et de leurs placements, les actionnaires les plus importants des grandes entreprises canadiennes. Il est plus que temps que la démocratie indignée investisse les tentes des assemblées générales.

***

Bertrand Malsch, Professeur à HEC Montréal, Marie-Soleil Tremblay, Professeure à l'ENAP et Yves Gendron, Professeur à l'Université Laval
 
 
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  • Suzanne Chabot - Inscrite
    9 janvier 2012 01 h 35
    Qui est-ce qui contrôlent ces comités de rémunérations?

    La question que je me pose est : " Qui est-ce qui contrôlent ces fameux comités de rémunération ? " Je serait prête à parier que ces comités sont contrôlés par les administrateurs eux-même, ceux qui profitent de ces gros salaires...

    Tout cet argent dépensé pour la gestion des entreprises privées doit normalement aller aux propriétaires des entreprises. Or, qu'en est-il de la propriété de ces entreprises?

    L'article mentionne que "les 99 % d'indignés potentiels canadiens sont en effet, par l'intermédiaire de leurs fonds de retraite et de leurs placements, les actionnaires les plus importants des grandes entreprises canadiennes".

    Nous serions donc les propriétaires sans le savoir !

    Cet éclatement de la propriété est un problème très grave, parce qu'il n'y a plus aucun contrôle d'exercé sur l'administration qui se sert généreusement sans scrupule à même l'argent des autres.

    Je doute que les 99% soient en mesure de s'organiser et de contrer ce phénomène tout seul. Je pense qu'il faut se tourner vers l'État qui représente à la fois les salariés et les propriétaires. Je ne sais pas quelles pourraient être les solutions, mais on pourrait par exemple limiter le nombre des propriétaire (comme on le fait déjà pour les banques). On pourrait également établir un salaire plafond, comme le gouvernement établi déjà un salaire plancher.

    Tout ceci s'ajoute à la spéculation sur les marchés boursiers qui ont fait perdre des milliards de dollars aux propriétaires des entreprises. Il y a là, dans ce système, quelque chose de profondément malsain. C'est un havre pour les profiteurs!

    Je comprends maintenant pourquoi les diplômes en Administration sont si populaires!
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  • Henri Marineau - Inscrit
    9 janvier 2012 04 h 12
    Des chiffres qui soulèvent l'indignation!
    Selon ce même rapport, basé sur les rapports financiers des entreprises inscrites à la Bourse de Toronto en 2010, les 100 canadiens les plus fortunés bénéficiaient d’un revenu annuel 189 fois plus élevé que la moyenne canadienne, soit 8,38 millions de dollars comparativement à 44 366 $.
    Et, loin de vouloir s’atténuer, cet écart entre les plus riches et les plus pauvres continue de s’accroître. En effet, en 1998, les statistiques démontrent que les 100 Canadiens les plus fortunés gagnaient 105 fois plus que le salarié canadien moyen.
    De plus, en 2010, les plus riches ont collectivement profité d'une hausse de 27 % de leur revenu moyen par rapport aux 100 plus fortunés de 2009, dont le revenu moyen avait atteint 6,6 millions de dollars.
    Des chiffres qui démontrent hors de tout doute que le partage de la richesse collective demeure une utopie qui prend des proportions scandaleuses. Des chiffres qui projettent l’image d’une société qui incarne le modèle pyramidal par excellence, à savoir beaucoup de salariés à la base, peu au sommet! Des chiffres qui soulèvent l'indignation!
    Comme dirait Yvon Deschamps lorsqu’il parodie un certain proverbe dans un de ses monologues, « vaut mieux être riche et en santé que pauvre et malade! »
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  • Marc L - Abonné
    9 janvier 2012 05 h 46
    Comment l'anormal devient normal !
    Cette question est capitale: comment les comités de rémunération peuvent-ils trouver tout à fait normal ce qui semble parfaitement anormal à l'immense majorité des citoyens, les fameux 99 %?

    La réponse se trouve peut-être dans la composition de ces comités ! Ces comités de gestionnaires qui doivent évaluer la valeur des dirigeants ne sont-ils pas comme les membres d'une caste, convaincus de leur propre valeur et celle de leur caste. Les gestionnaires actuels sont au départ des gens qui désiraient obtenir une belle carrière « en gestion »; au niveau technique, ils ne présentent pas nécessairement des qualités exceptionnelles, mais ils aiment « l'image du dirigeant » et sont prêts à faire des sacrifices et à piler sur les pieds de tous ceux qui s'opposent à eux (surtout s'ils peuvent faire porter aux autres le poids de leurs propres erreurs). Leur caste constituant, à leur avis, la crème de la société, ils considèrent normal de recevoir un traitement exceptionnel. Les gestionnaires s'auto-congratulent et se reproduisent entre eux, ainsi de reconnaître la valeur de l'un du groupe en lui accordant une rémunération astronomique, c'est d'investir dans la caste avec l'espoir qu'un jour nos propres mérites extraordinaires nous permettront d'en mériter tout autant.

    Indubitablement, certaines personnes ont des qualités qui les préparent à être de bons leaders, mais ces qualités ne sont qu'une partie de celles qui sont nécessaire pour faire fonctionner une organisation quelle qu'elle soit. N'importe quelle organisation a besoin de « bons techniciens », de balayeurs, de vendeurs... Malheureusement aujourd'hui la caste des gestionnaires s'est transformées en parasites qui siphonnent les ressources à leur propre avantage; il y a de quoi s'indigner !
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  • Suzanne Chabot - Inscrite
    9 janvier 2012 08 h 11
    Solution immédiate et efficace

    Une bonne solution, immédiatement applicable pour les indignés qui ne veulent pas enrichir ces profiteurs est de vendre toutes ses actions et se sortir de ce système corrompu.

    Ensuite, la personne sera loisible d'investir son argent dans l'économie réelle.

    Sans l'argent des 99%, ces gens ne sont rien du tout. En effet, il ne possèdent pas eux-même, ils profitent de l'argent et des possession des autres.
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  • Suzanne Chabot - Inscrite
    9 janvier 2012 08 h 19
    Et pourquoi pas, donner la charité

    Après avoir vendu ses actions, on peut aussi donner la charité aux pauvres. N'est-ce pas que c'est une bonne idée!
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  • Nicole Moreau - Inscrite
    9 janvier 2012 08 h 23
    La situation décrite m'indigne aussi et me fait penser au livre d'Hervé Kempf sur l'oligarchie
    En effet, comment ne pas se poser la question soulevée par Kempf dans son livre " L'oligarchie, ça suffit, vive la démocratie" quand on se penche sur la situation décrite par l'étude citée dans la lettre?
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  • François Dugal - Abonné
    9 janvier 2012 08 h 59
    En direct
    Nous assistons en direct à la fin de la démocratie; bienvenue à la dictature de l'argent.
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  • Notsag - Abonné
    9 janvier 2012 09 h 40
    Qui y perd vraiment dans ces abus?
    1- La rémunération des haut dirigeants provient des profit brut, qui ainsi, diminue d'autant le profit net.

    2- Le profit net revient aux propriétaires, qui sont en fait les actionnaires.

    Si je ne suis pas actionnaire de cette compagnie, je ne suis donc pas concerné par ces abus. Toutefois, les grands fonds d'investissement qui détiennent de ces actions, eux sont pénalisés. Donc, c'est à eux de faire valoir leurs intérêts auprès du Conseil d'Administration.

    En 2010, l'action de Magna International a progressé de $30. à $60. Les actionnaires fêtaient au champagne, et cela leur faisaient plaisir de donner $62M à M. Stronach.

    Toutefois, en 2011, le cours de l'action est passé de $60. à $37. Là, il sera intéressant de voir quel sorte de bonus les haut dirigeants vont s'accorder. En théorie, leur rémunération devrait suivre le cours de l'action, comme cela se produit lorsque le cours est sur une pente positive. Gageons toutefois, qu'au mieux, ils vont se voter un gel de rémunération. Et dès que le cours de l'action reprendra une pente positive, ils rembarqueront dans le train.

    Donc, comme M. Malsch le décrit, ces haut dirigeants continuent à s'engraisser, même quand leur compagnie dépérit.

    Les premiers lésés sont les grands fonds d'investissement. C'est à eux de mettre leur poing sur la table.
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  • Notsag - Abonné
    9 janvier 2012 09 h 53
    Pour une imposition progressive
    Donc, que M. Stronach encaisse $62M, ne m'enlève rien à moi si je ne suis pas actionnaire de Magna (sauf par l'intermédiaire de la Caisse de Dépôt).

    Là ou l'injustice se pointe, c'est que les $62M de M. Stronach soient imposés au même taux que moi, avec mon minable $100,000., par exemple.

    Est-ce que d'imposer les revenus de plus de $10M à un taux de 90% aurait décourager M. Stronach dans ses entreprises. Sans doute que non. Toutefois, plutôt que d'accorder ces bonus mirobolants aux hauts dirigeants, les Conseils d'Administration trouveraient peut-être plus sage d'améliorer les dividendes aux actionnaires, ou de faire croître la valeur le l'action.
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  • Loraine King - Inscrite
    9 janvier 2012 09 h 58
    Qu'a fait Frank Stronach, demandez-vous?
    Après la guerre, il est arrivé au Canada, un jeune homme intelligent mais sans le sous, incapable de se payer des études universitaires. A 14 ans, il commence à travailler dans un usine, puis opère une petite entreprise de pièces de son garage. Magna compte aujourd'hui plus de 100 000 employés. Interrogé sur le salaire qu'il retire de sa compagnie, il soutient qu'il l'investit pour créer d'autres emplois.

    Combien d'emplois avez-vous créé dans votre vie ?

    Est-ce que c'est mal de mettre ses énergies et ses ressources pour faire travailler des gens et s'enrichir ce faisant ?
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  • France Marcotte - Abonnée
    9 janvier 2012 09 h 59
    Y a-t-il de la substance sous ces atours?
    Mais vous n'avez pas répondu à la question: que font de si extraordinaire ces hommes d'affaires sur-payés?

    Votre analyse ne va pas au fond du fond des choses, là où il faut traverser les limites de la raison raisonnable et de l'administration des affaires.

    Ont-ils de réels talents, relèvent-ils vraiment de grands défis, sauvent-ils vraiment des entreprises?

    Le joueur de hockey millionnaire, lui au moins on est certain qu'il sait jouer au hockey.

    Mais eux?
    Ils semblent les sujets d'une sorte de sur-enchère occulte et nauséabonde.
    Font-ils quoi que ce soit d'extraordinaire à part de porter cravate et d'avoir une soif de pouvoir inextinguible?
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  • Suzanne Chabot - Inscrite
    9 janvier 2012 10 h 19
    Qui gère les grands fonds d'investissement ?

    Ok, bonne idée, M. Notsag, mais qui est-ce qui gèrent les grands fonds d'investissements ?

    Est-ce que ce sont les propriétaires des entreprises, ceux à qui devraient normalement revenir ces profits ?

    Permettez-moi d'en douter...

    Ce sont, si je comprend bien le système, des administrateurs de fonds, qui eux aussi profitent de ce système.

    Le problème n'est pas si simple. La propriété privée est devenue éclatée, les propriétaires, les capitalistes, les possesseurs réels du capital ne contrôlent plus rien... Et cela est très dangereux car ils risquent de tout perdre dans cette aventure.

    Tout le monde en a contre le capitalisme, les idées de gauche n'ont pas changées, on a vu flotter le spectre de Marx sur les camps des indignés, mais les capitalistes, les vrais, les possesseurs du capital, ce ne sont pas eux qui profitent du système présentement. Ce sont les banquiers, les spéculateurs, les gestionnaires, ceux qui ne détiennent pas le capital mais qui le gèrent. Ceux qui profitent de l'argent et des possession des autres pour s'enrichir.

    Cessons de leur donner notre argent et ils ne pourront plus rien faire. C'est une solution à court terme. Revenons à la propriété privée simple et facile, sans tous ces intermédiaires sangsue! Capitalistes de tous les pays, unissez-vous contre cette rapace !

    Voyons donc, M. Notsag, qui est-ce qui serait content de perdre autant de profits ?
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  • Bernard Terreault - Abonné
    9 janvier 2012 10 h 32
    Déresponsabilisation
    Pourquoi les grands patrons prennent-ils tout le magot? C'est parce qu'on les laisse faire, et on les laisse faire parce que la majorité d'entre nous ne veulent pas prendre la job de boss, ne veulent pas de responsabilités, ne s'impliquent pas en politique non plus, et se contentent de s'indigner ou de regarder la télé. Je mets à part les saints, les bénévoles de toutes sortes, qui se dévouent auprès des plus mal pris -- mais ils ne changent pas le système.
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  • Jacques Gauvin - Abonné
    9 janvier 2012 10 h 42
    La roue qui tourne au sommet
    Ces fameux comités de rémunération, nous les retrouvons dans les organismes créés pour établir la rémunération des juges et de nos dirigeants politiques. Ainsi ces comités ont l'habitude de suggérer un niveau de rémunération pour les juges basés sur les salaires élevés versés aux avocats dans la région de Toronto. notamment, pour pouvoir attirer les meilleurs candidats. Si le gouvernement n'est pas d'accord, il doit, depuis une décision de la Cour suprême, pouvoir se justifier devant les juges qui décident en dernier ressort!. Ayant compris cela, le gouvernement Chrétien a adopté une loi fixant le salaire du premier ministre, des ministres...et des hauts fonctionnaires en fonction de celui du juge en chef de la Cour suprême, des autres juges de cette cour, de celui des juges des Cours supérieures et ainsi de suite. Voilà qui explique en partie l'écart croissants des revenus entre les bénéficiaires de ces comités de sélection et ceux qui doivent négocier et souvent faire la grève pour une petite amélioration de leurs conditions de travail.
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  • France Marcotte - Abonnée
    9 janvier 2012 11 h 03
    Des emplois, quels emplois madame King?
    Et cet exploit lui mérite à vie ce salaire mirobolant?

    Pièces de garage? Ah bon.

    Créer des emplois n'est pas le fin mot de toute chose. Et ce n'est pas le fait des dieux.

    Ma grand'mère, ma mère ont mis à elles seules au monde plusieurs enfants qui sont devenus des adultes qui travaillent et paient leurs impôts, exploit admirable, et elles n'ont reçu aucun traitement spécial pour l'ensemble de leur oeuvre.
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  • Loraine King - Inscrite
    9 janvier 2012 11 h 38
    @France Marcotte
    Quels emplois ? Les 100 000 emplois que procure la compagnie Magna, un fabricant de pièces automobiles, à ses employés.

    Le salaire de M. Stronach est directement lié à la performance de sa compagnie. S'il a fait 62 millions cet année, il avait fait 70 millions en 2007, et beaucoup moins entretemps car la compagnie avait connu une baisse de revenus. Le salaire de M. Stronach est un pourcentage (6 %) des profits avant impôt. En affaires, ne doit-on pas privilégier le succès à l'échec ? Si Magna connait des déboires cet année, l'individu qui en 'souffrira' le plus en termes de dollars ce sera M. Stronach lui-même !

    J'ai une toute autre attitude envers les dirigeants d'entreprise qui ne sont pas fondateurs et propriétaires de l'entreprise.

    Créer des emplois n'est pas le fin mot et le fait des dieux mais c'est le domaine du monde des investisseurs. Je sais comment se font le enfants, j'en ai eu quatre, mais saviez-vous que l'argent ne pousse par dans les arbres ?
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  • Loraine King - Inscrite
    9 janvier 2012 12 h 05
    Oups...
    M. Stronach, fondateur de l'entreprise, est payé selon le pourcentage de profits avant impôt, non pas 6% comme je l'ai écrit sans vérifier, mais de :

    - 2,75% en 2011,
    - 2,50% en 2012,
    - 2,25% en 2013,
    - 2,00% en 2014.
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  • Roland Berger - Abonné
    9 janvier 2012 12 h 20
    À Suzanne Chabot
    Vous écrivez : « Je doute que les 99% soient en mesure de s'organiser et de contrer ce phénomène tout seul. Je pense qu'il faut se tourner vers l'État qui représente à la fois les salariés et les propriétaires. » Madame, comment arrivez-vous à imaginer que l'État (ici le gouvernement libéral-conservateur de Charest) puisse ne pas prendre parti pour ceux qui engraisse sa caisse électorale ?
    Roland Berger
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  • MJ - Inscrite
    9 janvier 2012 12 h 57
    Solution préconisée: réaliste?
    Les actionnaires majoritaires ne sont pas ceux à qui l’on pense (les 99%). Qui contrôle les décisions tel que l’octroi de ces bonis aux dirigeants des grandes entreprises? Les actionnaires majoritaires et/ou les conseils d’administrations de ces entreprises dont les membres sont eux-mêmes actionnaires la plupart du temps?

    Les grands blocs d’actions et le type d’actions donnant le droit de vote aux assemblées d’actionnaires ne sont pas détenus nécessairement par monsieur et madame toutlemonde, même si ces derniers forment les 99%. Leurs placements et portefeuilles d’actions, lorsqu’ils en détiennent, sont habituellement diversifiés. Ce ne sont pas eux qui assistent aux assemblées d’actionnaires de ces grandes entreprises. Quels seraient leurs pouvoirs?

    Parlez-en au MEDAC (Mouvement de défense et d’éducation des actionnaires) qui défend les intérêts des actionnaires minoritaires (Yves Michaud, président fondateur du MEDAC, mieux connnu pour ses interventions auprès des banques). N’appartiendrait-il pas aux gestionnaires des fonds de retraite des Québécois, de se manifester à ces assemblées pour faire pression, afin que les hauts dirigeants n’obtiennent pas ces rémunérations astronomiques, boni exagérés et autres avantages de toutes sortes? Autant rêver en couleurs car même ces gestionnaires et hauts fonctionnaires très bien rémunérés boivent à la même eau...
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  • MJ - Inscrite
    9 janvier 2012 13 h 23
    Faire plus avec moins
    Ce qu’il font ces hauts dirigeants grassement rémunérés? Ils procèdent à la “réingénierie” de l’entreprise, ils restructurent, coupent essentiellement dans le personnel, diminuent ou coupent la participation de l’employeur dans les fonds de pension, procèdent à l’attrition, fusionnent des postes, répartissent les tâches entre les employés restants, licencient les vieux qui coûtent trop cher, embauchent des jeunes au bas de l'échelle, engagent des sous-traitants, délocalisent l’usine de production là où ça coûte le moins cher de produire, etc. Toutes ces variantes sur le même thème. Et ensuite ces hauts dirigeants encaissent une partie du produit de ces économies sous forme de rémunération gargantuesque, équivalant à x fois les salaires des employés licenciés. La belle affaire, ils sont plutôt créateurs de pauvreté. Et dire que le gouvernement du Québec fait de même avec ses fonctionnaires depuis au moins trois décennies. Que dire notamment du nombre d'occasionnels, contractuels, sans sécurité d’emploi (héritiers de la clause orphelin) à l’emploi du gouvernement du Québec?
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  • MJ - Inscrite
    9 janvier 2012 13 h 55
    @ Loraine King - 09h58
    Monsieur Stronach serait un “self-made man”

    Je veux bien croire que ce monsieur était parti de "rien" (un immigrant en terre inconnue, ayant peu d'instruction mais travailleur et ambitieux) pour aboutir à la tête d'une grande entreprise. Le rêve américain quoi! Si cela compte parmi ses valeurs personnelles. Néanmoins, le “self-made man” est devenu une denrée plutôt rare depuis la Révolution tranquille au Québec et la démocratisation de l’éducation. En effet, les fondateurs et chefs d’entreprise sont, de nos jours, le plus souvent détenteurs d’un diplôme universitaire, soit en administration, soit dans le domaine d’activités de leurs entreprises. En outre, les fondateurs et chefs d’entreprise ont bénéficié très souvent des largesses de l’Etat-Providence, de subventions non négligeables (ou de contrats publics garantissant la survie de leurs entreprises) avec une fiscalité facilitant et procurant la viabilité et la croissance de leurs entreprises, ainsi que l’accumulation de leurs profits. Ils ne sont pas à plaindre! Quant aux dirigeants d’entreprises, leur sort a également évolué. S’ils étaient rémunérés raisonnablement à l’origine; de nos jours, dans la grande entreprise multinationale, certains cumulent différents avantages ainsi que des salaires extravagants, sans commune mesure avec ceux de leurs employés.
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  • Sylvain Auclair - Abonné
    9 janvier 2012 14 h 40
    À Mme King...
    J'ai créé de nombreux emplois dans ma vie. À chaque fois que j'achète quelque chose, je contribue à créer des emplois.
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  • Notsag - Abonné
    9 janvier 2012 14 h 58
    Que faire alors des profits exorbitants?
    Que ce soit par le génie de leur fondateur, ou par le travail acharné de leur employés, il y aura toujours des entreprises qui auront la chance de jouir d'une période de grande prospérité, et d'engranger des profits faramineux. Rien de mal en soit.

    Si ces profits sont ré-investis, et génèrent de la création d'emploi, c'est génial. Si on décide plutôt de partager ces profits entre les "plus méritants", pourquoi devrait-on se soucier de la façon dont se fera la répartition?

    D'une façon ou d'une autre l'état y aura sa part, selon le système de taxation. Que l'on taxe M. Stronach, ou les membres du Conseil d'Administration, ou les actionnaires, cela a peu d'importance. Que l'on répartisse les profits de n'importe laquelle des façons, ils seront en bout de ligne, tous imposés.

    J'en reviens donc à mon poste précédent. La question qui s'impose alors est: Est-il correct d'imposer un revenu de $100K au même taux qu'un revenus de $1M, ou de $10M, ou de $100M, etc...

    Si l'état doit jouer un rôle dans la répartition de la richesse, c'est là qu'il doit jouer son rôle.
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  • Loraine King - Inscrite
    9 janvier 2012 18 h 42
    Enrichir l'état
    Frank Stronach aura enrichi l'état plus que lui-même et plus que 99,999% des Canadiens. Il paie des impôts personnel sur ce salaire, à un taux plus élevé que celui que paie la grande majorité des Canadiens. Sa compagnie paie des impôts et taxes. Il fournit un salaire annuel à des milliers de travailleurs qui paient des impôts, taxes de vente et taxes municipales. Il paie des taxes municipales là ou sont situées ses usines. Il paie des prélèvements en tant qu'employeur, et ses employés paient leur assurance emploi, régime de retraite, avec le salaire que M. Stronach paie à ses employés.

    En tant qu'individu Mr. Stronach est l'une des personnes qui contribue le plus à grossir les coffres de l'état au Canada. Il finira de toucher un tel salaire en 2014, alors que l'entente négociée à l'aube de se retraite prend fin. Il lui restera quand même un actif en tant qu'actionnaire de près de un milliard de dollars.

    Je fais un grande différence entre un propriétaire et fondateur d'entreprise, créateur d'emploi, de l'envergue de Frank Stronach et un gestionnaire professionnel ou des gens qui s'enrichissent strictement sur la spéculation des valeurs mobilières. L'auteur de cette lettre aurait prendre quelqu'un d'autre comme exemple.
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  • MJ - Inscrite
    9 janvier 2012 19 h 03
    @ Notsag
    Croyez-vous vraiment que notre système de taxation rejoint tous ces chefs d’entreprise, membres du CA et/ou actionnaires ? Ils ont des fiscalistes qui les conseillent sur la manière d’éviter de payer des impôts ou trop d’impôts. En cela, la redistribution de la richesse ne s'opère pas vraiment car cette richesse demeure concentrée entre les mains de quelques individus. Avec ces salaires faramineux, s'ils avaient été moins avides, ils auraient pu conserver ou créer beaucoup d'autres d'emplois pour la classe moyenne. Or, ils thésaurisent et ne réinvestissent pas nécessairement dans la création d'emplois.
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  • Notsag - Abonné
    9 janvier 2012 20 h 16
    Iniquité/Inefficacité du système fiscal
    @MJ:
    "Croyez-vous vraiment que notre système de taxation rejoint tous ces chefs d’entreprise, membres du CA et/ou actionnaires ? Ils ont des fiscalistes qui les conseillent sur la manière d’éviter de payer des impôts ou trop d’impôts."

    Je suis bien d'accord avec vous que notre système fiscal peut être inefficace. Toutefois, il n'en demeure pas moins que c'est sa responsabilité d'assurer une certaine redistribution de la richesse.

    C'est pourquoi il est essentiel de remettre en question tous ces avantages fiscaux, abris fiscaux, paradis fiscaux etc...

    Mais cela, c'est un tout autre débat...
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  • Stephane Levasseur - Inscrit
    9 janvier 2012 22 h 38
    Steve Jobs
    Ceux qui doutent de l'impact des gestionnaires efficaces ont-ils oublié Steve Jobs?

    Avez-vous acheté des actions de Nortel à 120$?

    Une direction qui se trompe peut faire stagner ou pire, couler la valeur d'une entreprise en quelques années. Si les investisseurs votaient solidairement pour couper la rémunération excessive des dirigeants, un dividende de 2,00% augmenterait à 2,03%.

    Stéphane Levasseur
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  • Marc L - Abonné
    10 janvier 2012 05 h 00
    Mais pour qui se prennent-ils ?
    Personne ne conteste que les hauts gestionnaires doivent gérer les organisations de façon efficace, mais le succès d'une organisation ne repose pas uniquement sur sa gestion. Toute organisation doit offrir de bons produits et de bons services... et qui conçoit, fabrique et offre ces produits et services ? Une organisation, c'est l'ensemble de ses parties, mais le problème tient au fait que les gestionnaires sont bien placés pour « vampiriser » les profits gagnés par cette organisation pour leur propre bénéfice. Sans les employés qui les soutiennent, les Jobs et Stronach de ce monde n'auraient jamais eu la chance d'aller chercher des revenus si extravagants, mais ils n'ont pas été les seuls à travailler; qu'est-ce qui leur donnent le droit d'aller se chercher des revenus des centaines de fois plus élevés que ceux qui travaillent avec eux ?
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  • Pierre Bellefeuille - Inscrit
    12 janvier 2012 19 h 55
    La concentration sur les conseils d’administration
    « Pourquoi ce marché est-il systématiquement haussier depuis plus de trois décennies? »

    La réponse est assez évidente : parce que les conseils d’administration sont occupés par une poignée de gens multipliant les nominations des amis, de membres de la famille ou des conjoints sur d’autres conseils d’administration. Le népotisme et le copinage font bon ménage un peu partout sur notre planète présentement.

    Au cours des années 1990, un article paru je ne sais plus où faisait ressortir qu’à Toronto 1500 conseils d’administration étaient occupés par seulement 300 personnes. Tiens donc! Il n’est donc pas surprenant dans ce contexte que les amis proches s’assurent une loyauté irréprochable par les généreux bonus accordés.

    C’est une culture circulaire du «tout m’est dû»! Voilà!
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  • Jack Bauer - Inscrit
    17 janvier 2012 16 h 13
    .....
    La plupart des institutions financieres avec les plus gros salaires de ''CEO'' ne sont memes pas des firmes avec une multitude de 'shareholders' mais bien un petit groupe de gros investisseurs, la question n'est pas ''Pourquoi ces gens acceptent-ils l'argent'' mais bien ""Qui est prêt a leur offrir un tel montant?'' si les gros investisseurs jugent que la personne en question procure des bénifices substantiels pour la firme qui sommes nous pour assumer que ceci est fait a nos dépens? personne n'oblige personne a faire affaire avec une telle firme si vous ne les appuyez pas, a ceux qui sont ''indignés' d'une telle remunération(couplée avec un manque de conaissance du marché), personne de sensé irait dire que les joueurs de hockey qui sont payés des millions pour patiner le sont au DÉPENS de ceux qui payent tres chers pour aller les voir?
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