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Dure année pour l'emploi au Québec

Le pire bilan en 30 ans: 69 500 emplois perdus au dernier trimestre

Il s'agit pour le Québec d'une année décevante au chapitre de l'emploi, avec un dernier trimestre «préoccupant», a commenté Joëlle Noreau, économiste principale au Mouvement Desjardins. «Nous ne sommes pas isolés. L'économie québécoise subit les contrecoups d'un recul de l'activité dans l'habitation et de l'inertie manufacturière aux États-Unis.»
Photo : Agence Reuters Mario Anzuoni
Il s'agit pour le Québec d'une année décevante au chapitre de l'emploi, avec un dernier trimestre «préoccupant», a commenté Joëlle Noreau, économiste principale au Mouvement Desjardins. «Nous ne sommes pas isolés. L'économie québécoise subit les contrecoups d'un recul de l'activité dans l'habitation et de l'inertie manufacturière aux États-Unis.»
Le Québec se démarque dans les dernières données d'un marché du travail canadien qui, par ailleurs, subit plus que jamais l'influence du vieillissement de la population. Ainsi, la forte hausse du taux de chômage québécois mesurée en décembre est à l'image d'une année particulièrement décevante au chapitre de l'emploi. Si le Québec a été la province ayant récupéré le plus rapidement les emplois perdus lors de la récession de 2008-2009, les derniers mois de 2011 marquent un net revirement de tendance, le Québec se permettant même d'afficher son pire bilan en 30 ans, avec 69 500 emplois perdus au dernier trimestre.

Dans les plus récentes données de Statistique Canada, dévoilées hier, le Québec est seul à afficher un recul de l'emploi en décembre. L'inscription d'une perte nette de 25 700 emplois le mois dernier a fait bondir le taux de chômage québécois à 8,7 %, contre 8 % en novembre. L'emploi au Québec a diminué pour un troisième mois consécutif, la perte pour l'ensemble du dernier trimestre atteignant les 69 500 postes, soit une chute de 6,8 % en rythme annualisé.

Parlant de ce trimestre, «il s'agit du pire bilan en près de 30 ans», s'est exclamé Matthieu Arseneau, économiste et stratège à la Banque Nationale. Qualifiant la performance québécoise d'«intrigante», l'économiste a rappelé que le Québec a été l'une des premières provinces au Canada à récupérer les emplois perdus lors de la crise de 2008-2009. «Il ne faut pas conclure que l'économie de la province est en récession. D'abord, le fossé actuel entre la situation de l'emploi au Québec et dans le reste du Canada est exceptionnellement large. Ensuite, les plus récentes données sur les ventes au détail, les mises en chantier résidentielles et les ventes manufacturières dépeignent une économie en croissance et non en contraction», s'est-il empressé d'ajouter.

La contre-performance québécoise a ramené la création d'emplois à l'échelle canadienne à 17 500 le mois dernier. Il s'agit toutefois d'un premier gain en trois mois, concentré dans le segment à temps partiel et essentiellement chez les travailleurs plus âgés. Une hausse du nombre de personnes participant au marché du travail vient cependant expliquer la légère progression, de 7,4 à 7,5 %, du taux de chômage canadien entre novembre et décembre.

Selon Statistique Canada, sur l'ensemble de l'année l'économie canadienne a créé 199 200 emplois, soit une progression de 1,2 % comparativement à 1,8 % en 2010. Le travail autonome a augmenté de 2 % et le nombre d'employés du secteur privé, de 1,3 %, l'emploi dans le secteur public demeurant en définitive inchangé.

En moyenne sur l'année, le taux de chômage se situe à 7,5 % en baisse de 0,5 point de pourcentage par rapport à 2010. L'on retient également que sur 12 mois, «le nombre de travailleurs à temps partiel a peu varié, tandis que l'emploi à temps plein a progressé de 1,5 % (+208 000)», a ajouté l'agence. Et le nombre total d'heures travaillées a augmenté de 1,4 %.

À l'opposé, l'emploi au Québec est en baisse de 51 000, ou de 1,3 % comparativement à décembre 2010. Dans la province ontarienne voisine, l'emploi a pris le chemin inverse, augmentant de 15 700 en décembre et poussant l'augmentation annuelle à 91 000 emplois, en hausse de 1,4 %. Le taux de chômage ontarien a terminé l'année à 7,7 %, soit un point de pourcentage sous le taux québécois.

Moyenne annuelle

Ces dernières observations, faites d'un mois de décembre à l'autre, ne traduisent toutefois pas la même réalité lorsque la moyenne annuelle est utilisée. Cette dernière approche, retenue par les économistes parce que moins tributaire de la performance d'un seul mois, fait ressortir une création nette de 38 500 emplois au Québec en 2011, en net repli par rapport au gain net de 68 700 mesuré en 2010. En Ontario, la moyenne annuelle indique une création nette de 121 300 emplois l'an dernier, après celle de 108 000 en 2010. «Depuis 2008, le Québec affiche un gain net de 73 000 emplois, contre 65 000 pour l'Ontario», a renchéri Joëlle Noreau, économiste principale au Mouvement Desjardins.

N'empêche, il s'agit pour le Québec d'une année décevante au chapitre de l'emploi, avec un dernier trimestre «préoccupant», a commenté Mme Noreau. «Nous ne sommes pas isolés. L'économie québécoise subit les contrecoups d'un recul de l'activité dans l'habitation et de l'inertie manufacturière aux États-Unis», résume-t-elle.

La contraction du marché du travail québécois, particulièrement prononcée au dernier trimestre, fait écho à la détérioration des conditions économiques depuis septembre, alimentée par le débordement de la crise de la dette souveraine sur les marchés financiers et par une conjoncture économique plus difficile en Europe. Benoit P. Durocher, économiste principal au Mouvement Desjardins, n'a également pas été sans rappeler que la croissance du marché du travail au Canada et au Québec a été particulièrement vigoureuse en 2010 et en première moitié de 2011. «Contrairement à plusieurs autres régions dans le monde, notamment aux États-Unis [voir autre texte, page C 1], le rattrapage est terminé depuis un certain temps. Dans les circonstances, la progression de l'emploi devrait davantage refléter l'évolution de la production au cours des prochains mois», a-t-il souligné. Ainsi, avec la croissance économique plutôt modeste attendue au premier semestre de 2012, «il faut s'attendre à ce que la création d'emplois demeure assez limitée dans les mois à venir».

Une autre donnée ressort du bilan de Statistique Canada, qui vient cette fois témoigner de l'impact du vieillissement de la population. En décembre, l'emploi a progressé de 24 000 chez les personnes âgées de 55 ans et plus, expliquant l'essentiel des gains observés sur le marché du travail le mois dernier. «L'emploi pour ce groupe d'âge était en hausse de 3,4 % (+102 000) par rapport à 12 mois plus tôt. Cette hausse est presque entièrement attribuable au vieillissement de la population, le nombre de personnes dans ce groupe d'âge ayant augmenté de 3,2 % au cours de la période.» À l'autre extrémité du spectre, l'emploi chez les jeunes de 15 à 24 ans a diminué de 17 000 en décembre, encaissant un troisième mois consécutif de recul. «À la suite de cette baisse, l'emploi chez les jeunes était de 12 000 (-0,5 %) en deçà du niveau observé 12 mois plus tôt», a ajouté Statistique Canada.   
 
 
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  • François Ricard
    Abonné
    samedi 7 janvier 2012 06h08
    Un moratoire en immigration?
    C'est Montréal et sa grande région qui accuse le plus haut taux de chômage au Québec.
    À la lumière de bribes d'information à ce sujet, il semble qu'une proportion élevée d'immigrants se retrouvent dans le rang des chômeurs.
    Alors, plutôt que d'augmenter le nombre d'immigrants, n'y aurait-il pas lieu d'en réduire tout d'abord le nombre, disons de 50% pour deux ans, et ensuite de demander à des démographes de faire une analyse approfondie de la situation et de répondre aux questions qui suivent:
    ---avons-nous besoin de l'immigration?
    ---de quelle immigration avons-nous besoin?
    ---quelles sont les conditions pour une insertion harmonieuse des immigrants?
    ---quelles autres mesures pourrions-nous prendre pour remplacer l'immigration?

  • Normand Carrier
    Abonné
    samedi 7 janvier 2012 07h01
    Si l'économie et l'emploi décline ......
    Que seront les arguments du gouvernement Charest qui nous rappelle a chaque jour que ses préoccupations se confinent a l'économie et toujours a l'économie ? Que seront ses arguments et ses stratégies pour une prochaine campagne électorale ? Ce serait très gênant de déclancher des élections après un dernier semestre désastreux au niveau de la création de l'emploi et du chomage ......
    Sa base électorale se limitera aux anglophones et a une grande partie des allophones qui votent inconditionnelement pour ce parti depuis des lustres et aux hommes d'affaires du milieu de la construction qui ont bénéficié de la manne de la collusion , de la corruption , des magouilles et des largesses de ce gouvernement contre des contributions généreuses a la caisse du PLQ .....Cela représente beaucoup d'argent pour le parti mais de moins en moins de votes ......

  • nb165
    Inscrit
    samedi 7 janvier 2012 07h47
    Monsieur Teflon!
    Au Québec quand c'est le PQ qui a le pouvoir les libéraux et leurs minions tirent à boulets rouges sur les résultats économiques du gouvernement mais, quand c'est les z'amis de Gesca et de PKP qui ont le pouvoir, pas un mot dans les journeaux...Quelle coincidence!!!

    Ce gouvernement du laissez-faire économique gagne son pari. Tout tombe en ruine mais on s'en fout on a les sables bitumineux en Alberta wow! Où est Charest pour discuter des difficultés rencontrées par le Québécois moyen? Probablement dans une de ses résidences valant des millions et payés par le parti à se prélasser devant un bon feu de foyer...Car il s'en fout des Québécois, il ne pense qu'à ses amis libéraux et ceux-ci depuis 2003 sont bien traités merci.

    Les Québécois vont encore voter pour lui...Quel petit peuple. Non mais vraiment quel petit peuple...

  • Michel Lacey
    Inscrit
    samedi 7 janvier 2012 10h08
    Vive le Québec?
    Ici, les droits collectifs transcendent toute logique. Avec assez de ressources pour être capable de faire bonne figure au niveau national, les conséquences du poids de groupuscules de pression de toutes sortes ne font que poindre. Nous sommes contre tout développement économique car nous ne voulons que protéger notre tranquillité, le syndrôme du "pas dans ma cour" quoi, peu importe les conséquences. On semble oublier comment nous avons atteint ledit niveau de vie.

    Depuis la nuit des temps, le Québec a tiré profit de la péréquation. Il y a 20 ans, l'Ontario contribuait le plus à l'exercice de la redistribution des richesses, maintenant c'est le tour de l'Alberta et de Terre-Neuve-Labrador. Avec la mentalité québécoise actuelle, nous n'auront jamais une économie digne de ce nom, nous ne contribueront donc jamais à la péréquation au niveau auquel nous en aurons profité. Et on parle ici d'un choix de société. Le Canada d'aujourd'hui aurait toutes les raisons pour jeter le Québec à la rue, le forcer à être souverain. Mais ce n'est qu'une question de temps.

  • Paul Racicot
    Inscrit
    samedi 7 janvier 2012 11h13
    Regrettable absence...
    ...de statistiques par secteur d'emploi. On ne sait donc pas ce qui a foiré...

  • jobin
    Inscrit
    samedi 7 janvier 2012 11h37
    erreur
    Il y a surement erreur, ti jean,dit toujours que tout va bien dans sa province.

  • Franfeluche
    Abonné
    samedi 7 janvier 2012 12h36
    Encore la péréquation !
    Au lieu de focaliser sur la fameuse péréquation dont nous en payons une partie,
    il faudrait voir ce que d'autres provinces reçoivent non seulement en terme de péréquation mais aussi les sommes provenant des différents ministères fédéraux.
    Ceci permettrait de faire une évaluation globale de ce qui nous revient et de ce qui revient aux autres provinces.

  • Roland Berger
    Abonné
    samedi 7 janvier 2012 14h39
    La sagesse économiste
    Matthieu Arseneau, économiste et stratège à la Banque Nationale, qualifie la performance québécoise d'«intrigante». Monsieur est intrigué. Monsieur ne comprend pas. Monsieur est pourtant économiste. Et sur ces savants économistes que les gouvernements s'appuient pour définir leurs politiques d'emploi. Nous sommes entre les mains d'aveugles manipulés par la haute finance québécoise.
    Roland Berger

  • Michel Lacey
    Inscrit
    samedi 7 janvier 2012 15h37
    Pas compris?
    Ma chère fanfreluche, le sujet de mon commentaire n'était pas la péréquation. Le fait que nous recevons volontairement de la péréquation est plutôt une des conséquences de nos choix.

  • Normand Carrier
    Abonné
    dimanche 8 janvier 2012 07h32
    Les conséquences de nos choix , parlons-en monsieur Lacey .....
    Faudrait évaluer si c'était notre choix que les anglos brulent le parlement de Montréal et qu'il soit tranféré a Ottawa qui en devient la capitale , que l'industrie automobile s'établisse en Ontario a coup de subventions magistrales et que la fonction publique fédérale deviennent a 100% ontarienne avant de petite concessions pour Hull ! Ces vecteurs furent les paramètres qui ont permis a l'ontario de s'enrichir et de devenir prospère ... En économie , monsieur Lacey , on appelle cela des décisions stratégiques a long terme qui ont permis a l'ontario de devenir la plus industrialisée ......

    Durant que l'on recoit de la péréquation l'Ontario recoit entre 50% et 60% des contrats de biens et service acheté par le gouvernement fédérale et que le Québec en recoit entre 15% et 20% .... J'ai eu des expériences de ce que un fonctionnaire ontarien peut faire pour favoriser les siens ......Ce n'est pas notre choix de recevoir de la péréquation ( le B.S. ) alors que nos voisins s'enrichissent a nos dépends avec nos taxes et impôts ...... On pourrait en parler longtemps des conséquences de nos choix ...........

  • Rationnel
    Inscrit
    dimanche 8 janvier 2012 14h28
    Le vrai problème: Surendettement des particuliers
    Baisse de 51 000 emplois en un an au Québec.

    C'est une réaction en chaîne dû au surendettement des particuliers. Tôt ou tard, dans un système économique où la consommation compte pour 65%, on ne pouvait s'attendre à autre chose... Lorsque trop de gens sont trop endettés, ceux-ci doivent nécessairement couper leur consommation, ce qui diminue le chiffre d'affaires des entreprises et occasionne des pertes d'emplois.

    Le reste du Canada suivra plus tard... Depuis au moins 10 ans, au Canada, on dirait que l'on a tout misé sur l'immobilier et l'endettement sans cesse des ménages afin de stimuler l'économie. Tant que ce système ne sera pas nettoyé de ce trop haut niveau d'endettement des ménages, l'économie évoluera très lentement ainsi que l'emploi. Mais il semble que nous n'allons pas dans la bonne direction à ce sujet... Il est maintenant possible de financer un véhicule automobile sur 8 ans, quelle farce!!

    Et enfin, maintenant que le boom immobilier de la région du Grand Montréal tire à sa fin, que restera-t-il pour venir compenser l'ensemble de ces emplois directs et indirects du secteur de la construction?? Très bon texte sur le sujet:

    http://www.cyberpresse.ca/place-publique/opinions/

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