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Lettres - Est-ce que le bonheur dépend de la richesse?

Jacques Morissette - Le 4 janvier 2012  5 janvier 2012  Actualités économiques
On peut lire dans Le Devoir du 3 janvier: «Une étude nouvellement publiée conclut que les 100 Canadiens les plus fortunés ont un revenu annuel désormais 189 fois plus élevé que la moyenne canadienne, et que l'écart continue de croître.» (Le Devoir, «Des riches plus riches, un revenu moyen qui stagne»). Cependant, les riches sont-ils plus heureux parce qu'ils sont plus riches ou parce qu'ils ont surtout le sentiment de gagner la course du capitalisme, par nature? Les gens ordinaires n'ont rien contre la richesse. Ils n'aiment cependant pas les inégalités fiscales, économiques et sociales. Par contre, les gens qui bénéficient de ces privilèges trouvent cela normal.

C'est le système qui le veut ainsi, le capitalisme aimant la compétition et la productivité. Les riches participent selon leur nature à la course au «plus meilleur». Leur richesse et leur sentiment de réussite résident dans le fait d'être très à l'aise matériellement dans ce système. Les privilèges que leur accordent les gouvernements sont attribués par des gens au pouvoir qui croient en la nature de ce système et qui admirent les gens riches. Bref, pour eux, ce sont simplement des récompenses, parce qu'ils font marcher la machine dans le bon sens. Pourrait-on trouver une solution équitable pour que ceux qui s'intéressent moins à la compétition et qui cherchent simplement à vivre heureux selon leur propre nature soient moins pénalisés? Pour les riches, tout le monde devrait avoir l'esprit de compétition. Mais, devrait-on être pénalisé parce que nous aimons moins la compétition? On peut admirer la richesse soit pour se motiver, soit parce que, en peu de mots, on manque d'estime de soi. Quelqu'un qui n'aime pas l'esprit de compétition capitaliste est-il nécessairement ordinaire et médiocre? Je ne pense pas! Il aime peut-être mieux vivre selon sa propre nature.

***

Jacques Morissette - Le 4 janvier 2012
 
 
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  • Henri Marineau - Inscrit
    5 janvier 2012 04 h 32
    La pyramide salariale
    Des chiffres qui démontrent hors de tout doute que le partage de la richesse collective demeure une utopie qui prend des proportions scandaleuses. Des chiffres qui projettent l’image d’une société qui incarne le modèle pyramidal par excellence, à savoir beaucoup de salariés à la base, peu au sommet!

    Comme dirait Yvon Deschamps lorsqu’il parodie un certain proverbe dans un de ses monologues, « vaut mieux être riche et en santé que pauvre et malade! »
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  • Christian PHILIPPE - Inscrit
    5 janvier 2012 04 h 47
    TOUT EST LA ! ET PERSONNE N Y EST!
    Pauvre humanité c'est l'article le plus fondamental et la question la plus rapide à régler entre nous occidentaux mais comme on peut le voir cet article n'intéresse personne!
    Alors attendons encore une génération et ce "communiste" de riches chinois aidé aujourd'hui de notre capitalisme imbécile, nous submergera d'une dictature par l'argent de peuples naturellement déjà avides dont nous accélérons "l'instruction" de notre cupidité! Nos riches sentent-ils qu'ils auront bientôt les yeux bridés et que nous Peuples le seront totalement de nos libertés ancestrales. Celles de notre Histoire, celles que nos parents nous ont léguées, celles qu'une vraie Presse libre et engagée les a aidés à véhiculer!
    Il est grand temps d'insérer des Droits de l'homme en matière économique, les Devoirs d' "Homme humain" qui vont avec et des Institutions internationales pour les faire respecter, tant que nous sommes encore les plus forts consommateurs du monde. N'ayez crainte! Rien à voir avec le communisme pas même le socialisme! Tout est à remettre sur la table, c'est un capitalisme sain qu'il nous faut et vite!
    Le rôle de la Presse la dedans ? Oh la la, la mignonne Presse!! Je n'ose même pas y penser! Aucun commentaire à un article aussi important? La faute à qui alors?
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  • Chantal_Mino - Abonnée
    5 janvier 2012 07 h 54
    Bien dit Mé Morissette !
    J'adhère en tous points à votre point de vue.
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  • michel lebel - Inscrit
    5 janvier 2012 08 h 37
    Une grande question!
    Le bonheur: une question bien personnelle! Un sujet inépuisable! Chacun fait sa vie, fait ses choix, plus ou moins librement. Quant aux injustices, il faut toujours les combattre, les Hommes étant tous égaux en dignité.
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  • Jeannot Duchesne - Abonné
    5 janvier 2012 09 h 05
    Le capitalisme n'est ce qu'on en fait, ce n'est pas une vérité absolue.
    Monsieur Morissette, je comprends le sens de votre lettre mais il y a de grandes inexactitudes. Dans le capitalisme, même le plus petit devrait s'enrichir un peu plus chaque année mais comme vous le relatez, le revenu moyen stagne alors que les banques et les riches s'enrichissent de plus en plus.

    Les inégalités ne sont pas la faute du capitalisme, elles proviennent de l'absence de lois, de normes, de bonnes règlementations. Le néo-capitalisme que nous subissons actuellement a justement comme doctrine la non-intervention des gouvernements au profit d'un soit disant libre marché.

    S'il y avait vraiment compétition, les prix baisseraient et il y a aurait un meilleur équilibre. Nos gouvernements, nos politiciens les honorables en titre, ne gouvernent plus, ils sont à la solde des puissants et quand ils interviennent c'est pour renforcer encore plus es riches. Comment expliquer que les banques et les multinationales fassent des profits records en temps de crise et que tous les services publiques se désagrègent jour après jour?

    Le bonheur ne dépend pas de la richesse, il dépend des valeurs morales que nous nous astreignons; il y a des despotes qui sont très heureux.
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  • France Marcotte - Abonnée
    5 janvier 2012 09 h 13
    Retrouver sa nature profonde
    La compétition, la productivité, la recherche du pouvoir pour dominer et contrôler les personnes et la nature...oui des valeurs associées au capitalisme mais plus profondément encore au régime patriarcal sous lequel nous vivons depuis des siècles.
    Et ce pouvoir est exercé par une minorité de personnes, le plus souvent des Blancs de sexe masculin...on n'a qu'à relever les noms de l'article que vous citez ainsi que la photo qui l'accompagne "tout naturellement".

    Pour favoriser la valorisation de l'équité et du simple bonheur de vivre, des qualités que l'on peut qualifier de féminines et auxquelles aspirent les 99% d'humains que la richesse et la compétition méprisent, je crois qu'il faut tout simplement faire tomber le patriarcat qui nous opprime et distille en nous ses valeurs délétères pour qu'on s'y identifie bon gré mal gré depuis tant d'époques.
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  • Jean Lapointe - Abonné
    5 janvier 2012 09 h 34
    La compétition pourquoi pas mais...

    Je pense que tout le monde reconnaîtra que la compétition est un stimulant très puissant à l'action dans tous les domaines.

    Et je ne vois pourquoi on ne s'en servirait pas.

    Mais moi j'y vois un condition. Je pense qu'il est important d'y ajouter d'autres motivations.

    Il en existe bien d'autres motivations qui nous font agir. Pourquoi ne pas essayer d' en utiliser plusieurs?

    Au lieu de n'utiliser que la compétition en mettant par exemple un système de concurrence en place et en ne comptant que là-dessus, pourquoi ne pas y ajouter par exemple le dépassement de soi ou la création.

    La création est sûrement la motivation par excellence. La plupart des gens l'ont sûrement vécu. Créer c'est ce qui nous domme le plus de satisfaction je pense. Alors n'aurions-nous pas avantage humainement à essayer de l'utiliser pour nous inciter à agir au lieu de nous en limiter à une seule?

    Plus nous utiliserons de motivations plus nous aurons de chances je pense d'avoir des vies plus riches.

    A ne considérer que la compétiotin , je crains qu'on ne recherche beaucoup de déception et je crains aussi qu'on en soit amené à se rendre malheureux et aussi à oublier les autres et leurs besoins.
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  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    5 janvier 2012 10 h 23
    Et que le spectacle continue... avec une certaine complicité.
    J'ai lu ceci récemment dans un roman: «Si on s'élevait dans la hiérarchie sociale en proportion de son incompétence, je vous garantis que le monde ne tournerait pas comme il tourne. Mais le problème n'est pas là. Ce que veut dire cette phrase, ce n'est pas que les incompétents ont une place au soleil, c'est que rien n'est plus dur et injuste que la réalité humaine : les hommes vivent dans un monde où ce sont les mots [spectacles] et non les actes qui ont du pouvoir, où la compétence ultime, c'est la maîtrise du langage.» Je me suis permis d'ajouter le mot «spectacle», dans le sens de superficiel.
    Muriel Barbery, «L'élégance du hérisson» France, Folio, 2009, 414 p., p.62.
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  • France Marcotte - Abonnée
    5 janvier 2012 12 h 15
    Une affaire de vie
    On a beaucoup dénigré les féministes et quand on lit ce qu'elles ont écrit, on comprend mieux pourquoi.
    Le féminisme n'est pas uniquement une affaire de femmes.
    Il est la promotion de valeurs de vie, de partage et de paix.
    Devinez qui cela dérange le plus?
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  • Loraine King - Inscrite
    5 janvier 2012 13 h 45
    L'argent ne fait pas le bonheur, mais...
    l'argent nous permet une grande liberté. Plus j'accumule de la richesse, moins je me sens obligée, de travailler ou d'accepter de faire des choses qui me déplaisent. J'ai déjà eu des dettes et j'ai trouvé cela très malsain. Je n'en ai plus et je me sens libre de mes choix. La plus grande richesse c'est la liberté. Je n'ai pas besoin d'une richesse faramineuse, mais j'aime me réveiller le matin sachant qu'aucun créancier ne peut me menacer ou s'accaparer de ma demeure et de mes biens.

    Ceux qui s'intéressent moins à la compétition peuvent vivre pauvre et heureux. Je pense que mère Thérèse était heureuse et qu'elle excellait dans son travail.

    Il y a des gens qui ont la peau blanche, d'autres la peau noire, d'autre sont de race asiatique; certains sont grands, ou petits, gras, minces.... enfin, l'univers est composé de choses dissemblables. Chercher un modèle qui s'applique à tous est une recherche futile. Encourager la liberté de choix, c'est je pense le meilleur moyen.
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  • Roland Berger - Abonné
    5 janvier 2012 16 h 09
    Un seul problème
    Personne n'est contre le fait d'avoir les moyens financiers de vivre pleinement sa vie ? Le problème, c'est que la richesse des riches augmente dans la mesure où les pauvres s'appauvrissent. S'enrichir est devenue une vertu. On pardonne toutes les coups bas à quiconque réussit à s'enrichir au dépens des autres. Et l'on prête volontiers une certaine morale à celui qui y arrive. Le capitalisme n'a jamais assuré la justice sociale.
    Roland Berger
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  • Guy Massicotte - Inscrit
    5 janvier 2012 16 h 57
    Déception et inconpréhension
    Dommage qu'aucune religion n'appuie publiquement les indignés.
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  • Nicole Moreau - Inscrite
    5 janvier 2012 17 h 16
    C'est vrai que le bonheur n'est pas entièrement lié à la richesse
    Le bonheur est quelque chose de très personnel. Mais peut-on vraiment être heureux quand on est obligé de travailler de plus en plus longtemps pour obtenir un revenu qui permet, bien souvent, de payer à peine le nécessaire, soit logement et nourriture. Que penser alors des personnes qui gagnent en moins de 3 jours l'équivalent du salaire moyen au Québec? Il n'est pas sûr qu'elles soient plus heureuses que la moyenne, mais au moins elles n'ont pas à se préoccuper du quotidien, ce qui est le lot des 99% de la société.

    Il ne faut pas lier le bonheur à la richesse. Toutefois, ça ne peut empêcher la lutte pour une plus grande égalité et un meilleur partage entre tous.
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  • Jean-Marie Comeau - Abonné
    6 janvier 2012 00 h 21
    Quelle compétition ?
    Lorsque j'étais jeune, mes parents m'ont appris qu’être compétitif voulait dire devenir le meilleur dans son domaine. Aujourd'hui, comme hier, faire beaucoup d'argent n'est pas lié à cette définition. Un auteur dont je ne me rappelle plus le nom écrivait: Quand tu as besoin de plus d'argent, prend-le chez les pauvres. C'est évident qu'ils n'ont pas beaucoup d'argent, mais il y a beaucoup de pauvres...

    Pour moi c'est là qu'est la problématique. On laisse les riches nous dépouiller au lieu de se battre pour exiger des conditions de vie décentes pour toutes les personnes. Je ne crois pas qu'une personne qui gagne 189 fois la moyenne salariale de l'ensemble de la population ne laissera pas partir une partie de cette richesse sans se battre férocement.

    C'est à nous de voir...
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  • Louise Hurteau - Abonnée
    7 janvier 2012 09 h 35
    Oui, l'argent faite le bonheur, jusqu'a 75K
    Intéressant, une étude américaine a déterminé que oui, l'argent fait le bonheur - jusqu'à 75K annuellement. ;-)

    http://tinyurl.com/28xta3q
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