Lettres - Des gars impressionnants
Roméo Bouchard - Saint-Germain-de-Kamouraska, le 1er janvier 2012
4 janvier 2012
Actualités économiques
De nos jours, c'est bien vu de dénigrer les syndicats. Moi, je suis toujours impressionné de voir des travailleurs décider de faire la grève dans une société individualiste et égoïste comme la nôtre.
Les gars d'Alma, qui sont parmi les mieux payés au Québec, ont refusé à 80 % de laisser Rio Tinto Alcan, l'entreprise qui tient le Saguenay dans sa main, donner leurs emplois en sous-traitance et à rabais, pour épargner encore plus d'argent.
«On veut que ceux qui vont être engagés dans l'avenir aient d'aussi bons salaires que nous», a dit le jeune président du syndicat, Marc Maltais. On croit rêver, tant on n'est plus habitué à autant de solidarité et de lucidité. La flexibilité de l'emploi réclamée un peu partout par les patrons est en train d'annuler tous les gains sociaux que les travailleurs ont pris deux siècles à gagner, au prix de luttes souvent meurtrières.
Et pourtant, ils savent qu'ils vont en payer le prix, eux, leur famille et leur collectivité, pour des mois, pour toujours peut-être.
Pour ajouter au paradoxe, la p.-d.g. de Rio Tinto Alcan dans le monde, Jacinthe Côté, est elle-même originaire du Lac-Saint-Jean: elle a été élevée dans une famille modeste du rang Nord de Normandin, au Lac-Saint-Jean, comme moi, et est ma petite-cousine. Mais les entreprises sont des personnes morales qui, paradoxalement, n'ont ni coeur ni conscience: seulement une calculatrice intégrée.
Les gars de Rio Tinto Alma, il y aura sûrement des gérants d'estrade pour s'interroger sur vos intentions et vos stratégies, mais moi, vous me redonnez confiance dans mon peuple et dans l'humanité. Merci et bravo!
***
Roméo Bouchard - Saint-Germain-de-Kamouraska, le 1er janvier 2012
Les gars d'Alma, qui sont parmi les mieux payés au Québec, ont refusé à 80 % de laisser Rio Tinto Alcan, l'entreprise qui tient le Saguenay dans sa main, donner leurs emplois en sous-traitance et à rabais, pour épargner encore plus d'argent.
«On veut que ceux qui vont être engagés dans l'avenir aient d'aussi bons salaires que nous», a dit le jeune président du syndicat, Marc Maltais. On croit rêver, tant on n'est plus habitué à autant de solidarité et de lucidité. La flexibilité de l'emploi réclamée un peu partout par les patrons est en train d'annuler tous les gains sociaux que les travailleurs ont pris deux siècles à gagner, au prix de luttes souvent meurtrières.
Et pourtant, ils savent qu'ils vont en payer le prix, eux, leur famille et leur collectivité, pour des mois, pour toujours peut-être.
Pour ajouter au paradoxe, la p.-d.g. de Rio Tinto Alcan dans le monde, Jacinthe Côté, est elle-même originaire du Lac-Saint-Jean: elle a été élevée dans une famille modeste du rang Nord de Normandin, au Lac-Saint-Jean, comme moi, et est ma petite-cousine. Mais les entreprises sont des personnes morales qui, paradoxalement, n'ont ni coeur ni conscience: seulement une calculatrice intégrée.
Les gars de Rio Tinto Alma, il y aura sûrement des gérants d'estrade pour s'interroger sur vos intentions et vos stratégies, mais moi, vous me redonnez confiance dans mon peuple et dans l'humanité. Merci et bravo!
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Roméo Bouchard - Saint-Germain-de-Kamouraska, le 1er janvier 2012
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