Dépôt d'une demande à la Régie de l'énergie - Hydro-Québec veut hausser ses tarifs de 6 %
Une première augmentation de 3 % s'appliquerait en octobre, et une autre en avril
Les températures froides de l’hiver dernier ont eu conséquence une augmentation de 70 $ pour le consommateur moyen.
Hydro-Québec Distribution demande à la Régie de l'énergie une augmentation de tarifs de l'électricité de 3 % applicable à compter du 1er octobre 2003, ce qui devancerait de huit mois l'engagement respecté par la société d'État à la demande de l'ancien gouvernement péquiste de ne pas augmenter les tarifs avant le 1er mai 2004.
Cette dérogation à la parole donnée par le gouvernement précédent a été endossée par le gouvernement Charest qui, par arrêté en conseil lundi dernier, a «rétabli le bon fonctionnement du mécanisme qui permet à la Régie de l'énergie de jouer son rôle», comme on le lit dans le communiqué émis par le ministre des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs, Sam Hamad.
Hydro-Québec demande aussi à la Régie une autre augmentation de 2,98 % à partir du 1er avril 2004. Une hausse de 3 % équivaut à environ 40 $ pour un consommateur moyen d'électricité. Cela veut dire qu'en l'espace de six mois, le consommateur moyen verra pratiquement son compte d'électricité augmenter de 80 $.
André Cayer, président d'Hydro-Québec, explique que ces demandes devancées d'augmentations de tarifs sont faites notamment pour combler une partie du déficit déclaré par Hydro-Québec Distribution, pour aussi faire en sorte que les tarifs reflètent davantage les coûts au fur et à mesure que ceux-ci augmentent et enfin pour éviter «le choc» que les consommateurs auraient dans deux ou trois ans avec une augmentation alors considérable des tarifs. Même avec une hausse de 3 %, la division Distribution affichera un déficit de 360 millions en 2003, fait valoir Hydro-Québec dans sa requête.
Il y a bien eu aussi dans le premier budget du ministre des Finances, Yves Séguin, la demande d'un effort additionnel de 600 millions en dividendes de la part de la société d'État aux coffres du gouvernement. Mais sur ce point, M. Cayer répond que la hausse demandée ne générerait que 65 millions en revenus additionnels en 2003. Il y a bien les profits déclarés de 1,3 milliard pour le premier semestre, mais le président d'Hydro-Québec prévient qu'il ne faut pas trop s'y fier, en ce sens que les gros revenus sont «souvent fragiles» et que les hivers ne sont pas toujours aussi froids que le dernier. Et même les étés ne sont pas aussi chauds, si bien que les ventes d'électricité aux États-Unis cet été ont été moins fortes que celles de l'an passé et que cela s'est reflété sur les prix, qui sont également moins «chauds».
Non seulement M. Cayer n'est pas contre cette hausse anticipée des tarifs, mais «c'est un secret de polichinelle que j'aurais préféré une augmentation il y a un an», affirme-t-il. Il souligne que les températures froides de l'hiver dernier ont eu pour conséquence une augmentation de 70 $ pour le consommateur moyen. Si le prochain hiver est doux, cela pourrait vouloir dire que, même avec la hausse de tarifs demandée, ce même consommateur paierait 30 $ de moins que l'hiver dernier.
M. Cayer souligne par ailleurs que le gouvernement a demandé à Hydro-Québec d'appliquer une échelle de tarifs adaptés pour faire en sorte de donner une chance aux plus démunis de la société, qui pourraient par exemple n'avoir qu'une augmentation de 2 %, alors que le riche propriétaire, qui est un plus gros consommateur, aurait une hausse de tarif de 4 %. Toutefois, la moyenne pour l'ensemble des consommateurs résidentiels serait de 3 %, tout comme ce serait le cas d'ailleurs pour les clients industriels et commerciaux. La proposition déposée hier n'apporte aucune modification au principe de l'interfinancement, assure M. Cayer.
Quoi qu'il en soit, Hydro-Québec Distribution propose à la Régie cette demande de 6 % en deux étapes, en conformité avec l'acceptation par la Régie dans une première phase d'un taux de rendement de 8,39 % sur la base de tarification. Il n'est pas question d'imposer une facturation rétroactive, mais Hydro-Québec demande en revanche à la Régie une décision provisoire au plus tard le 12 septembre prochain, pour pouvoir augmenter son tarif de 3 % le 1er octobre prochain et éviter par la suite d'avoir à imposer une facturation rétroactive.
Surprise
On sait qu'Hydro-Québec Distribution devait présenter sa demande à la Régie pour ses tarifs au plus tard le 14 août, c'est-à-dire aujourd'hui. L'annonce d'hier est tout de même tombée comme une surprise, puisque aucune rumeur à ce sujet n'avait circulé récemment. M. Cayer dit à cet égard qu'Hydro ne pouvait rien faire tant que le gouvernement n'avait pas annoncé sa décision de permettre plus tôt que prévu le dégel des tarifs. Mais la décision finale appartient maintenant à la Régie.
Cette dérogation à la parole donnée par le gouvernement précédent a été endossée par le gouvernement Charest qui, par arrêté en conseil lundi dernier, a «rétabli le bon fonctionnement du mécanisme qui permet à la Régie de l'énergie de jouer son rôle», comme on le lit dans le communiqué émis par le ministre des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs, Sam Hamad.
Hydro-Québec demande aussi à la Régie une autre augmentation de 2,98 % à partir du 1er avril 2004. Une hausse de 3 % équivaut à environ 40 $ pour un consommateur moyen d'électricité. Cela veut dire qu'en l'espace de six mois, le consommateur moyen verra pratiquement son compte d'électricité augmenter de 80 $.
André Cayer, président d'Hydro-Québec, explique que ces demandes devancées d'augmentations de tarifs sont faites notamment pour combler une partie du déficit déclaré par Hydro-Québec Distribution, pour aussi faire en sorte que les tarifs reflètent davantage les coûts au fur et à mesure que ceux-ci augmentent et enfin pour éviter «le choc» que les consommateurs auraient dans deux ou trois ans avec une augmentation alors considérable des tarifs. Même avec une hausse de 3 %, la division Distribution affichera un déficit de 360 millions en 2003, fait valoir Hydro-Québec dans sa requête.
Il y a bien eu aussi dans le premier budget du ministre des Finances, Yves Séguin, la demande d'un effort additionnel de 600 millions en dividendes de la part de la société d'État aux coffres du gouvernement. Mais sur ce point, M. Cayer répond que la hausse demandée ne générerait que 65 millions en revenus additionnels en 2003. Il y a bien les profits déclarés de 1,3 milliard pour le premier semestre, mais le président d'Hydro-Québec prévient qu'il ne faut pas trop s'y fier, en ce sens que les gros revenus sont «souvent fragiles» et que les hivers ne sont pas toujours aussi froids que le dernier. Et même les étés ne sont pas aussi chauds, si bien que les ventes d'électricité aux États-Unis cet été ont été moins fortes que celles de l'an passé et que cela s'est reflété sur les prix, qui sont également moins «chauds».
Non seulement M. Cayer n'est pas contre cette hausse anticipée des tarifs, mais «c'est un secret de polichinelle que j'aurais préféré une augmentation il y a un an», affirme-t-il. Il souligne que les températures froides de l'hiver dernier ont eu pour conséquence une augmentation de 70 $ pour le consommateur moyen. Si le prochain hiver est doux, cela pourrait vouloir dire que, même avec la hausse de tarifs demandée, ce même consommateur paierait 30 $ de moins que l'hiver dernier.
M. Cayer souligne par ailleurs que le gouvernement a demandé à Hydro-Québec d'appliquer une échelle de tarifs adaptés pour faire en sorte de donner une chance aux plus démunis de la société, qui pourraient par exemple n'avoir qu'une augmentation de 2 %, alors que le riche propriétaire, qui est un plus gros consommateur, aurait une hausse de tarif de 4 %. Toutefois, la moyenne pour l'ensemble des consommateurs résidentiels serait de 3 %, tout comme ce serait le cas d'ailleurs pour les clients industriels et commerciaux. La proposition déposée hier n'apporte aucune modification au principe de l'interfinancement, assure M. Cayer.
Quoi qu'il en soit, Hydro-Québec Distribution propose à la Régie cette demande de 6 % en deux étapes, en conformité avec l'acceptation par la Régie dans une première phase d'un taux de rendement de 8,39 % sur la base de tarification. Il n'est pas question d'imposer une facturation rétroactive, mais Hydro-Québec demande en revanche à la Régie une décision provisoire au plus tard le 12 septembre prochain, pour pouvoir augmenter son tarif de 3 % le 1er octobre prochain et éviter par la suite d'avoir à imposer une facturation rétroactive.
Surprise
On sait qu'Hydro-Québec Distribution devait présenter sa demande à la Régie pour ses tarifs au plus tard le 14 août, c'est-à-dire aujourd'hui. L'annonce d'hier est tout de même tombée comme une surprise, puisque aucune rumeur à ce sujet n'avait circulé récemment. M. Cayer dit à cet égard qu'Hydro ne pouvait rien faire tant que le gouvernement n'avait pas annoncé sa décision de permettre plus tôt que prévu le dégel des tarifs. Mais la décision finale appartient maintenant à la Régie.
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