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Commission fédérale de valeurs mobilières - Ottawa ne peut aller de l’avant, tranche la Cour suprême

François Desjardins   22 décembre 2011 15h27  Actualités économiques
En mai 2010, une coalition québécoise menée par le ministre des Finances, Raymond Bachand s'était opposée au projet du gouvernement fédéral.
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
En mai 2010, une coalition québécoise menée par le ministre des Finances, Raymond Bachand s'était opposée au projet du gouvernement fédéral.
La Constitution n’autorise pas le cabinet Harper à créer une commission fédérale de valeurs mobilières qui réglementerait toute l’industrie, mais la Cour suprême a quand même évoqué hier l’avenue d’une «approche coopérative» après laquelle le Parlement pourrait «traiter des enjeux véritablement nationaux».

Les neuf juges du plus tribunal du pays, à qui le cabinet Harper a soumis son projet de loi en mai 2010 pour en faire évaluer la faisabilité constitutionnelle, ont écrit que «la Loi sur les valeurs mobilières, dans sa version actuelle, n’est pas valide, car elle ne relève pas du pouvoir général de réglementation en matière de trafic et de commerce conféré au Parlement» par la Constitution.

L’arrêt des juges, unanimes dans leur décision, ont rappelé que la jurisprudence confère depuis longtemps ce champ de compétence aux provinces. Attendu depuis des mois, le jugement porte un dur coup aux intentions que caressaient Ottawa et le milieu financier torontois de remplacer les autorités provinciales.

«Nous avons la décision et nous la respecterons. Il est clair que nous ne pouvons aller de l’avant avec ce projet de loi. Nous allons étudier la décision attentivement et agir conformément», a indiqué dans un très bref communiqué Chisolm Pothier, directeur des communications du ministre des Finances, Jim Flaherty.

Plusieurs provinces s’opposent à ce projet, dont le Québec, l’Alberta et la Colombie-Britannique. L’Ontario est depuis longtemps favorable.

«Certes, l’importance économique et l’omniprésence du marché des valeurs mobilières pourraient, en principe, justifier une intervention fédérale différente de celle des provinces sur le plan qualitatif, mais elles ne justifient pas la supplantation intégrale de la réglementation du secteur des valeurs mobilières», ont écrit les juges.

Au cabinet du ministre des Finances du Québec, Raymond Bachand, qui se retient depuis quelques mois de commenter la cause, on a une fois de plus qualifié le geste fédéral d’«intrusion unilatérale». Le Québec faisait front commun avec plusieurs provinces, dont l’Alberta, le Manitoba et le Nouveau-Brunswick.

«Il s’agit d’une grande victoire pour le Québec et le fédéralisme canadien. L’avis de la Cour est un rappel sans équivoque que le Parlement du Canada ne peut, de manière unilatérale, s’accaparer des pouvoirs des provinces, ni élargir les siens à sa guise. Il doit respecter les limites du  partage des compétences», a affirmé M. Bachand
 
 
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  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit
    22 décembre 2011 11 h 09
    Constat
    La Cour ne penche pas toujours du même côté, il faudrait en prendre acte.
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  • Notsag - Abonné
    22 décembre 2011 11 h 26
    Attention! Ce n'est pas fini!
    @M. St-Cyr:

    Relis bien le denier paragraphe. La Cour Suprême semble ouvrir une porte pour que le Fédéral puisse intervenir. Comment cela va se traduire dans le concret?

    Surveillons le prochain "move" de M. Flaherty.

    Comme dirait l'autre, Ce n'est pas fini tant que ce n'est pas fini!
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  • Carole Dionne - Inscrite
    22 décembre 2011 11 h 28
    Yes sire
    Ouf! mais les conservateurs de l'ouest seront toujours conservateurs. Quand cela fait leur affaire, c'est bon mais quand cela ne fait pas l'affaire de l'ouest ou de Bay street, Oups, ce n,est plus pareil. Continue harper, tu va nous séparer sans avoir besoin du Pq et de Pauline.
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  • Gilles Théberge - Abonné
    22 décembre 2011 11 h 47
    Faux
    Faux la Supreme Court penche toujours du même côté, quand il s'agit de causes mettant en cause particulièrement le Québec et le pouvoir fédéral.

    La Cour penche inexorablement du côté fédéral dans les questions névralgiques reliées à la culture les communications et la langue. L'essence de notre vie collective quoi.

    Dans ce cas-ci la question posée n'est pas un jugement dans une cause, ce n'est que la réponse à une questionposée par le fédéral.
    Ensuite, cela permettra au fédéral de voir par quelle fenêtre de la cave il pourra passer pour finalement finir par entrer dans la maison.

    D'ici quelques années tout au plus, le pouvoir fédéral qui est absolu et arrogant nous le savons pertinemment, finira par mettre, d'abord le bout de ses doigts, en ensuite la main complète dans les affaires qui thériquement ne le concerne pas. Comme toujours.
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  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit
    22 décembre 2011 12 h 17
    C'est évident
    À lire les critiques, je suppose que les juges n'interprètent pas la loi et la constitution, mais complotent constamment dans le dos du Québec. Toute une vocation.
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  • Louka Paradis - Inscrit
    22 décembre 2011 12 h 18
    Quelle bonne nouvelle !
    Une autre excellente raison de fêter... Mais ne nous laissons pas endormir pour autant. Un gouvernement qui ne respecte ni ses institutions, ni l'ensemble des Canadiens est capable de toutes les roublardises.
    Joyeux Noël à tous !
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  • Geoffroi - Abonné
    22 décembre 2011 12 h 58
    A la prochaine fois
    Les juges actuels de la Cour suprême ne sont pas éternels comme les sénaturs libéraux. On verra
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  • Gilles Théberge - Abonné
    22 décembre 2011 13 h 00
    Changez de lunettes...
    Les juges interprètent la loi et la constitution. Le problème c'est que cette Constitution ne nous appartient pas. Elle est rédigée à notre détriment. C'est pourquoi on peut faire le constat que la Supreme Court penche toujours du même bord dans les questions névralgiques et sociétales nous concernant comme peuple.

    Changez de lunettes monsieur. On voit bien que vous ne voyez pas bien...
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  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné
    22 décembre 2011 21 h 00
    Il y a plusieurs nations au Canada
    Plusieurs parlent d'une « agence nationale » pour réglementer l'industrie des valeurs mobilières au niveau canadien. Même la Cour suprême y va de son : le Parlement pourrait «traiter des enjeux véritablement nationaux».

    Il faudrait parler, du moins en français, d'agence FÉDÉRALE ou PAN-CANADIENNE et non pas d'agence NATIONALE. Il n'y a pas qu'une nation au Canada, il y en a plusieurs: il y a la nation canadienne-anglaise, la nation québécoise, les nations amérindiennes. Le Canada est un pays, mais pas une nation, du moins pas en français.

    Il ne faut pas imiter les pseudo-fédéralistes, qui dans leur stratégie de "Nation building", préfèrent utiliser l'adjectif "national" au lieu de fédéral. L'adjectif "national" va tellement bien dans un décor centralisateur. À force de parler de gouvernement national au lieu du gouvernement canadien ou fédéral, d'initiatives nationales au lieu d'initiatives fédérales, on insinue petit à petit que ce sont là des niveaux fondamentalement supérieurs, avec une légitimité intrinsèque et en quelque sorte absolue.

    J'ai dit " pseudo-fédéralistes ", car ceux qui se disent fédéralistes sont en réalité des centralisateurs qui veulent tout ramener à Ottawa, sans respecter les compétences des provinces constituant la fédération. L'histoire du Canada est une vaste farce en ce qui concerne la notion de fédération. La dérive a commencé dès 1867, avec la mal-nommée CONFÉDÉRATION, qu'on a ensuite appelée FÉDÉRATION, mais qui en pratique se comporte comme un état centralisé.

    Appelons donc un chat un chat, et les activités du gouvernement du Canada des activités fédérales.
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  • hyde - Abonné
    22 décembre 2011 22 h 56
    L'Alberta
    @M. St-Cyr

    Le Québec n'était pas la seule à contester la Commission des valeurs mobilières. D'autres provinces se rangeait du côté du Québec comme, et non la moindre, l'Alberta.

    La Cour suprême n'a penché sur aucun côté.
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