Exploration minière en Estrie - Résultats encourageants pour Bowmore
Inquiétude grandissante à Wotton et Saint-Camille
Encouragée par les résultats de ses premiers forages réalisés en sol estrien, à la recherche d'or, la minière Bowmore entend poursuivre les travaux d'exploration dans le secteur de Wotton et Saint-Camille, situé au nord-est de Sherbrooke. Mais la perspective de voir apparaître une mine à ciel ouvert dans une région très tournée vers l'agriculture et reconnue pour la beauté de ses paysages inquiète citoyens et élus, qui accusent la multinationale de manquer de transparence.
«Les résultats pour le secteur de Wotton sont vraiment encourageants. C'est exactement le type de gisement qu'on recherchait», a expliqué hier au Devoir Paul Dumas, président et chef de la direction de Bowmore.
La minière possède 700 km2 de permis qui forment une bande de terre qui va de Magog à Disraeli, en passant par la grande région de Sherbrooke. Bowmore, qui s'active dans le secteur depuis deux ans, avait ciblé trois secteurs après avoir récolté pas moins de 2000 échantillons. Ces zones ont été survolées dans le cadre de relevés aéroportés, a précisé M. Dumas. La minière a ensuite réalisé huit forages au printemps dernier, pour un total de 1627 mètres.
Les résultats obtenus pour le secteur de Wotton indiquent des teneurs moyennes de 0,21 à 0,35 gramme d'or par tonne (g/t). Cela veut dire qu'un éventuel exploitant devra extraire de grandes quantités de roches afin de produire des onces d'or. Mais dans un contexte où les prix sur le marché sont très élevés, les minières souhaitent mener ce genre de projets d'exploration. Qui plus est, selon un rapport de la firme PricewaterhouseCoopers rendu public hier, la majorité des grandes entreprises aurifères évaluent que l'once d'or devrait atteindre 2000 $ en 2012 (voir autre texte ci-dessous).
Le président de Bowmore espère être en mesure de découvrir un gisement dont la moyenne se situerait justement au minimum à 0,35 g/t. Il estime d'ailleurs la chose tout à fait possible, puisque la structure géologique dans laquelle on retrouve l'or estrien rappelle, à certains égards, celle d'un gisement important situé en Sibérie et d'un autre au Brésil. Tous deux contiendraient des millions d'onces d'or.
Mais pour déterminer s'il existe un potentiel commercial, il faudra, comme dans tout projet minier, mener beaucoup plus de travaux d'exploration. Il faut en moyenne dix ans entre une découverte minérale et la mise en production d'une mine. «Nos travaux vont se poursuivre dans le secteur de Wotton, où on a découvert les plus hautes teneurs en or, a fait valoir le président de Bowmore. On a pas établi de programme ni les endroits où on compte forer, mais ça va se faire en 2012.»
Si une mine devait voir le jour, celle-ci serait très probablement à ciel ouvert, a-t-il précisé. Cette méthode est généralement employée dans le cas des mines où la teneur en or pour chaque tonne de roche est faible. C'est le cas, par exemple, de la mine Canadian Malartic exploitée par Osisko.
Qui dit mine à ciel ouvert, dit énorme fosse, montagne de résidus et circulation intense de poids lourds. Un aspect qui inquiète grandement des citoyens et des élus de la région. Il faut savoir que Wotton joue beaucoup la carte de la «famille» pour attirer de nouveaux résidants. Quant à Saint-Camille, elle est devenue un exemple de développement durable axé sur la vie en communauté, la relève agricole et la beauté des paysages. Le modèle unique de la petite municipalité a même fait l'objet d'un livre publié plus tôt cette année aux éditions Écosociété.
Son maire, Benoît Bourassa, est d'ailleurs très «inquiet» de voir Bowmore poursuivre ses travaux. Surtout que selon lui, la minière agit sans consulter la municipalité ou les citoyens. «Les minières, sous des apparences de modernité, semblent continuent de fonctionner en solo. Elles ne se préoccupent pas trop d'associer les communautés dans la démarche. Nous ne sommes pas considérés comme des partenaires potentiels.» Selon lui, l'unique motivation d'une entreprise comme Bowmore demeure d'assurer le maximum de «profits» aux actionnaires.
M. Bourassa croit également que le projet minier menace la création d'un parc régional qui engloberait le mont Ham, une montagne de plus de 700 mètres qui domine la région. «Le projet risque d'être abandonné. Imaginez, un parc régional avec vue sur une mine à ciel ouvert.»
La municipalité de Saint-Camille avait adopté, en février dernier, un règlement interdisant l'accès aux terrains municipaux pour l'exploration minière. Une décision symbolique puisque l'actuelle Loi sur les mines a préséance sur les droits des propriétaires terriens. Le porte-parole du regroupement citoyen Mine de rien, Joël Nadeau, a aussi rappelé que Bowmore a été en mesure de mener ses travaux d'exploration en signant des ententes de gré à gré avec des propriétaires privés, notamment des propriétaires de terres agricoles.
Selon lui, la nouvelle Loi sur les mines ne permettra pas de changer la donne, même en donnant le droit aux municipalités d'interdire l'exploration dans les périmètres urbains ou sur les territoires destinés à la villégiature. «C'est environ 1,5 % du territoire. Ça ne règle pas le problème fondamental, qui est que les communautés ne sont pas impliquées.» Qui plus est, la nouvelle loi n'accordera pas de protection supplémentaire pour les rares terres agricoles encore disponibles au Québec, notamment celles situées en Estrie.
Paul Dumas se défend d'agir sans discuter avec les communautés. Le président de Bowmore a rencontré des citoyens de Saint-Camille en février dernier. Il estime aussi que la venue d'une mine serait bien vue dans la région, qui a souffert de la chute de la production d'amiante à Asbestos. «On va avoir un peu de résistance, a néanmoins reconnu M. Dumas. Que ce soit un projet minier ou industriel, il y a toujours des opposants.»
«Les résultats pour le secteur de Wotton sont vraiment encourageants. C'est exactement le type de gisement qu'on recherchait», a expliqué hier au Devoir Paul Dumas, président et chef de la direction de Bowmore.
La minière possède 700 km2 de permis qui forment une bande de terre qui va de Magog à Disraeli, en passant par la grande région de Sherbrooke. Bowmore, qui s'active dans le secteur depuis deux ans, avait ciblé trois secteurs après avoir récolté pas moins de 2000 échantillons. Ces zones ont été survolées dans le cadre de relevés aéroportés, a précisé M. Dumas. La minière a ensuite réalisé huit forages au printemps dernier, pour un total de 1627 mètres.
Les résultats obtenus pour le secteur de Wotton indiquent des teneurs moyennes de 0,21 à 0,35 gramme d'or par tonne (g/t). Cela veut dire qu'un éventuel exploitant devra extraire de grandes quantités de roches afin de produire des onces d'or. Mais dans un contexte où les prix sur le marché sont très élevés, les minières souhaitent mener ce genre de projets d'exploration. Qui plus est, selon un rapport de la firme PricewaterhouseCoopers rendu public hier, la majorité des grandes entreprises aurifères évaluent que l'once d'or devrait atteindre 2000 $ en 2012 (voir autre texte ci-dessous).
Le président de Bowmore espère être en mesure de découvrir un gisement dont la moyenne se situerait justement au minimum à 0,35 g/t. Il estime d'ailleurs la chose tout à fait possible, puisque la structure géologique dans laquelle on retrouve l'or estrien rappelle, à certains égards, celle d'un gisement important situé en Sibérie et d'un autre au Brésil. Tous deux contiendraient des millions d'onces d'or.
Mais pour déterminer s'il existe un potentiel commercial, il faudra, comme dans tout projet minier, mener beaucoup plus de travaux d'exploration. Il faut en moyenne dix ans entre une découverte minérale et la mise en production d'une mine. «Nos travaux vont se poursuivre dans le secteur de Wotton, où on a découvert les plus hautes teneurs en or, a fait valoir le président de Bowmore. On a pas établi de programme ni les endroits où on compte forer, mais ça va se faire en 2012.»
Si une mine devait voir le jour, celle-ci serait très probablement à ciel ouvert, a-t-il précisé. Cette méthode est généralement employée dans le cas des mines où la teneur en or pour chaque tonne de roche est faible. C'est le cas, par exemple, de la mine Canadian Malartic exploitée par Osisko.
Qui dit mine à ciel ouvert, dit énorme fosse, montagne de résidus et circulation intense de poids lourds. Un aspect qui inquiète grandement des citoyens et des élus de la région. Il faut savoir que Wotton joue beaucoup la carte de la «famille» pour attirer de nouveaux résidants. Quant à Saint-Camille, elle est devenue un exemple de développement durable axé sur la vie en communauté, la relève agricole et la beauté des paysages. Le modèle unique de la petite municipalité a même fait l'objet d'un livre publié plus tôt cette année aux éditions Écosociété.
Son maire, Benoît Bourassa, est d'ailleurs très «inquiet» de voir Bowmore poursuivre ses travaux. Surtout que selon lui, la minière agit sans consulter la municipalité ou les citoyens. «Les minières, sous des apparences de modernité, semblent continuent de fonctionner en solo. Elles ne se préoccupent pas trop d'associer les communautés dans la démarche. Nous ne sommes pas considérés comme des partenaires potentiels.» Selon lui, l'unique motivation d'une entreprise comme Bowmore demeure d'assurer le maximum de «profits» aux actionnaires.
M. Bourassa croit également que le projet minier menace la création d'un parc régional qui engloberait le mont Ham, une montagne de plus de 700 mètres qui domine la région. «Le projet risque d'être abandonné. Imaginez, un parc régional avec vue sur une mine à ciel ouvert.»
La municipalité de Saint-Camille avait adopté, en février dernier, un règlement interdisant l'accès aux terrains municipaux pour l'exploration minière. Une décision symbolique puisque l'actuelle Loi sur les mines a préséance sur les droits des propriétaires terriens. Le porte-parole du regroupement citoyen Mine de rien, Joël Nadeau, a aussi rappelé que Bowmore a été en mesure de mener ses travaux d'exploration en signant des ententes de gré à gré avec des propriétaires privés, notamment des propriétaires de terres agricoles.
Selon lui, la nouvelle Loi sur les mines ne permettra pas de changer la donne, même en donnant le droit aux municipalités d'interdire l'exploration dans les périmètres urbains ou sur les territoires destinés à la villégiature. «C'est environ 1,5 % du territoire. Ça ne règle pas le problème fondamental, qui est que les communautés ne sont pas impliquées.» Qui plus est, la nouvelle loi n'accordera pas de protection supplémentaire pour les rares terres agricoles encore disponibles au Québec, notamment celles situées en Estrie.
Paul Dumas se défend d'agir sans discuter avec les communautés. Le président de Bowmore a rencontré des citoyens de Saint-Camille en février dernier. Il estime aussi que la venue d'une mine serait bien vue dans la région, qui a souffert de la chute de la production d'amiante à Asbestos. «On va avoir un peu de résistance, a néanmoins reconnu M. Dumas. Que ce soit un projet minier ou industriel, il y a toujours des opposants.»
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