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«L'Italie ne fera pas faillite»

Le nouveau président du Conseil justifie l'imposition d'un nouveau programme d'austérité de 30 milliards d'euros

Rome — L'Italie, sans le nouveau programme d'austérité de 30 milliards d'euros présenté ce week-end, aurait risqué de se retrouver dans une situation similaire à celle de la Grèce, a déclaré hier le nouveau président du Conseil, Mario Monti.

Soulignant les conséquences potentiellement catastrophiques de l'inaction, il a expliqué devant la presse étrangère que les nouvelles mesures d'austérité pourraient, certes, peser sur la croissance mais qu'elles permettraient de retrouver confiance et aider ainsi l'économie. «Sans ce programme, nous pensons que l'Italie se serait effondrée, que l'Italie se retrouverait dans une situation similaire à celle de la Grèce», a déclaré le chef du gouvernement italien.

Approuvé dimanche en Conseil des ministres, le dispositif, qui prévoit 30 milliards d'euros d'économie et de recettes supplémentaires en mêlant hausses d'impôts, réforme des retraites et mesures de relance de l'activité, doit assainir les comptes publics de la troisième économie de la zone euro et enrayer la crise de la dette.

Du total, 20 milliards serviront à la réduction du déficit budgétaire; les dix milliards restants devront soutenir l'activité économique.

Le plan Monti, intitulé «Salvare l'Italia» (sauver l'Italie), a ensuite été présenté à la Chambre. Le gouvernement a choisi de recourir à la procédure du décret-loi, ce qui signifie que l'ensemble des mesures prennent effet immédiatement mais que Mario Monti devra obtenir dans un délai de 60 jours le soutien du Parlement.

Si l'Italie ne peut inverser la spirale négative sur sa dette, a dit le président du Conseil aux députés, l'avenir de la zone euro pourrait être mis en doute.

Les syndicats, qui jugent que l'effort demandé aux classes moyennes et déshéritées est trop fort, ont appelé à une grève nationale de deux heures pour la journée du 12 décembre. «Une fois de plus, les sacrifices exigés incombent principalement aux salariés, aux retraités et aux catégories les plus fragiles de la société'», déplore le FIM-CISL, syndicat de la métallurgie.

Les marchés financiers en revanche semblent avoir bien accueilli le plan Monti. Les taux d'intérêt exigés sur les emprunts à dix ans émis par le Trésor italien sont revenus à 6,2 %, soit un point de moins que la semaine dernière, et l'écart entre les emprunts italiens et les Bunds allemands, référence dans la zone euro, est retombé sous la barre des 400 points de base.

«La Commission va procéder à un examen attentif de ce nouveau dispositif lorsque tous les détails nous seront parvenus. Mais, globalement, cet ensemble de mesures est opportun et ambitieux, dans la mesure où il témoigne d'une nouvelle approche nécessaire de la politique économique», commentait dès dimanche soir le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn. Le premier ministre néerlandais, Mark Rutte, qui s'est entretenu hier matin à Rome avec Mario Monti, s'est dit «très impressionné».

Les commentateurs de la presse italienne louent le courage de Mario Monti. «Il arrive parfois qu'il faille déplaire à tous, et l'Italie vit assurément l'une de ces périodes», note La Stampa à Turin.

Mario Monti, qui a succédé à Silvio Berlusconi le mois dernier, était soumis à une pression croissante pour présenter des mesures concrètes et détaillées de nature à résorber le problème de la dette italienne et apaiser les inquiétudes des investisseurs. L'ancien commissaire européen a repris à son compte l'objectif de son prédécesseur de ramener le budget italien à l'équilibre fin 2013, une gageure alors que l'économie montre des signes de récession.

Mais pour Vittorio Grilli, vice-ministre de l'Économie, les mesures annoncées dimanche permettront de tenir cet engagement même si le PIB italien se contracte de 0,4 ou 0,5 % en 2012.
 
 
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