Entrepreneuriat - Compter sur soi et sur des capitaux
Éloigner les gros sabots et les bonnes âmes
Photo : Health point
Healthpoint Services Global a développé toute une expertise en entrepreneuriat social.
Les entreprises sociales peuvent très bien répondre à certains des besoins essentiels des populations les plus pauvres de la planète, dit un expert en la matière, à condition que ces entreprises d'un type particulier soient assez grosses, que les capitaux arrivent à les trouver, que les gouvernements s'ôtent de leurs jambes et que les bonnes âmes des pays riches ne viennent pas tout gâcher avec leur charité mal placée.
Des experts ont établi que les 700 millions d'habitants les plus pauvres de l'Inde sont chacun prêts à dépenser en moyenne l'équivalent de 50 $ par année en soins de santé. N'importe quelle entreprise normale ne portera pas attention à cette information, n'y voyant aucune possibilité de profit, surtout en sachant la difficulté de rejoindre cette clientèle largement disséminée dans des milliers de villages isolés. L'Américain Al Hammond y a vu, au contraire, la chance de mettre sur pied une compagnie privée, à la fois rentable et utile pour les plus démunis.
Parfait exemple de ce qu'on appelle un entrepreneur social, le président de Healthpoint Services Global a été invité à venir présenter son dernier projet aux quelque 130 hommes et femmes d'affaires, créateurs d'ONG, experts et politiciens d'une soixantaine de pays qui ont assisté à la 4e édition du World Entrepreneurship Forum, le mois dernier, à Singapour.
«Notre projet n'aurait pas été possible sans de récentes innovations technologiques», a-t-il expliqué. Ce projet consiste à établir des cliniques privées dans des communautés indiennes isolées des grands centres.
Équipées de système de filtration d'eau à osmose inverse, ces cliniques vendent un approvisionnement en eau répondant aux besoins d'une famille de six pour l'équivalent de 1,50 $ par mois. Lancé il y a seulement deux ans, ce service compterait déjà 3,5 millions de clients quotidiens, les trois quarts des maladies dans ces régions venant directement ou indirectement de la consommation d'eau contaminée.
Gérées au quotidien par de simples techniciens, ces cliniques offrent également des consultations par téléconférence avec un véritable médecin pour 40 ¢, plus de 70 tests de diagnostic à un prix moyen de 1 $, ainsi que des médicaments génériques à moitié prix.
Tout est organisé de manière à ce que le diagnostic et le traitement soient faits durant la même visite, sachant que ce qui rend les soins de santé tellement chers pour des gens qui gagnent souvent moins de 1 $ par jour est le coût du voyage, l'hébergement et les journées de travail perdues.
On espère, d'ici quatre ans, avoir 7,5 millions de clients en Inde. Un projet semblable devrait être lancé bientôt aux Philippines, puis au Mexique, plus tard l'année prochaine.
Voir grand
«C'est un marché immense et complètement inexploité, observe Al Hammond. Le principal obstacle pour de tels projets est habituellement les gouvernements et leurs tracasseries administratives. Ça n'a heureusement pas été le cas avec nos cliniques en Inde jusqu'à présent, les gouvernements locaux sachant que les besoins étaient immenses et étant ouverts à la présence du privé dans ce domaine. Ils ont même contribué à accélérer les choses.»
Un autre problème important que rencontrent les entrepreneurs sociaux est de trouver les capitaux nécessaires pour lancer leurs projets.
«Les projets d'entreprises sociales ne manquent pas. Les capitaux qui pourraient souhaiter y investir non plus. Le problème est qu'ils ne savent pas comment se trouver. Et que les gouvernements ne savent pas comment les y aider.»
Pour pouvoir être rentables, mais aussi pour pouvoir véritablement améliorer un peu le sort des plus démunis, les entreprises sociales doivent atteindre une certaine taille critique.
«Je ne veux plus entendre parler de petits projets, s'exclame Al Hammond, qui est aussi l'un des animateurs de l'association internationale d'entrepreneuriat social bien connue Ashoka. Nous avons besoin de projets qui voient grand. Qui ont le potentiel de s'étendre à d'autres pays et d'avoir une force de frappe.»
Des entreprises assez fortes aussi pour ne pas tomber au champ d'honneur lorsqu'elles sont victimes de tirs amis, ajoute-t-il.
Il raconte l'histoire de cette actrice célèbre qui a eu l'idée, récemment, d'organiser une collecte de fonds pour aider les pauvres. La gentille dame est parvenue à amasser 250 000 $ avec lesquels elle a acheté des tas de matelas destinés à un coin particulièrement miséreux d'Afrique.
L'initiative a tué la seule petite entreprise qui fabriquait des matelas dans la région et mis sur le carreau les quelques dizaines de personnes qui avaient la chance d'y travailler.
«C'est un exemple de ce que la philanthropie mal placée peut faire», soupire-t-il.
Des experts ont établi que les 700 millions d'habitants les plus pauvres de l'Inde sont chacun prêts à dépenser en moyenne l'équivalent de 50 $ par année en soins de santé. N'importe quelle entreprise normale ne portera pas attention à cette information, n'y voyant aucune possibilité de profit, surtout en sachant la difficulté de rejoindre cette clientèle largement disséminée dans des milliers de villages isolés. L'Américain Al Hammond y a vu, au contraire, la chance de mettre sur pied une compagnie privée, à la fois rentable et utile pour les plus démunis.
Parfait exemple de ce qu'on appelle un entrepreneur social, le président de Healthpoint Services Global a été invité à venir présenter son dernier projet aux quelque 130 hommes et femmes d'affaires, créateurs d'ONG, experts et politiciens d'une soixantaine de pays qui ont assisté à la 4e édition du World Entrepreneurship Forum, le mois dernier, à Singapour.
«Notre projet n'aurait pas été possible sans de récentes innovations technologiques», a-t-il expliqué. Ce projet consiste à établir des cliniques privées dans des communautés indiennes isolées des grands centres.
Équipées de système de filtration d'eau à osmose inverse, ces cliniques vendent un approvisionnement en eau répondant aux besoins d'une famille de six pour l'équivalent de 1,50 $ par mois. Lancé il y a seulement deux ans, ce service compterait déjà 3,5 millions de clients quotidiens, les trois quarts des maladies dans ces régions venant directement ou indirectement de la consommation d'eau contaminée.
Gérées au quotidien par de simples techniciens, ces cliniques offrent également des consultations par téléconférence avec un véritable médecin pour 40 ¢, plus de 70 tests de diagnostic à un prix moyen de 1 $, ainsi que des médicaments génériques à moitié prix.
Tout est organisé de manière à ce que le diagnostic et le traitement soient faits durant la même visite, sachant que ce qui rend les soins de santé tellement chers pour des gens qui gagnent souvent moins de 1 $ par jour est le coût du voyage, l'hébergement et les journées de travail perdues.
On espère, d'ici quatre ans, avoir 7,5 millions de clients en Inde. Un projet semblable devrait être lancé bientôt aux Philippines, puis au Mexique, plus tard l'année prochaine.
Voir grand
«C'est un marché immense et complètement inexploité, observe Al Hammond. Le principal obstacle pour de tels projets est habituellement les gouvernements et leurs tracasseries administratives. Ça n'a heureusement pas été le cas avec nos cliniques en Inde jusqu'à présent, les gouvernements locaux sachant que les besoins étaient immenses et étant ouverts à la présence du privé dans ce domaine. Ils ont même contribué à accélérer les choses.»
Un autre problème important que rencontrent les entrepreneurs sociaux est de trouver les capitaux nécessaires pour lancer leurs projets.
«Les projets d'entreprises sociales ne manquent pas. Les capitaux qui pourraient souhaiter y investir non plus. Le problème est qu'ils ne savent pas comment se trouver. Et que les gouvernements ne savent pas comment les y aider.»
Pour pouvoir être rentables, mais aussi pour pouvoir véritablement améliorer un peu le sort des plus démunis, les entreprises sociales doivent atteindre une certaine taille critique.
«Je ne veux plus entendre parler de petits projets, s'exclame Al Hammond, qui est aussi l'un des animateurs de l'association internationale d'entrepreneuriat social bien connue Ashoka. Nous avons besoin de projets qui voient grand. Qui ont le potentiel de s'étendre à d'autres pays et d'avoir une force de frappe.»
Des entreprises assez fortes aussi pour ne pas tomber au champ d'honneur lorsqu'elles sont victimes de tirs amis, ajoute-t-il.
Il raconte l'histoire de cette actrice célèbre qui a eu l'idée, récemment, d'organiser une collecte de fonds pour aider les pauvres. La gentille dame est parvenue à amasser 250 000 $ avec lesquels elle a acheté des tas de matelas destinés à un coin particulièrement miséreux d'Afrique.
L'initiative a tué la seule petite entreprise qui fabriquait des matelas dans la région et mis sur le carreau les quelques dizaines de personnes qui avaient la chance d'y travailler.
«C'est un exemple de ce que la philanthropie mal placée peut faire», soupire-t-il.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

