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    La fonction publique québécoise a perdu de son lustre

    Les salaires du secteur public sont inférieurs de 11,3 % à ceux des autres salariés, selon l'Institut de la statistique du Québec

    Choisir de travailler pour l’État québécois n’est pas toujours aussi avantageux qu’on le croit généralement, réitère l’ISQ.<br />
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Choisir de travailler pour l’État québécois n’est pas toujours aussi avantageux qu’on le croit généralement, réitère l’ISQ.
    Le salaire des employés de l'administration québécoise accuse cette année un retard de 11,3 % par rapport à celui des autres salariés québécois, souligne à grands traits le rapport annuel «Rémunération des salariés: état et évolution comparés» dévoilé hier par l'Institut de la statistique du Québec (ISQ).

    La situation est demeurée stable à cet égard entre 2010 et 2011, indique d'emblée l'ISQ. Par exemple, des retards variant de 11,8 % chez les employés de bureau à 27,8 % chez les ouvriers persistent toujours.

    Les employés de l'administration québécoise accusent un retard salarial de 8,3 % par rapport à leurs homologues du secteur privé et de 18,5 % comparativement à ceux de l'administration fédérale.

    Pour les syndicats, l'administration québécoise perd son pouvoir d'attraction, si bien qu'une importante pénurie de main-d'oeuvre est à craindre, notamment en personnel hautement qualifié.

    L'État «dépouillé»


    Le gouvernement abdique ni plus ni moins ses responsabilités, en délaissant l'expertise nécessaire au bon fonctionnement des institutions et à la livraison des services publics, notamment en faisant de plus en plus appel à la sous-traitance, aux partenariats publics-privés (PPP) et en pourvoyant dans la fonction publique un poste laissé vacant à la suite d'un départ à la retraite sur deux, selon les syndicats.

    «Les données de l'ISQ démontrent que les salaires des employés, tout comme leur retraite d'ailleurs, sont loin d'être aussi avantageux que ce que certains avancent», a affirmé par voie de communiqué le vice-président de la CSN, Jacques Létourneau. «Au contraire, l'écart avec les autres salariés du Québec se creuse d'année en année», a-t-il fait valoir.

    Pour le secrétaire général de la FTQ, Daniel Boyer, la politique de «non-remplacement d'un effectif sur deux» lors de départs dans le secteur public «commence à envenimer passablement la situation». «Plus cette politique se prolonge, moins il y a de ressources, à un point où le non-remplacement [...] finit par rétrécir les effectifs comme peau de chagrin. Le gouvernement y perd en expertise, en compétences et en qualité des services. Il faut en finir avec cette politique», a affirmé M. Boyer.

    D'autre part, la rémunération globale (qui comprend les salaires, les avantages sociaux et les heures de présence au travail) des salariés de l'administration québécoise est en retard de 6,1 % sur celle des autres salariés québécois.

    La parité est constatée pour une deuxième année consécutive entre l'administration québécoise et le secteur privé. Néanmoins, la rémunération des employés de l'administration québécoise accuse un retard de 18,5 % comparativement à celle des employés de l'administration fédérale.

    «Cela signifie que l'État québécois n'offre plus aucun incitatif aux salariés qui souhaitent y faire carrière», ont rétorqué les syndicats.

    «À voir les résultats de l'ISQ pour les ouvriers, on aurait pu s'attendre à ce que les travaux du comité sur la situation des ouvriers spécialisés — mis sur pied lors de la dernière négociation — avancent plus rapidement. On voit ici l'urgence de mener à terme ces travaux puisque leur situation est particulièrement préoccupante», a déclaré la porte-parole du Secrétariat intersyndical des services publics (SISP), Régine Laurent.

    Le retard plus faible observé sur le plan de la rémunération globale (6,1 %) par rapport à celui noté sur le plan salarial (11,3 %) s'explique notamment par le nombre d'heures de présence au travail moindre dans l'administration québécoise, indique l'ISQ.












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