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    Le casse-tête européen se complique encore

    Le FMI pourrait être appelé en renfort pour financer le fonds de secours

    Le premier ministre italien, Mario Monti, et le président de l’Union européenne, Jean-Claude Juncker.<br />
    Photo : Agence France-Presse (photo) John Thys Le premier ministre italien, Mario Monti, et le président de l’Union européenne, Jean-Claude Juncker.
    Bruxelles — Empêtrés dans une difficile réforme du Fonds européen se stabilité financière, les pays de la zone euro envisageaient hier soir de solliciter une aide supplémentaire du FMI, alors que la pression sur la monnaie unique ne faiblit pas.

    Deux ans après avoir éclaté, la crise de la dette menace de faire dérailler l'économie mondiale et s'aggrave un peu plus chaque jour, l'Italie ayant dû concéder hier matin des rendements de près de 8 % pour placer des obligations à trois ans et de 7,5 % pour du papier à 10 ans, en très nette hausse par rapport à octobre. Ces coûts, similaires à ceux qui avaient déclenché les plans d'aide internationale à la Grèce, à l'Irlande et au Portugal, sont jugés intenables au-delà de quelques semaines, d'autant que Rome devra refinancer pas moins de 150 milliards d'euros de dette entre février et avril prochains.

    Avant que ne s'ouvre la réunion mensuelle de l'Eurogroupe, plusieurs ministres des Finances de la zone euro ont dit que le Fonds monétaire international pourrait devoir fournir une aide supplémentaire à l'Europe, sans doute en s'appuyant sur des fonds européens. «Nous allons devoir nous tourner vers le FMI, qui peut rendre disponibles des fonds supplémentaires pour notre fonds d'urgence. Je pense que les pays en Europe et hors d'Europe devraient être prêts à donner plus d'argent au FMI», a déclaré le ministre néerlandais Jan Kees de Jager.

    Le FMI pourrait également être mis à contribution pour que la Banque centrale européenne (BCE) puisse venir en aide, indirectement, aux pays de la zone euro en difficulté. Selon des sources européennes, l'une des options envisagées serait que l'institut de Francfort, via les banques centrales nationales prête des fonds au FMI pour que ce dernier les prête ensuite à l'Italie ou à l'Espagne. Ce système permettrait de ne pas violer les traités européens, qui stipulent que la BCE ne peut pas financer directement la dette des États.

    «Nous allons en discuter avec la BCE. La BCE est une institution indépendante, donc nous allons mettre des propositions sur la table et la BCE prendra la décision», a expliqué le ministre belge des Finances, Didier Reynders.

    Alors que la possibilité de voir l'Italie demander de l'aide au FMI a été vivement démentie hier, le nouveau président du Conseil Mario Monti, qui est aussi ministre des Finances, doit présenter à ses pairs son plan de réformes visant à parvenir à l'équilibre budgétaire en 2013. La Grèce reste elle aussi sous pression, même si une bouffée d'oxygène lui a été apportée avec le versement d'une tranche d'aide de huit milliards d'euros.

    Hier matin, c'est la France qui a été placée sous le feu des projecteurs, les marchés réagissant négativement à un article du quotidien La Tribune selon lequel l'agence de notation Standard & Poor's pourrait placer sous peu le triple A de la France sous perspective négative. Si la note de la France venait à être abaissée, la réforme du FESF qui doit porter sa capacité d'action à 1000 milliards d'euros, déjà difficile, deviendrait pratiquement impossible, car le Fonds perdrait lui aussi sa note maximale triple A.

    Lundi, son directeur général, Klaus Regling, a déclaré à des parlementaires allemands qu'au vu des conditions de marché, la démultiplication de la capacité d'intervention du FESF n'était plus imaginable dans les termes initialement prévus. La démultiplication, qui devait se faire sur la base d'un facteur de 4 à 5, «n'est plus atteignable en raison de la détérioration évidente de l'environnement des marchés», a-t-il dit, selon plusieurs sources.

    Klaus Regling devrait néanmoins présenter aux ministres des Finances de la zone euro les contours du nouveau Fonds, après d'intenses consultations ces dernières semaines avec les investisseurs internationaux. Le FESF réformé ne devrait toutefois pas être en mesure d'agir pour garantir des émissions obligataires de pays avant fin décembre au moins, indiquent des sources au fait du dossier.

    Ce délai pose la triple question d'une nouvelle aggravation de la crise de la dette, de la matérialisation d'une nouvelle récession en Europe et du rôle qu'est appelée à jouer la BCE dans la gestion de la crise, autant de sujets qui devraient aussi se retrouver sur la table des ministres à dix jours d'un sommet européen jugé décisif pour l'avenir de la monnaie unique.

    La France et l'Allemagne se sont donné jusqu'à fin janvier pour parvenir à une union budgétaire renforcée de la zone euro, un projet qui pourrait passer par la mise en quarantaine de plusieurs pays et a suscité lundi des réactions négatives parmi les membres de la monnaie unique. Selon des sources au fait des échanges entre Paris et Berlin, les deux pays envisagent de contourner une révision en bonne et due forme des traités européens — un processus qui durerait 18 mois a minima — en planchant sur un minitraité en dehors du cadre communautaire, plus flexible et plus rapide à mettre en oeuvre.

    Comme la veille, le président américain, Barack Obama, a réitéré hier ses appels à des décisions des responsables européens et fait valoir que les États-Unis avaient un «profond intérêt» à une résolution rapide de la crise.
     
     
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