Crise de l'euro: les scénarios du pire, selon l'OCDE
Photo : Agence France-Presse Éric Piermont
Pier Carlo Padoan, chef économiste de l’OCDE: «La situation est grave, [...] il faut agir maintenant.»
Paris — L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) expose dans ses prévisions publiées hier les scénarios du pire qui résulteraient d'un défaut de paiement d'un pays de la zone euro et qui pourraient aller jusqu'à la sortie d'un État de l'Union monétaire.
Un défaut de paiement désordonné d'un pays de la zone euro pourrait avoir un impact dans les autres pays à travers plusieurs canaux de transmission, comme les banques créancières de l'État concerné ou un effet domino lié à une hausse des rendements des obligations publiques, qui détériorerait plus encore les finances publiques.
L'effet de contagion direct dépendrait de la taille du pays. Dans une économie relativement petite, comme la Grèce, les effets seraient «gérables», selon l'OCDE. Les systèmes bancaires nationaux devraient être capables d'absorber des pertes significatives sur leur détention de dette grecque, rendues probables par l'accord des 26 et 27 octobre, même si une recapitalisation de banques particulièrement exposées pourrait être nécessaire.
Une restructuration de la dette de la Grèce accroîtrait les anticipations de défaut du Portugal et de l'Irlande, mais la situation devrait là aussi être gérable, estime l'OCDE.
Contagion généralisée
En revanche, un défaut d'une économie plus vaste serait plus dévastateur, tout comme une contagion à un grand groupe de pays. Cela aurait des conséquences «désastreuses» sur les finances publiques, les systèmes bancaires, avec potentiellement des effets extrêmes sur l'ensemble de la zone euro:
- Dans un cercle vicieux, un renchérissement de ce que versent les États pour s'endetter détériorerait les finances publiques, ce qui entraînerait une perte de confiance supplémentaire, provoquant de nouvelles hausses de taux d'intérêt. Cette situation conduirait à de nouvelles mesures de rigueur qui inhiberaient la croissance.
- Les bilans des banques seraient affaiblis ainsi que leur capacité à lever des fonds. Leur offre de crédit diminuerait.
- Un tel développement, s'il n'est pas jugulé, conduirait à des craintes de défaut d'États et de banques avec des effets spectaculaires sur la stabilité du système bancaire dans toute la zone.
Une crise intense dans la zone euro aurait un puissant effet sur le reste du monde, directement via des actifs européens détenus par les banques japonaises et américaines et indirectement par les effets sur exportations de ces pays. La crainte accrue généralisée du risque qui s'ensuivrait aurait aussi des effets sur les pays émergents.
Enfin, «le scénario du pire, bien qu'ayant une faible probabilité de se produire» serait la sortie d'un pays de la zone euro. Ce «serait dévastateur à très court terme et entraînerait des coûts énormes pour tous les pays de la zone euro», estime l'OCDE. Un tel scénario s'accompagnerait d'une destruction massive de richesses, de faillites et d'un effondrement de la confiance dans l'intégration européenne, poursuit le club de pays riches.
«Le résultat le plus probable serait une profonde dépression tant dans les pays sortant de la zone que dans ceux y restant ainsi que dans l'économie mondiale», prévient l'OCDE.
Un défaut de paiement désordonné d'un pays de la zone euro pourrait avoir un impact dans les autres pays à travers plusieurs canaux de transmission, comme les banques créancières de l'État concerné ou un effet domino lié à une hausse des rendements des obligations publiques, qui détériorerait plus encore les finances publiques.
L'effet de contagion direct dépendrait de la taille du pays. Dans une économie relativement petite, comme la Grèce, les effets seraient «gérables», selon l'OCDE. Les systèmes bancaires nationaux devraient être capables d'absorber des pertes significatives sur leur détention de dette grecque, rendues probables par l'accord des 26 et 27 octobre, même si une recapitalisation de banques particulièrement exposées pourrait être nécessaire.
Une restructuration de la dette de la Grèce accroîtrait les anticipations de défaut du Portugal et de l'Irlande, mais la situation devrait là aussi être gérable, estime l'OCDE.
Contagion généralisée
En revanche, un défaut d'une économie plus vaste serait plus dévastateur, tout comme une contagion à un grand groupe de pays. Cela aurait des conséquences «désastreuses» sur les finances publiques, les systèmes bancaires, avec potentiellement des effets extrêmes sur l'ensemble de la zone euro:
- Dans un cercle vicieux, un renchérissement de ce que versent les États pour s'endetter détériorerait les finances publiques, ce qui entraînerait une perte de confiance supplémentaire, provoquant de nouvelles hausses de taux d'intérêt. Cette situation conduirait à de nouvelles mesures de rigueur qui inhiberaient la croissance.
- Les bilans des banques seraient affaiblis ainsi que leur capacité à lever des fonds. Leur offre de crédit diminuerait.
- Un tel développement, s'il n'est pas jugulé, conduirait à des craintes de défaut d'États et de banques avec des effets spectaculaires sur la stabilité du système bancaire dans toute la zone.
Une crise intense dans la zone euro aurait un puissant effet sur le reste du monde, directement via des actifs européens détenus par les banques japonaises et américaines et indirectement par les effets sur exportations de ces pays. La crainte accrue généralisée du risque qui s'ensuivrait aurait aussi des effets sur les pays émergents.
Enfin, «le scénario du pire, bien qu'ayant une faible probabilité de se produire» serait la sortie d'un pays de la zone euro. Ce «serait dévastateur à très court terme et entraînerait des coûts énormes pour tous les pays de la zone euro», estime l'OCDE. Un tel scénario s'accompagnerait d'une destruction massive de richesses, de faillites et d'un effondrement de la confiance dans l'intégration européenne, poursuit le club de pays riches.
«Le résultat le plus probable serait une profonde dépression tant dans les pays sortant de la zone que dans ceux y restant ainsi que dans l'économie mondiale», prévient l'OCDE.
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