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Entrepreneuriat - Soutenir activement

L'exemple de Göteborg, une ville qui ne craint pas de se réinventer

Göteborg s'est valu la réputation d'être l'une des régions à avoir connu la plus forte croissance en Europe ces dix dernières années en adoptant une politique d'encouragement actif à l'entrepreneuriat, mais aussi en prenant en mains le développement de sa ville centre et de ses infrastructures de transport en commun.

«Notre ville a toujours eu une culture entrepreneuriale très forte. Nos politiques ne font que s'inscrire dans cette continuité dans une approche qui se veut vraiment, autant que possible, du bas vers le haut plutôt que l'inverse», expliquait au début du mois au Devoir la mairesse de la ville portuaire du sud-ouest de la Suède, Anneli Hulthén. Elle venait de recevoir le prix du politicien de l'année du World Entrepreneurship Forum, qui se tenait cette année à Singapour.

Les membres du jury ont spécialement retenu trois expériences qui leur apparaissaient particulièrement innovantes et toutes trois gérées par l'agence de développement économique régional créée il y 30 ans et présidée, elle aussi, par Mme Hulthén. La première est un programme offrant à des PME désireuses de prendre de l'expansion l'accès aux conseils d'experts et à des réseaux de contacts normalement inaccessibles pour des entreprises de leur taille et avec leurs (modestes) moyens. Un incubateur d'entreprises dans le secteur de la création s'est aussi attiré des éloges en raison, notamment, de son succès à rassembler dans un même lieu et à faire travailler ensemble étudiants et entrepreneurs, compagnies en démarrage et sociétés bien établies. On a salué également la mise sur pied d'une «urgence» pour PME en difficulté, où une entreprise menacée de faillite peut trouver des conseillers personnels, d'affaires, financiers et légaux pour l'aider à retrouver ses assises. Plus de 1000 entreprises y ont fait appel depuis sa création en 1997. Près des deux tiers font habituellement encore des affaires cinq ans plus tard.

Ce ne sont là que des exemples du genre d'initiatives que les autorités locales de Göteborg ont mises en place pour aider le développement des entreprises sur son territoire. On aurait pu aussi mentionner les programmes de sensibilisation aux valeurs entrepreneuriales dans les établissements préscolaires et la réalisation de travaux pratiques sur de véritables entreprises dans les universités.

Tous derrière le même plan

Mais ce qui occupe particulièrement la mairesse Hulthén, ces temps-ci, est la mise en place d'un ambitieux programme d'infrastructures visant à agrandir et densifier le coeur de la ville d'un demi-million d'habitants. «On s'est rendu compte que, pour attirer plus de grandes entreprises, il fallait leur offrir une plus grande ville centre avec plus d'espace, plus de services et d'équipements collectifs, ainsi que plus de main-d'oeuvre», dit-elle de la ville qui abrite déjà des géants comme le fabricant d'autos Volvo et les compagnies chimiques Akzo Nobel et Eka Chemicals. Ce projet s'accompagne d'un vaste programme d'agrandissement et de modernisation du réseau de transport en commun de la grande région de Göteborg, visant notamment à faire passer la population régionale de 1 million à 1,5 million d'ici 2020.

«Ce plan a fait l'objet d'une grande consultation et d'une entente à l'échelle régionale. Tous les partis politiques se sont aussi engagés à le respecter», rapporte Anneli Hulthén. S'élevant à plus de 9 milliards $CAN, il sera principalement financé par le gouvernement suédois, mais les pouvoirs locaux et d'autres partenaires pousseront aussi à la roue (2,6 milliards). «On voulait tellement que cela se fasse qu'on n'a pas attendu Stockholm pour lancer le projet», dit-elle.

Bien qu'élevée au rang de ville modèle en Europe, Göteborg reste attentive à tout ce qui se fait de bien ailleurs et qui pourrait être copié. On y avoue s'être entre autres inspiré de villes comme Manchester, Lyon, Barcelone et Shanghai. «L'objectif reste toujours le même, dit sa mairesse. Encourager un développement durable en faisant travailler ensemble les entreprises, les gouvernements et les milieux de la recherche.»
 
 
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