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La zone euro en crise - La nouvelle dame de fer de l'Europe

Angela Merkel refuse toujours d'appeler la BCE à l'aide

La chancelière allemande, que l’on voit serrer les poings, résiste aux pressions de ses partenaires de la zone euro, qui veulent voir la BCE jouer un rôle plus actif pour dénouer la crise.<br />
Photo : Agence France-Presse Johannes Eisele
La chancelière allemande, que l’on voit serrer les poings, résiste aux pressions de ses partenaires de la zone euro, qui veulent voir la BCE jouer un rôle plus actif pour dénouer la crise.
Berlin — L'Allemagne s'est obstinée hier dans son refus d'impliquer davantage la Banque centrale européenne (BCE) pour résoudre la crise de l'euro qui s'étend dangereusement, malgré des appels de Londres et Tokyo à prendre des mesures fortes.

«Toutes les institutions de la zone euro doivent soutenir la monnaie unique pour la défendre», a lancé M. Cameron en visite à Berlin, alors que la plupart des marchés européens étaient à la peine. Comme d'autres, le premier ministre britannique voudrait une plus forte implication de la BCE pour éviter l'embrasement de la zone euro. Mais la chancelière Angela Merkel n'a montré aucun signe d'assouplissement de sa position.

Le nouveau président de la BCE, l'Italien Mario Draghi, a redit à Francfort sa fidélité à l'orthodoxie défendue par son prédécesseur, le Français Jean-Claude Trichet. Le rôle de l'institution est de défendre la stabilité de la monnaie, un point c'est tout, a-t-il martelé. «C'est la contribution majeure que nous pouvons apporter pour soutenir la croissance, la création d'emplois et la stabilité financière», a-t-il dit.

Pourtant, de plus en plus de dirigeants européens estiment que seule l'institution monétaire est à même de contenir la crise, en mettant beaucoup d'argent sur la table pour acheter la dette des pays en difficulté. La France est ainsi revenue à la charge sur ce thème, le premier ministre espagnol, José Luis Zapatero, dont le pays est de plus en plus dans le viseur des marchés, a fait de même.

Sans parler des investisseurs, qui placent dorénavant tous leurs espoirs sur cette option. «Comme sauveur de l'Italie, mais aussi des autres pays précaires, il n'y a que la BCE», commentait l'analyste allemand Robert Halver, de Baader Bank, «c'est la seule à pouvoir lutter contre l'explosion nucléaire de la zone euro».

À Rome pourtant le nouveau chef de gouvernement, Mario Monti, a affirmé ne «pas voir de raison de modifier» le mandat de la BCE. Il a annoncé un mini-sommet avec le président français, Nicolas Sarkozy, et Mme Merkel jeudi prochain à Strasbourg.

Mais l'obstacle principal, c'est l'Allemagne, qui refuse au nom de l'indépendance de la BCE et de son rôle de garant de la stabilité des prix de la laisser s'embarquer dans cette voie. À Berlin, M. Cameron a adressé un appel du pied à la chancelière. «Je ne sous-estime pas une minute l'engagement de pays comme l'Allemagne [...] à assurer le succès de l'euro», a dit le chef de gouvernement britannique.

Quelques heures plus tôt, le ministre japonais des Finances avait appelé lui aussi l'Allemagne à conduire l'Europe pour créer un «pare-feu» contre la contagion. «Il est important que l'Allemagne joue un rôle central dans la création d'un plan de financement solide», a expliqué Jun Azumi. Le Japon, l'un des principaux créanciers internationaux avec la Chine, s'inquiète pour ses avoirs en euros, et de l'impact des difficultés européennes sur la conjoncture mondiale.

Les derniers développements sur les marchés ont tout pour inquiéter les Européens et leurs partenaires. Hier matin, l'écart entre les taux des obligations à 10 ans de l'Allemagne et de l'Espagne a atteint un nouveau record depuis la création de la zone euro. Les Espagnols sont appelés aux urnes dimanche et devraient infliger une défaite au gouvernement socialiste sortant.

Même les pays les plus solides de la zone euro, comme la Finlande, l'Autriche, les Pays-Bas ou la France sont désormais touchés par la hausse des taux.

Pendant ce temps, la Grèce, point de départ de la crise européenne, continue de se débattre dans ses difficultés. Au lendemain d'importantes manifestations étudiantes contre la politique d'austérité, le gouvernement de Lucas Papadémos a présenté son projet de budget pour 2012. La réduction drastique du déficit s'accompagnera d'une récession sévère dans le pays.

La crainte se répand que les mesures d'austérité imposées aux pays européens ne finissent par plonger toute l'Europe, Allemagne incluse, dans la récession.

La chancelière allemande, que l’on voit serrer les poings, résiste aux pressions de ses partenaires de la zone euro, qui veulent voir la BCE jouer un rôle plus actif pour dénouer la crise.<br />
Pas plus que les autres chefs de gouvernement de la zone euro, Dave Cameron, du Royaume-Uni, n’a su infléchir l’opinion de la chancelière allemande, Angela Merkel.<br />
 
 
 
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  • Bernard Terreault - Abonné
    19 novembre 2011 11 h 13
    Du culot
    Il faut du culot à la G.-B. de Cameron pour donner des leçons aux dirigeants la zone euro, elle qui a toujours boudé l'euro ! Mais je dois dire qu'elle a probablement eu raison d'être sceptique face à l'euro. Aujourd'hui la G.-B. laisse se dévaluer sa livre pour rendre son économie plus compétitive alors que la GRèce et quelques autres sont pris avec une monnaie commune trop surévaluée par rapport à leur niveau de compétivité.
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  • Michel Gaudette - Inscrit
    19 novembre 2011 13 h 32
    God save the Queen
    L'Europe n'a jamais bien intégrer les règles du libéralisme.

    Pensons à la France et ses fortes tendances protectionnistes.

    La Grande-Bretagne n'a pas de lecon à recevoir de l'Europe.

    GOD SAVE THE QUEEN
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  • Guibreteau Cyril - Inscrit
    20 novembre 2011 11 h 57
    Un pied dedans, un pied dehors !
    @ Michel Gaudette

    Je m'étonne qu'un Québecois francophone se décrouvre anglophile quand il s'agit une fois de plus de pourfendre la France !

    Quand je pense aux corporations professionnelles québecoises, tatillonnes à l'égard des immigrants, je vous renvoie la balle.

    Concernant le libéralisme, l'UE en a parfaitement intégré les "règles" (oxymore par définition), depuis que la perfide Albion a été autorisée à y entrer en 1973 ! (le Général n'était plus là pour s'y opposer)

    Et depuis cette date, les Britaniques jouent un double-jeu, qui consiste à avoir un pied dans cette construction continentale pour mieux la freiner.

    Et maintenant, ils osent critiquer une monnaie dont ils n'en ont pas voulu mais dont ils sont malgré tout dépendants de la bonne santé (merci le libéralisme sans frontières !)

    C'est donc à raison que Mme Merkel remet les Anglais face à leurs contradictions. Ces derniers veulent bien faire partie de l'Europe, à condition que prévale LEUR vision de l'économie (qu'ils ont imposé au Monde entier), fondée sur le fric pour le fric !

    Si, La GB n'a pas de leçons de recevoir de l'UE, et bien, qu'elle s'en aille alors, et le Parlement Bruxellois retrouvera une certaine serénité...
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