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Le microcrédit n'est pas à l'abri des grandes dérives

La crise dans l'État de l'Andhra Pradesh a montré la nécessité d'établir des règles plus claires

Dans l’État de l’Andhra Pradesh, en Inde, la croissance du microcrédit a été extrêmement rapide. Mais cette croissance s’est faite au prix de l’appauvrissement de nombreuses familles.<br />
Photo : Archives Agence France-Presse
Dans l’État de l’Andhra Pradesh, en Inde, la croissance du microcrédit a été extrêmement rapide. Mais cette croissance s’est faite au prix de l’appauvrissement de nombreuses familles.
Le microcrédit gagne en popularité, perçu depuis quelques années comme un moyen d'aider les plus pauvres de la planète à se sortir de l'extrême misère. Mais le secteur a lui aussi été rattrapé par les mêmes travers qui caractérisent le monde de la finance, à savoir la course effrénée aux profits et la tendance à laisser les clients s'embourber dans une spirale d'endettement insoutenable. Tel est le constat qui se dégage du rapport mondial 2012 de la Campagne du sommet du microcrédit, rapport dont Le Devoir a obtenu copie.
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  • France Marcotte - Abonnée
    9 novembre 2011 07 h 21
    Petite histoire du microcrédit svp.
    Pourquoi ne pas dire que le microcrédit était à l'origine accordé essentiellement à des femmes "pour exercer une activité économique indépendante"?
    On jugeait les femmes plus responsables parce qu'on ne doutait pas qu'elles avaient à coeur le soutien de leur famille, la survie de leurs enfants.
    Est-ce que le microcrédit dérape quand ce ne sont plus les femmes qui en sont les bénéficiaires, il serait intéressant de le savoir. Et très instructif aussi quoique troublant.
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  • Kim Cornelissen - Inscrite
    9 novembre 2011 08 h 08
    @ France Marcotte: tout à fait d'accord avec vous!
    De ce que j'ai lu sur le sujet, c'est exactement ce qui est arrivé... Il y avait 96 % des personnes qui demandaient ces fonds de micro-crédit qui étaient des femmes et le fondateur de la Grameen Bank avait pensé le micro-crédit pour elles pour les raisons que vous évoquez...

    Il est grand temps que l'on cesse de taire qu'il y a un éléphant dans le salon et qu'on regarde comment les événements sont affectés par la réalité des différences entre les statuts, besoins, opportunités des femmes et des hommes. Non pas dans une perspective de comparaison, mais bien une perspective de compréhension des phénomènes.

    C'était la même chose avec l'Islande, qui se remet remarquablement bien et dont on attribue le succès à l'ancien premier ministre - lui-même qui est responsable de la débacle - plutôt que de mentionner qu'il a été remplacé par une femmes et que deux des trois principales banques du pays sont maintenant dirigées par des femmes aussi...

    Au Québec, on va payer une fortune pour l'électricité d'Alcoa parce qu'à 95 %, ce sont des jobs occupées par des hommes qui vont être créées alors que du même souffle, on s'interroge sur les coûts du retrait préventif (foetus et nourrissons...)

    En Montérégie, personne ne s'est inquiété du fait que les inondations avaient causé les pertes des micro-entreprises (incluant les travailleurs autonomes) qui travaillent de chez elles (et de chez eux) et qui ont perdu maison et travail du même coup...

    La liste est longue... On gagnerait beaucoup à inclure cet angle dans l'analyse de situation, et ce, dans bien des champs... Les hommes comme les femmes y gagneraient, et la société aussi... C'est une anomalie anachronique que de faire comme si l'impact des situations par et envers les femmes et les hommes, différenciés, n'avait pas d'incidence sur la compréhension de l'événement.
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  • Sylvain Auclair - Abonné
    9 novembre 2011 08 h 46
    Entreprises
    Pour aller dans le sens de la remarquer de Mme Marcotte, je me demande, moi, si le problème n'est pas plutôt l'entrée des grandes banques dans le domaine du micro-crédit.
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  • France Marcotte - Abonnée
    9 novembre 2011 09 h 53
    Ce n'est rien
    Assez curieusement, c'est dans le Devoir que j'ai appris ce que j'ai dit du microcrédit.
    Mais j'ai la curieuse habitude de faire des liens entre les articles que je lis, incluant ceux lus dans le passé.
    Dans ma naïveté, je crois toujours que l'indépendance du journal suscite naturellement celle du lecteur et que tout le monde s'en réjouit.

    Merci d'aller encore plus loin Mme.Cornelissen.
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  • Marc Lemieux - Inscrit
    9 novembre 2011 10 h 32
    Micro crédit et associations caritatives
    Il serait intéressant de connaitre les vrais buts et le train de vie de ceux qui dirigent ces organisations, qui sont sans aucune surveillance, j'ai eu la visite d'une célèbre association caritative faisant dans l'écologie, j'en tairai le nom mais c'est la plus connue, ils brassent des millions de dollars à l'international et leur seul résultat de l'année avait été de faire interdire des solvants pour mouchoir en papier, a pleurer justement, où passe l'argent?

    Ceux qui vous abordent à la sortie des métros au nom des associations les plus connues, pour vous faire faire des dons mensuels directement prélevés sur votre compte bancaire sont en fait salariés, ils ne sont pas des bénévoles et ne font pas partie des associations vous le saviez?
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  • Jean-Bernard Fournier - Abonné
    9 novembre 2011 11 h 15
    Finance de proximité et protection des clients
    Il est vrai que le secteur de la microfinance s’est développé de façon accélérée au cours des dix dernières années, entraînant des dérives qui minent aujourd’hui sa crédibilité. Pour Développement international Desjardins (DID), qui appuie la création et le développement d’institutions de « finance de proximité » depuis plus de 40 ans, les vrais enjeux associés à la microfinance ont toujours été de promouvoir l’accès aux services financiers pour tous et toutes, incluant les populations les plus pauvres. DID est bien sûr très sensible à la crise qui sévit dans le secteur de la microfinance et est plus que jamais convaincu de la pertinence du modèle coopératif, basé sur la maîtrise d’institutions financières à propriété collective, et donc sur la mobilisation de l’épargne, la bonne gouvernance, la transparence, l’éducation et un contrôle rigoureux, pour mitiger les risques associés au secteur. DID fait aussi la promotion de pratiques de microfinance saines, inspirées des principes de protection des clients en microfinance (Smart Campaign) : DID et ses partenaires appuient d’ailleurs avec conviction cette campagne internationale. Il nous semble primordial de maintenir une perspective réaliste et prudente du développement de la microfinance et surtout, de ne pas perdre de vue sa finalité qui est d’inclure toujours davantage d’individus dans le système financier formel.
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