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Le G20 de l'échec - Le temps perdu

Un jour, on étouffe le feu allumé par le premier ministre grec, Georges Papandréou. Le lendemain, on fait plier Silvio Berlusconi. Voilà résumé en peu de mots un G20 qui, pour reprendre le constat du Britannique Dave Cameron, a été un échec sur toute la ligne puisque les chefs d'État autres qu'européens ont été réduits au rôle de figurant. En effet, pour cause de crise de l'euro, l'ordre du jour prévu de longue date a été gommé.

Dans la matinée de jeudi, après que Papandréou eut annoncé l'abandon du référendum sur le plan d'austérité imposé par le duo franco-allemand et le FMI, un chiffre a circulé qui a donné froid dans le dos aux membres du G20 rassemblés à Cannes: 6,40 %. Mais encore? Effarés par la dette abyssale de l'Italie et la gestion bancale d'un Berlusconi plus occupé à jongler avec ses casseroles judiciaires qu'à gérer sérieusement les défis financiers de son pays, les marchés ont opté pour une augmentation marquée (+ 30 points) du taux d'intérêt chargé à la maison Italie. On se doit de souligner que, si ce taux frôle les 7 %, Rome sera pratiquement en défaut de paiement.

Il n'en fallait pas plus pour qu'Obama, Merkel, Sarkozy et d'autres, dont la patronne du FMI Catherine Lagarde, décident dans l'urgence une réunion au cours de laquelle ils ont décidé de mettre l'Italie sous tutelle. Rien de moins. Symbole du déroulement chaotique de ce G20, à Rome, sous l'impulsion du président de la République, de multiples tractations se sont poursuivies pour déterminer s'il serait plausible de former un gouvernement de coalition en 15 jours. Le tout s'est accompagné de défections de députés qui ont ramené la majorité de Berlusconi au statut de minorité. Il est donc dans l'ordre du possible que ce dernier soit renversé mardi prochain lors du vote sur le budget.

Très rarement, au cours des dernières années, un sommet de chefs d'État s'est-il transformé en théâtre de l'accélération de l'histoire. Pour dire les choses brutalement, ce G20 s'est aligné, sous toutes les coutures, sur les résultats des négociations poursuivies la semaine dernière entre membres de la zone euro et qui ont confirmé que l'Allemagne en est désormais le président et chef de la direction. Initialement, les 20 devaient disserter sur la spéculation des matières premières, la taxe des transactions financières et surtout la refonte du système monétaire. Tout cela a été balayé pour cause de Grèce et d'Italie, ou plus exactement parce que les dirigeants européens ont consommé les deux dernières années à supputer, à saupoudrer, à protéger leur fonds de commerce respectif. Bref, à l'instar d'Obama, ils n'ont pas été à la hauteur.

À cet égard, s'attarder sur les positions des puissances émergentes est aussi passionnant qu'instructif, car elles annoncent un remodelage du centre de gravité des relations internationales. Prenons l'invitation faite, par les Européens, à la Chine, au Brésil et à la Russie d'investir via le Fonds européen de stabilité financière (FESF). La réponse appartient à la présidente brésilienne Dilma Rousseff: «Je n'ai pas l'intention de contribuer directement au FESF. Pourquoi devrais-je le faire? Les Européens ne le font pas.»

Cela fait maintenant trois ans que la crise perdure, que la crise ajoute à la crise. Et ce, parce que les dirigeants n'ont pas eu le courage de brider les rapports de force qui ont cours entre l'économie et, à son avantage, la politique.
 
 
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  • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit
    5 novembre 2011 09 h 59
    L'Europe en déclin
    On parle beaucoup des pays émergents.

    Dans le cas de l'Europe, parlons de pays divergents.

    Pierre Desrosiers
    Val David
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