Capitale nationale - Québec, une destination exotique
La ville de Québec rivalise avec les plus grandes capitales internationales pour attirer les congressistes du monde entier.
Dubaï, Rio, Paris, Las Vegas, Édimbourg, Londres... Ce ne sont pas les options qui manquent lorsque vient le temps de choisir une ville pour l'organisation d'un congrès international. Mais Québec arrive à tirer son épingle du jeu et à se démarquer des grandes capitales internationales en misant notamment sur «l'exotisme» de la petite ville francophone au coeur d'une Amérique d'affaires anglophone.
«Québec est une destination exotique pour bien des organisateurs d'événements qui nous choisissent au détriment de grandes villes», affirme Ann Cantin, directrice des communications et de la mise en marché du Centre des congrès de Québec.
Selon le président-directeur général du Centre des congrès, Michel Bouchard, la capitale nationale est «intrigante» pour les étrangers en raison de «son petit côté secret bien gardé», un atout qui la différencie de sa consoeur Montréal, qui est déjà très bien identifiée sur la scène internationale.
Et surtout, explique-t-il, Québec se distingue par son côté historique et l'accueil légendaire de ses habitants. «Ce que les gens nous disent, c'est qu'ils ont l'impression de devenir propriétaires de la ville pendant leur passage, comme si nous leur offrions une visite touristique spéciale.»
Exotisme...
Pour Ann Cantin, Québec offre le meilleur des deux mondes: tout le luxe d'une ville internationale dans un environnement sympathique et sécuritaire: «Quelqu'un qui a vécu l'expérience des grandes villes va trouver fantastique de retrouver exactement la même qualité, le même service à la fine pointe de la technologie dans un endroit à l'échelle humaine, où il n'est pas qu'un numéro parmi six millions de personnes. Pour des gens qui voyagent beaucoup et qui organisent des congrès, il y a quelque chose d'extrêmement exotique là-dedans.»
Le caractère unique de l'expérience québécoise en a convaincu plus d'un, argue Michel Bouchard, qui ajoute que près de 80 % des démarches effectuées auprès d'organisations internationales pour les amener dans la Vieille Capitale sont couronnées de succès.
Même pour les clients originaires de la province, Québec agit comme un aimant sur les congressistes. Selon Michel Bouchard, un colloque qui a lieu dans la capitale nationale attire généralement 10 % de participants de plus que n'importe où ailleurs dans la province. «Je pense que les gens y voient surtout une occasion de visiter Québec et de passer un week-end d'amoureux.»
Une force de frappe régionale
Pour attirer des congrès d'envergure en sol québécois, comme la très attendue assemblée annuelle de SportAccord, qui regroupe 1800 participants en provenance des 100 plus grosses fédérations sportives au monde, Québec mise notamment sur ses ambassadeurs issus des différentes communautés de chercheurs et de gens d'affaires régionaux qui fréquentent déjà ces symposiums et autres forums.
«On regarde les forces. Par exemple, dans le domaine de l'obésité, Québec est une force mondiale, les chercheurs et leurs travaux sont déjà connus dans leurs communautés. Alors, l'identification d'une sommité dans la région est souvent intéressante. [...] Une fois qu'on a identifié notre ambassadeur, on va monter la candidature et aller au congrès avec lui. Après ça, ça devient un concours de beauté!»
Le Centre des congrès rame fort pour attirer les congressistes du monde entier, et il n'est pas le seul. À Québec, c'est toute la ville qui s'unit pour présenter la capitale sous ses plus beaux atours. «Québec travaille un peu comme une meute de loups, illustre le p.-d.g. Michel Bouchard. Nous avons une force de frappe régionale très importante, tout le monde travaille ensemble.»
Michel Bouchard collabore notamment avec la municipalité et avec l'Office de tourisme de Québec, vers lequel il renvoie les organisateurs de congrès qui comptent moins de 500 participants, afin que ceux-ci soient redirigés vers des hôtels de la région.
Car le Centre des congrès, bien qu'il soit le plus gros, n'est pas le seul à offrir ses services aux congressistes. Bon nombre d'hôtels de la capitale offrent aussi des salles de congrès, qu'on pense au Château Frontenac, au Concorde, au Manoir Victoria, au Hilton, au Château Bonne Entente à Sainte-Foy ou au Château Mont-Sainte-Anne. «La plupart de ces endroits peuvent tenir des congrès de 200 ou de 300 personnes, affirme Sylvie Walter, de l'Office de tourisme de Québec. C'est un bassin de sites de congrès très important.»
Moins de clients, plus d'argent
Dans la capitale nationale, le tourisme d'affaires représente environ 10 % de la clientèle. C'est assez pour avoir une grande incidence sur le bilan touristique annuel. Car le touriste d'affaires dépense davantage que le touriste québécois qui vient passer des vacances en famille. Plus le touriste vient de loin, plus il reste longtemps et plus il dépense, note Sylvie Walter.
«Le congressiste dépense plus par jour que le touriste individuel, parce qu'il va rester à l'hôtel et manger dans les restaurants. Souvent, ça passe sur des notes de frais et les gens sont souvent moins frileux à se payer de bons restaurants avec des notes de frais que lorsque ça sort de leurs propres poches... Il y a donc moins de gens qui viennent en tourisme d'affaires qu'en tourisme individuel, mais chacun dépense plus dans la région.»
Au Centre des congrès, on calcule que de 5 à 10 % de la clientèle provient d'organisations internationales, mais le volume d'affaires frôle les 20 %. Une autre tranche de 75 % de l'achalandage provient des congrès québécois et le reste émane des associations canadiennes et américaines.
Si Michel Bouchard dépense autant d'énergie à aller chercher des congrès internationaux, c'est parce que ce sont les plus payants pour la région. «Dans un congrès international, les délégués vont laisser entre 500 et 600 $ par jour, et c'est de l'argent neuf, de l'argent qui n'existait pas au Canada. Ensuite, pour les dossiers canadiens, on parle de 300 à 400 $ par jour, et là c'est de l'argent canadien qui entre dans la province. Pour les congrès québécois, on les mesure localement parce que c'est de l'argent qui roule déjà au Québec.»
145 événements
Le Centre des congrès, qui a notamment remporté le prix du meilleur palais des congrès au monde en 2006, reçoit en moyenne 145 événements par année, ce qui représente des retombées économiques de 80 à 100 millions de dollars annuellement.
De ce nombre, on compte de 7 à 10 congrès internationaux d'envergure, avec un sommet inégalé lors du 400e anniversaire en 2008. «Cette année-là, il y a eu 170 événements, dont 20 congrès internationaux, soit l'équivalent de trois bonnes années», précise Michel Bouchard.
Et l'année 2012 s'annonce fort bonne pour le Centre des congrès, avec 11 séminaires internationaux déjà inscrits au calendrier, dont le Forum mondial sur la régulation de l'énergie, le Congrès géospatial international, l'assemblée annuelle de SportAccord, le Forum mondial de la langue française et plusieurs autres colloques sur l'obésité et l'asthme.
«C'est la meilleure année après le 400e, se réjouit Michel Bouchard. Et ça ne fait que commencer!»
***
Collaboratrice du Devoir
Dubaï, Rio, Paris, Las Vegas, Édimbourg, Londres... Ce ne sont pas les options qui manquent lorsque vient le temps de choisir une ville pour l'organisation d'un congrès international. Mais Québec arrive à tirer son épingle du jeu et à se démarquer des grandes capitales internationales en misant notamment sur «l'exotisme» de la petite ville francophone au coeur d'une Amérique d'affaires anglophone.
«Québec est une destination exotique pour bien des organisateurs d'événements qui nous choisissent au détriment de grandes villes», affirme Ann Cantin, directrice des communications et de la mise en marché du Centre des congrès de Québec.
Selon le président-directeur général du Centre des congrès, Michel Bouchard, la capitale nationale est «intrigante» pour les étrangers en raison de «son petit côté secret bien gardé», un atout qui la différencie de sa consoeur Montréal, qui est déjà très bien identifiée sur la scène internationale.
Et surtout, explique-t-il, Québec se distingue par son côté historique et l'accueil légendaire de ses habitants. «Ce que les gens nous disent, c'est qu'ils ont l'impression de devenir propriétaires de la ville pendant leur passage, comme si nous leur offrions une visite touristique spéciale.»
Exotisme...
Pour Ann Cantin, Québec offre le meilleur des deux mondes: tout le luxe d'une ville internationale dans un environnement sympathique et sécuritaire: «Quelqu'un qui a vécu l'expérience des grandes villes va trouver fantastique de retrouver exactement la même qualité, le même service à la fine pointe de la technologie dans un endroit à l'échelle humaine, où il n'est pas qu'un numéro parmi six millions de personnes. Pour des gens qui voyagent beaucoup et qui organisent des congrès, il y a quelque chose d'extrêmement exotique là-dedans.»
Le caractère unique de l'expérience québécoise en a convaincu plus d'un, argue Michel Bouchard, qui ajoute que près de 80 % des démarches effectuées auprès d'organisations internationales pour les amener dans la Vieille Capitale sont couronnées de succès.
Même pour les clients originaires de la province, Québec agit comme un aimant sur les congressistes. Selon Michel Bouchard, un colloque qui a lieu dans la capitale nationale attire généralement 10 % de participants de plus que n'importe où ailleurs dans la province. «Je pense que les gens y voient surtout une occasion de visiter Québec et de passer un week-end d'amoureux.»
Une force de frappe régionale
Pour attirer des congrès d'envergure en sol québécois, comme la très attendue assemblée annuelle de SportAccord, qui regroupe 1800 participants en provenance des 100 plus grosses fédérations sportives au monde, Québec mise notamment sur ses ambassadeurs issus des différentes communautés de chercheurs et de gens d'affaires régionaux qui fréquentent déjà ces symposiums et autres forums.
«On regarde les forces. Par exemple, dans le domaine de l'obésité, Québec est une force mondiale, les chercheurs et leurs travaux sont déjà connus dans leurs communautés. Alors, l'identification d'une sommité dans la région est souvent intéressante. [...] Une fois qu'on a identifié notre ambassadeur, on va monter la candidature et aller au congrès avec lui. Après ça, ça devient un concours de beauté!»
Le Centre des congrès rame fort pour attirer les congressistes du monde entier, et il n'est pas le seul. À Québec, c'est toute la ville qui s'unit pour présenter la capitale sous ses plus beaux atours. «Québec travaille un peu comme une meute de loups, illustre le p.-d.g. Michel Bouchard. Nous avons une force de frappe régionale très importante, tout le monde travaille ensemble.»
Michel Bouchard collabore notamment avec la municipalité et avec l'Office de tourisme de Québec, vers lequel il renvoie les organisateurs de congrès qui comptent moins de 500 participants, afin que ceux-ci soient redirigés vers des hôtels de la région.
Car le Centre des congrès, bien qu'il soit le plus gros, n'est pas le seul à offrir ses services aux congressistes. Bon nombre d'hôtels de la capitale offrent aussi des salles de congrès, qu'on pense au Château Frontenac, au Concorde, au Manoir Victoria, au Hilton, au Château Bonne Entente à Sainte-Foy ou au Château Mont-Sainte-Anne. «La plupart de ces endroits peuvent tenir des congrès de 200 ou de 300 personnes, affirme Sylvie Walter, de l'Office de tourisme de Québec. C'est un bassin de sites de congrès très important.»
Moins de clients, plus d'argent
Dans la capitale nationale, le tourisme d'affaires représente environ 10 % de la clientèle. C'est assez pour avoir une grande incidence sur le bilan touristique annuel. Car le touriste d'affaires dépense davantage que le touriste québécois qui vient passer des vacances en famille. Plus le touriste vient de loin, plus il reste longtemps et plus il dépense, note Sylvie Walter.
«Le congressiste dépense plus par jour que le touriste individuel, parce qu'il va rester à l'hôtel et manger dans les restaurants. Souvent, ça passe sur des notes de frais et les gens sont souvent moins frileux à se payer de bons restaurants avec des notes de frais que lorsque ça sort de leurs propres poches... Il y a donc moins de gens qui viennent en tourisme d'affaires qu'en tourisme individuel, mais chacun dépense plus dans la région.»
Au Centre des congrès, on calcule que de 5 à 10 % de la clientèle provient d'organisations internationales, mais le volume d'affaires frôle les 20 %. Une autre tranche de 75 % de l'achalandage provient des congrès québécois et le reste émane des associations canadiennes et américaines.
Si Michel Bouchard dépense autant d'énergie à aller chercher des congrès internationaux, c'est parce que ce sont les plus payants pour la région. «Dans un congrès international, les délégués vont laisser entre 500 et 600 $ par jour, et c'est de l'argent neuf, de l'argent qui n'existait pas au Canada. Ensuite, pour les dossiers canadiens, on parle de 300 à 400 $ par jour, et là c'est de l'argent canadien qui entre dans la province. Pour les congrès québécois, on les mesure localement parce que c'est de l'argent qui roule déjà au Québec.»
145 événements
Le Centre des congrès, qui a notamment remporté le prix du meilleur palais des congrès au monde en 2006, reçoit en moyenne 145 événements par année, ce qui représente des retombées économiques de 80 à 100 millions de dollars annuellement.
De ce nombre, on compte de 7 à 10 congrès internationaux d'envergure, avec un sommet inégalé lors du 400e anniversaire en 2008. «Cette année-là, il y a eu 170 événements, dont 20 congrès internationaux, soit l'équivalent de trois bonnes années», précise Michel Bouchard.
Et l'année 2012 s'annonce fort bonne pour le Centre des congrès, avec 11 séminaires internationaux déjà inscrits au calendrier, dont le Forum mondial sur la régulation de l'énergie, le Congrès géospatial international, l'assemblée annuelle de SportAccord, le Forum mondial de la langue française et plusieurs autres colloques sur l'obésité et l'asthme.
«C'est la meilleure année après le 400e, se réjouit Michel Bouchard. Et ça ne fait que commencer!»
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Collaboratrice du Devoir








