Vos placements: Croissance: mirage ou réalité?
Ils sont nombreux à la souhaiter. Ils surveillent chaque signe, aussi petit soit-il, pouvant signaler son retour. Et, pour chaque signe positif, ils ne manquent pas de le savourer et de s'en réjouir en poussant un peu plus haut les indices boursiers.
Je parle ici du retour à la croissance économique, celle permettant de propulser le produit national brut au rythme annuel de 3 % et plus. Une croissance solide, durable, qui seule pourra enrayer le courant actuel de désinflation, courant qui risque de mener nos économies tout droit à la déflation.
Et, des signes encourageants, il y en a eu quelques-uns au cours des derniers jours. C'est ainsi que le ministère du commerce américain a dévoilé le taux de croissance de son PIB au deuxième trimestre: + 2,4 % sur une base annuelle. C'est pas mal mieux que le maigre 1,4 % enregistré au premier trimestre.
Autre signe encourageant: l'activité manufacturière dans la région de Chicago. Selon l'Association des directeurs d'achat de cette région, l'indice de l'activité manufacturière a passé résolument le cap de 50, atteignant 52,5 en juin et 55,9 en juillet. Un indice au-dessus de 50 est précurseur d'une expansion de l'économie de la région pour les prochains mois.
Les entreprises américaines semblent par ailleurs vouloir délier un peu plus les cordons de leur bourse. C'est du moins ce que laissent croire les statistiques portant sur les dépenses d'investissement au second trimestre. Elles ont crû de 6,9 % sur une base annuelle au second trimestre contre un recul de 4,4 % lors du trimestre précédent.
Les chiffes sur l'emploi aussi viennent nourrir l'espoir d'une meilleure performance de l'économie américaine au second semestre. En effet, au cours des dernières semaines, les nouvelles demandes hebdomadaires à l'assurance emploi sont tombées sous le seuil de 400 000. La semaine dernière, elles ont reculé de 3000 pour s'établir à 388 000, soit le plus bas niveau enregistré depuis février.
Oui, quelques signes encourageants il y a. Et les experts et économistes s'y accrochent, car il y a urgence de voir l'économie américaine sortir de sa torpeur. Autrement, elle risque de s'enliser dans la déflation comme au Japon. Même Alan Greenspan, le président de la Réserve fédérale, s'accroche à ces quelques statistiques qui laissent miroiter le retour prochain à une croissance plus ferme, plus soutenue. Il a de quoi s'y accrocher le pauvre car, pour en arriver-là, il a dû charcuter les taux d'intérêt, fixant son taux directeur à 1 %, un niveau jamais vu depuis 1958.
Fragiles
Et, malgré cela, les quelques données positives dévoilées demeurent bien fragiles. En effet, si le PIB américain a crû de 2,4 % au second trimestre, c'est uniquement grâce aux dépenses engagées dans la guerre contre l'Irak. Sans cela, niet. Une croissance qui, par ailleurs, n'a pas réussi à enrayer les pertes d'emplois. Encore en juillet dernier, il s'est perdu 44 000 emplois au sud de notre frontière. C'est le sixième recul mensuel consécutif. Les Américains se découragent au point qu'ils sont des centaines de milliers à avoir cessé de chercher un emploi. D'ailleurs, il ne se passe pas une semaine sans que de nouvelles mises à pied ne soient annoncées dans les journaux: Pillowtex ferme 16 usines et licencie 6450 employés, Ford cherche à réduire de 10 % sa masse salariale ce qui se traduira par plus de 8000 mises à pied, Quebecor World qui coupe 1000 postes et Bombardier 300 postes, Kodak remercie 6000 employés, etc.
Oui, quelques signes laissent entrevoir une meilleure croissance pour le prochain semestre. Mais, s'agit-il là d'un mirage ou d'une réalité?
cchiasson@proplacement.qc.ca
Classe Internet: www.proplacement.qc.ca
Je parle ici du retour à la croissance économique, celle permettant de propulser le produit national brut au rythme annuel de 3 % et plus. Une croissance solide, durable, qui seule pourra enrayer le courant actuel de désinflation, courant qui risque de mener nos économies tout droit à la déflation.
Et, des signes encourageants, il y en a eu quelques-uns au cours des derniers jours. C'est ainsi que le ministère du commerce américain a dévoilé le taux de croissance de son PIB au deuxième trimestre: + 2,4 % sur une base annuelle. C'est pas mal mieux que le maigre 1,4 % enregistré au premier trimestre.
Autre signe encourageant: l'activité manufacturière dans la région de Chicago. Selon l'Association des directeurs d'achat de cette région, l'indice de l'activité manufacturière a passé résolument le cap de 50, atteignant 52,5 en juin et 55,9 en juillet. Un indice au-dessus de 50 est précurseur d'une expansion de l'économie de la région pour les prochains mois.
Les entreprises américaines semblent par ailleurs vouloir délier un peu plus les cordons de leur bourse. C'est du moins ce que laissent croire les statistiques portant sur les dépenses d'investissement au second trimestre. Elles ont crû de 6,9 % sur une base annuelle au second trimestre contre un recul de 4,4 % lors du trimestre précédent.
Les chiffes sur l'emploi aussi viennent nourrir l'espoir d'une meilleure performance de l'économie américaine au second semestre. En effet, au cours des dernières semaines, les nouvelles demandes hebdomadaires à l'assurance emploi sont tombées sous le seuil de 400 000. La semaine dernière, elles ont reculé de 3000 pour s'établir à 388 000, soit le plus bas niveau enregistré depuis février.
Oui, quelques signes encourageants il y a. Et les experts et économistes s'y accrochent, car il y a urgence de voir l'économie américaine sortir de sa torpeur. Autrement, elle risque de s'enliser dans la déflation comme au Japon. Même Alan Greenspan, le président de la Réserve fédérale, s'accroche à ces quelques statistiques qui laissent miroiter le retour prochain à une croissance plus ferme, plus soutenue. Il a de quoi s'y accrocher le pauvre car, pour en arriver-là, il a dû charcuter les taux d'intérêt, fixant son taux directeur à 1 %, un niveau jamais vu depuis 1958.
Fragiles
Et, malgré cela, les quelques données positives dévoilées demeurent bien fragiles. En effet, si le PIB américain a crû de 2,4 % au second trimestre, c'est uniquement grâce aux dépenses engagées dans la guerre contre l'Irak. Sans cela, niet. Une croissance qui, par ailleurs, n'a pas réussi à enrayer les pertes d'emplois. Encore en juillet dernier, il s'est perdu 44 000 emplois au sud de notre frontière. C'est le sixième recul mensuel consécutif. Les Américains se découragent au point qu'ils sont des centaines de milliers à avoir cessé de chercher un emploi. D'ailleurs, il ne se passe pas une semaine sans que de nouvelles mises à pied ne soient annoncées dans les journaux: Pillowtex ferme 16 usines et licencie 6450 employés, Ford cherche à réduire de 10 % sa masse salariale ce qui se traduira par plus de 8000 mises à pied, Quebecor World qui coupe 1000 postes et Bombardier 300 postes, Kodak remercie 6000 employés, etc.
Oui, quelques signes laissent entrevoir une meilleure croissance pour le prochain semestre. Mais, s'agit-il là d'un mirage ou d'une réalité?
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