Sciences de la gestion - Une nouvelle génération de gestionnaires émergera des bancs d'école
«Montréal pourrait devenir une plaque tournante en matière d'investissements responsables»
Si le concept existe depuis la fin des années 80, l'investissement socialement responsable, volet financier de la responsabilité sociale de l'entreprise, qui tient compte des critères sociaux, écologiques et de gouvernance d'entreprise en plus de ceux de la performance financière, fait aujourd'hui partie de la plupart des formations dispensées à l'École des sciences de la gestion de l'UQAM (ESG).
Dans le sillage des principes d'investissements responsables (PRI) énoncés par l'ONU en 2006, auxquels ont adhéré plusieurs institutions québécoises, notamment la Caisse de dépôt et placement du Québec, les investisseurs sont de plus en plus nombreux à avoir des exigences en matière de responsabilité d'entreprise.
Il s'agit, selon Andrée De Serres, directrice du Groupe international de recherche en éthique financière et fiduciaire (GIREF) et professeure au Département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale, d'une tendance particulièrement marquée au Québec. «Le Québec a eu un attrait naturel pour les initiatives du PRI et a été de la première vague à adopter les PRI et à les propager», avance-t-elle. Et, selon Bouchra M'Zali, également professeure au Département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale, Montréal peut jouer un rôle de premier plan dans cette évolution: «Montréal pourrait devenir une plaque tournante en matière d'investissements responsables.»
Forte demande
L'effervescence autour de cette question et la croissance du phénomène génèrent ainsi une demande pour développer l'enseignement et la recherche sur les investissements socialement responsables. Et l'UQAM fait ici partie des élèves modèles: «Il y a un programme fort en responsabilité sociale et développement durable», explique Corinne Gendron, titulaire de la Chaire de responsabilité sociale et de développement durable. Cette évolution déteint inévitablement sur l'ESG, qui accorde une part croissante aux investissements responsables dans ses formations destinées aux futurs gestionnaires et banquiers de la société québécoise.
La création d'un département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale, l'intégration progressive des cours sur la gouvernance et sur la responsabilité sociale des entreprises aux trois cycles d'enseignement et la création de plusieurs programmes de spécialité en responsabilité sociale et développement durable prouvent le dynamisme de l'ESG en la matière. «La question des investissements responsables, on l'a vue émerger petit à petit dans tous les programmes», souligne Corinne Gendron.
Ces formations sont ainsi intégrées à plusieurs disciplines de manière transversale en management, finance, marketing, gouvernance, ressources humaines ou en stratégie, ainsi que dans les cours en sciences comptables, en tourisme et en études urbaines. Du côté des programmes spécialisés, il existe des spécialités en responsabilité sociale et développement durable au premier cycle en gestion, et les investissements responsables sont intégrés de façon spécifique dans des programmes comme le MBA pour cadres en financement d'entreprise, le MBA pour cadres en immobilier, ainsi que dans une maîtrise (M. Sc.) en stratégie, responsabilité sociale et environnementale.
Avec aujourd'hui des formations échelonnées sur les trois cycles d'étude, du premier cycle jusqu'au doctorat, les étudiants ont la possibilité d'approfondir, de se spécialiser et d'acquérir une véritable expertise dans ce domaine.
Incontournable
L'investissement responsable est donc désormais incontournable dans le cadre d'une formation en finance, en gestion ou en management, de la mê-me manière que la gestion d'une entreprise aujourd'hui ne peut éclipser cette question. «Si on pense finance à long terme, on ne peut pas ignorer les investissements responsables», estime Andrée De Serres. Une réalité qui transparaît inévitablement dans les cours. «Les cours qui traitent de bonne gouvernance et de responsabilité sociale d'entreprise abordent inévitablement la question de l'investissement socialement responsable», poursuit-elle.
Du côté de la recherche, le mouvement suit la même dynamique. «Je ne crois pas qu'une chaire de recherche dans un domaine lié aux affaires puisse ignorer l'investissement socialement responsable.» Selon Bouchra M'Zali, il y a par ail-leurs «depuis quelques années, un engouement des mémoires et des thèses au niveau maîtrise et doctorat sur les investissements responsables, la responsabilité sociale et sur l'impact sur la performance financière des entreprises. Aux 2e et 3e cycles, les étudiants sont très attirés par ces enjeux.»
Nouvelles compétences
On peut donc entrevoir qu'une nouvelle génération de gestionnaires d'entreprise, de cadres, de banquiers, sensibilisés à ces problématiques, émergera des bancs de l'école de gestion. Aujourd'hui, les compétences en matière d'investissements responsables font partie des éléments que doivent acquérir ceux qui travaillent dans le secteur financier. «Tous ceux qui finissent un bac en administration ont eu dans le cursus quelque chose en responsabilité sociale», soutient Bouchra M'Zali. «Ils ont été éveillés à la responsabilité des entreprises, à la prise en compte de l'environnement externe.» Peu à peu, toutes les strates d'activités financières se dotent de principes et de critères qui sont intégrés à l'intérieur des cours. «Aujourd'hui, on peut affirmer que la majorité des étudiants en gestion de l'ESG auront à étudier et à apprendre à mettre en oeuvre des processus de bonne gouvernance et de gestion des risques écologiques, sociaux et de gouvernance pendant leurs études et pourront ainsi transférer ces connaissances dans leur milieu de travail et dans la société», affirme Andrée De Serres.
À l'avenir, rien ne semble annoncer une baisse de régime de ce mouvement. «C'est une tendance qui prend de l'ampleur et qui va se développer de plus en plus», souligne Bouchra M'Zali, qui, après avoir fait partie pendant 20 ans du Département de finance, s'est récemment tournée vers le Département de stratégie et responsabilité sociale. C'est donc sans surprise que les formations à l'ESG vont poursuivre leur spécialisation en ce sens, notamment à travers le projet d'un programme court spécifiquement axé sur la problématique des investissements responsables. «Nous voulons aller plus loin. Il y a une volonté claire de développer cet axe, de plus en plus pertinent. Le programme court auquel l'ESG réfléchit actuellement viserait à donner aux gestionnaires de portefeuilles une formation qui respecte les principes de l'ONU, pour aider à répondre aux attentes des gens qui veulent que leur argent soit investi de façon responsable», précise Bouchra M'Zali.
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Collaboratrice du Devoir
Dans le sillage des principes d'investissements responsables (PRI) énoncés par l'ONU en 2006, auxquels ont adhéré plusieurs institutions québécoises, notamment la Caisse de dépôt et placement du Québec, les investisseurs sont de plus en plus nombreux à avoir des exigences en matière de responsabilité d'entreprise.
Il s'agit, selon Andrée De Serres, directrice du Groupe international de recherche en éthique financière et fiduciaire (GIREF) et professeure au Département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale, d'une tendance particulièrement marquée au Québec. «Le Québec a eu un attrait naturel pour les initiatives du PRI et a été de la première vague à adopter les PRI et à les propager», avance-t-elle. Et, selon Bouchra M'Zali, également professeure au Département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale, Montréal peut jouer un rôle de premier plan dans cette évolution: «Montréal pourrait devenir une plaque tournante en matière d'investissements responsables.»
Forte demande
L'effervescence autour de cette question et la croissance du phénomène génèrent ainsi une demande pour développer l'enseignement et la recherche sur les investissements socialement responsables. Et l'UQAM fait ici partie des élèves modèles: «Il y a un programme fort en responsabilité sociale et développement durable», explique Corinne Gendron, titulaire de la Chaire de responsabilité sociale et de développement durable. Cette évolution déteint inévitablement sur l'ESG, qui accorde une part croissante aux investissements responsables dans ses formations destinées aux futurs gestionnaires et banquiers de la société québécoise.
La création d'un département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale, l'intégration progressive des cours sur la gouvernance et sur la responsabilité sociale des entreprises aux trois cycles d'enseignement et la création de plusieurs programmes de spécialité en responsabilité sociale et développement durable prouvent le dynamisme de l'ESG en la matière. «La question des investissements responsables, on l'a vue émerger petit à petit dans tous les programmes», souligne Corinne Gendron.
Ces formations sont ainsi intégrées à plusieurs disciplines de manière transversale en management, finance, marketing, gouvernance, ressources humaines ou en stratégie, ainsi que dans les cours en sciences comptables, en tourisme et en études urbaines. Du côté des programmes spécialisés, il existe des spécialités en responsabilité sociale et développement durable au premier cycle en gestion, et les investissements responsables sont intégrés de façon spécifique dans des programmes comme le MBA pour cadres en financement d'entreprise, le MBA pour cadres en immobilier, ainsi que dans une maîtrise (M. Sc.) en stratégie, responsabilité sociale et environnementale.
Avec aujourd'hui des formations échelonnées sur les trois cycles d'étude, du premier cycle jusqu'au doctorat, les étudiants ont la possibilité d'approfondir, de se spécialiser et d'acquérir une véritable expertise dans ce domaine.
Incontournable
L'investissement responsable est donc désormais incontournable dans le cadre d'une formation en finance, en gestion ou en management, de la mê-me manière que la gestion d'une entreprise aujourd'hui ne peut éclipser cette question. «Si on pense finance à long terme, on ne peut pas ignorer les investissements responsables», estime Andrée De Serres. Une réalité qui transparaît inévitablement dans les cours. «Les cours qui traitent de bonne gouvernance et de responsabilité sociale d'entreprise abordent inévitablement la question de l'investissement socialement responsable», poursuit-elle.
Du côté de la recherche, le mouvement suit la même dynamique. «Je ne crois pas qu'une chaire de recherche dans un domaine lié aux affaires puisse ignorer l'investissement socialement responsable.» Selon Bouchra M'Zali, il y a par ail-leurs «depuis quelques années, un engouement des mémoires et des thèses au niveau maîtrise et doctorat sur les investissements responsables, la responsabilité sociale et sur l'impact sur la performance financière des entreprises. Aux 2e et 3e cycles, les étudiants sont très attirés par ces enjeux.»
Nouvelles compétences
On peut donc entrevoir qu'une nouvelle génération de gestionnaires d'entreprise, de cadres, de banquiers, sensibilisés à ces problématiques, émergera des bancs de l'école de gestion. Aujourd'hui, les compétences en matière d'investissements responsables font partie des éléments que doivent acquérir ceux qui travaillent dans le secteur financier. «Tous ceux qui finissent un bac en administration ont eu dans le cursus quelque chose en responsabilité sociale», soutient Bouchra M'Zali. «Ils ont été éveillés à la responsabilité des entreprises, à la prise en compte de l'environnement externe.» Peu à peu, toutes les strates d'activités financières se dotent de principes et de critères qui sont intégrés à l'intérieur des cours. «Aujourd'hui, on peut affirmer que la majorité des étudiants en gestion de l'ESG auront à étudier et à apprendre à mettre en oeuvre des processus de bonne gouvernance et de gestion des risques écologiques, sociaux et de gouvernance pendant leurs études et pourront ainsi transférer ces connaissances dans leur milieu de travail et dans la société», affirme Andrée De Serres.
À l'avenir, rien ne semble annoncer une baisse de régime de ce mouvement. «C'est une tendance qui prend de l'ampleur et qui va se développer de plus en plus», souligne Bouchra M'Zali, qui, après avoir fait partie pendant 20 ans du Département de finance, s'est récemment tournée vers le Département de stratégie et responsabilité sociale. C'est donc sans surprise que les formations à l'ESG vont poursuivre leur spécialisation en ce sens, notamment à travers le projet d'un programme court spécifiquement axé sur la problématique des investissements responsables. «Nous voulons aller plus loin. Il y a une volonté claire de développer cet axe, de plus en plus pertinent. Le programme court auquel l'ESG réfléchit actuellement viserait à donner aux gestionnaires de portefeuilles une formation qui respecte les principes de l'ONU, pour aider à répondre aux attentes des gens qui veulent que leur argent soit investi de façon responsable», précise Bouchra M'Zali.
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Collaboratrice du Devoir








