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Caisse de dépôt et placement du Québec - Responsable certes, mais à «petits pas»

«L'idée est de faire changer les mentalités et de susciter des avancées»

Selon la vice-présidente principale sur le plan des politiques et de la conformité à la Caisse de dépôt et placement du Québec, «la Caisse exerce son droit de vote depuis 1994; on affirme qu’on est un investisseur responsable parce qu’on vote dans toutes les entreprises depuis ce temps, ce qui fait partie d’un tel engagement.»<br />
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir Selon la vice-présidente principale sur le plan des politiques et de la conformité à la Caisse de dépôt et placement du Québec, «la Caisse exerce son droit de vote depuis 1994; on affirme qu’on est un investisseur responsable parce qu’on vote dans toutes les entreprises depuis ce temps, ce qui fait partie d’un tel engagement.»
En 2004, la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDP) se dotait d'une politique sur l'investissement responsable; elle s'affichait comme pionnière au Canada dans sa quête d'une éthique plus poussée des affaires en faisant un tel geste. Quelques années plus tard, les mentalités ont changé et il est devenu plus facile de convaincre ses partenaires du bien-fondé d'une telle pratique axée sur la responsabilité ESG (environnement, social, gouvernance).

Interrogée sur la raison d'être d'une telle politique, Ginette Depelteau, vice-présidente principale sur le plan des politiques et de la conformité à la CDP, situe d'abord le contexte historique de l'époque: «En 2002, on a décidé de revoir quelque peu la gouvernance de la Caisse, autant celle à l'interne que celle de l'investissement; on a défini nos attentes envers les entreprises sur toutes ces questions-là.» Elle explique pourquoi: «On remarquait une évolution des tendances dans le marché. Dès lors, on a commencé à procéder à l'examen de celles-ci pour en arriver à dresser un état de la situation mondiale pour être en mesure de prendre des décisions au sujet de l'investissement responsable; à l'époque, on parlait d'investissement socialement responsable.»

Ce constat s'est posé: «On s'est aperçu que ces tendances feraient partie de celles qui resteraient et qui serviraient à faire une meilleure gestion intégrée des risques. On pouvait de la sorte avoir une vision globale de l'ensemble de ceux-ci, tant sur les plans financier qu'extrafinancier. Notre démarche a consisté à nous livrer à une gestion complète de nos risques dans des entreprises; il y en a qui sont de nature quantitative et d'autres d'ordre qualitatif.» Du côté qualitatif, les risques ESG (environnement, social, gouvernance) apparaissent comme le fondement de l'investissement responsable.

La procédure retenue

La Caisse a par la suite fait en sorte que ses gestionnaires tiennent compte de cette réalité ESG en émergence dans leurs analyses: «Ils l'intègrent dans les évaluations de leurs investissements. Ils agissaient de la sorte de façon informelle depuis longtemps, sauf qu'il a été décidé de systématiser cette démarche pour obtenir une véritable vision intégrée sur les risques.»

La vice-présidente ajoute: «Notre démarche, c'est l'intégration des risques ESG et l'affirmation de notre rôle d'engagement actionnarial, ce qui est extrêmement important. La Caisse exerce son droit de vote depuis 1994; on affirme qu'on est un investisseur responsable parce qu'on vote dans toutes les entreprises depuis ce temps, ce qui fait partie d'un tel engagement.»

La vice-présidente aborde une autre facette fondamentale des démarches de l'établissement: «On établit une discussion et un dialogue avec les entreprises sur les différents enjeux qui nous préoccupent au sujet des investissements responsables; on pense qu'ils peuvent avoir un impact déterminant sur la valeur du titre à moyen et long terme.»

Une plus grande ouverture d'esprit

Ginette Depelteau assure qu'il y a un changement favorable qui s'est produit dans la mentalité des entreprises à propos de l'investissement responsable au cours des dernières années: «Premièrement, il faut savoir que la Caisse rend public son droit de vote depuis 2006, ce qui a déjà eu un impact parce que ces entreprises savent que notre droit de vote est de cette nature. Deuxièmement, on voit qu'à l'intérieur de celles-ci il existe différentes parties prenantes: il y a les actionnaires, le conseil d'administration et la direction, mais il peut aussi y avoir d'autres joueurs parce qu'elle évolue dans sa société où elle fait affaire sur différents marchés comportant divers enjeux.»

Cette diversité entraîne des changements: «On constate de plus en plus que les entreprises doivent échanger avec plusieurs parties prenantes, ce qui entraîne une évolution importante de leur mentalité sur ce type d'investissement.» Elle cerne un autre aspect de la question: «Dans certains secteurs, on assiste à des regroupements de ces dernières à cause des défis majeurs à relever sur lesquels elles veulent partager.» Ce dialogue conduit à son tour vers une meilleure connaissance et vers plus d'ouverture sur la responsabilité en investissement.

Mme Depelteau se refuse toutefois à identifier les secteurs d'activité les plus sensibilisés à la cause ou encore les plus indifférents à son endroit: «L'idée d'un tel investissement, c'est de faire changer les mentalités et de susciter des avancées. Pour ma part, je favorise la théorie des petits pas: souvent, ce n'est pas porteur comme discours au cours d'une première année et il faut travailler à moyen et long terme avec les entreprises; certaines sont plus "fermées" à nos préoccupations, mais il n'est pas dit qu'elles le resteront à tout jamais et qu'elles ne finiront pas par nous écouter.»

Elle pose ce regard sur les interventions en cours: «On doit faire preuve d'une démarche très positive là-dedans en sachant qu'on ne gagnera pas tout le temps, mais qu'on peut aussi avoir un impact significatif en faisant preuve de patience.» Il y a une façon d'aborder ce dossier: «On doit voir cette entreprise comme un partenaire parce que nous, si on est là, c'est que fondamentalement on a une mission de rendement économique. On prend donc en compte que si l'entrepreneur reconnaît cet enjeu-là, ce sera porteur pour la valeur de sa compagnie: ce sera bénéfique pour l'ensemble des parties prenantes à ses affaires et pour les investisseurs institutionnels.»

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