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Fondaction - Il est possible de faire de la finance différemment

«Le principe du rendement pour le rendement ne peut plus durer»

Fondaction CSN adhère au principe ESG (environnement, social et gouvernance) jusque dans les petits gestes, dans son programme de transport collectif qui paie 50 % des coûts de titres de transport de ses employés. <br />
Photo : Archives Le Devoir Fondaction CSN adhère au principe ESG (environnement, social et gouvernance) jusque dans les petits gestes, dans son programme de transport collectif qui paie 50 % des coûts de titres de transport de ses employés.
C'est seulement depuis quelques années que l'investissement responsable, étroitement lié au développement durable, a fait son entrée dans le milieu de la finance. On parle même aujourd'hui de finance responsable. Pourtant, cette façon de faire a toujours été au cœur des actions de Fondaction CSN.

«L'investissement responsable était déjà inscrit dans la loi qui a créé Fondaction, souligne Mario Hébert, directeur de la recherche et des communications à Fondaction CSN. Il y est écrit que l'action de Fondaction doit reposer sur la nécessaire conjugaison de l'économique, du social et de l'environnement, qui sont les principes à la base du développement durable. En ce sens, nous avons été des précurseurs et nous som-mes toujours demeurés fidèles à notre mission de base.»

Ce choix fondamental est présent dans les trois facettes de Fondaction: d'abord en tant qu'entreprise, ensuite dans sa con-ception de l'investissement et finalement dans sa stratégie de placement.

En tant qu'entreprise

Dès le départ, Fondaction adhère au principe ESG (environnement, social et gouvernance). «Nous avons mis en place une série de pratiques et de politiques guidant la gouvernance, afin d'assurer une plus grande transparence et une meilleure reddition de comptes. Nous avons aussi mis en place une organisation du travail basée sur la gestion participative.»

Cela se reflète aussi dans de nombreux petits gestes. «Nous favorisons l'achat responsable et, si possible, local, nous avons mis en place un important programme de recyclage, nous soutenons aussi un programme de transport collectif qui paie 50 % du coût des titres de transport de nos employés.»

Fondaction est aussi une des premières entreprises québécoises à produire un rapport de développement durable selon les directives du Global Reporting Initiatve (GRI). «Non seulement ces politiques nous rendent plus transparents, mais elles ont servi aussi à une meilleure rétention de nos employés, en particulier les plus jeunes, qui sont très sensibles à ces questions.»

L'investissement


La mission de base de Fondaction est d'investir dans les entreprises québécoises afin de favoriser leur développement et de soutenir et créer des emplois. Ici aussi, c'est la même ligne directrice qui s'applique. «Avant d'investir dans une entreprise, nous en faisons une évaluation socio-économique, où on tient compte de facteurs comme l'environnement, les conditions et les relations de travail, l'engagement social de l'entreprise, etc. Évidemment, nous faisons aussi une revue diligente de la situation financière et une évaluation du risque. Mais notre décision d'investir ou non ne repose pas uniquement sur les seuls critères financiers: les critères sociaux et écologiques sont au coeur de la décision.»

Par contre, la démarche de Fondaction ne comporte pas de filtre; par exemple, une entreprise ne sera pas d'emblée écartée. «Nous avons une démarche plus constructive. Si une entreprise ne satisfait pas à tous nos critères, nous allons peut-être y investir malgré tout, dans la mesure où nous croyons que cet investissement aidera l'entreprise à franchir les étapes nécessaires pour satisfaire à nos critères. L'investissement vient alors avec un plan d'accompagnement et de suivi.» La même logique s'applique aux fonds spécialisés de Fondaction ainsi qu'aux fonds dans lesquels Fondaction est partenaire.

Les placements


Selon la loi qui régit les fonds de travailleurs, ceux-ci ont l'obligation de placer 40 % de leur actif afin d'assurer la pérennité du fonds. «C'est une mesure prudentielle qui vise à réduire le niveau de risque de nos actionnaires, qui sont pour la plupart de petits épargnants qui préparent leur retraite.» Ainsi, Fondaction adhère aux principes définis dans les PRI (Principles for Responsable Investment).

«Les conseillers en gestion, les conseillers en valeurs mobilières, les gestionnaires de fonds de placements avec lesquels nous travaillons doivent tous adhérer à ces principes. Ils doivent avoir un siège social au Québec et faire leur le principe ESG»

Ce sont ces mêmes principes qui ont guidé le choix de Fondaction d'investir dans le nouveau fonds de couverture SARA (Fonds stratégique en rendement absolu) géré par la société HR Stratégies. «C'est véritablement un fonds de couverture conçu pour se protéger des fluctuations du marché, mais auquel on a bridé la stratégie en éliminant les éléments spéculatifs dangereux. Donc, ce fonds SARA est transparent, il n'y a pas de placements dans les paradis fiscaux, l'effet de levier est très faible, le rendement minimum est acceptable et le montant de liquidités doit demeurer assez élevé.»

Fonds SARA

Selon Mario Hébert, le type de fonds de couverture qu'est le Fonds SARA est une preuve qu'il est possible de faire de la finance différemment. «La finance doit être ramenée à sa mission de base. Le principe du rendement pour le rendement ne peut plus durer, il faut remettre l'humain au centre de la finance. La dimension sociale et écologique de l'investissement et de la finance n'est un frein ni au développement ni à la rentabilité. Il faut aussi se rappeler que le rendement social sur un investissement est le double du rendement financier.»

C'est la raison pour laquelle il plaide en faveur d'un accroissement de la finance responsable. «Il est temps que les établissements financiers prennent le virage de la finance responsable. Fondaction CSN a fait ce choix dès le départ et aujourd'hui il fait la démonstration que cette démarche fonctionne et donne les résultats escomptés.» Il avoue toutefois qu'il reste beaucoup de travail à faire avant de transformer l'économie actuelle. «La situation économique fragile dans laquelle nous sommes peut inciter certains à ne pas vouloir de changements, mais au contraire, selon moi, c'est peut-être une excellente occasion pour amorcer le virage vers une finance responsable.»

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Collaborateur du Devoir
 
 
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