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Nouvel appel d'Obama aux républicains

Barack Obama a présenté hier soir un plan emploi
Photo : La Presse canadienne (photo) Kevin Lamarque Barack Obama a présenté hier soir un plan emploi
Dans un nouvel effort pour tenter de sortir les États-Unis du marasme économique dans lequel ils sont embourbés, le président Barack Obama a présenté hier soir un plan emploi de 447 milliards de dollars destiné à donner une «décharge électrique» à la première économie de la planète. Il a d'ailleurs profité de sa tribune pour lancer un énième appel à la droite républicaine, l'exhortant à mettre enfin de côté le «cirque politique» et à adopter son plan dans les plus brefs délais.

«J'envoie au Congrès un plan que vous devriez adopter immédiatement», a répété le président Obama devant les membres de la Chambre des représentants et du Sénat, au moment de présenter un document intitulé «American Jobs Act» (proposition de loi pour l'emploi aux États-Unis). Le but de ce texte est simple, a-t-il ajouté: «remettre davantage de gens au travail et mettre davantage d'argent dans les poches de ceux qui travaillent».

Le principal axe de ce plan consiste en un abaissement des charges salariales et patronales pour un montant de 240 milliards de dollars. Barack Obama propose également d'étendre l'assurance-emploi, pour un coût chiffré à 49 milliards, de moderniser au moins 35 000 écoles pour 30 milliards et de consacrer 35 milliards pour éviter le licenciement de 280 000 enseignants. Une autre tranche de 50 milliards serait destinée à des investissements ciblés dans les infrastructures de transports. Diverses enveloppes seraient en outre dédiées à la rénovation de logements, mais aussi à des mesures pour faciliter le retour à l'emploi, notamment en aidant les employeurs à procéder à des embauches.

Ce dispositif, a poursuivi le président, «créera davantage d'emplois dans le bâtiment, dans l'enseignement, davantage d'emplois pour les anciens combattants, davantage d'emplois pour les chômeurs de longue durée». Selon Obama, ce nouvel effort financier devrait donner «une décharge électrique à une économie qui a calé, donnera confiance aux entreprises sur le fait que si elles investissent et embauchent, il y aura des clients pour leurs produits et leurs services».

Les 447 milliards évoqués par M. Obama sont toutefois à mettre en rapport avec le plan de relance de 787 milliards de dollars qu'il avait promulgué un mois après son arrivée au pouvoir début 2009. Deux ans plus tard, la situation de l'économie américaine demeure extrêmement difficile, au point où plusieurs analystes n'écartent pas la possibilité d'un retour à la récession. Concrètement, le taux de chômage se situe à plus de 9 % depuis maintenant près de deux ans. La première économie mondiale a même détruit autant d'emplois qu'elle en a créés en août, mettant fin à dix mois consécutifs d'embauches nettes. Pas moins de huit millions d'emplois ont été détruits en raison de la profonde récession provoquée par la crise financière de 2008.

Démocrates contre républicains

Pour ajouter à cette profonde «crise nationale», républicains et démocrates ne s'entendent tout simplement pas sur les mesures à adopter pour relancer la puissante machine américaine. Une machine qui, pour le moment, vacille toujours au bord du gouffre. Barack Obama a d'ailleurs lancé un nouvel appel à la solidarité à la droite républicaine hier: «Les habitants de notre pays travaillent dur pour faire face à leurs responsabilités. La question ce soir est de savoir si nous ferons face aux nôtres. La question est de savoir, si devant la crise nationale en cours, nous pouvons mettre un terme au cirque politique et faire quelque chose de concret pour aider l'économie», a-t-il lancé.

Le président, qui a travaillé avec acharnement avec les élus républicains au début de l'été pour obtenir un accord sur le relèvement du plafond de la dette et la réduction du déficit — il a même dû céder beaucoup de terrain à ses adversaires —, a juré que ce nouveau plan serait «totalement financé». Il a du même coup promis de présenter, le 19 septembre, un nouveau plan de réduction du déficit public. Un plan qui devrait passer par l'élimination des abris fiscaux pour les entreprises pétrolières et la fin des allégements fiscaux accordés aux millionnaires et aux milliardaires. Le président a estimé que le code des impôts des États-Unis était un «monument» érigé sous «l'influence des intérêts spéciaux à Washington».

Le hic, c'est que pour entrer en vigueur, l'American Jobs Act devra convaincre les républicains, majoritaires à la Chambre et dotés d'une minorité de blocage au Sénat. Et la chose est loin d'être acquise. Mais le président républicain de la Chambre des représentants, John Boehner, a semblé vouloir démontrer une certaine ouverture hier soir à la suite de l'allocution présidentielle. Les propositions de Barack Obama pour soutenir l'emploi méritent d'être étudiées, a-t-il déclaré. «Nous espérons qu'il prendra également en compte sérieusement nos idées», s'est-il empressé d'ajouter, disant souhaiter que le gouvernement démocrate et l'opposition travaillent ensemble pour faciliter une croissance sur le long terme et la création d'emplois.

Mais comme c'est le cas depuis des mois, certains républicains refusent carrément d'écouter ce que le «Commander in chief» a à dire. Certains avaient d'ailleurs annoncé qu'ils ne seraient pas au Capitole hier soir. Parmi eux, le sénateur de Louisiane David Vitter a indiqué qu'il pourrait regarder le discours depuis son domicile, mais qu'il se concentrerait plutôt sur l'ouverture de la saison de football américain. «En tant que partisan, j'ai mes priorités», a-t-il dit.

Fait à noter, le discours de Barack Obama a dû être prévu à 19h, heure locale, afin de ne pas interférer avec le début de saison de la NFL. Les Packers de Green Bay affrontaient les Saints de la Nouvelle-Orléans dès 20h30.

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Avec l'Agence France-Presse
 
 
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