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    Junex se concentre sur Anticosti

    L'entreprise délaissera le gaz de schiste pour investir davantage dans la recherche de pétrole

    Après Pétrolia, c'est maintenant au tour de l'entreprise Junex de se montrer très intéressée par le potentiel en or noir de l'île d'Anticosti, à la lumière des résultats des derniers travaux réalisés sur les permis d'exploration qu'elle détient. Un enthousiasme qui n'est pas si étonnant, dans la mesure où les plus récentes estimations disponibles indiquent que le sous-sol de la plus grande île du Québec pourrait renfermer plusieurs milliards de barils de pétrole.

    Junex a récemment reçu les résultats de l'analyse des échantillons recueillis lors d'un forage effectué dans le shale Macasty au puits Arco Anticosti no 1, un puits foré à l'origine en 1970. Ces résultats «indiquent que le shale pourrait potentiellement être une formation productrice riche en pétrole et hydrocarbures légers sur les permis d'exploration de Junex». L'entreprise contrôle cinq permis au total et il lui en coûte 9440 $ par année — 10 ¢ l'hectare — pour conserver ses droits d'exploration sur une île où le potentiel pétrolier pourrait rapporter des dizaines de milliards de dollars.

    Junex ne détient pas, pour le moment, d'évaluation du nombre de barils de pétrole léger qui se trouveraient dans le sous-sol de ses permis. Selon ce qu'a expliqué hier son président et chef de la direction, Jean-Yves Lavoie, l'entreprise compte maintenant poursuivre ses travaux sur l'île pour mieux «évaluer le potentiel».

    Elle devra pour cela recueillir des carottes de sol, mais aussi procéder à des levés sismiques et des forages supplémentaires. Junex pourrait par la suite se lancer dans un projet pilote d'exploitation, et ce, d'ici cinq ans. Le potentiel est à ce point intéressant que l'entreprise espère bien être en mesure d'investir de 5 à 10 millions de dollars d'ici la fin de 2012 afin de poursuivre ses travaux.

    Chose certaine, Junex ne se retrouve pas en terrain totalement méconnu sur l'île d'Anticosti. Plusieurs travaux y ont déjà été menés sur au fil des années, notamment par Shell et la Société québécoise d'initiatives pétrolières (SOQUIP). Cette société d'État fondée en 1969 avait pour mandat de rechercher des hydrocarbures dont l'État québécois pourrait tirer des revenus.

    Deux membres du conseil d'administration de Junex sont d'anciens employés de la SOQUIP. M. Lavoie, cofondateur de Junex, a travaillé pour la SOQUIP de 1974 à 1980 à titre d'ingénieur pétrolier. Un autre membre, Jacques Aubert, a été membre de la haute direction, puis président de la SOQUIP à la fin des années 1990. Par ailleurs, l'ancien p.-d.g. d'Hydro-Québec de 1996 à 2004, André Caillé, siège lui aussi au conseil d'administration. Il a été engagé comme conseiller stratégique chez Junex en 2008.

    Hydro-Québec avait en outre investi 9,8 millions de dollars en travaux d'exploration pétrolière entre 2002 et 2007 sur l'île d'Anticosti. Ces travaux n'auraient pas été concluants. Toujours en 2007, Junex a acquis cinq permis sur cette île. Hydro-Québec a pour sa part cédé, pour un montant inconnu, ses droits sur 35 permis (6300 km2) qu'elle détenait à l'entreprise Pétrolia, et ce, au début de 2008. Moins de trois ans plus tard, le potentiel pétrolier de l'île semble très intéressant, au point d'attirer des millions de dollars en investissements.

    Du schiste au pétrole

    Maintenant que les travaux dans le secteur du gaz de schiste ne peuvent plus se dérouler aussi rapidement en raison de l'évaluation environnementale stratégique lancée par le gouvernement Charest, Junex compte en effet miser beaucoup sur le secteur pétrolier. «Nous entendons mettre un accent particulier sur l'exploration de ces propriétés pétrolières au cours des années à venir alors que nos activités seront ralenties dans les shales d'Utica», a d'ailleurs souligné M. Lavoie hier. Ces propriétés comprennent les permis détenus sur la propriété de Galt, à la pointe de la Gaspésie, et qui présenteraient un potentiel de 200 millions de barils d'or noir. Junex est également partenaire de Pétrolia dans un autre secteur situé près de Gaspé.

    Fait à noter, tous les travaux d'exploration pétrolière se déroulent pour le moment sous l'égide de la Loi sur les mines, en attendant qu'une législation sur les hydrocarbures soit adoptée. Cela ne devrait pas se faire avant au moins deux ans. Qui plus est, aucune étude d'impact environnemental indépendante n'a encore été menée sur le développement de l'industrie pétrolière au Québec, ni sur les techniques utilisées ici pour mener des travaux d'exploration.

    Les informations sont plus nombreuses sur le potentiel en énergie fossile. La firme albertaine Sproule Associates Limited a établi plus tôt cette année à 30,9 milliards de barils la «meilleure estimation» du volume total de pétrole en place sur les permis où l'entreprise Pétrolia détient un intérêt sur l'île d'Anticosti. Une ressource dont la valeur actuelle se chiffre en centaines de milliards de dollars. L'entreprise, qui a foré trois puits en 2010 sur Anticosti, compte investir plus de 30 millions de dollars pour réaliser des forages qui devraient permettre d'effectuer des tests de production.

    Tant Junex que Pétrolia doivent débourser 10 ¢ par hectare annuellement pour conserver leurs permis sur Anticosti. Aucune révision du prix des permis n'est à l'ordre du jour.












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