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Bulletin de la prospérité du Québec - Un outil à parfaire

Yves-Thomas Dorval, président du Conseil du patronat du Québec  6 septembre 2011  Actualités économiques
J'ai pris connaissance avec beaucoup d'intérêt des articles qui sont parus récemment dans vos pages à propos de la publication de la deuxième édition du Bulletin de la prospérité du Québec par le Conseil du patronat du Québec [un éditorial de Jean-Robert Sansfaçon et une chronique de Gérard Bérubé]. Je me réjouis d'abord que notre étude suscite autant de réactions chez vous. Qu'elle provoque un échange de vues, essentiel à mes yeux, sur les moyens de créer une plus grande prospérité au Québec constitue déjà un résultat des plus appréciables.

Vos commentaires me donnent aussi l'occasion de préciser le champ d'application de ce Bulletin, qui se veut surtout un outil permettant d'évaluer, au fil des ans, les progrès du Québec par rapport à cinq déterminants fondamentaux de la création de richesse et de la prospérité économique. Comme nous le précisons dans l'introduction du document: «Le Conseil du patronat a choisi les indicateurs utilisés dans ce Bulletin en fonction de critères qui focalisent sur les déterminants de la prospérité plutôt que sur les résultats, en remontant la chaîne de causalité aussi loin que le permet la disponibilité des données.»

Nous pensons qu'il faut agir en particulier sur les déterminants de la prospérité — comme la disponibilité d'une main-d'oeuvre compétente ou la création d'un environnement d'affaires optimal — et c'est pourquoi il est pertinent de les mesurer d'année en année. Le niveau de croissance ou le niveau d'emploi sont, quant à eux, des résultats tributaires de plusieurs de ces déterminants.

Une notion qui a plus d'un sens

Pour accéder à une prospérité durable, il est impératif d'agir sur les éléments fondamentaux de l'économie sans se laisser distraire par les sursauts sporadiques qui peuvent survenir au cours d'une période donnée. Ainsi, comme nous le précisons encore dans notre document, malgré la bonne performance récente de notre province, qui a mieux passé à travers la récession que plusieurs autres États et qui a créé davantage d'emplois qu'elle n'en a perdu au cours de cette période (en grande partie, selon nous, à cause des investissements conjoncturels, massifs et urgents que le Québec a dû effectuer dans ses infrastructures routières), la performance économique du Québec, comparée à celle d'autres provinces canadiennes ou d'autres États à travers le monde, laisse à désirer. C'est sur cette performance à long terme qu'il faut se focaliser.

Vos réactions confirment qu'il y a plus d'un sens à la notion de «prospérité».

Nous ne nous opposons pas à la définition de prospérité — de nature plus sociale — adoptée par Le Devoir et plusieurs autres acteurs sociaux au Québec qui correspond principalement, me semble-t-il, à la première partie de la définition du mot qui nous est fournie par Le Petit Robert et qui dit: «État heureux, situation favorable d'une personne quant au physique (voir bien-être, santé), à la fortune (voir fortune, richesse, succès) et aux agréments qui en découlent (voir bonheur, félicité) [...]»

Nous pensons cependant qu'il n'appartient pas au Conseil du patronat du Québec — représentant des employeurs comme vous le rappelez justement — de mesurer l'indice de bonheur ou la qualité de vie des Québécois. Nous croyons que notre rôle consiste davantage à fournir des références sur le cheminement économique du Québec. À cet égard, nous nous inscrivons résolument dans la foulée de la seconde partie, tout aussi légitime, de cette définition qui stipule: État d'abondance, augmentation des richesses (d'une collectivité, d'une entreprise) [...] Progrès dans le domaine économique (voir activité, développement, essor).

Créer la richesse

Vous n'êtes pas sans savoir que notre prémisse est que plus une société favorise la création et la croissance de ses entreprises, plus elle favorise du fait même la création d'emplois, la création de richesse et la hausse du niveau de vie de ses citoyens. Nous sommes persuadés d'ailleurs qu'un bon nombre de nos concitoyens — peut-être pas encore suffisamment — partagent cette conviction.

À titre de Québécois, nous sommes, comme vous, résolument en faveur d'une juste répartition de la richesse. Toutefois, il importe impérativement de créer cette richesse, sans quoi nous n'aurons que dettes et pauvreté en partage.

Je pense que les comparaisons économiques effectuées dans le Bulletin de la prospérité nous permettent aussi d'éviter la tentation de la complaisance, piège dans lequel nous pouvons facilement tomber lorsque nous ne nous mesurons qu'à l'aune de notre propre histoire ainsi que nos aspirations de bien-être et d'égalité sociale. Vouloir à juste titre le bien de tous ne doit pas nous aveugler devant les défis majeurs que nous avons à relever.

Le déclin démographique qui s'amorce exigera, par exemple, des réformes en profondeur si le Québec souhaite maintenir son niveau de vie, de même que les programmes sociaux chers à ses citoyens. Dans un contexte de vieillissement démographique et de finances publiques serrées, la création de la richesse est aussi une priorité absolue, et la seule stratégie qui s'offre au Québec pour offrir à sa population la prospérité durable à laquelle elle aspire.

Comme nous l'avons fait dans la préparation de cette deuxième édition, nous analyserons soigneusement les commentaires reçus et nous apporterons, dans la mesure du possible, des améliorations aux prochaines éditions du Bulletin de la prospérité du Québec, un outil certainement perfectible. Je vous en prie, continuez à nous écrire!

***

Yves-Thomas Dorval, président du Conseil du patronat du Québec
 
 
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  • Darwin666 - Inscrit
    6 septembre 2011 01 h 18
    Voilà le problème!
    «Le Conseil du patronat a choisi les indicateurs utilisés dans ce Bulletin en fonction de critères qui focalisent sur les déterminants de la prospérité plutôt que sur les résultats»

    Si je comprends bien, le Québec a eu de bon résultats récemment, mais comme ses déterminants ne correspondent pas à ceux que le Conseil du patronat considèrent idéologiquement comme ceux qui DEVRAIENT assurer une prospérité durable (!), il obtient une mauvaise note!

    N'est-ce pas un des fondateurs de l'idéologie néolibérale que suit le Conseil du patronat, Milton Friedman, qui a déjà déclaré :

    «C’est une idée fausse et qui a causé de grands dommages, de vouloir tester les postulats (ou hypothèses de base). Non seulement il n’est pas nécessaire que les hypothèses de base soient réalistes, mais il est avantageux qu’elles ne le soient pas.»

    http://jeanneemard.wordpress.com/2011/06/20/citati
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  • alen - Inscrit
    6 septembre 2011 08 h 02
    Cause toujours...
    Il n'y a rien de plus trompeur que l'illusion, Monsieur Dorval. L'illusion par exemple de croire qu'on puisse au Québec se comparer à l'Alberta, qui <surf> bébêtement sur le pétrole et le gaz naturel, et l'Ontario, qui monopolise l'industrie de l'automobile... On s'entend qu'un employé qui produit une <Cadillac> dans sa journée produit plus de $ qu'une couturière, margré tout le bon vouloir de la dernière... On s'entend que le salaire de la dernière risque aussi d'être moins élevé, qu'elle va payer mois cher pour sa résidence, ses meubles, et cetera. On s'entend aussi que si la valeur des maisons à Montréal est la moitié de celles de Toronto, Ottawa, Calgary ou Vancouver, ça va finir par affecter notre PIB... Bref, vous pouvez toujours vous illusionner avec vos paramètres insignifiants, dans le sens premier du terme.
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  • Franfeluche - Abonné
    6 septembre 2011 11 h 41
    Et l'écologie !
    Pas une seule fois vous ne faites référence à l'écologie dans votre texte. Il va nous falloir une profonde réflexion sur ce que veut dire créer la richesse. Si cette création de richesse se fait aux dépends de notre planète comme c'est le cas actuellement, il faut réaliser qu'à plus ou moins long terme, c'est le contraire qui va se produire, nous allons créer la pauvreté.
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  • Alain Deloin - Inscrit
    6 septembre 2011 11 h 52
    Merci pour cette mise au point
    J'ai exprimé mon désaccord avec l'analyse de M. Bérubé.

    Vous insistez sur les tendances démographiques, et l'impact sur l'évolution de la prospérité. Tous les chiffres de "statistiques Québec" confirment vos propos. Ils sont publics et à la portée des lecteurs qui voudront bien se donner la peine de les consulter:

    http://www.stat.gouv.qc.ca/donstat/econm_finnc/con

    http://www.stat.gouv.qc.ca/donstat/econm_finnc/con


    Où l'on voit que la position économique du Québec dans la fédération est en tassement avancé.

    Concernant l’apparente bonne tenue du Québec lors des retournements de cycle: la dépense publique au Québec est 10 points supérieure à celle de l'Ontario. Une part de cette dépense tient aux transferts du fédéral env. 5% du PIB. Sur le long terme, une telle dépense publique est intenable et elle sera corrélée avec une croissance faible. Une histoire d'allocation non-optimale de capital, capital détourné du secteur marchand privé qui crée la richesse et qui en ferait bien meilleur usage (investissements productifs).

    D’où l’intérêt de votre Bulletin de la prospérité, s’il favorise les libertés économiques et le développement du business.

    Dernier détail: Les prix de l'immobilier à Toronto et Montréal ne sont que l'une des nombreuses manifestations d'un écart de compétitivité et de prospérité. Tout comme les écarts de salaires. Pas une cause.
    Ces écarts sont particulièrement choquants à Ottawa lorsqu'on traverse la rivière vers le nord.
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  • camelot - Inscrit
    6 septembre 2011 12 h 13
    En résumé
    Créer la richesse pour nous et nos amis. Et s'il reste quelque chose, on peut le donner aux pauvres.
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  • celljack - Inscrit
    6 septembre 2011 13 h 39
    Le créationnisme
    À mes yeux, avoir un meilleur niveau de vie, c'est d'avoir le contrôle sur nos besoins essentiels (manger, se vêtir, de loger). Arrêter de dépendre des autres pour ça: la liberté est une richesse ultime.

    Ironiquement, je comprends bien que les "patrons" ont une vision diamétralement opposée puisque tous leurs besoins par définition sont assurés par le travail des "employés".

    Doctrine absurde du créationnisme de richesses.

    Vous devriez réapprendre à calculer: rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Vous devriez faire une recherche sur l'expression suivante:
    "Indicateur de progrès véritable"
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