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Plus de recherche ni de vaccins pour Shire

L'ex-BioChem Pharma licencie 120 employés

L'ex-BioChem Pharma sera amputée de ses activités en recherche et de sa division vaccins. Au total, l'entreprise de Laval verra ses effectifs être réduits de moitié, à 130 personnes, alors que la mise en vente éventuelle de l'unité des vaccins vient placer 260 employés dans l'insécurité.

Acquise par la britannique Shire Pharmaceuticals il y a deux ans, dans le cadre d'une transaction de quelque six milliards de dollars, l'ex-fleuron québécois de l'industrie pharmaceutique deviendra une entité à vocation uniquement commerciale. Cette décision implique toutefois que des discussions, qualifiées hier de confidentielles, soient présentement menées avec le ministère fédéral de l'Industrie afin que le tout soit conforme à la liste des engagements pris par Shire il y a deux ans. Avant de donner son aval, Ottawa avait examiné les conséquences de l'entente sur les emplois, l'approvisionnement au Canada, les exportations, la concurrence, la capacité concurrentielle du Canada, la participation de Canadiens aux décisions de l'entreprise et l'impact sur la recherche et le développement.

Plus de recherche

Ce virage vente et marketing implique que BioChem, connue pour le développement de l'anti-sida 3TC entrant dans la trithérapie, sera délestée de ses activités de recherche thérapeutique. «La décision de concentrer les investissements dans moins de domaines thérapeutiques et de prioriser l'appui des produits à un stade avancé de développement signifie que la recherche interne de produits à un stade précoce ne représente plus un investissement stratégique pour Shire», peut-on lire dans le communiqué diffusé hier. «Shire a pris la décision de fermer ses installations de recherche situées à Laval. Cette décision touchera environ 120 employés.» Elle implique l'inscription de frais de restructuration de 12 millions $US mais Shire prévoit y soutirer des économies annuelles de 15 millions $US à compter de 2004.

Les installations lavalloises n'abriteront plus que 130 employés, pour l'essentiel dédiés à la vente, au marketing et aux fonctions de soutien à la commercialisation.

Parallèlement, Shire transformera son unité de vaccins en une société indépendante avec, pour objectif, sa mise en vente éventuelle. Cette décision survient quelques jours après que la multinationale eut annoncé une entente de cinq ans, avec le gouvernement canadien, portant sur la livraison de quelque sept millions de vaccins contre l'influenza, couvrant les trois quarts des besoins annuels en la matière exprimés par le Canada.

Cette transformation devrait être complétée à la fin du premier semestre 2004. Cette unité abrite quelque 260 emplois dans ses installations de Laval et de Québec, 55 personnes dans un site localisé près de Boston. La transformation englobe tout, c'est-à-dire tant les activités de recherche, de fabrication et de ventes et marketing que l'administration.

Elle ne remet pas en question l'investissement de 28 millions annoncé par Shire en décembre dernier visant la construction, sur les terrains lavallois de l'ex-BioChem, d'un nouveau centre de recherche mondial sur les vaccins au Canada. «Ce centre sera maintenant un bâtiment autonome», a précisé Michèle Roy. Du même souffle, la porte-parole de Shire n'a pas voulu commenter plus à fond le sort qui sera éventuellement réservé aux installations principales de BioChem dans le Parc scientifique de Laval, désormais trop vastes. «Les détails du "comment" ne sont pas encore précisés. Quant à ce qui pourrait advenir de l'édifice principal, aucune décision n'a été prise.»

Ce recentrage de Shire traduit la volonté de la société britannique de revenir à sa mission première, soit la commercialisation de produits pharmaceutiques auprès des médecins spécialistes en Europe, au Canada et aux États-Unis. «Notre objectif est de devenir l'entreprise qui comble le mieux les besoins des médecins spécialistes. Si elles ont en main de bons produits, de petites équipes de vente peuvent réaliser d'impressionnants résultats en ventes. Ceci est notre compétence fondamentale», a résumé Matthew Emmens, chef de la direction de Shire dans son communiqué.

Moins de risque

On veut donc s'éloigner du risque associé à la recherche et au développement de produits étant à un stade précoce. Ce secteur d'activité comporte un risque financier élevé. Il se veut très concurrentiel et il fait face à d'importants défis, tels que les difficultés d'obtenir du financement, les remises en question en matière d'exclusivité commerciale ou de protection des brevets et la poussée des produits génériques. Shire estimait également qu'en R-D son portefeuille était très large et couvrait beaucoup de champs thérapeutiques.

«L'unité d'affaires BioChem demeure active. Shire demeure engagée envers ses activités commerciales au Canada», a pris soin d'ajouter Michèle Roy. Elle a notamment rappelé l'annonce récente de l'acquisition, des mains de Draxis Health, de cinq nouveaux produits pour le marché canadien, s'adressant au système nerveux central ou au domaine de la néphrologie, dans des secteurs thérapeutiques stratégiques pour Shire.

Au 30 juin 2003, Shire disposait d'espèces, de quasi-espèces et de titres négociables totalisant 1,19 milliard $US, soit des liquidités nettes de 806 millions $US pouvant servir à l'acquisition de nouveaux médicaments ou d'entreprises rivales.
 
 
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