Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • fermer

    Connexion au Devoir.com

    Mot de passe oublié?
    Abonnez-vous!

    Le temps est compté pour Mine Jeffrey

    La compagnie a moins d'une semaine pour trouver 25 millions

    Le temps presse pour Mine Jeffrey. Il reste moins d'une semaine à l'entreprise pour compléter le financement privé qui lui permettrait d'obtenir une garantie de prêt de 58 millions du gouvernement Charest afin de relancer l'exploitation d'amiante à Asbestos. Mais la porte ne sera pas nécessairement fermée par la suite.

    Selon ce qu'a confirmé hier l'attachée de presse du ministre Clément Gignac, le ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation a en effet donné jusqu'au 15 août à Mine Jeffrey pour obtenir 25 millions de financement privé. «Le gouvernement négocie déjà depuis plusieurs mois avec les promoteurs du projet, a expliqué hier au Devoir Gabrielle St-Amant Tellier. Ils ont dit que l'octroi d'une garantie de prêt par le gouvernement les aiderait à compléter leur financement. Mais on ne peut pas laisser planer le doute sur la région indéfiniment.» Qui plus est, Québec a déjà offert un délai à la minière, a-t-elle rappelé. Lorsque les libéraux ont annoncé qu'ils accorderaient une garantie de prêt à l'entreprise et au consortium indien qui pilotent le projet, les promoteurs avaient d'ailleurs bon espoir de compléter le financement avant le 1er juillet. Comme ils n'y sont pas parvenus, le gouvernement leur a accordé un délai supplémentaire.

    Mais, si les libéraux ont décidé d'imposer un ultimatum à Mine Jeffrey et à Balcorp, cela ne veut pas dire que Québec retirera tout appui passé lundi prochain, selon ce qu'on a fait valoir au bureau de Clément Gignac. «Pour l'instant, on s'en tient au 15 août. Mais je ne peux pas me prononcer sur ce qui se passera après. On est encore en contact avec Balcorp. On négocie toujours avec eux», a dit Mme St-Amant Tellier, sans apporter davantage de précisions. Mine Jeffrey n'a pas rappelé Le Devoir hier. L'objectif de l'entreprise est de commencer l'extraction d'amiante au début de 2012.

    Des investisseurs chinois avaient fait part de leur intérêt à investir dans la relance de la mine: l'entreprise Centree disait vouloir investir 40 millions dans le projet de développement d'une mine souterraine en 2009, avant de se désister.

    Le principal promoteur de la relance de Mine Jeffrey est Balcorp Limited, un consortium indien dirigé par Baljit S. Chadha. Cet homme d'affaires a récolté 19 000 $ pour le Parti libéral du Québec, en 2009, lors d'un cocktail de financement à sa résidence de Westmount où Jean Charest était l'invité d'honneur. M. Chadha est aussi inscrit au Registre des lobbyistes du Québec. Son mandat, qui vise directement le ministère dirigé par M. Gignac, se décline ainsi: «Demande de garantie de prêt de 58 millions de dollars pour procéder à la relance des opérations de la mine Jeffrey, notamment embauche de personnel, achat d'équipement, etc.» Balcorp a un autre lobbyiste inscrit pour le même mandat.

    Si la relance de la mine est vue d'un bon oeil dans la région d'Asbestos, elle a été dénoncée par à peu près tous les experts du secteur de la santé. Tous les directeurs québécois de la santé publique craignent les effets de la relance de l'exploitation de la mine Jeffrey. Plusieurs organismes du monde de la santé sont du même avis, dont la Société canadienne du cancer. Selon cette organisation, la reprise des activités d'extraction et d'exportation de la mine contribuerait à propager l'épidémie de cancers causés par l'amiante, à l'origine de 90 000 morts chaque année à travers le monde.

    Le ministre Clément Gignac estime pour sa part que ce produit cancérigène peut être utilisé sans danger. La garantie de prêt serait d'ailleurs assortie d'une clause stipulant que les exploitants de la mine devront s'assurer que leurs clients utilisent le chrysotile «de façon sécuritaire selon les critères du Québec». Une firme indépendante devrait mener, chaque année, une inspection dont les frais seraient assumés par l'entreprise. Les clients qui achètent la fibre d'amiante viennent d'une vingtaine de pays, dont l'Inde, le Pakistan, la Chine, l'Indonésie et le Mexique, des pays où les règles de protection des travailleurs n'ont rien à voir avec ce qui existe au Canada.

    Ottawa a également donné son appui à Mine Jeffrey. Récemment, le Canada a d'ailleurs été le seul pays à refuser d'inclure l'amiante chrysotile sur la liste des substances dangereuses de la Convention de Rotterdam, un traité onusien datant de 2004.
     
     
    Édition abonné
    La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
     
     












    CAPTCHA Image Générer un nouveau code

    Envoyer
    Fermer
    Blogues
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel