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    Les Québécois en vacances traversent chez les Américains

    Un touriste marche sur une plage de Miami, en Floride. <br />
    Photo: Agence Reuters Carlos Barria Un touriste marche sur une plage de Miami, en Floride.
    • La côte est des États-Unis profite de la force du dollar canadien
    • Certaines régions du Québec connaissent une baisse d'affluence
    Avantagés par un dollar canadien particulièrement fort par rapport à la devise américaine, les Québécois semblent nombreux à choisir les États-Unis cet été pour passer leurs vacances. Un phénomène qui, avec les prix élevés de l'essence, pourrait expliquer en partie pourquoi des joueurs de l'industrie évaluent que la saison est moins bonne dans certaines régions de la province.

    «De plus en plus de Québécois choisissent leurs destinations de vacances tardivement; donc le prix de l'essence peut avoir de l'influence, mais aussi la force du dollar canadien, souligne d'ailleurs Michel Archambault, titulaire de la Chaire de tourisme de l'UQAM. Il ne faut pas négliger le facteur "météo", qui a une grande influence ici. Cette année, par exemple, la météo est plutôt favorable.»

    Et qui dit beau temps dit plage. Alors que les vacances de la construction battent leur plein, les Québécois sont en effet nombreux à aller planter leur parasol sur une plage américaine. Un phénomène en pleine croissance depuis quelques années. Il faut dire que le huard s'est passablement apprécié depuis une décennie. Il était hier à 1,05 $US, alors qu'il n'atteignait pas

    0,70 $US en 2001. Résultat: le nombre de passages d'automobiles aux douanes américaines — pour un séjour de plus de deux jours en période estivale — a augmenté de près de 60 % depuis 10 ans.

    Des vacanciers qui partent par exemple pour le Maine.

    Plus de cinq millions de Canadiens s'y sont rendus en 2010, générant des revenus de près de 12 millions de dollars. La classique plage d'Old Orchard, destination prisée par plusieurs dans cet État de la côte est américaine, continue de générer une affluence qui ne se dément pas. Brigitte Ménard, propriétaire de l'auberge By the Sea, a d'ailleurs confié à La Presse canadienne que les touristes sont plus nombreux cette année.

    Elle soutient que plusieurs visiteurs en sont à leur première visite et que ce succès remporté cette année fait en sorte que plusieurs établissements manquent de places pour accueillir les touristes qui se présentent sans réservation. Cette affluence force d'ailleurs les aubergistes, hôteliers et responsables de la Chambre de commerce d'Old Orchard Beach à s'improviser centrale de réservations afin d'accommoder le plus de gens possible. Ils tentent notamment de mettre les propriétaires de camping à contribution.

    Pour Suzanne Beaulieu, du Motel Kebek 3, le constat est le même. Cette saison promet de représenter des affaires d'or, malgré l'incertitude qui plane toujours sur l'économie américaine. Elle n'hésite pas à reconnaître qu'elle doit son taux d'occupation de 95 % en très grande partie à la clientèle du Québec.

    Saison décevante?

    L'optimisme sur la côte est américaine n'est pas partagé par tous, notamment au Québec. Selon les commentaires recueillis par Le Devoir auprès d'aubergistes, d'hôteliers, de restaurateurs et de croisiéristes gaspésiens, la saison touristique serait même passablement décevante. Même son de cloche sur la Côte-Nord. Une situation à laquelle Québec et Montréal semblent échapper, si on se fie aux taux d'occupation des hôtels.

    Difficile cependant de montrer du doigt un seul facteur pouvant expliquer cette situation. Avec plusieurs centaines de kilomètres à parcourir pour aller visiter certaines destinations, le prix de l'essence entre en ligne de compte. La diminution constante du nombre de touristes américains depuis quelques années et la force du huard peuvent aussi peser dans la balance quand vient le temps de choisir une destination de vacances.

    M. Archambault souligne aussi que de nombreux voyagistes offrent des forfaits tout compris à bas prix pour des destinations comme le Mexique, Cuba et la République dominicaine. Des destinations avec, à la clé, la promesse de soleil, de plages et d'eau chaude.

    Jean Bouchard, responsable du marketing à Tourisme Gaspésie, se veut toutefois optimiste. Il rappelle que la région connaît une certaine croissance du nombre de visiteurs depuis quelques années, notamment en raison de l'image de marque internationale dont elle bénéficie. «Le dollar américain a une influence, le prix de l'essence aussi, mais ce n'est pas dramatique», estime-t-il.

    Reste que le prix du carburant n'en représente pas moins un obstacle au voyage pour plusieurs Canadiens. Environ 30 % d'entre eux disent qu'il est probable qu'ils reporteront leurs projets de vacances jusqu'à l'an prochain, selon un récent sondage commandité par RBC. Au Québec, la proportion des consommateurs affirmant qu'il est plus que probable qu'ils reportent leurs projets de vacances n'est que de 26 %, comparativement à 34 % chez les Ontariens et 33 % parmi les consommateurs des provinces de l'Atlantique. Une situation en bonne partie imputable à la hausse du litre d'essence, selon l'institution.

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    Avec La Presse canadienne












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