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    Perspectives - Moon Express

    La fin du programme des navettes spatiales marque le début d'une nouvelle ère encore floue pour les conquérants de la Lune. Une ère qui est censée éventuellement relancer l'exploration spatiale et amener une nouvelle étape dans la commercialisation de l'espace.

    La NASA prendra part cette semaine à l'organisation d'une foire de l'emploi à l'hôtel Radisson, tout près de sa base de lancement du cap Canaveral, en Floride. L'événement se veut un coup de pouce à une partie de ses plusieurs milliers d'employés qui se retrouvent sans travail depuis le retour définitif sur Terre, la semaine dernière, de sa dernière navette spatiale encore en service.

    Malgré la mise en orbite et le sauvetage dans l'espace de l'inappréciable télescope Hubble ou encore l'assemblage de la Station spatiale internationale, le bilan des navettes américaines, après 30 ans d'utilisation, est loin de faire l'unanimité. Outre la mort tragique des équipages des navettes Challenger et Columbia, ces vaisseaux ne sont jamais devenus les «camions de l'espace» qu'ils étaient censés être. Loin de rendre les voyages dans l'espace routiniers et peu chers, ils étaient fragiles et décollaient en moyenne cinq fois par an. Enfin, les récents vols coûtaient de 450 millions à 1,5 milliard $US par mission, poussant un ancien conseiller économique du président Carter à parler de «vases Ming volants».

    La conséquence immédiate de leur mise au rancart est que les astronautes américains se retrouvent à pied. Pour se rendre à la Station spatiale internationale, les vainqueurs de la course à la Lune devront prendre un billet de passager à bord des increvables vaisseaux Soyouz de l'ère soviétique. Pas bêtes, les Russes ont déjà averti la clientèle que, «en raison de l'augmentation des coûts et de l'inflation», le prix d'un siège passera de 27 millions, cette année, à 47 millions, l'an prochain, puis 60 millions en 2015.

    La fin des navettes s'inscrit dans une vaste opération de recentrage des activités de la NASA sur les grands projets d'exploration spatiale annoncée l'an dernier. Adopté par le président Obama après qu'il a jeté aux orties le projet de son prédécesseur d'installation permanente sur la Lune, pour 2020, et de premiers pas sur Mars, au cours des années 2030, le nouveau programme comprenait notamment le maintien en vie de la Station spatiale internationale jusqu'à 2020, la mise au point et l'envoi de nouveaux robots d'exploration, mais surtout l'invention de tout nouveaux moteurs, carburants et systèmes de survie capables d'emporter l'homme au-delà de l'orbite lunaire. Première étape: poser le pied sur un astéroïde — qu'il reste à identifier — d'ici 2025. Dix ans après, ce pourrait être Mars.

    Le début d'une nouvelle ère

    Pour la mise en orbite de satellites et l'envoi d'astronautes vers la Station spatiale internationale, on dit compter, d'ici 2015 ou 2016, sur le secteur privé. Des compagnies comme Boeing, Lockheed Martin ou Hughes sont déjà impliquées depuis longtemps dans la conception et la fabrication des fusées et des vaisseaux spatiaux américains. Il s'agirait désormais de laisser des compagnies mettre chacune au point leurs propres systèmes en fonction d'un même cahier de charges et de procéder ensuite par appel d'offres.

    Plusieurs compagnies planchent déjà sur des projets concrets. Quatre d'entre elles (Boeing, SpaceX, Sierra Nevada et Blue Origin) sont en partie financées par un fonds de 500 millions de la NASA. Orbital Sciences Corp. met déjà en orbite des satellites privés, militaires et de la NASA. SpaceX est devenue en 2010 la première compagnie privée à envoyer une capsule (inhabitée) dans l'espace et à la récupérer.

    Ces compagnies promettent des économies spectaculaires, notait récemment l'agence Science-Presse. La nouvelle fusée de SpaceX devrait pouvoir abaisser à environ 4000 $ le coût d'envoi d'un kilo de matériel dans l'espace, contre 100 000 $ actuellement. La société Virgin Galactic de l'excentrique magnat Richard Branson pense pouvoir bientôt emmener des touristes dans l'espace pour 200 000 $ par personne.

    Comme à l'époque des grands navigateurs, ou du début de l'aviation, on a affaire à toutes sortes de gens. Plus de 29 compagnies privées se sont par exemple inscrites à une course organisée par la société Google, qui offre 20 millions à la première qui se posera sur la Lune avant décembre 2015 et qui enverra des images pour le prouver. Un milliardaire de Silicon Valley est à la tête d'un projet appelé Moon Express qui s'offrirait à livrer (comme la compagnie Federal Express) tout ce qu'on veut sur la surface lunaire, de l'objet personnel au logo d'une compagnie. Le gros des profits, expliquait son promoteur cette semaine au New York Times, viendrait toutefois de l'extraction et du transport sur Terre de métaux précieux.

    Jamais auparavant le programme spatial américain n'a flotté dans un tel flou politique ni semblé si près de s'effondrer, déplorait récemment dans le Washington Post l'expert américain John Logston.

    «S'il n'est pas américain ou européen, l'avenir du vol spatial sera-t-il chinois?», se demandait au début du mois Le Monde. Chose certaine, la Chine en est déjà à une demi-douzaine de «taïkonautes» dans l'espace depuis 2003. Elle y enverra cet automne le premier élément d'une future station orbitale qui devrait entrer en service en 2015. La première mission inhabitée vers la Lune est prévue pour 2017. La première habitée doit se faire en 2025...
     
     
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