Le directeur général de l'OMC contredit Pierre Pettigrew - Aux riches de presser le pas à l'OMC
Photo : Patrick Sanfaçon
Le directeur général de l’OMC, Supachai Panitchpakdi, est invité à titre d’observateur au mini-sommet informel qui s’ouvrait hier dans un hôtel du centre-ville de Montréal.
Il revient aux riches et non pas aux pauvres de presser le pas dans les négociations à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), estime son directeur général, Supachai Panitchpakdi.
Invité à titre d'observateur au mini-sommet informel de l'OMC, qui s'ouvrait hier dans un hôtel du centre-ville de Montréal, l'ancien vice-premier ministre thaïlandais n'a pas été long à répondre aux commentaires, de la semaine dernière, de son hôte, le ministre canadien du Commerce, Pierre Pettigrew, voulant que les pays en voie de développement auraient tout intérêt à se plaindre un peu moins et s'engager un peu plus en faveur d'une libéralisation de leurs échanges.
«Je crois que les pays en voie de développement se sont très activement impliqués dans tous les domaines de ces négociations, a déclaré en conférence de presse Supachai Panitchpakdi. Mais ce qu'ils voient, c'est que certains engagements pris à Doha, dans le domaine du développement, n'ont pas été réalisés comme on aurait pu s'y attendre, la plupart de ces enjeux devant être accomplis pour la fin de l'année dernière. Il n'est pas étonnant qu'un sentiment de frustration se soit développé.»
Pas étonnant non plus, a-t-il poursuivi, que les pays pauvres se gardent bien, aujourd'hui, de montrer trop d'ouverture dans d'autres domaines tenant à coeur à leurs homologues américains, européens ou canadiens, comme la libéralisation des services. «Ils attendent, avant, de voir s'ils ont des chances de réaliser des gains dans les secteurs qui les concernent, comme celui de l'agriculture», dit-il.
Pierre Pettigrew n'avait pas caché son agacement, en entrevue au Devoir, vendredi, devant les critiques souvent entendues sur le peu de place réservée jusqu'à présent aux pays pauvres dans le nouvel ordre économique mondial. «Le commerce mène au développement dans la mesure où ils en font, du commerce, avait-il déclaré. Mais en ce moment, trop souvent, des pays pauvres, on n'entend que ce qu'ils ne veulent pas. "On ne veut pas ci." "On ne veut pas çà." "On ne veut pas que vous entriez chez nous." D'accord, on va essayer d'en tenir compte. Mais alors qu'est-ce que vous voulez? Ce que je voudrais entendre d'eux, c'est quand est-ce qu'on passe à l'offensive? Pourquoi toujours être sur la défensive?»
«Moment crucial»
Estimant, lui aussi, qu'il est plus que temps, que le cycle de négociation lancé à Doha, au Qatar, en novembre 2001, prenne de la vitesse pour avoir des chances de réussir, comme prévu, d'ici au 1er janvier 2005, celui que tout le monde appelle simplement «Dr Supachai» a dit espérer que les principales puissances commerciales profiteraient de cette rencontre préparatoire de trois jours à Montréal pour commencer à montrer ce qu'elles étaient prêtes à faire pour contenter les pays en voie de développement. Ne serait-ce que pour commencer du bon pied l'importante conférence de mi-parcours qui doit se tenir à Cancún, au Mexique, en septembre.
«Je n'ai pas vu de vraies négociations jusqu'à présent, a déploré le Thaïlandais qui a pris, à mi-mandat l'été dernier, la succession du Néo-Zélandais Mike Moore à la tête de l'OMC à la faveur d'un compromis entre les pays du Nord et du Sud. La réunion de Montréal arrive, sur ce point, à un moment crucial. J'espère qu'au moins les joueurs clés vont en profiter pour nous dire de quoi ils parlent entre eux, vers quoi se dirigent les négociations et s'ils maintiennent le même degré d'ambition qu'au départ.»
Portant sur une multitude de sujets allant de la libéralisation des services à la protection des droits intellectuels, en passant par la révision des processus décisionnels de l'OMC et de ses mécanismes de règlements des différends, le «Programme de Doha pour le développement» a néanmoins pour principal objectif de permettre aux pays du Sud de profiter à leur tour de la libéralisation des échanges en leur accordant, notamment, un meilleur accès aux marchés des économies développées, en réduisant le niveau de subventions accordées aux producteurs du Nord dans les domaines sensibles de l'agriculture et du textile, et en leur permettant de se soustraire à certaines règles le temps d'assurer leur décollage économique.
Malgré les retards accumulés, Supachai Panitchpakdi se dit toujours optimiste quant au résultat final des négociations. «C'est la vie. Les questions qui sont abordées ici sont très compliquées. Ce sont des enjeux qui exigent des gouvernements de prendre des décisions courageuses dans leur pays.»
«Mais l'échec de cycle de négociation n'est pas une option, a-t-il enchaîné. Parce qu'il n'y a aucune autre option. Si nous échouons, le signal envoyé à la communauté mondiale, au lendemain du 1er janvier 2005, serait celui de l'échec du système multilatéral à un moment où nous avons besoin de lui. [...] Si nous ratons cette chance, nous ne risquons pas seulement d'arrêter dans notre progression, on pourrait bien reculer.»
Invité à titre d'observateur au mini-sommet informel de l'OMC, qui s'ouvrait hier dans un hôtel du centre-ville de Montréal, l'ancien vice-premier ministre thaïlandais n'a pas été long à répondre aux commentaires, de la semaine dernière, de son hôte, le ministre canadien du Commerce, Pierre Pettigrew, voulant que les pays en voie de développement auraient tout intérêt à se plaindre un peu moins et s'engager un peu plus en faveur d'une libéralisation de leurs échanges.
«Je crois que les pays en voie de développement se sont très activement impliqués dans tous les domaines de ces négociations, a déclaré en conférence de presse Supachai Panitchpakdi. Mais ce qu'ils voient, c'est que certains engagements pris à Doha, dans le domaine du développement, n'ont pas été réalisés comme on aurait pu s'y attendre, la plupart de ces enjeux devant être accomplis pour la fin de l'année dernière. Il n'est pas étonnant qu'un sentiment de frustration se soit développé.»
Pas étonnant non plus, a-t-il poursuivi, que les pays pauvres se gardent bien, aujourd'hui, de montrer trop d'ouverture dans d'autres domaines tenant à coeur à leurs homologues américains, européens ou canadiens, comme la libéralisation des services. «Ils attendent, avant, de voir s'ils ont des chances de réaliser des gains dans les secteurs qui les concernent, comme celui de l'agriculture», dit-il.
Pierre Pettigrew n'avait pas caché son agacement, en entrevue au Devoir, vendredi, devant les critiques souvent entendues sur le peu de place réservée jusqu'à présent aux pays pauvres dans le nouvel ordre économique mondial. «Le commerce mène au développement dans la mesure où ils en font, du commerce, avait-il déclaré. Mais en ce moment, trop souvent, des pays pauvres, on n'entend que ce qu'ils ne veulent pas. "On ne veut pas ci." "On ne veut pas çà." "On ne veut pas que vous entriez chez nous." D'accord, on va essayer d'en tenir compte. Mais alors qu'est-ce que vous voulez? Ce que je voudrais entendre d'eux, c'est quand est-ce qu'on passe à l'offensive? Pourquoi toujours être sur la défensive?»
«Moment crucial»
Estimant, lui aussi, qu'il est plus que temps, que le cycle de négociation lancé à Doha, au Qatar, en novembre 2001, prenne de la vitesse pour avoir des chances de réussir, comme prévu, d'ici au 1er janvier 2005, celui que tout le monde appelle simplement «Dr Supachai» a dit espérer que les principales puissances commerciales profiteraient de cette rencontre préparatoire de trois jours à Montréal pour commencer à montrer ce qu'elles étaient prêtes à faire pour contenter les pays en voie de développement. Ne serait-ce que pour commencer du bon pied l'importante conférence de mi-parcours qui doit se tenir à Cancún, au Mexique, en septembre.
«Je n'ai pas vu de vraies négociations jusqu'à présent, a déploré le Thaïlandais qui a pris, à mi-mandat l'été dernier, la succession du Néo-Zélandais Mike Moore à la tête de l'OMC à la faveur d'un compromis entre les pays du Nord et du Sud. La réunion de Montréal arrive, sur ce point, à un moment crucial. J'espère qu'au moins les joueurs clés vont en profiter pour nous dire de quoi ils parlent entre eux, vers quoi se dirigent les négociations et s'ils maintiennent le même degré d'ambition qu'au départ.»
Portant sur une multitude de sujets allant de la libéralisation des services à la protection des droits intellectuels, en passant par la révision des processus décisionnels de l'OMC et de ses mécanismes de règlements des différends, le «Programme de Doha pour le développement» a néanmoins pour principal objectif de permettre aux pays du Sud de profiter à leur tour de la libéralisation des échanges en leur accordant, notamment, un meilleur accès aux marchés des économies développées, en réduisant le niveau de subventions accordées aux producteurs du Nord dans les domaines sensibles de l'agriculture et du textile, et en leur permettant de se soustraire à certaines règles le temps d'assurer leur décollage économique.
Malgré les retards accumulés, Supachai Panitchpakdi se dit toujours optimiste quant au résultat final des négociations. «C'est la vie. Les questions qui sont abordées ici sont très compliquées. Ce sont des enjeux qui exigent des gouvernements de prendre des décisions courageuses dans leur pays.»
«Mais l'échec de cycle de négociation n'est pas une option, a-t-il enchaîné. Parce qu'il n'y a aucune autre option. Si nous échouons, le signal envoyé à la communauté mondiale, au lendemain du 1er janvier 2005, serait celui de l'échec du système multilatéral à un moment où nous avons besoin de lui. [...] Si nous ratons cette chance, nous ne risquons pas seulement d'arrêter dans notre progression, on pourrait bien reculer.»
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