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Libre opinion - Épargnez, épargnez qu'ils disaient...

Marc Tremblay - Montréal  29 juin 2011  Actualités économiques
Comme des milliers d'investisseurs, je gère moi-même les actifs de mon REER, ce qui m'amène entre autres à négocier des titres sur le marché boursier. Et comme des milliers d'investisseurs, ce que je crains le plus est de commettre l'une de ces erreurs d'appréciation dues aux incontournables vicissitudes de la Bourse qui poussent à acheter trop vite ou trop tard un titre et, surtout, à mal l'évaluer.

Mais ce que je crains encore davantage est le premier péché capital de la Bourse, dont nous avons pu mesurer certains effets lors de la crise financière: la cupidité. La cupidité qui pousse beaucoup d'entreprises à surévaluer leur potentiel, à embellir leur bilan jusqu'à, dans certains cas, inventer des activités et des opérations qui n'existent pas.

Les 12 ou 15 dernières années ont été particulièrement fertiles en matière de scandales financiers: de la bulle Internet de la fin des années 1990 à la crise financière de 2007-2008 en passant par les scandales Enron, Adelphia, Worldcom, les exemples d'entreprises ayant fraudé des milliards de dollars, voire des dizaines de milliards ne manquent pas. Ici même au Canada, nous avons eu le scandale de Bre-X qui, il y a une quinzaine d'années, prétendait détenir les plus importantes réserves d'or au monde alors qu'elle n'avait pas la moindre once du précieux métal jaune. Puis il y eut le cas célèbre de Nortel, victime de la «comptabilité créative» de son président qui a mis à mort une compagnie déjà très ébranlée par une série de mauvaises transactions. Et maintenant, Sino-Forest, une compagnie dont j'étais un malheureux actionnaire.

Comme l'indique son nom, Sino-Forest est une compagnie établie en Chine. Elle exploite des plantations d'eucalyptus et autres essences d'arbre qu'elle transforme en fibres et bois d'oeuvre pour le marché chinois. Elle possède aussi des bureaux au Canada et est inscrite à la Bourse de Toronto, ce qui techniquement en fait une compagnie «sino-canadienne». J'ai acheté les actions de cette compagnie à environ 22 $ il y a à peine quelques mois, avant de liquider pour moins de 5 $ il y a deux semaines. À l'heure qu'il est, les actions valent à peine plus de... 2 $. Qu'est-il arrivé à Sino-Forest pour connaître un tel effondrement? Sino-Forest a été accusée de fraude par Carson Block, le fondateur de Muddy Waters Research, une maison de recherche établie en Chine. Sino-Forest aurait grossièrement exagéré ses actifs en inventant des plantations qui n'existent pas afin de gonfler son bilan et de propulser ses actions vers le haut.

Maintenant, la question à plusieurs milliers de dollars (ma perte dans Sino-Forest): pourquoi avoir investi dans ce satané titre? En fait, les raisons ne manquaient pas: la compagnie affichait un beau bilan avec juteux profits et une rentabilité exceptionnelle, son achat était fortement recommandé par près d'une dizaine d'analystes de maisons de courtage très sérieuses et son modèle d'affaires semblait des plus attrayants. Enfin, faut-il rappeler que Sino-Forest est une entreprise qui existe depuis maintenant 16 ans, que ses états financiers ont été dûment vérifiés par des firmes comptables réputées et que ses actions (qui valaient encore il y a moins d'un mois quelque 5 milliards de dollars en Bourse...) étaient vendues à la Bourse de Toronto depuis de nombreuses années. Que demander de plus? Aurais-je dû aller moi-même inspecter les plantations de Sino-Forest en Chine? Pour votre gouverne, sachez qu'aucun des analystes financiers qui suivaient jusqu'ici Sino-Forest n'avait vu de ses propres yeux les plantations de cette entreprise quand le scandale a éclaté...

Certains esprits malicieux rétorqueront que je ferais mieux de confier mes avoirs à un conseiller financier. Mais d'où ces mêmes conseillers prennent-ils leurs informations sinon des mêmes analystes des mêmes maisons de courtage... Le grand Warren Buffet a toujours dit de n'acheter que ce que vous connaissez bien. À ce compte-là, nous sommes tous mieux de larguer nos actions et d'oublier la Bourse. Ou alors, faisons passer un interrogatoire serré à tous les dirigeants d'entreprise en exigeant une caution ferme contre chaque action. Bonne chance!

Il y a trois mois, je n'avais pas acheté d'actions spéculatives. Et je n'avais pas non plus l'impression d'avoir «joué» à la Bourse. J'avais investi dans ce que j'estimais être une excellente compagnie avec un modèle d'affaires gagnant. Aujourd'hui comme des milliers d'investisseurs, j'ai presque tout perdu ce que j'avais investi dans Sino-Forest. Mon nom s'ajoute à ceux de milliers d'autres avant moi. Combien d'autres suivront?

***

Marc Tremblay - Montréal
 
 
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  • Yvon Bureau - Abonné
    29 juin 2011 08 h 00
    Loin de la Bourse
    Loin de la Bourse, plein est le salut !

    Vivre au -dessous de ses moyens.

    Partager avec d'autres dans des plus grands besoins est une richesse et un plaisir humain porteur de mieux-être.

    Il y a tellement mieux à faire que de «bourser» ! Comme «Abusez du présent», a dit Félix Leclerc
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  • celljack - Inscrit
    29 juin 2011 08 h 08
    La question à plusieurs milliers de dollars
    Pourquoi avoir investi dans des titres tout court? L'appât du gain? Faire plus de cash, pour investir plus, pour faire plus de cash?

    Plutôt que de placer votre argent en bourse, Vous auriez pu investir dans votre propre compagnie, et ainsi contrôler ses activités, s'assurer d'être responsable pour l'environnement, équitable au marché et acceptable socialement.

    Mieux: vous auriez pu vous payer plus de temps libre.

    Vous auriez pu vous construire une belle maison, avoir plein d'enfants et leur consacrer beaucoup de temps. Vous auriez pu investir dans une sublime décoration et des commodités pratiques pour un endroit où vivre pleinement. Vous auriez pu mettre assez d'argent de coté pour couvrir les taxes municipales toute votre vie.

    Vous auriez pu investir votre temps à connaitre votre entourage, à partager et à commercer, à vous faire des amis, avec qui bon vivre, qui puissent vous aider sans jamais demander un sou. Mettre du temps à l'art, à la science, à la découverte et au perfectionnement de ce qu'est d'être humain.

    Vous auriez pu investir dans des terres, des outils, de la formation technique et scientifique. Avoir un grand jardin, des serres, avec votre propre nourriture, fraiche à chaque jour, avoir un petit élevage, des réserves abondantes chaque année. Vous auriez pu investir dans des panneaux solaires, une éolienne, un biométhaniseur.

    Vous auriez pu investir sur l'amour de vos enfants, que ceux-ci daignent prendre soin de vous lors de vos vieux jours.

    Et après, vous n'auriez plus eu besoin d'investir, puisque vous n'auriez plus eu besoin d'argent.
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  • Francis Robillard - Inscrit
    29 juin 2011 18 h 03
    Travaillez avec M. Tremblay
    Votre histoire ressemble tellement à ce que j'ai vu et entendu des centaines de fois et je ne peux que vous féliciter de parler d'un sujet qui ne devrait jamais être tabou.

    Rencontrer un conseiller financier, un planificateur financier ne devrait pas être un stress, car malgré que la majorité de ces personne aient besoin de vendre, de vous vendre des produits d’une ou plusieurs entreprises pour avoir une paye, beaucoup vous auraient aidé à démêler d’abord vos priorités, votre profil et vous aurait soumis des solutions qui devraient avant tout sécuriser et diminuer vos risques. Sans oublié que c’est vous qui a toujours le dernier mot.

    Évidemment, un représentant d'une entreprise qui vend avant tout des fonds vous trouvera avant tout des solutions avec des fonds; un autre qui représente une ou des compagnies d'assurances, aura des solutions avec des produits d'assurances. Mais il est plus commun qu'à mes débuts de trouver des professionnels plus autonome face à leurs réseaux de fournisseurs, qui ont des permis leurs permettant de développer avec vous les différentes stratégies adaptées, à qui vous êtes et à vos besoins peu importe ce que cela pourrait être.

    La grande différence avec maintenant c'est qu’au lieu de prendre à bras le corps, des initiatives à très hauts risques avec peu d’expertises pour les commissions payées, vous auriez peut être dépensé un peu plus en frais et en temps, mais vous y auriez gagné en discussions pour éviter de passer par dessus des garde-fous et prendre les bonnes décisions avant de faire quoi que ce soit. Être raisonnable avant d’être émotif, tout étant relatif, voilà le plus grand défi que doit passer toute personne qui désire diminuer son stress et améliorer son sort.
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  • Stephane Levasseur - Inscrit
    29 juin 2011 22 h 34
    @celljack au pays des merveilles
    Voter message décrit la vie qu'un fonctionnaire peut s'offrir avec son fonds de pension garanti et indexé à vie. Ce serait bien si tout le monde pouvait avoir un régime de retraite à prestations déterminées. La Caisse de dépôt et placement investirait en bourse de sorte que Marc Tremblay n'aurait pas à le faire à ses risques.

    Mais un employé du privé doit épargner enter 500 000$ et 1 000 000$ pour prendre sa retraite. Il faut absolument tenter de faire fructifier ses épargnes en bourse.

    Avant de juger ceux qui doivent risquer leur pécule en bourse, faites quelques petits calculs comme ceux-ci:

    http://levasseurstephane.blogspot.com/2011/06/vale

    Stéphane Levasseur
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  • Stephane Levasseur - Inscrit
    29 juin 2011 22 h 43
    @Marc Tremblay
    Je vous propose d'adopter cette règle d'investissement: ne pas mettre plus de 5% de son avoir dans un titre. Comme il est difficile de bien évaluer un une entreprise, ça fait moins mal si on se trompe. Votre 5% perdu avec Sino-Forest serait probablement compensé par un autre titre plus chanceux qui aurait doublé de valeur. Il faut être rationnel et méthodique pour ne pas pleurer en regardant la bourse valser...ou être fonctionnaire!

    Stéphane Levasseur
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