Shell à Montréal-Est - Normandeau signe la fin de la raffinerie
La commission parlementaire ayant étudié l'impact de la fermeture de la raffinerie de Shell à Montréal-Est n'a pas publié son rapport, mais la ministre des Ressources naturelles a décidé d'autoriser la compagnie à démanteler ses installations. La compagnie estime que l'ensemble de l'opération, de la déconstruction aux derniers moments de la restauration du site, pourrait prendre jusqu'à huit ans.
Shell, dont le site a été converti en simple terminal de stockage qui reçoit ses carburants par bateau, a reçu hier matin une lettre de la ministre Nathalie Normandeau qui lui permet de déconstruire sa raffinerie puisqu'elle n'a pas trouvé preneur et que son plan d'approvisionnement est clair.
La décision de la ministre survient en l'absence d'un rapport parlementaire portant sur l'impact de la cessation du raffinage chez Shell, que la ministre aurait voulu lire avant de prendre une décision. Pour des raisons qui demeurent nébuleuses, les membres de la commission des Ressources naturelles n'ont pu s'entendre sur des recommandations.
«J'ai dit que je devais me gouverner en conséquence, et c'est ce que je fais», a dit Mme Normandeau lors d'un entretien téléphonique. «Malheureusement, les parlementaires n'ont pas réussi à s'entendre, alors je dois passer à une autre étape.» Elle estime que le démantèlement, qui serait d'une durée de deux ans, représentera de 500 à 1000 emplois.
Quatre raffineries de l'est de Montréal ont été démantelées dans les années 80. Outre celle de Shell, deux sont encore en activité au Québec: celle de Suncor à Montréal-Est et celle d'Ultramar à Saint-Romuald. La sécurité d'approvisionnement en produits pétroliers n'est pas menacée, a dit Mme Normandeau, et Québec va soutenir la diversification de l'économie de Montréal-Est.
De son côté, la société pétrolière a affirmé qu'elle n'avait pas encore signé d'entente avec un démanteleur. «Les travaux de démantèlement devraient commencer cet été. À l'heure actuelle, nous estimons que l'exécution du plan complet de démantèlement, de décontamination et de restauration demandera de sept à huit ans», a écrit dans un courriel la porte-parole de Shell au Québec, Nicole Belval.
«Selon nos prévisions, certaines portions du terrain (selon la phase et le secteur des travaux) seront prêtes pour la restauration pendant ce délai. Nous travaillons avec la municipalité de Montréal-Est en vue de permettre l'utilisation du terrain lorsque la décontamination sera terminée», a-t-elle ajouté.
Au début de 2010, lorsque Shell a annoncé qu'elle était incapable de trouver un acheteur pour sa raffinerie, un comité de relance externe avait été mis sur pied. Celui-ci, présidé par Michael Fortier, avait déniché un acheteur intéressé, le holding israélien Delek, propriétaire d'une raffinerie aux États-Unis. Shell et Delek n'avaient pu s'entendre, ce qui avait incité le démarcheur financier du comité de relance, Claude Delage, à s'interroger publiquement sur la volonté réelle de Shell à vouloir vraiment vendre la raffinerie.
L'ancien président du syndicat de la raffinerie s'est indigné de la décision de Mme Normandeau. «Après plus d'un an et demi de démarches pour sauver la raffinerie et les 800 emplois, en arriver à une décision de démantèlement complètement injustifiée et voir les travailleurs se faire traiter avec autant de mépris, c'est vraiment désolant», a écrit Jean-Claude Rocheleau dans un communiqué.
«Parlant de mépris, le fait de ne même pas avoir attendu le rapport de la commission parlementaire après avoir fait témoigner des dizaines de personnes prouve bien que la décision du gouvernement était prise depuis longtemps», a ajouté M. Rocheleau.
Trois députés du PQ à la commission — Nicole Léger, députée de la circonscription dans laquelle est située la raffinerie, Sylvain Gaudreault et Nicolas Marceau — ont affirmé il y a deux semaines que le contenu du rapport bénéficiait de la bénédiction de tout le monde, mais que des députés libéraux étaient soudainement «revenus sur leur parole».
Il y a un mois, Shell a annoncé qu'elle mettait en vente 260 stations-service du Québec et des Maritimes. En gros, la société, qui se concentre de moins en moins sur le raffinage et la vente au détail, cherche un acheteur qui accepterait de laisser les enseignes de Shell sur les stations.
Shell, dont le site a été converti en simple terminal de stockage qui reçoit ses carburants par bateau, a reçu hier matin une lettre de la ministre Nathalie Normandeau qui lui permet de déconstruire sa raffinerie puisqu'elle n'a pas trouvé preneur et que son plan d'approvisionnement est clair.
La décision de la ministre survient en l'absence d'un rapport parlementaire portant sur l'impact de la cessation du raffinage chez Shell, que la ministre aurait voulu lire avant de prendre une décision. Pour des raisons qui demeurent nébuleuses, les membres de la commission des Ressources naturelles n'ont pu s'entendre sur des recommandations.
«J'ai dit que je devais me gouverner en conséquence, et c'est ce que je fais», a dit Mme Normandeau lors d'un entretien téléphonique. «Malheureusement, les parlementaires n'ont pas réussi à s'entendre, alors je dois passer à une autre étape.» Elle estime que le démantèlement, qui serait d'une durée de deux ans, représentera de 500 à 1000 emplois.
Quatre raffineries de l'est de Montréal ont été démantelées dans les années 80. Outre celle de Shell, deux sont encore en activité au Québec: celle de Suncor à Montréal-Est et celle d'Ultramar à Saint-Romuald. La sécurité d'approvisionnement en produits pétroliers n'est pas menacée, a dit Mme Normandeau, et Québec va soutenir la diversification de l'économie de Montréal-Est.
De son côté, la société pétrolière a affirmé qu'elle n'avait pas encore signé d'entente avec un démanteleur. «Les travaux de démantèlement devraient commencer cet été. À l'heure actuelle, nous estimons que l'exécution du plan complet de démantèlement, de décontamination et de restauration demandera de sept à huit ans», a écrit dans un courriel la porte-parole de Shell au Québec, Nicole Belval.
«Selon nos prévisions, certaines portions du terrain (selon la phase et le secteur des travaux) seront prêtes pour la restauration pendant ce délai. Nous travaillons avec la municipalité de Montréal-Est en vue de permettre l'utilisation du terrain lorsque la décontamination sera terminée», a-t-elle ajouté.
Au début de 2010, lorsque Shell a annoncé qu'elle était incapable de trouver un acheteur pour sa raffinerie, un comité de relance externe avait été mis sur pied. Celui-ci, présidé par Michael Fortier, avait déniché un acheteur intéressé, le holding israélien Delek, propriétaire d'une raffinerie aux États-Unis. Shell et Delek n'avaient pu s'entendre, ce qui avait incité le démarcheur financier du comité de relance, Claude Delage, à s'interroger publiquement sur la volonté réelle de Shell à vouloir vraiment vendre la raffinerie.
L'ancien président du syndicat de la raffinerie s'est indigné de la décision de Mme Normandeau. «Après plus d'un an et demi de démarches pour sauver la raffinerie et les 800 emplois, en arriver à une décision de démantèlement complètement injustifiée et voir les travailleurs se faire traiter avec autant de mépris, c'est vraiment désolant», a écrit Jean-Claude Rocheleau dans un communiqué.
«Parlant de mépris, le fait de ne même pas avoir attendu le rapport de la commission parlementaire après avoir fait témoigner des dizaines de personnes prouve bien que la décision du gouvernement était prise depuis longtemps», a ajouté M. Rocheleau.
Trois députés du PQ à la commission — Nicole Léger, députée de la circonscription dans laquelle est située la raffinerie, Sylvain Gaudreault et Nicolas Marceau — ont affirmé il y a deux semaines que le contenu du rapport bénéficiait de la bénédiction de tout le monde, mais que des députés libéraux étaient soudainement «revenus sur leur parole».
Il y a un mois, Shell a annoncé qu'elle mettait en vente 260 stations-service du Québec et des Maritimes. En gros, la société, qui se concentre de moins en moins sur le raffinage et la vente au détail, cherche un acheteur qui accepterait de laisser les enseignes de Shell sur les stations.








