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Crédit: l'État protègera les Québécois contre eux-mêmes

Le paiement minimal exigé sur les cartes de crédit passera de 2 à 5 %

Québec — Avant qu'une crise financière n'éclate, sur fond de hausse des taux d'intérêt, Québec estime nécessaire d'intervenir dès maintenant en resserrant l'accès au crédit.

Trop de Québécois croulent sous les dettes, à telle enseigne que le gouvernement se sent obligé de leur forcer la main pour améliorer leur santé financière. Ainsi, par exemple, le paiement mensuel minimum exigé pour les cartes de crédit passera de 2 à 5 %, d'ici trois ans.

C'est là une des 90 dispositions du projet de loi 24 déposé hier par le ministre de la Justice et responsable de l'Office de la protection du consommateur, Jean-Marc Fournier. Il a dit que le temps était venu de protéger les gens contre eux-mêmes et surtout contre les institutions financières, car les taux d'intérêt finiront bien par monter un jour ou l'autre, ce qui risque d'étrangler financièrement bien des ménages.

On estime qu'entre 15 et 20 % des ménages ne paient chaque mois que le minimum exigé, accumulant au fil des ans des dettes importantes, difficiles à rembourser.

L'augmentation à 5 % du solde minimal mensuel à rembourser sur la carte de crédit aura un effet déterminant pour contrer le surendettement chronique, selon lui. «Imaginons un solde de 10 000 $. Avec un seuil minimal à 2 %, il faudra 80 ans pour rembourser la totalité du solde, avec un taux de crédit de 19,8 %. Résultat: pour le solde de 10 000 $, le consommateur aurait payé des frais de crédit de 45 350 $, ce qui est évidemment excessif», a illustré le ministre en conférence de presse.

De l'ensemble des gens qui ne remboursent mensuellement que le paiement minimum dû, le solde moyen atteint 10 000 $.

Dans ce contexte, le ministre a soutenu que la loi viendrait donc créer un meilleur équilibre entre institutions financières et consommateurs.

Car le taux d'endettement des ménages québécois a doublé depuis une trentaine d'années, et ce, même si les taux d'intérêt n'ont jamais été aussi bas.

«On ne peut pas se fermer les yeux. L'endettement est élevé. Les taux d'intérêt vont monter. Il faut anticiper et se préparer», a-t-il commenté, craignant une crise qui pourrait faire mal. «La santé économique du Québec repose directement sur la santé financière de nous tous, les consommateurs», a-t-il ajouté.

Le contenu du projet de loi, qui fera l'objet d'une consultation à l'automne, a été bien accueilli par les organismes qui représentent les consommateurs.

Le porte-parole de l'Union des consommateurs, Charles Tanguay, a réagi favorablement aux grandes orientations du projet de loi, tout en jugeant que Québec aurait pu aller encore plus loin, et «monter peut-être à 6, à 7, peut-être même jusqu'à 8 %», le paiement minimum mensuel dû sur les cartes de crédit. Chose certaine, selon lui, le statu quo «n'aurait pas rendu service aux gens».

De son côté, Options consommateurs a dit que le projet de loi contribuerait à «lutter efficacement contre le surendettement des consommateurs».

***

D’autres mesures
  • Les commerçants devront vérifier la capacité de rembourser du consommateur, avant de lui accorder une hausse de sa limite de crédit ou de conclure avec lui un contrat de crédit.
  • Québec interdira aux institutions financières de délivrer une carte de crédit à un jeune de moins de 18 ans, à moins qu’il ait obtenu le consentement écrit d’un parent.

 
 
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  • Marc Donati - Abonné
    9 juin 2011 07 h 45
    le crédit et la survie
    Il faut saluer ce projet de loi de JM Fournier. C'est sans doute l'une des rares fois que j'écris pour louanger un libéral.
    Cependant, la loi ne nous mettra pas à l’abri de la hausse effréné du prix des aliments et des produits de première nécessité. Les ménages vont également continuer à ramer devant le prix des logements et des hypothèques. Il a été prouvé que les consommateurs s'endettent principalement en achetant des produits de première nécessité, contrairement au mythe du salarié à 12 dollars de l'heure qui se procure un écran plasma sur le dos du crédit.
    En dollars réels, le niveau de vie a augmenté de 53 dollars depuis 1980. Or la vie est beaucoup plus cher, l'accès au logement beaucoup plus difficile et le gouvernement est dans une logique d'utilisateur-payeur, où peu de choses restent accessibles gratuitement.
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  • abelle - Inscrit
    9 juin 2011 08 h 07
    Trop imposés
    Si on en est arrivé là, c'est que les québécois ont une pression énorme au niveau des impôts et taxes en tout genre, directs et indirects. Ils n'ont tout simplement plus le choix.
    Plutôt que de toujours "éteindre les feux", ce serait bien de réfléchir en amont pour éviter les situations de ce genre (sur-endettement), mais je crois que le mot "anticipation" ne fait pas partie du vocabulaire de ceux qui nous gouvernent, que ce soit dans ce domaine-ci comme dans bien d'autres domaines...
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  • Michel Simard - Abonné
    9 juin 2011 08 h 57
    Où sont les avides de la liberté ?
    Étrange comme les associations de consommateurs sont toujours rapides pour limiter la liberté des consommateurs et favorisent toujours les propositions qui prennent pour hypothèse que le consommateur est un con et qu'il ne sait pas ce qui est bon pour lui. Tout consommateur devrait savoir que s'il ne paie pas son compte dans le mois, il paiera des intérêts et que ceux-ci seront plus élevés s'il ne paie qu'une petite fraction. Il y a des situations où l'usage du crédit peut être payant, notamment en ce moment alors que les taux sont très faibles.

    Où sont les porte-voix de la libaaaaarté de l'ADQ-radios poubelles ? Pouvoir faire des transactions comme bon nous semble, c'est aussi la liberté, quand toutes les parties savent ce qu'elles font, qu'il n'y pas fraude et que le système économique n'est pas mis en danger.
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  • bulgroz - Abonné
    9 juin 2011 09 h 00
    mesure insuffisante
    Hausser le paiement minimal de 2 à 5% ne changera en rien l'habitude bien ancrée de certains consommateurs à "acheter maintenant et payer plus tard". Tout comme la hausse du prix de l'essence ne change guère l'utilisation de l'automobile. Bien naïf celui qui voit dans cette mesure la volonté d'un réel changement alors qu'il ne s'agit une fois de plus que d'une duperie à saveur pré-électorale. Si le gouvernement actuel désirait vraiment "protéger les Québécois contre eux-mêmes" il imposerait aux institutions financières de lui fournir la preuve de solvabilité d'un client avant de lui émettre sa carte de crédit.
    Mon fils de 18 ans aux études, sans travail, a reçu sa carte MasterCard une semaine après en avoir la demande...
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  • d.lauzon - Inscrit
    9 juin 2011 11 h 30
    La route vers l'endettement est trop facile
    J'ai une amie qui a un fils de 12 ans qui termine sa 6ième année et qui est récemment arrivé de l'école avec un formulaire de la Caisse Populaire qu'elle pouvait signer pour qu'il obtienne une carte de crédit. Douze ans, pensez-y!

    Cette situation démontre bien que les gouvernements doivent intervenir pour faire cesser ces pratiques agressives auxquelles les institutions bancaires s'adonnent. La compétition est féroce entre ces institutions et trop de citoyens se laissent tenter par ces offres trop alléchantes.
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  • Bernard Terreault - Abonné
    9 juin 2011 14 h 19
    un pas dans la bonne direction
    Mais plus important encore serait de rendre illégaux les taux d'intérêt usuraires appliqués par les banques y compris (oh, honte!) les Caisses Desjardins. soit près de 20%. Ces intérêts insensés servent soi-disant à compenser les pertes encourues par les faillites personnelles, les fraudes et autres défauts de paiement. Si on ramenait ça à, disons, 5% plus le taux d'escompte, les banques et caisses ne prendraient pas de chance de donner des cartes sans s'assurer que les clients ont une bonne cote de crédit et ont les moyens de payer, et le problème serait réglé.
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  • Roland Berger - Abonné
    9 juin 2011 14 h 21
    À défaut
    Oui, à défaut de les protéger contre les politiciens.
    Roland Berger
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  • didge - Inscrit
    9 juin 2011 18 h 20
    NETTEMENT INSUFFISANT
    Je suis d'accord avec bulgroz car les institutions financières financent à outrance et faut bien se rappeler que ce sont aussi les émetteurs de cartes de crédit. Aussi, bizarre quand même que Mme Leroux ait annoncé cette initiative pour le Mouvement Desjardins de hausser le paiement minimum et qu'aujourd'hui, c'est le parti Libéral qui font l'annonce d'une volonté gouvernementale. Est-ce à penser que Mme Leroux voudrait aller en politique dès la fin de son mandat chez Desjardins? De toute façon, il faudrait que les institutions soient pénalisées d'avoir contribuer à l'endettement d'un client car souvent les gens s'en sortent avec une faillite mais encore faut-il savoir qu'une faillite a ses inconvénients dans le futur et que ceux qui y auront contribué continueront d'encaisser leur bonus à la vente.
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  • Louis-Olivier Savard - Inscrit
    9 juin 2011 22 h 02
    Comment empirer la situation sans nuire au société de finance!!!
    L'idée de faire peur au consommateur avec des paiement minimum de 5% ne changera rien au fait que plusieurs ne paient actuellement même pas le minimum. Si ces gens ont atteint le max de leur capacité d'endettement c'est que les banques leur en ont donné la possibilité. Il serait probablement plus sage de limiter la capacité de s'endetter, diminuer la dépendence au crédit. La réduction des marges de crédit tendent à réduire l'endettement!!! Évidemment certains diront qu'une telle mesure nuira à l'économie en réduisant la consommation de masse. Ce sont probablement les même qui ont misé sur le marché immobilier américain pour s'enrichir vite, trop vite... avec les conséquence que l'on connait aujourd'hui.
    Eh bien voilà, ce projet ne servira que les prêteur. Ils pourront donc prêter plus tout on chargeant des intérêts monstre tout en prenant 2 fois moins de risques.
    5xBravo les libér0!
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  • Democrite101 - Inscrit
    9 juin 2011 22 h 55
    Quand les cupides sont des deux bords...

    Quelles mesures liliputiennes !

    Il faut que l'État légifère sur le taux de crédit à la consommation, et le fixe à un Maximum de 5% par an.

    En plus, il lui faut interdire tout prêt à la consommation supérieur à 10% du revenu annuel net. Maximum pour la totalité des prêts à la consommation (sauf prêt-auto et prêt hypothécaire bien évidemment).

    Ainsi, les entreprises financières ne seront plus des ogres, ni les consommateurs des irresponsables.

    Jacques Légaré, ph.d. en philosophie politique et professeur d'économique pendant 30 ans.
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  • Melkitsedeq - Inscrit
    12 juin 2011 08 h 30
    À coté de la track
    -Obligation de vérifier la capacité de remboursement avant d’accorder du crédit

    Ce n’est pas le travail des cadres surpayées des banques de gérer cela.

    C’est ironique toutefois que le gouvernement fasse la leçon sur l’endettement aux contribuables, mais ils ne sont pas fichus de balancer un budget et leur endettement est parmi les pires dans le monde

    Cela sonne dans mon esprit comme porter un casque protecteur et des genouillères pour prendre une marche. Je veut dire la surprotection et la déresponsabilisation du consomateur.

    Une initiative de formation aurait plus bénifique; Informer que la plus part des banques offrent des cartes à taux réduit (cout de 30à 50$ par an) elles sont très rentables pour un particulier ayant un solde supérieur de 600$.

    Un autre problème majeur est la complexité et particularité des contrats des cartes de crédit. Le langage utilisé est inconpréhensible même pour un avocat.

    On devrait uniformiser ces contrats comme il a eté fait pour les bails de location, un contrat standard avec des advenants simple.

    Je fais affaire avec plusieurs institutions et c’est vraiment un cauchemard d’apprendre leurs différences respectives.

    A part de souffrir d’insomnie qui va ce tapper ces maudits reiglements.

    Christian Languedoc
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  • Matemiste - Abonné
    13 juin 2011 12 h 49
    Ok pour le minimum de protection, mais il est temps de nous protéger contre l'usuraire maintenant?
    Les taux pour nous vendre notre "travail" maintenant? Il est temps de resserrer la définition d'usuraire... c'est là que l'argent s'envole au profit d'actionnaires qui ne font rien d'utile de plus que nous avec ces faramineux profits discutables drainants... et enfin, éliminer ces faux cadeaux de points idiots et autres bébelles qui nous fait tous payer plus que trop cher d'une carte à l'autre au nom des Sainte Compétition, Sainte Consommation et Saint Marketing? Voyons donc! À nous de fixer les règles de notre jeux de société, pas a eux. L'Argent n'est pas divain, même s'il nous fascinent très facilement...
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