Acheter localement - Questerre recycle un slogan pour mieux vendre le gaz de schiste
Le dossier du Devoir sur le gaz de schiste
La philosophie «acheter localement» appliquée pour les aliments, et de plus en plus en vogue, devrait être transposée au secteur énergétique, et plus précisément à celui du gaz de schiste. C'est du moins la théorie élaborée par le président et chef de la direction de Questerre Energy, Michael Binnion, qui voit là une occasion de faire bénéficier l'ensemble de la société québécoise des retombées de cette industrie.
«Produire de l'énergie localement contribue à l'économie locale, écrit-il sur son blogue destiné spécifiquement aux Québécois. Les consommateurs peuvent être fiers que l'argent généré par l'énergie qu'ils utilisent se traduise par des salaires octroyés à des Québécois qui travaillent à produire celle-ci. Ils s'assurent aussi que l'argent découlant des taxes et des impôts de cette production énergétique servira aux services publics, tels que les hôpitaux et les écoles du Québec.» L'automne dernier, la vice-première ministre Nathalie Normandeau avait évoqué le financement des garderies à sept dollars pour justifier l'exploitation gazière.
Pour l'instant, on ne sait toutefois pas de quelle ampleur pourrait être la création d'emplois, pas plus que les retombées économiques du développement de cette industrie. On sait seulement que les entreprises du secteur — provenant majoritairement de l'extérieur du Québec — pourront bénéficier des investissements de plusieurs millions de dollars de l'État. Par exemple, l'évaluation environnementale stratégique menée au coût de sept millions de dollars contribuera à mieux caractériser la ressource et les formations rocheuses qui contiennent du gaz.
M. Binnion estime aussi que le gaz de schiste d'ici représenterait un gain pour les agriculteurs des Basses-Terres du Saint-Laurent. «Une industrie locale du pétrole et du gaz aidera les fermes familiales, soutient le président de cette entreprise albertaine. Les redevances provenant des droits de passage et de la location de terrains sont plus profitables que les activités agricoles elles-mêmes. De nombreux fermiers en Amérique du Nord ont pu conserver leur ferme familiale grâce aux revenus supplémentaires provenant des redevances payées par les compagnies pétrolières et gazières.» Il n'avance pas d'exemple pour illustrer son propos.
Le grand patron de Questerre joue par ailleurs la carte environnementale. «Le Québec est un leader en ce qui a trait aux pratiques environnementales. Produire l'énergie localement signifie de le faire selon les standards québécois. En oeuvrant de la sorte, les citoyens pourront être certains que l'énergie qu'ils utilisent est produite en suivant les plus hauts standards.»
Reste que, pour le moment, on en sait très peu sur les impacts environnementaux de l'exploitation du gaz de schiste, notamment pour ce qui est de l'étape cruciale de la fracturation hydraulique. Un cas de contamination des eaux souterraines a été démontré récemment par l'Académie des sciences des États-Unis. Les opposants estiment qu'ils pourraient être nombreux, malgré le discours rassurant de l'industrie, qui évalue que de 150 à 600 puits pourraient être forés au Québec chaque année en période d'exploitation. Au total, on parle d'une possibilité de 20 000 puits.
«Produire de l'énergie localement contribue à l'économie locale, écrit-il sur son blogue destiné spécifiquement aux Québécois. Les consommateurs peuvent être fiers que l'argent généré par l'énergie qu'ils utilisent se traduise par des salaires octroyés à des Québécois qui travaillent à produire celle-ci. Ils s'assurent aussi que l'argent découlant des taxes et des impôts de cette production énergétique servira aux services publics, tels que les hôpitaux et les écoles du Québec.» L'automne dernier, la vice-première ministre Nathalie Normandeau avait évoqué le financement des garderies à sept dollars pour justifier l'exploitation gazière.
Pour l'instant, on ne sait toutefois pas de quelle ampleur pourrait être la création d'emplois, pas plus que les retombées économiques du développement de cette industrie. On sait seulement que les entreprises du secteur — provenant majoritairement de l'extérieur du Québec — pourront bénéficier des investissements de plusieurs millions de dollars de l'État. Par exemple, l'évaluation environnementale stratégique menée au coût de sept millions de dollars contribuera à mieux caractériser la ressource et les formations rocheuses qui contiennent du gaz.
M. Binnion estime aussi que le gaz de schiste d'ici représenterait un gain pour les agriculteurs des Basses-Terres du Saint-Laurent. «Une industrie locale du pétrole et du gaz aidera les fermes familiales, soutient le président de cette entreprise albertaine. Les redevances provenant des droits de passage et de la location de terrains sont plus profitables que les activités agricoles elles-mêmes. De nombreux fermiers en Amérique du Nord ont pu conserver leur ferme familiale grâce aux revenus supplémentaires provenant des redevances payées par les compagnies pétrolières et gazières.» Il n'avance pas d'exemple pour illustrer son propos.
Le grand patron de Questerre joue par ailleurs la carte environnementale. «Le Québec est un leader en ce qui a trait aux pratiques environnementales. Produire l'énergie localement signifie de le faire selon les standards québécois. En oeuvrant de la sorte, les citoyens pourront être certains que l'énergie qu'ils utilisent est produite en suivant les plus hauts standards.»
Reste que, pour le moment, on en sait très peu sur les impacts environnementaux de l'exploitation du gaz de schiste, notamment pour ce qui est de l'étape cruciale de la fracturation hydraulique. Un cas de contamination des eaux souterraines a été démontré récemment par l'Académie des sciences des États-Unis. Les opposants estiment qu'ils pourraient être nombreux, malgré le discours rassurant de l'industrie, qui évalue que de 150 à 600 puits pourraient être forés au Québec chaque année en période d'exploitation. Au total, on parle d'une possibilité de 20 000 puits.







