L'énergie verte a ses limites
La logique économique commande de ne pas investir tous ses oeufs dans les énergies renouvelables... mais intermittentes
Photo : Agence France-Presse Michael Urban
Une éolienne devant une centrale au charbon en Allemagne. La croissance économique sera verte ou elle ne sera pas, selon l’OCDE.
Alors que de plus en plus de voix s'élèvent pour réclamer un virage marqué vers les énergies renouvelables, le p.-d.g. de GDF Suez, Gérard Mestrallet, met en garde contre un recours majeur à ces sources dites propres, et ce, pour des considérations économiques. Un plaidoyer repris hier par d'autres participants à la Conférence de Montréal.
«Tout ce qui est durable est vert, mais tout ce qui est vert n'est pas nécessairement durable. Il faut avoir la sagesse de le reconnaître», a-t-il affirmé d'entrée de jeu devant un parterre de gens d'affaires réunis dans un hôtel du centre-ville de Montréal. «L'offre se développe rapidement, les coûts baissent, mais ce développement s'effectue au prix de subventions publiques souvent importantes dont les pays, le plus souvent désargentés, découvrent le coût.»
M. Mestrallet, grand patron d'un géant mondial du domaine gazier, juge en outre que les citoyens ne prennent pas la réelle mesure des coûts associés aux sources énergétiques comme le solaire, la biomasse ou encore l'éolien. «Il est clair que l'opinion publique croît que les énergies renouvelables vont être la clé essentielle de l'énergie du futur. C'est vrai en partie, mais sûrement moins que l'opinion publique ne le pense. Parce que ces sources d'énergie sont intermittentes, vont nécessiter de grandes capacités de réserve et vont reposer sur le gaz naturel, en raison de la flexibilité des turbines à gaz.»
Selon lui, si on construit par exemple un parc éolien pour alimenter une ville, il faudra en effet prévoir une autre forme d'approvisionnement, comme le gaz naturel, pour éviter la panne lorsque la brise ne souffle pas. Cette multiplication des sources aurait pour effet de faire grimper la facture. «Alors, je crois qu'il faut bien réfléchir avant de s'engager trop massivement dans des productions intermittentes d'énergie renouvelable», a-t-il conclu.
Un refrain repris par le président du Conseil mondial de l'énergie, Pierre Gadonneix, dans le cadre d'un atelier sur l'avenir énergétique mondial. «À long terme, il est évident que les énergies renouvelables auront une part majoritaire», a-t-il admis. Mais pour l'heure, «les différentes sources sont à des degrés de maturité très variables». Dans la majorité des cas, a dit M. Gadonneix, elles sont «intermittentes». Donc, «dès lors que leur part dépasse 10 à 20 %, l'irrégularité de la production engendre des surcoûts très importants pour construire des capacités de production d'appoint, mais aussi des réseaux».
Sans compter, a-t-il ajouté, que la majorité des sources propres bénéficient de subventions de l'État. Fait à noter, tant les gouvernements canadiens qu'américains offrent des milliards de dollars par année aux géants de l'énergie fossile. Des subventions qui coûtent cher au trésor public et que le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurria, a appelé à abolir hier.
La dernière goutte
Quoi qu'il en soit, dans bien des cas, a soutenu M. Gadonneix, le recours aux énergies fossiles — actuellement 80 % de la consommation énergétique mondiale — demeurera essentiel. «Ma conviction, c'est que la dernière goutte de pétrole sera utilisée dans un avion... militaire», a-t-il lancé. Pour le p.-d.g. de Total Canada, Jean-Michel Gires, il faudra aussi suivre de près le développement du pétrole de schiste, une source encore méconnue mais qui pourrait se trouver en abondance dans le sous-sol de l'île d'Anticosti.
Outre l'or noir, de plus en plus exploité à travers les sables bitumineux canadiens, le gaz naturel est promis à un brillant avenir, comme le révélait lundi l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Cet «âge d'or» est évidemment dû aux découvertes massives de gaz de schiste, une industrie qui utilise des techniques d'extraction qui «posent des problèmes environnementaux», reconnaît l'AIE.
Le secteur nucléaire devrait lui aussi continuer sa croissance, selon Pierre Gadonneix. Malgré la catastrophe de Fukushima, au Japon, une étude qui doit être publiée sous peu par le Conseil mondial de l'énergie révèle que des pays comme la Chine gardent le cap. Ce n'est toutefois pas le cas de l'Allemagne, qui a choisi de tourner le dos au nucléaire. Une décision qui aurait été prise «sous le coup de l'émotion», selon lui.
«Tout ce qui est durable est vert, mais tout ce qui est vert n'est pas nécessairement durable. Il faut avoir la sagesse de le reconnaître», a-t-il affirmé d'entrée de jeu devant un parterre de gens d'affaires réunis dans un hôtel du centre-ville de Montréal. «L'offre se développe rapidement, les coûts baissent, mais ce développement s'effectue au prix de subventions publiques souvent importantes dont les pays, le plus souvent désargentés, découvrent le coût.»
M. Mestrallet, grand patron d'un géant mondial du domaine gazier, juge en outre que les citoyens ne prennent pas la réelle mesure des coûts associés aux sources énergétiques comme le solaire, la biomasse ou encore l'éolien. «Il est clair que l'opinion publique croît que les énergies renouvelables vont être la clé essentielle de l'énergie du futur. C'est vrai en partie, mais sûrement moins que l'opinion publique ne le pense. Parce que ces sources d'énergie sont intermittentes, vont nécessiter de grandes capacités de réserve et vont reposer sur le gaz naturel, en raison de la flexibilité des turbines à gaz.»
Selon lui, si on construit par exemple un parc éolien pour alimenter une ville, il faudra en effet prévoir une autre forme d'approvisionnement, comme le gaz naturel, pour éviter la panne lorsque la brise ne souffle pas. Cette multiplication des sources aurait pour effet de faire grimper la facture. «Alors, je crois qu'il faut bien réfléchir avant de s'engager trop massivement dans des productions intermittentes d'énergie renouvelable», a-t-il conclu.
Un refrain repris par le président du Conseil mondial de l'énergie, Pierre Gadonneix, dans le cadre d'un atelier sur l'avenir énergétique mondial. «À long terme, il est évident que les énergies renouvelables auront une part majoritaire», a-t-il admis. Mais pour l'heure, «les différentes sources sont à des degrés de maturité très variables». Dans la majorité des cas, a dit M. Gadonneix, elles sont «intermittentes». Donc, «dès lors que leur part dépasse 10 à 20 %, l'irrégularité de la production engendre des surcoûts très importants pour construire des capacités de production d'appoint, mais aussi des réseaux».
Sans compter, a-t-il ajouté, que la majorité des sources propres bénéficient de subventions de l'État. Fait à noter, tant les gouvernements canadiens qu'américains offrent des milliards de dollars par année aux géants de l'énergie fossile. Des subventions qui coûtent cher au trésor public et que le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurria, a appelé à abolir hier.
La dernière goutte
Quoi qu'il en soit, dans bien des cas, a soutenu M. Gadonneix, le recours aux énergies fossiles — actuellement 80 % de la consommation énergétique mondiale — demeurera essentiel. «Ma conviction, c'est que la dernière goutte de pétrole sera utilisée dans un avion... militaire», a-t-il lancé. Pour le p.-d.g. de Total Canada, Jean-Michel Gires, il faudra aussi suivre de près le développement du pétrole de schiste, une source encore méconnue mais qui pourrait se trouver en abondance dans le sous-sol de l'île d'Anticosti.
Outre l'or noir, de plus en plus exploité à travers les sables bitumineux canadiens, le gaz naturel est promis à un brillant avenir, comme le révélait lundi l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Cet «âge d'or» est évidemment dû aux découvertes massives de gaz de schiste, une industrie qui utilise des techniques d'extraction qui «posent des problèmes environnementaux», reconnaît l'AIE.
Le secteur nucléaire devrait lui aussi continuer sa croissance, selon Pierre Gadonneix. Malgré la catastrophe de Fukushima, au Japon, une étude qui doit être publiée sous peu par le Conseil mondial de l'énergie révèle que des pays comme la Chine gardent le cap. Ce n'est toutefois pas le cas de l'Allemagne, qui a choisi de tourner le dos au nucléaire. Une décision qui aurait été prise «sous le coup de l'émotion», selon lui.
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