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Desjardins - «On recherche des entreprises qui font preuve de responsabilité»

Pour le client, quatre portefeuilles sociétaires et le Fonds Desjardins Environnement

Le Mouvement Desjardins porte une attention particulière à l'investissement socialement responsable (ISR). Par le biais de fonds identifiés et de programmes mis sur pied pour concilier rendement et respect des valeurs, les entreprises sont invitées à se livrer à de meilleures pratiques envers les milieux de vie et l'environnement où elles évoluent.

La grande coopérative financière québécoise privilégie plusieurs démarches responsables, dans le cadre desquelles les investisseurs manifestent une préoccupation normale pour le rendement tout en tenant compte de considérations éthiques, sociales et écologiques. Rosalie Vendette, con-seillère en investissement responsable, en trace les contours: «On intervient principalement à deux moments dans la construction des produits; on peut le faire avant la sélection des titres en placement et une fois que les gens sont devenus actionnaires des entreprises.»

Elle se penche sur les processus qui ont cours avant que les choix ne soient arrêtés: «On dispose de filtres d'exclusion qui servent, dans un premier temps, à rejeter les entreprises qui évoluent dans les domaines du tabac, du nucléaire et de l'armement. Par la suite, on parle d'un univers de placements, si je prends en compte le Fonds Environnement Desjardins, tel que défini dans le prospectus des moyennes et grandes capitalisations boursières canadiennes; cet échantillon comprend quelque 200 entreprises. Celles-ci sont alors soumises à une évaluation sur les plans de l'environnement, du social et de la gouvernance (ESG).»

Elle explique la raison de cette procédure: «On veut évaluer ces entreprises pour bien comprendre leurs comportements et les engagements qu'elles prennent ou non par rapport aux critères de responsabilité ESG; de plus, on est ainsi capable d'avoir une opinion sur leur système de gestion. Si je prends l'exemple du Fonds Desjardins Environnement, quand on dit système de gestion, on va regarder, selon les secteurs d'activité, comment les entreprises se comportent à l'égard des agents polluants, des déchets et de l'eau; on va aller très loin dans notre investigation avec le soutien des outils dont on dispose.»

Une fois cette étape franchie, une autre équipe prend le relais: «Cette recherche est alors présentée au groupe consultatif en environnement, qui est composé de six experts en écologie extérieurs à Desjardins; ils sont chargés d'émettre une recommandation en fonction de laquelle les entreprises sont admises dans l'univers des placements ou en sont rejetées.» Ces travaux trouvent leur fondement dans le concept de responsabilité: «On recherche des entreprises qui font preuve de responsabilité par rapport à l'environnement et qui s'engagent dans une démarche pour s'améliorer; il n'est pas nécessaire qu'elles soient parfaites sur le plan écologique pour faire partie de l'univers restreint de placements qui est transmis aux gestionnaires de portefeuilles ou aux sous-con-seillers en valeurs.»

Par la suite, Desjardins n'hésitera pas, dans un deuxième temps, à interpeller dans une démarche respectueuse, à titre d'actionnaire, les entreprises qui se montrent récalcitrantes dans leur démarche écologique, sociale et de gouvernance; le mouvement devient alors un levier de changement pour celles-ci: «On va entrer en contact avec celles-ci pour les sensibiliser à nos préoccupations et on va leur demander plus d'information sur des sujets. Si l'entreprise ne considère pas nos revendications comme justes, on peut, si le dialogue est rompu, se présenter en assemblée des actionnaires et déposer des propositions pour corriger la situation.»

Niches et retombées économiques

Il existe donc des niches qui sont spécialement destinées à une clientèle en quête d'une éthique financière plus pointue, dans un monde malmené par les soubresauts économiques des dernières années, comme Mme Vendette le spécifie: «Pour nous, on a choisi d'exprimer cela dans des produits spécifiques, qui sont les quatre portefeuilles sociétaires et le Fonds Desjardins Environnement. On a opté pour cette façon de faire et on offre au membre ou au client potentiel d'opter pour notre démarche; s'ils sont intéressés par ce genre d'investissement, ils peuvent se tourner vers celui-ci ou, dans le cas contraire, opter pour des produits plus traditionnels.»

Tous les secteurs d'activité en Bourse figurent dans l'inventaire: «On ne fait pas d'exclusion et, par conséquent, il y a une répartition sectorielle similaire à celle des produits qui ont les mêmes objectifs de placement. Du côté du Fonds en environnement, en tête de liste au 31 décembre 2010, figurent les matériaux et l'énergie, à 28 %, les secteurs financiers, à 24 %, suivis de l'ensemble des autres catégories de produits (industrie, technologie, consommation, communication etc.).»

Rosalie Vendette assure que les investissements socialement responsables apparaissent comme un marché en plein développement: «La revue canadienne spécialisée dans ce domaine laissait savoir récemment que c'est près de un dollar sur cinq qui appartient à ce marché; on parle de 19 % des actifs au Canada qui sont gérés à partir de considérations écologiques, sociales et de gouvernance.» Elle apporte une distinction: «Il existe plusieurs façons d'investir de la sorte; notre manière de le faire en est une, mais il y en a d'autres. Par exemple, il existe un volet plus spécifique, qui est celui d'un investissement direct dans le cadre d'un autre type d'économie; c'est plus marginal, mais je dirais que, pris dans son ensemble, le monde financier effectue un virage dans ce sens-là.»

Elle fait le point sur une situation qui montre que de plus en plus de gens sont préoccupés par le caractère social des placements: «On pense qu'il y a un marché qui va se développer et qu'il y a un intérêt croissant de nos membres pour celui-ci; il y a des jeunes entrepreneurs qui sont intéressés, mais on retrouve tous les profils d'investisseurs parmi nos clients.»

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