L'OPA sur Pechiney est toujours d'actualité - La grande séduction
Alcan a réalisé une perte nette de 89 millions $US au second trimestre
Photo : Jacques Nadeau
Travis Engen, président-directeur général d’Alcan, ne voit personne qui puisse mieux convenir à Pechiney qu’Alcan.
Les dirigeants d'Alcan ont pris prétexte hier matin de la divulgation des résultats financiers du deuxième trimestre de 2003 pour passer près de deux heures en conférence téléphonique avec les analystes financiers et les journalistes, qui ont évidemment posé plusieurs questions à propos de l'offre publique d'achat lancée aux actionnaires de Pechiney.
Travis Engen, président-directeur général d'Alcan, a tout fait pour détruire l'impression laissée au départ d'une OPA hostile. Il a refusé de faire le moindre commentaire sur la rumeur voulant qu'il ait eu très récemment des entretiens avec Jean-Pierre Rodier, le p.-d.g. de Pechiney, «un homme qu'il connaît depuis 1989 et pour qui il a le plus grand respect». Il a aussi bien pris soin de mentionner qu'il y a «beaucoup de gens très compétents chez Pechiney».
Bref, cette conférence téléphonique fut aussi une opération de séduction dont M. Engen se dit d'ores et déjà confiant de pouvoir sortir gagnant, mais sans brusquer les événements, quoique dans le camp Pechiney on trouve qu'Alcan a déjà poussé très fort en lançant une OPA sans avoir au préalable convenu d'une entente avec ses dirigeants.
M. Engen reconnaît volontiers que cette OPA n'a pas été sollicitée, mais «ce n'était pas du tout dans notre intention qu'elle soit inamicale», a-t-il réitéré encore hier. Pour prouver sa bonne foi, Alcan dit n'avoir fait jusqu'à maintenant l'acquisition d'aucune action de Pechiney, ni directement ni indirectement. En revanche, M. Engen avoue qu'il cherche à entrer en communication avec des actionnaires de Pechiney. En outre, dans les activités quotidiennes de l'un et l'autre groupe, il y a «toutes sortes de contacts» entre les employés, qui parlent entre eux de ce projet d'acquisition et de fusion.
Est-ce que d'autres groupes pourraient faire des avances à Pechiney? M. Engen ne voit personne qui puisse mieux convenir à Pechiney qu'Alcan, mais sait-on jamais, ajoute-t-il prudemment, car il pourrait encore se passer beaucoup de choses. Il se dit toutefois convaincu qu'en définitive on va se rendre compte que personne ne présente une meilleure compatibilité avec Pechiney qu'Alcan.
Quant à la réaction de ceux qui reprochent à l'offre d'Alcan pour les actions de Pechiney de n'être pas assez élevée, M. Engen en dit qu'elle était prévisible. «Si j'étais un actionnaire de Pechiney, je le dirais moi aussi», lance le président tout en rappelant qu'Alcan offre une belle prime aux actionnaires. Il constate cependant que ce dossier encore jeune pourrait évoluer dans les semaines et les mois à venir et qu'il faudra évaluer la situation telle qu'elle se présentera. D'ailleurs, vendredi dernier, deux gestionnaires de fonds à Paris faisaient savoir qu'ils vendraient leurs actions de Pechiney à Alcan à un prix de 50 euros, c'est-à-dire un peu plus de 80 $CAN. Alcan s'en tient toujours à son offre de 41 euros.
Pour l'instant, l'étape principale à franchir est celle de l'approbation de la Commission européenne dès la phase l de l'examen de cette transaction, ce que Alcan espère obtenir au plus tard vers la fin d'août ou début septembre. La semaine dernière le Conseil des marchés financiers a jugé recevable l'offre d'achat de Pechiney déposée par Alcan le 7 juillet.
M. Engen a reconnu hier qu'il ne souhaite pas du tout devoir passer à une phase ll pour une enquête en profondeur sur cette transaction, ce qui serait dommageable pour les deux entreprises, comme cela avait été le cas, il y a quatre ans, lors du premier projet de fusion Alcan-Pechiney-Algroup. Les dirigeants d'Alcan ont depuis acquis de l'expérience au sujet des exigences et du fonctionnement des instances réglementaires européennes. Ils disent même avoir fait des vérifications avant de lancer leur OPA sur Pechiney et avoir une bonne idée des actifs dont ils devraient se départir pour que la transaction soit approuvée.
Au fait, c'est précisément une liquidation d'actifs qui a donné lieu à une moins-value de 113 millions $US qui, au cours du deuxième trimestre, ont donné une perte de 89 millions ou de 28 ¢ par action aux résultats financiers d'Alcan, tels que communiqués hier. En 2002, il y avait eu un bénéfice net de 71 millions au deuxième trimestre.
M. Engen a toutefois donné l'assurance que cette vente d'actifs n'avait aucun rapport avec le projet d'acquisition de Pechiney. On dit tout de même dans le communiqué diffusé par Alcan hier que «l'approche soutenue de gestion axée sur la valeur d'Alcan a mené à la décision de vendre les établissements non stratégiques du secteur des emballages afin de libérer des liquidités permettant de saisir des occasions offrant une plus grande valeur ajoutée». Il est vrai qu'Alcan a fait plusieurs autres acquisitions avant de lancer cette OPA sur Pechiney.
Quoi qu'il en soit, en excluant des résultats les activités abandonnées, Alcan a obtenu au cours de ce deuxième trimestre un bénéfice d'exploitation de 44 ¢, en comparaison de 46 ¢ l'an passé. Le bénéfice net des activités poursuivies fut de 24 millions en comparaison de 72 millions en 2002. Pour le semestre, en incluant les activités abandonnées, il s'agit d'une perte de 76 millions en comparaison d'un gain de 157 millions l'an passé. Le chiffre d'affaires fut de 6,68 milliards, en hausse de 10,7 % sur les revenus obtenus dans la première moitié de l'année 2002.
M. Engen demeure imperturbable dans son examen des résultats: «La discipline financière d'Alcan et sa culture de gestion axée sur la valeur continuent de porter leurs fruits malgré le repli économique prolongé. Je me réjouis que nos résultats restent solides en dépit des conditions de marché changeantes et des coûts externes plus élevés.»
Si l'on en juge par les transactions à la Bourse de Toronto, les actionnaires ne sont pas en désaccord avec lui puisque le titre d'Alcan a fait un léger bond de 36 ¢ hier. Depuis le lancement de l'OPA sur Pechiney le 7 juillet, l'action d'Alcan est passée de 41,50 $ à 44,25 $, un bond de 2,45 $.
Travis Engen, président-directeur général d'Alcan, a tout fait pour détruire l'impression laissée au départ d'une OPA hostile. Il a refusé de faire le moindre commentaire sur la rumeur voulant qu'il ait eu très récemment des entretiens avec Jean-Pierre Rodier, le p.-d.g. de Pechiney, «un homme qu'il connaît depuis 1989 et pour qui il a le plus grand respect». Il a aussi bien pris soin de mentionner qu'il y a «beaucoup de gens très compétents chez Pechiney».
Bref, cette conférence téléphonique fut aussi une opération de séduction dont M. Engen se dit d'ores et déjà confiant de pouvoir sortir gagnant, mais sans brusquer les événements, quoique dans le camp Pechiney on trouve qu'Alcan a déjà poussé très fort en lançant une OPA sans avoir au préalable convenu d'une entente avec ses dirigeants.
M. Engen reconnaît volontiers que cette OPA n'a pas été sollicitée, mais «ce n'était pas du tout dans notre intention qu'elle soit inamicale», a-t-il réitéré encore hier. Pour prouver sa bonne foi, Alcan dit n'avoir fait jusqu'à maintenant l'acquisition d'aucune action de Pechiney, ni directement ni indirectement. En revanche, M. Engen avoue qu'il cherche à entrer en communication avec des actionnaires de Pechiney. En outre, dans les activités quotidiennes de l'un et l'autre groupe, il y a «toutes sortes de contacts» entre les employés, qui parlent entre eux de ce projet d'acquisition et de fusion.
Est-ce que d'autres groupes pourraient faire des avances à Pechiney? M. Engen ne voit personne qui puisse mieux convenir à Pechiney qu'Alcan, mais sait-on jamais, ajoute-t-il prudemment, car il pourrait encore se passer beaucoup de choses. Il se dit toutefois convaincu qu'en définitive on va se rendre compte que personne ne présente une meilleure compatibilité avec Pechiney qu'Alcan.
Quant à la réaction de ceux qui reprochent à l'offre d'Alcan pour les actions de Pechiney de n'être pas assez élevée, M. Engen en dit qu'elle était prévisible. «Si j'étais un actionnaire de Pechiney, je le dirais moi aussi», lance le président tout en rappelant qu'Alcan offre une belle prime aux actionnaires. Il constate cependant que ce dossier encore jeune pourrait évoluer dans les semaines et les mois à venir et qu'il faudra évaluer la situation telle qu'elle se présentera. D'ailleurs, vendredi dernier, deux gestionnaires de fonds à Paris faisaient savoir qu'ils vendraient leurs actions de Pechiney à Alcan à un prix de 50 euros, c'est-à-dire un peu plus de 80 $CAN. Alcan s'en tient toujours à son offre de 41 euros.
Pour l'instant, l'étape principale à franchir est celle de l'approbation de la Commission européenne dès la phase l de l'examen de cette transaction, ce que Alcan espère obtenir au plus tard vers la fin d'août ou début septembre. La semaine dernière le Conseil des marchés financiers a jugé recevable l'offre d'achat de Pechiney déposée par Alcan le 7 juillet.
M. Engen a reconnu hier qu'il ne souhaite pas du tout devoir passer à une phase ll pour une enquête en profondeur sur cette transaction, ce qui serait dommageable pour les deux entreprises, comme cela avait été le cas, il y a quatre ans, lors du premier projet de fusion Alcan-Pechiney-Algroup. Les dirigeants d'Alcan ont depuis acquis de l'expérience au sujet des exigences et du fonctionnement des instances réglementaires européennes. Ils disent même avoir fait des vérifications avant de lancer leur OPA sur Pechiney et avoir une bonne idée des actifs dont ils devraient se départir pour que la transaction soit approuvée.
Au fait, c'est précisément une liquidation d'actifs qui a donné lieu à une moins-value de 113 millions $US qui, au cours du deuxième trimestre, ont donné une perte de 89 millions ou de 28 ¢ par action aux résultats financiers d'Alcan, tels que communiqués hier. En 2002, il y avait eu un bénéfice net de 71 millions au deuxième trimestre.
M. Engen a toutefois donné l'assurance que cette vente d'actifs n'avait aucun rapport avec le projet d'acquisition de Pechiney. On dit tout de même dans le communiqué diffusé par Alcan hier que «l'approche soutenue de gestion axée sur la valeur d'Alcan a mené à la décision de vendre les établissements non stratégiques du secteur des emballages afin de libérer des liquidités permettant de saisir des occasions offrant une plus grande valeur ajoutée». Il est vrai qu'Alcan a fait plusieurs autres acquisitions avant de lancer cette OPA sur Pechiney.
Quoi qu'il en soit, en excluant des résultats les activités abandonnées, Alcan a obtenu au cours de ce deuxième trimestre un bénéfice d'exploitation de 44 ¢, en comparaison de 46 ¢ l'an passé. Le bénéfice net des activités poursuivies fut de 24 millions en comparaison de 72 millions en 2002. Pour le semestre, en incluant les activités abandonnées, il s'agit d'une perte de 76 millions en comparaison d'un gain de 157 millions l'an passé. Le chiffre d'affaires fut de 6,68 milliards, en hausse de 10,7 % sur les revenus obtenus dans la première moitié de l'année 2002.
M. Engen demeure imperturbable dans son examen des résultats: «La discipline financière d'Alcan et sa culture de gestion axée sur la valeur continuent de porter leurs fruits malgré le repli économique prolongé. Je me réjouis que nos résultats restent solides en dépit des conditions de marché changeantes et des coûts externes plus élevés.»
Si l'on en juge par les transactions à la Bourse de Toronto, les actionnaires ne sont pas en désaccord avec lui puisque le titre d'Alcan a fait un léger bond de 36 ¢ hier. Depuis le lancement de l'OPA sur Pechiney le 7 juillet, l'action d'Alcan est passée de 41,50 $ à 44,25 $, un bond de 2,45 $.
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