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Rona réduit ses ambitions

Un début d'année difficile force l'entreprise à réduire le budget consacré aux nouveaux magasins

Robert Dutton
Photo : Agence Reuters Shaun Best Robert Dutton
Boucherville — La chaîne de quincailleries Rona a connu un dur début d'année qui l'a contrainte à donner un coup de frein à ses projets d'expansion.

À son premier trimestre, qui a pris fin le 27 mars, l'entreprise de Boucherville a essuyé une perte nette de 16,8 millions (13 ¢ par action), alors qu'elle avait dégagé des profits nets de 3 millions (2 ¢ par action) pendant la même période de 2010. Les ventes des magasins ouverts depuis au moins un an ont chuté de 12,6 %, ce qui a contribué à faire reculer les revenus totaux de Rona de 4 %, à 918,2 millions.

Le détaillant a imputé ces mauvais résultats aux conditions climatiques défavorables partout au Canada en mars, à la faible confiance des consommateurs et à la fin des programmes gouvernementaux favorisant la rénovation résidentielle. «Ç'a été moins négatif que pour notre plus grand concurrent [Home Depot], ce qui signifie que lorsque l'industrie est en baisse, nous continuons de gagner des parts de marché», s'est consolé hier le président et chef de la direction de Rona, Robert Dutton, à l'issue de l'assemblée des actionnaires de l'entreprise.

Malgré le caractère conjoncturel des résultats, Rona a annoncé la mise en place de mesures dans l'espoir de mettre fin au déclin.

Le détaillant réduira de 17 millions son budget consacré à la construction de nouveaux magasins et de 11 millions celui destiné à la maintenance de ses installations, tout en accroissant de 3 millions ses investissements en informatique. Au final, les dépenses en immobilisation devraient atteindre 125 millions en 2011, alors que la somme de 150 millions était prévue jusqu'ici.

Cela fait plusieurs années que Rona vit des moments difficiles en raison de la récession et de la vive concurrence qui caractérisent le secteur de la rénovation. Malgré tout, Robert Dutton assure que la stratégie de l'entreprise est la bonne: recruter des marchands indépendants et accroître sa présence dans le segment des magasins destinés aux entrepreneurs, moins cyclique, afin de contrer les aléas du secteur du détail.

Rona se félicite d'avoir fait passer sa part du marché canadien de la rénovation de 17,5 à 19 % en 2010 et espère atteindre 20 % d'ici la fin de l'année. Or, si elle continue de dominer au Québec, l'entreprise a du mal à percer au Canada anglais, plus particulièrement dans le secteur des très grandes surfaces. Rona compte 41 magasins de ce type à l'extérieur du Québec alors que Home Depot en possède pas moins de 157.

Rona espère être en mesure de tirer profit de la décision des conservateurs de reconduire, pour un an, le programme de subventions écoÉnergie Rénovation-Maisons, au coût de 400 millions.
 
 
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