Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous
    Chez Mercer

    Les trois catégories d'investissement responsable

    2 avril 2011 |Claude Lafleur | Actualités économiques
    Des questions? Ils en posent et s'en imposent, posent les analystes en investissement de Mercer, l'une des grandes firmes en matière de consultation, d'impartition et d'investissements. L'entreprise de 20 000 employés déployés dans une quarantaine de pays conçoit et gère entre autres des régimes de soins de santé, de retraite et d'avantages sociaux.

    «Notre travail consiste à faire de la consultation d'investissement auprès des régimes de retraite», indique Elisabeth Bourqui, chargée de l'investissement responsable au Canada pour Mercer. Depuis 2008, cette société a créé un groupe spécialisé dans l'investissement responsable. «C'est l'un des plus gros groupes du genre qui existent dans le monde, estime Mme Bourqui, et je suis la leader de l'investissement responsable au Canada.»

    Les analystes de Mercer examinent ce qui existe un peu partout à travers le monde comme fonds d'investissement: actions, titres à revenu fixe, fonds spéculatifs, infrastructure, immobilier, etc. «Nous avons des équipes de recherche qui étudient les gestionnaires de fonds afin de les évaluer, précise Mme Bourqui. Ces évaluations nous servent ensuite à proposer à nos clients — les gestionnaires de régimes de retraite — des stratégies et des investissements qui correspondent à leur profil de risques et de rendement.»

    «Nous aidons les gestionnaires de régimes de retraite à établir leur politique d'investissement responsable puis à intégrer les facteurs ESG — écologiques, sociétaux et de gouvernance — dans leur stratégie.»

    Éthique, socialement responsable ou responsable?

    Pour l'équipe d'Elisabeth Bourqui, l'investissement responsable considère les différents types de risques. «On doit non seulement tenir compte des risques financiers traditionnels, dit-elle, mais également des risques extrafinanciers que comporte tout investissement — qu'on peut classer sous les facteurs ESG — et qui ont un impact sur les performances de l'investissement.»

    Elle distingue toutefois l'investissement responsable de l'investissement éthique et de l'investissement socialement responsable, soit «trois concepts qu'on mélange souvent», fait-elle remarquer.

    L'investissement éthique, explique-t-elle, exclut souvent des secteurs entiers, tels que les fabricants de tabac, de mines antipersonnel ou d'armements. «On exclut des secteurs selon des valeurs d'ordre moral ou autre, dit-elle. C'est par conséquent un autre champ d'action, différent de l'investissement responsable.»

    Quant à l'investissement socialement responsable, poursuit-elle, il s'agit d'investissements qui tentent à la fois de produire des bénéfices financiers tout en ayant un impact social positif. «C'est un type d'investissements où l'on exclut certains secteurs parce qu'ils n'apportent rien à la société, mais qui fait aussi l'inclusion de secteurs qu'on juge importants pour le développement d'une communauté.»

    Quant à l'investissement responsable, il n'exclut ni n'inclut de secteurs d'activités financières. C'est ainsi qu'un secteur tel que l'extraction minière ou pétrolière, qui peut être exclu par certains, sera analysé en investissement responsable afin d'y dénicher les sociétés qui appliquent les concepts ESG. «Ainsi, on regarde les industries extractives pour voir comment elles gèrent l'environnement, appliquent des politiques sociales et de gouvernance, etc.», indique Elisabeth Bourqui.

    «L'idée à la base de l'investissement responsable est de ne pas avoir d'a priori sectoriel, insiste-t-elle. On considère plutôt que, dans un secteur donné, il y a des sociétés qui gèrent beaucoup mieux, par exemple, l'eau en ce qui concerne sa consommation, son utilisation, ses rejets, etc.»

    Investissement rentable... ou responsable?

    Il est bien entendu légitime de se demander si, en optant pour l'investissement responsable, on ne sacrifie pas un brin le rendement de ses fonds de retraite. Les analystes de Mercer se posent d'ailleurs constamment la question.

    Ils ont ainsi analysé les études universitaires sur le sujet. «En 2007 et en 2009, relate Mme Bourqui, nous avons procédé à la revue de toutes les études publiées à travers le monde concernant la performance des fonds responsables par rapport aux fonds traditionnels. Nous avons constaté que, sur les 32 études recensées, 28 démontraient une performance positive en faveur des fonds d'investissement responsable, et cela, dans toutes les différentes classes d'actifs et selon les différentes manières d'intégrer les facteurs ESG.» Deux études montraient des performances équivalentes, alors qu'une autre faisait état de performances légèrement négatives.

    En outre, depuis sa création en 2008, le groupe Mercer a pour sa part analysé trois mille stratégies d'investissement responsable. «Nous commençons à voir que les rendements des fonds responsables sont très positifs, indique Mme Bourqui. Toutefois, comme nous ne possédons des données que sur une courte période, il nous faudra voir les tendances à long terme avant d'émettre un avis.»

    Par contre, poursuit-elle, «ça tombe sous le sens» que l'investissement responsable devrait être bénéfique. «Si on prend simplement le facteur de la gouvernance, pose-t-elle, il va de soi qu'une société bien gérée en matière de gouvernance devrait enregistrer de meilleures performances. De même pour ce qui est de l'environnement, on voit très vite que les meilleures performances se retrouvent du côté de ceux qui gèrent correctement leurs ressources.»

    ***

    Collaborateur du Devoir












    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.