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Le Canada a besoin d'une stratégie nationale de l'énergie, selon Shell

Photo : Agence Reuters
Calgary — Le Canada se doit d'établir une stratégie nationale de l'énergie s'il souhaite se hisser au rang de superpuissance énergétique mondiale, a estimé hier le géant du gaz et du pétrole Shell.

Le pays compte de nombreux atouts en ce qui a trait au secteur de l'énergie, soit un marché ouvert et fiable, les deuxièmes plus importantes ressources pétrolières au monde de même que les troisièmes plus importantes réserves de gaz naturel de la planète, a affirmé la présidente de Shell Canada, Lorraine Mitchelmore.

Néanmoins, le Canada doit mettre en place un plan plus cohérent s'il entend devenir un joueur de premier plan sur la scène mondiale, a déclaré Mme Mitchelmore à des journalistes, alors que l'entreprise anglo-néerlandaise soulignait 100 ans de présence au Canada.

«À mes yeux, toutes ces choses mises ensemble ont besoin d'une approche nationale, un plan national, parce que cela permet au Canada d'être concurrentiel dans l'espace mondial», a-t-elle dit.

Certains Canadiens de l'ouest du pays frémissent sans doute encore lorsqu'ils voient les mots «énergie» et «national» l'un à côté de l'autre, à cause du controversé Programme énergétique national (PEN) créé par le gouvernement Trudeau en 1980.

Le PEN visait à protéger le Canada contre la poussée des cours mondiaux du pétrole en contrôlant les prix et en augmentant la maîtrise exercée par le pays sur la propriété des ressources énergétiques. Cependant, il était perçu en Alberta comme une intrusion d'Ottawa qui privait les producteurs canadiens d'une occasion de tirer profit de toute hausse des cours.

Mme Mitchelmore a affirmé que ce que Shell proposait n'avait rien à voir avec le PEN.

«Il s'agit de création de la richesse, et de prendre ce que le Canada a comme avantage concurrentiel et de le transformer en avantage économique à l'avenir», a-t-elle affirmé.

Une stratégie nationale de l'énergie devrait inclure des mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre, a estimé Mme Mitchelmore, qui croit également que le Canada devrait se tourner vers les marchés étrangers afin d'y exporter le pétrole et le gaz produits au pays.

L'agitation qui secoue depuis quelque temps le monde arabe et les pays nord-africains producteurs de pétrole met en évidence le statut du Canada à titre de source d'énergie fiable, a affirmé Shell dans un communiqué plus tôt en journée.

Shell Canada, dont le siège se trouve à Calgary, exploite les sables bitumineux de Muskeg River, au nord de Fort McMurray, en Alberta, et entend accroître sa présence au pays lors des années à venir.
 
 
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