Dépenses fédérales - Ottawa donne aux prisons et coupe en environnement
Les dépenses budgétaires totales devraient reculer de 10,4 milliards
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Selon le ministre de l’Environnement, Peter Kent, les compressions imposées à son ministère ne témoignent pas d’une désaffection du gouvernement.
Ottawa — Le gouvernement conservateur a déposé hier des prévisions de dépenses pour l'année 2011-2012 à l'image de ses priorités: on y trouve une augmentation marquée des programmes reliés à la sécurité (10 %) et à la justice (4,8 %), et une diminution des programmes axés sur l'environnement (-14 %) et la culture (-4,5 %).
Au final, Ottawa pense réduire ses dépenses totales cette année grâce à l'expiration de plusieurs mesures de stimulation économique. Les dépenses budgétaires devraient reculer de 10,4 milliards, pour s'établir à 250,8 milliards.
Parmi ceux qui échappent aux coupes, les Services correctionnels (qui gèrent les prisons fédérales) apparaissent comme les grands choyés. Ainsi, les dépenses consacrées à la garde des prisonniers — qui sont plus nombreux avec les multiples projets de loi du gouvernement Harper — augmenteront de 25 % en 2011-2012. C'est une hausse de 417 millions.
Les interventions correctionnelles coûteront quant à elles 84 millions de plus et la surveillance dans la collectivité, 30 millions. Au total, les activités des Services correctionnels coûteront 21 % de plus en 2011-2012 que l'année précédente. L'Agence des services frontaliers du Canada recevra pour sa part 56,2 millions de plus pour assurer le renvoi plus rapide des réfugiés déboutés par le Canada.
De l'argent supplémentaire est aussi fourni en matière de justice. Le ministère de la Justice lui-même touchera 25 millions de plus (+3,5 %), la Commission de la magistrature fédérale obtiendra 23 millions (+5,3 %) et le Bureau du directeur des poursuites pénales gagnera 13 millions (+8,4 %).
La Défense nationale, autre poste budgétaire fétiche du gouvernement conservateur, obtient plus d'argent pour ses dépenses de fonctionnement. La Défense nationale dépensera 192 millions de plus cette année par rapport à l'année précédente.
Environnement ciblé
Ailleurs dans la machine fédérale, toutefois, les ministères devront sortir leur crayon rouge pour rayer des dépenses. Et les deux grands perdants se trouvent dans des secteurs mal aimés des conservateurs: la culture et l'environnement.
Avec une baisse de 4,5 % de l'ensemble de ses budgets, le monde de la culture touchera 177,1 millions de moins l'an prochain que cette année (total de 3,8 milliards). La Société Radio-Canada devra quant à elle retrancher 16 millions à son budget. On note aussi des baisses systématiques dans le financement des musées: celui des civilisations (-3 %), celui de la nature (-6 %) et celui des sciences et de la technologie (-5 %).
En environnement, la diminution de 14,1 % représente 1,6 milliard. Ressources naturelles (-20,9 %, dont une grande part pour la fin du plan de relance et des programmes reliés aux énergies propres) et Environnement Canada (-20,3 %) écopent lourdement.
Chez ce dernier, on observe une diminution de près de 60 % du budget des programmes liés aux changements climatiques et à la qualité de l'air, qui passeront sous la barre des 100 millions (contre 240 l'an dernier). Les services météorologiques perdront aussi des plumes (-10 %).
Selon le ministre de l'Environnement, Peter Kent, les compressions imposées à son ministère ne témoignent toutefois pas d'une désaffection du gouvernement. «Ce sont des chiffres préliminaires, a-t-il dit. Il faudra voir dans le prochain budget: nous avons demandé que des programmes soient reconduits.»
Mais pour le chef adjoint du NPD, Thomas Mulcair, ce sont des «coupes insensées et inconsidérées». «On est en train de complètement négliger tout le secteur des changements climatiques», a-t-il dit.
Chaque année, le Conseil du trésor publie le «budget principal des dépenses», un document détaillant, ministère par ministère, comment est dépensé l'argent d'Ottawa. Au cours de l'année, des documents complémentaires au budget principal sont préparés pour ajuster les dépenses en fonction des orientations contenues dans le budget fédéral.
Au final, Ottawa pense réduire ses dépenses totales cette année grâce à l'expiration de plusieurs mesures de stimulation économique. Les dépenses budgétaires devraient reculer de 10,4 milliards, pour s'établir à 250,8 milliards.
Parmi ceux qui échappent aux coupes, les Services correctionnels (qui gèrent les prisons fédérales) apparaissent comme les grands choyés. Ainsi, les dépenses consacrées à la garde des prisonniers — qui sont plus nombreux avec les multiples projets de loi du gouvernement Harper — augmenteront de 25 % en 2011-2012. C'est une hausse de 417 millions.
Les interventions correctionnelles coûteront quant à elles 84 millions de plus et la surveillance dans la collectivité, 30 millions. Au total, les activités des Services correctionnels coûteront 21 % de plus en 2011-2012 que l'année précédente. L'Agence des services frontaliers du Canada recevra pour sa part 56,2 millions de plus pour assurer le renvoi plus rapide des réfugiés déboutés par le Canada.
De l'argent supplémentaire est aussi fourni en matière de justice. Le ministère de la Justice lui-même touchera 25 millions de plus (+3,5 %), la Commission de la magistrature fédérale obtiendra 23 millions (+5,3 %) et le Bureau du directeur des poursuites pénales gagnera 13 millions (+8,4 %).
La Défense nationale, autre poste budgétaire fétiche du gouvernement conservateur, obtient plus d'argent pour ses dépenses de fonctionnement. La Défense nationale dépensera 192 millions de plus cette année par rapport à l'année précédente.
Environnement ciblé
Ailleurs dans la machine fédérale, toutefois, les ministères devront sortir leur crayon rouge pour rayer des dépenses. Et les deux grands perdants se trouvent dans des secteurs mal aimés des conservateurs: la culture et l'environnement.
Avec une baisse de 4,5 % de l'ensemble de ses budgets, le monde de la culture touchera 177,1 millions de moins l'an prochain que cette année (total de 3,8 milliards). La Société Radio-Canada devra quant à elle retrancher 16 millions à son budget. On note aussi des baisses systématiques dans le financement des musées: celui des civilisations (-3 %), celui de la nature (-6 %) et celui des sciences et de la technologie (-5 %).
En environnement, la diminution de 14,1 % représente 1,6 milliard. Ressources naturelles (-20,9 %, dont une grande part pour la fin du plan de relance et des programmes reliés aux énergies propres) et Environnement Canada (-20,3 %) écopent lourdement.
Chez ce dernier, on observe une diminution de près de 60 % du budget des programmes liés aux changements climatiques et à la qualité de l'air, qui passeront sous la barre des 100 millions (contre 240 l'an dernier). Les services météorologiques perdront aussi des plumes (-10 %).
Selon le ministre de l'Environnement, Peter Kent, les compressions imposées à son ministère ne témoignent toutefois pas d'une désaffection du gouvernement. «Ce sont des chiffres préliminaires, a-t-il dit. Il faudra voir dans le prochain budget: nous avons demandé que des programmes soient reconduits.»
Mais pour le chef adjoint du NPD, Thomas Mulcair, ce sont des «coupes insensées et inconsidérées». «On est en train de complètement négliger tout le secteur des changements climatiques», a-t-il dit.
Chaque année, le Conseil du trésor publie le «budget principal des dépenses», un document détaillant, ministère par ministère, comment est dépensé l'argent d'Ottawa. Au cours de l'année, des documents complémentaires au budget principal sont préparés pour ajuster les dépenses en fonction des orientations contenues dans le budget fédéral.
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