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Old Harry - Que vaut le golfe du Saint-Laurent?

Coalition Saint-Laurent demande que soient évaluées les pertes économiques qu'entraînerait un éventuel déversement de pétrole

Pressé de conclure une entente avec Ottawa en vue d'exploiter les énergies fossiles qui se trouvent sous le lit du golfe du Saint-Laurent depuis des millions d'années, le gouvernement du Québec aurait plutôt intérêt à marquer une pause, le temps d'évaluer de façon exhaustive les impacts économiques majeurs que pourrait avoir un accident pétrolier sur cet écosystème fragile dont dépendent plusieurs communautés de cinq provinces.

C'est ce qu'a soutenu hier Christian Simard, de Nature Québec. Selon ce qu'il a fait valoir, il importe de s'assurer que les bénéfices qui pourront être tirés de l'exploitation du gisement de Old Harry ne soient pas annulés par les impacts que pourrait avoir cette activité industrielle potentiellement très polluante. «Quand on parle de gestion intégrée des ressources et d'évaluation environnementale globale, c'est précisément pour évaluer ça, a-t-il expliqué au Devoir. Est-ce que l'ensemble des biens et services environnementaux rendus par cet écosystème a plus de valeur que le fait de forer des puits de pétrole dans le golfe du Saint-Laurent? C'est ça qu'on doit estimer. Et si on décide d'aller de l'avant avec les forages, comment peut-on assurer la protection de l'écosystème?»

Car le golfe du Saint-Laurent est d'abord et avant tout un milieu de vie très riche qui supporte des activités touristiques et de pêcheries très importantes pour l'économie des Maritimes. «Les pêches dans le secteur du Canada Atlantique, c'est plus de 1 milliard de dollars de débarquements par année, seulement pour le crabe et le homard. Près de 10 000 petites entreprises dépendent de cette industrie. Pour le Québec, la valeur des débarquements dépasse les 125 millions. Ce sont des montants très importants pour l'économie liée au golfe du Saint-Laurent.»

Or, a expliqué M. Simard, les activités des pétrolières pourraient avoir un impact considérable sur l'ensemble de cette portion du Saint-Laurent. «Comme cette véritable "mer intérieure" est six fois plus petite que le golfe du Mexique, les impacts de tout accident ou déversement sur l'industrie de la pêche et celle du tourisme seraient beaucoup plus directs», a expliqué Christian Simard.

Qui plus est, il est de plus en plus admis qu'il faut prendre en compte la «valeur» des écosystèmes dans les calculs coûts-bénéfices. Un récent rapport parrainé par l'ONU et intitulé «L'économie des écosystèmes et de la biodiversité» plaide justement pour une plus grande reconnaissance de l'importance de l'«actif» que représentent toutes les composantes de la nature, mais aussi de l'immense coût rattaché à leur perte, souvent irréversible.

Québec veut du pétrole

Québec a demandé une Évaluation environnementale stratégique (EES) pour évaluer les impacts qu'aurait l'exploitation des hydrocarbures du golfe, une zone de plus de 110 000 km2. Celle-ci n'est pas encore complétée, mais la ministre Nathalie Normandeau semble déjà décidée à laisser l'entreprise Corridor Resources aller de l'avant avec l'exploration pétrolière sur la portion québécoise de Old Harry.

Elle est d'autant plus pressée que du côté terre-neuvien, les forages exploratoires pourraient débuter dès 2012. L'Office Canada-Terre-Neuve doit amorcer bientôt une consultation publique sur le projet, mais il est en effet rare que l'organisme refuse un projet de forage. «C'est ce genre de structures qui a causé la catastrophe du golfe du Mexique, en raison du manque de transparence, mais surtout du laxisme et de la pression de l'industrie», a souligné M. Simard.

Et en août dernier, le Comité sénatorial de l'énergie, de l'environnement et des ressources naturelles concluait que les mesures prises pour éviter les marées noires et celles touchant la planification des interventions en cas de déversement sont insuffisantes.

La Coalition Saint-Laurent — qui regroupe 50 organismes et associations issus de divers secteurs économiques — a donc exigé hier que le gouvernement du Québec conditionne la signature de toute entente avec le fédéral aux résultats de sa propre EES et à «un examen public afin de permettre sa bonification». Cet examen devrait être réalisé par une structure indépendante qui inclurait aussi le fédéral et Terre-Neuve.
 
 
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  • Carole Dionne - Inscrite
    2 mars 2011 01 h 44
    JE VEUX COMPRENDRE
    Si Québec s'entend avec Ottawa, on peut avoir du pétrole mais un danger pour l'environnement. Exact?

    d'autre part, Terre-Neuve s'est déjà entendu pour ce m^me projet, donc danger aussi pour les iles.

    En conclusion, accord de Québec avec Ottawa ou pas, il y a un danger réel si Terre-neuve va de l'avant et on ne peut rien y faire, je crois.
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  • France Marcotte - Abonnée
    2 mars 2011 06 h 34
    Il faut tout expliquer aux atrophiés du vivant
    Oui, pour tous les sans-génie qui ne comprennent que le langage de l'argent, il faudra bien se résigner à chiffrer la beauté du monde.

    Combien vaut l'eau, combien vaut le paysage? On aurait pu croire qu'il n'était pas nécessaire d'en venir là, de faire cet exercice trivial, plutôt vulgaire, que tous pouvaient comprendre sans qu'il soit nécessaire de le dire; mais voilà, y'en a à qui il faut faire un dessin, ceux qui ont perdu perdu le nord de l'âme.
    La ministre Normandeau par exemple, plongée depuis un bon moment dans un état second, qui semble avoir oublié pour qui exactement elle était là et certainement pas pour dilapider des richesses qui ne lui appartiennent pas, qui n'appartiennent au fond à personne puisque ce ne sont pas des "choses", même si elle a malheureusement le pouvoir de le faire, comme un somnambule à qui on aurait confié des allumettes.
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  • celljack - Inscrit
    2 mars 2011 09 h 06
    Valuation contingente?
    Combien vaut l'eau?
    Combien vaut le paysage?

    Il s'agit d'une valuation contingente.

    Effectivement, la gestion des ressources naturelles est loin d'être une démocratie, car pour en être une, il faudrait faire une valuation contingente.
    ALLEZ VOIR:
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Valuation_contingente

    À quand une vraie démocratie participative 2.0?
    À quand la révolution technologique de la démocratie?
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  • Claude Archambault - Inscrit
    2 mars 2011 09 h 45
    blah blah blah
    C'est beau tout cela, oui à chaque fois que l'homme fait quelque chose sur cette terre il y a un impact réel et aussi un impact potentiel sur l'environnement. Et on ne s'empêche pas de respirer parce que cela risque de faire entrer un germe dans notre corps.
    Oui il y a risque de catastrophe, et comme dans toute chose, plus le risque est grand plus les gains sont potentiellement grand (gain financier, pour la société, pour la vie).
    De plus on a la technologie pour un minimiser le risque et en cas d’accident en minimiser les impacts.

    À moins que le mouvement MORT-À-TOI-re ait encore gain de cause.

    Laissons collectivement passer le train et allons plutôt mendier notre part de la péréquation, je suis certain que Terre-Neuve se fera le même plaisir de partager avec nous ses gains comme nous le faisons avec Churchill Falls.
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  • bourgeoisgentilhomme - Inscrit
    2 mars 2011 09 h 49
    Terre-Neuve eux vont pomper notre pétrole
    Nous, nous regarderons béatement l'environnement se dégrader pendant que Terre-Neuve pompera notre ressource. Ce qui nous reviendra sera de la péréquation si bien sûr, Québec reste à l'intérieur du Canada. Nous resterons pauvres c'est bien ce que nous voulons. Les verts voient du danger partout. C'est obcessionnel. Pour annihiler complètement le danger, il faudrait que l'homme n'habite plus sur la planète.
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  • Denis Laforme - Inscrit
    2 mars 2011 10 h 11
    Prévoir l'imprévisible.
    Quoi qu'on fasse et quelque démarche qu'on entreprenne, l'exploitation du gisement Old Harry se fera. Bien sûr, idéalement on devrait laisser le pétrole de ce gisement là ou il se trouve. Malheureusement, les intérêt financiers pèseront fort dans la balance et notre soif de pétrole l'emportera.
    Les gens se plaignent que le prix de l'essence est trop élevé, mais ils ne diminuent pas leur consommation de façon significative. La meilleure chose qui pourrait nous arriver serait une augmentation substentielle du prix à la pompe. Quand le pétrole coûtera beaucoup plus cher (je ne sais pas à quel niveau on se rendra); alors, on se tournera vers les énergies renouvelables.
    http://denis-laforme.over-blog.com
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  • Antoinette - Abonnée
    2 mars 2011 10 h 14
    C'est à hurler!
    Il n'y aurait pas moyen d'utiliser nos ressources humaines et financières dans la recherche et développement des énergies renouvelables. Toujours cette course folle pour plus de pétrole, plus de pétrole. Je sens une grande colère monter en moi.

    Carole Smith
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  • France Marcotte - Abonnée
    2 mars 2011 12 h 15
    Combien vaut un arbre, combien une rivière?
    Un arbre: il peut donner des fruits, il protège du soleil en été, il crée de l'intimité entre voisins, il réjouit au réveil, il inspire les poètes: au moins 10 000 dollars

    Une rivière: elle peut nourrir en poissons pendant des années toute une population, on peut s'y baigner et s'épargner l'achat d'une piscine, on peut boire son eau, on peut y passer ses loisirs, elle permet de voyager, elle fournit une énergie inépuisable, apaise les peines et les tourments: au moins 5 millions de dollars.

    On voit combien cette entreprise est insensée.
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  • France Marcotte - Abonnée
    2 mars 2011 12 h 27
    Insensé?
    Non, d'accord, faisons-le rigoureusement pour toute chose: l'air pur, l'hiver, un petit bois, de la terre féconde, les écosystèmes, la photosynthèse, le cycle du carbone...on verra qu'on était déjà millionnaires sans le savoir.
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  • France Marcotte - Abonnée
    2 mars 2011 12 h 47
    Et chaque fois que l'on abat un arbre...
    ...harnache une rivière, se demander non seulement ce que cela rapporte en planches de bois vendues ou en électricité produite mais aussi, comparativement, tout ce qui est ($$$) perdu.

    Belle comptabilité en perspective!
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  • Bernard Terreault - Abonné
    2 mars 2011 15 h 11
    FAUT-IL LE RÉPÉTER ?
    Comme l'écrit la première intervenante, Terre-Neuve VA exploiter sa part de Old Harry (et peut-être même le nôtre en passant!), quoique que le Québec fasse. Alors, mêlons-nous-en au plus vite pour que nous ayions au moins un peu d'influence, par nos lois, et de revenus, par des redevances. Sinon, nous aurons le pire des deux : le danger de pollution venent de nos voisins terre-neuviens et zéro revenu.
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  • Rodrigue Tremblay - Inscrit
    2 mars 2011 16 h 36
    1 milliard de pêche? Bof
    Y'a 2 milliards de barils de pétrole. A 100$ (cours actuel) c'est 200 milliards$ qui dorment là.
    A 150$, c'est 300 milliards$
    A 200$, c'est 400 milliards$
    Alors, la pêche, tsé?
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  • MJ - Inscrite
    2 mars 2011 20 h 53
    Cette précipitation à agir sent mauvais!
    “L'Office Canada-Terre-Neuve doit amorcer bientôt une consultation publique sur le projet, mais il est en effet rare que l'organisme refuse un projet de forage. «C'est ce genre de structures qui a causé la catastrophe du golfe du Mexique, en raison du manque de transparence, mais surtout du laxisme et de la pression de l'industrie», a souligné M. Simard.”

    Voilà le noeud du problème, le conflit d’intérêts de la double mission de cet organisme, Office Canada-Terre-Neuve. Une catastrophe écologique dans cet écosystème aurait des conséquences désastreuses sur la vie de la population concentrée dans la Vallée du Saint-Laurent. Sans parler de l’exploitation du gaz de schiste pour laquelle la technologie actuelle est insuffisante pour garantir la sécurité du processus de fracturation hydraulique. J’ai entendu ce soir Thomas Mulcair, ex-ministre de l’Environnement du Québec à l’Emission “Les Francs-tireurs” déclarer que ces fracturations dans la roche pouvaient causer des séismes et qu’au Québec, si nous nous lançons dans cette industrie maintenant, il nous arrivera les mêmes problèmes qu’en Pennsylvanie avec l’eau du robinet qui s’enflamme, la contamination irréversible des nappes phréatiques, etc.

    Le gouvernement Charest n’a aucune politique énergétique qui respecte l'environnement et les citoyens. Son adhésion au développement des énergies fossiles est contraire à un développement durable et responsable au XXIe siècle. Nous nous préparons un enfer d’ici quelques années si nous laissons ce gouvernement inféodé à l’industrie pétrolière et gazière développer ces énergies sales.
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  • Fernand Trudel - Abonné
    3 mars 2011 08 h 35
    La simplicité n'est plus volontaire mais forcée
    Une telle attitude des groupes environnementeurs va faire que Old Harry sera exploité non pas par Québec mais par Terre-Neuve. Voilà les newfies s'enrichiront et nous vivrons des miettes des redevances que nous quêterons et qui s’appelle la péréquation. Actuellement nous sommes la province qui en reçoit le plus même si l'on crache sur les autres qui nous font l'aumône car pour eux le Canada est une terre de partage.

    J'ai vu des commentaires qui dépassent le gros bon sens. Comment un arbre peut-il pousser à 80 km au large et dans une profondeur de 90 mètres? Impossible alors l'ombre de l’arbre et ses fruits n'y seront pas exploitation ou non.

    Oui, ce n'est pas Deepwater avec 1,5 km de profondeur. À 90 mètres l'intervention d'un scaphandrier est envisageable et ça ne prendra pas deux mois pour colmater une brèche. Mais quand on est contre, on exagère...

    Vraiment la simplicité volontaire on veut nous la forcer par de telles interventions biaisées et antiéconomiques. Faudrait être tous sur le BS car produire la richesse c’est mauvais…
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  •  
  • elymine - Inscrit
    3 mars 2011 10 h 07
    La réalisation d'une société procède des rêves que nous construisons!
    Avis aux prophètes de malheurs ils réussiront leurs projections.
    Hibernia un projet pétrolier fort controversé a bien tourné sans catastrophe écologique et est extrêmement rentable pour Terre Neuve et les pétrolières.
    à mon sens le problème se situe dans une dilapidation par le Gouvernement Canadien de nos ressources naturelles sans que nous nous approprions le savoir faire et la fabrication des équipements pour exploiter nos actifs.

    L' industrie du canada attend toujours les promesses d'une industrie océanique.
    Cela alors que par traités de libre échange nos frontières nos contrats et nos emplois sont abandonnés aux voraces multinationales américaines norvégiennes écossaise et aux résidentes de paradis fiscaux.
    L'exemple du nationalisme économique norvégien aurait du inspirer nos politiciens .
    Eux qui ont, semble il, continué à gérer à la petite semaine toute notre économie largement basée sur le moteur des ressources naturelles, exportées brutes , sans objectif clair, d'intégration. Montrant clairement leur préférences pour capitaliser sur des plages plus ensoleillées .
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