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La Chine mise 5,4 milliards sur le gaz de schiste

Clement va examiner la transaction entre Encana et PetroChina

Si la transaction entre Encana et PetroChina se concrétise, la société chinoise sera propriétaire de 50 % de la concession Cutbank Ridge.<br />
Photo : Agence France-Presse Frederic J. Brown
Si la transaction entre Encana et PetroChina se concrétise, la société chinoise sera propriétaire de 50 % de la concession Cutbank Ridge.
À peine quelques mois après le blocage de la vente de Potash, Ottawa va se pencher sur l'entente entre Encana et PetroChina en vertu de laquelle la société chinoise va payer 5,4 milliards pour la moitié d'une coentreprise de gaz de schiste en Colombie-Britannique et en Alberta.

Le ministre de l'Industrie, Tony Clement, a indiqué dans une déclaration transmise par courriel hier que «je peux confirmer que cette transaction est sujette à examen sous la loi. L'investisseur m'a informé qu'une demande d'examen nous sera soumise bientôt».

Les besoins énergétiques de la Chine ont explosé et le pays, qui a les moyens d'investir, cherche désespérément à assouvir les besoins de son économie en mettant la main sur diverses sources d'énergie partout dans le monde. Entre autres, elle a versé 4,7 milliards l'an dernier afin d'entrer dans le capital de l'énorme projet Syncrude, au coeur des sables bitumineux.

La règle stipule que tout investissement étranger de plus de 299 millions au Canada doit être soumis à un examen en bonne et due forme sous l'éclairage de la Loi sur Investissement Canada.

«Lorsqu'une transaction est sujette à examen, l'investisseur doit obtenir mon approbation avant d'effectuer l'investissement. Je n'approuve une demande d'examen que lorsqu'un investissement démontre qu'il sera vraisemblablement à l'avantage net du Canada», a ajouté le ministre Clement.

Le bureau du ministre ne manque pas de travail. Il y a trois mois, il a refusé la transaction qui aurait vu Potash, une société de la Saskatchewan, passer sous le contrôle de BHP Billiton. Celle-ci offrait près de 40 milliards pour acquérir Potash, spécialisée dans les engrais pour l'agriculture.

À l'époque, le ministre Clement avait indiqué qu'il ne voyait pas d'avantage net pour le Canada. Peu après, la Saskatchewan, sans doute inquiète des répercussions sur sa réputation, avait lancé une campagne publicitaire pour diffuser l'image d'une véritable terre d'accueil pour les investisseurs étrangers.

Au cours des prochains mois, le bureau du ministre devrait aussi avoir à se prononcer sur l'offre d'achat de 3,2 milliards mise de l'avant par la Bourse de Londres pour le contrôle du Groupe TMX.

Celui-ci possède la Bourse de Toronto, celle de Montréal et la Bourse de croissance dans l'Ouest canadien.

Annoncée mercredi, la transaction proposée donnerait à PetroChina, filiale de la société pétrolière d'État, une tranche de 50 % dans la propriété Cutbank Ridge. Celle-ci est un ensemble d'environ un million d'acres qui chevauche le nord de la Colombie-Britannique et de l'Alberta. En activité depuis 1998, la propriété a quadruplé sa production au cours des cinq dernières années.

«Le processus d'examen est rigoureux, impliquant des consultations avec les provinces/territoires affectés ainsi que d'autres ministères du gouvernement», a ajouté le ministre Clement.

Cotée en Bourse à Shanghai, mais contrôlée par la China National Petroleum Corporation, une société d'État, PetroChina est le principal producteur de pétrole du pays. Ses revenus annuels atteignent 150 milliards.

Dans un communiqué, Encana a indiqué que l'exploitation du gaz naturel avec PetroChina irait beaucoup plus rapidement grâce à cet investissement de 5,4 milliards. Les entreprises s'attendent à ce tout soit ficelé d'ici le 1er janvier. L'entente a fait suite à des discussions qui se sont étalées sur neuf mois, a dit Encana.
 
 
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  • Fernand Trudel - Abonné
    12 février 2011 10 h 35
    Puis nous on dit NON
    Voilà que l'ouest canadien est envié pour ses gaz de shale. Je dit Shale car c'est le vrai mot et schiste ressemble trop à schisme ou rébellion. Pas surprenant qu'on dise non, même si le gouvernement du PQ en 2001 a permis aux compagnies exploitatntes des crédits d'impôts de 40% et ainsi les fonds de pensions de la FTQ et de la CSN et les Caisses Populaires ont acheté des actions dans les plus connues : Junex, Questerre, Gaz Métro et même Talisman.

    Ici la mentalité québécoise est de refuser toute création de richesse pour vivre aux crochets des autres provinces et cracher dessus. Il est temps de changer nos mentalités de porteurs d'eau avant qu'on constate qu'on régresse encore...
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  • perro blanco - Inscrit
    13 février 2011 21 h 40
    C'est qui «nous»?
    Il est audacieux de généraliser comme vous le faites, M.Trudel, et d'affirmer que «nous» avons dit non.
    «Nous» n'avons pas dit non. Nous avons dit d'accorder la priorité à l'environnement, à la qualité de l'eau, de l'air et des sols, au respect de la propriété privée et au patrimoine collectif, au respect des personnes, car ce sont là nos biens les plus précieux parce que les plus vitaux, d'attendre que la technologie et les techniques d'exploration et d'exploitation soient plus sûres, que le gaz ne s'évaporera pas de si tôt puisqu'il est là depuis des millions d'années et que 20, 30, 50 et même 100 ans, c'est très peu dans la vie d'un peuple.
    J'ignore si vous avez voyagé et avez vu à quel point l'exploitation minière dénature notre environnement, mais je vous invite à le faire et vous allez peut-être changer d'idée, surtout le jour où vous ne trouverez plus d'eau pour étancher votre soif ou vous laver.
    Par ailleurs, allez en Chine: on s'y promène à pied et en moto avec des masques. Moi, ça ne m'intéresse pas, comme la majorité des Québécois, c'est notre droit, et vous devriez réfléchir à deux fois avant de nous traiter tous et de vous traiter vous-même avec mépris en nous affublant du vocable si inexact et injuste de «porteurs d'eau».
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