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    Le REER obligatoire de Claude Castonguay ne fait pas l'unanimité

    Les Québécois doivent rester libres de leurs choix, selon des gestionnaires de fonds

    19 janvier 2011 11h02 | Alexandre Shields | Actualités économiques
    Le REER obligatoire de Claude Castonguay ne fait pas l'unanimité<br />
    Photo : Agence France-Presse (photo) Jean-François Monier Le REER obligatoire de Claude Castonguay ne fait pas l'unanimité
    Les Canadiens sont capables de choisir s'ils achètent une maison, s'ils éduquent leurs enfants correctement et quand épargner pour la retraite.»

    Rien ne sert de forcer tout un chacun à cotiser à un REER, comme le suggérait la semaine dernière Claude Castonguay, estime un spécialiste des questions de retraite de l'entreprise de services-conseils en ressources humaines Mercer.

    «Je ne crois pas qu'on devrait forcer tout le monde à cotiser à un régime de retraite, soutient le spécialiste des régimes de retraite Michel St-Germain. Je pense qu'il y a des Canadiens qui devraient utiliser leur capital à d'autres fins. Rembourser l'hypothèque est aussi bon que cotiser à un REER et je crois que le fait de s'occuper de nos enfants est une meilleure idée que de cotiser à un REER.»

    «On ne peut pas dire actuellement pour la classe moyenne si la meilleure façon d'épargner pour la retraite est de cotiser à un REER, de s'acheter une maison ou d'utiliser un CELI, ajoute-t-il. Ces trois produits ont leurs forces et il faut éviter d'imposer un carcan à tout le monde.»

    Dans une étude produite pour le compte du Centre de recherche en analyse des organisations (CIRANO) et publiée la semaine dernière, M. Castonguay avançait plutôt l'idée que les travailleurs qui ne sont pas couverts par un régime complémentaire de retraite chez leur employeur devraient être forcés de participer à un REER. Une avenue rejetée d'emblée par la classe politique. Un rejet que dénonce aujourd'hui le principal intéressé dans Le Devoir. Il faut dire que selon Claude Castonguay, sans une telle mesure, plus de 60 % des travailleurs vont devoir subir des réductions de revenu qui ne leur permettront pas de maintenir leur niveau de vie.

    L'évaluation de M. St-Germain se situe pour sa part loin du discours qui prédit la ruine pour de nombreux retraités au cours des prochaines décennies. «Il faut avoir confiance [dans le fait] que les Canadiens sont capables de choisir s'ils achètent une maison, s'ils éduquent leurs enfants correctement et quand épargner pour la retraite.» Pour lui, les allocations de ressources financières autres que l'épargne directe — maison, éducation des enfants, etc. — expliqueraient en partie pourquoi le taux d'épargne des Canadiens est aussi bas.

    Ne pas contribuer obligatoirement à un REER ne veut toutefois pas dire que les contribuables ne doivent pas songer à épargner. Il estime en fait que les citoyens devront de plus en plus assumer individuellement leur plan d'épargne pour leurs vieux jours. Surtout dans un contexte où on assiste année après année à une baisse du nombre de travailleurs bénéficiant d'un régime de retraite d'employeurs. «La classe moyenne devra remplacer la baisse dans les régimes d'employeurs par leur propre épargne individuelle», souligne justement M. St-Germain.

    Hausse des cotisations

    Il juge aussi que le gouvernement Charest devra inévitablement hausser les cotisations au Régime des rentes du Québec (RRQ). Et le plus tôt sera le mieux. «Ça fait maintenant près de quatre ans qu'on fait des analyses et des consultations sur l'insuffisance du taux de cotisation au RRQ. Il faut arrêter de discuter et prendre une décision.» Le régime souffre actuellement d'un manque à gagner estimé à 15 milliards. La dernière analyse actuarielle soulignait que le taux de 9,9 % devait être augmenté à 11 %, sans quoi la caisse du Régime des rentes devrait être à sec aux alentours de 2030.

    On peut aussi apporter des améliorations au Régime de pensions du Canada. Et Michel St-Germain n'est pas convaincu que le Régime de pensions agréé collectif mis de l'avant en décembre par le ministre Jim Flaherty et ses homologues provinciaux remportera un grand succès. Il rappelle que le Québec s'est doté il y a déjà plusieurs années d'un véhicule d'épargne similaire, le Régime de retraite simplifié, sans que celui-ci suscite un grand engouement.

    Reste que, globalement, «le Canada a un des meilleurs systèmes de retraite au monde. Notre système est bien diversifié. On peut recevoir des rentes du gouvernement, de nos employeurs et de notre épargne-retraite. Et on a un taux de pauvreté chez les personnes âgées qui est parmi les plus bas au monde. En fait, le taux de pauvreté des personnes âgées est moins élevé que celui parmi les plus jeunes».

    Et M. St-Germain ne prédit pas de «tsunami» dans les régimes de retraite avec le départ progressif des baby-boomers. Les deux tiers de ceux-ci, précise l'analyste, comptent continuer de travailler après l'âge de la retraite.
     
     
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