Trois défis majeurs pour l'humanité - Le partage de l'eau, du pain et de l'énergie
Affaibli, le monde n'est pas prêt à affronter de nouvelles crises, selon le Forum économique mondial
Photo : Agence France-Presse Issouf Sanogo
À Abidjan, en Côte d’Ivoire, les femmes de certains quartiers doivent souvent faire la file durant toute une nuit afin d’approvisionner leur famille en eau potable.
Les risques économiques, sociaux et environnementaux auxquels le monde fait face sont plus importants que jamais. Mais il n'est absolument pas prêt à affronter les «chocs» qui ne manqueront pas se survenir, selon ce qui ressort du rapport annuel sur les risques mondiaux publié hier par le Forum économique mondial.
«Le monde n'est pas paré pour affronter de nouveaux chocs significatifs, insistent les auteurs du document. D'une part, la crise financière a affaibli la capacité de résilience économique mondiale, tout en avivant les tensions géopolitiques. D'autre part, la recrudescence des préoccupations sociales indique que les gouvernements et les sociétés sont plus démunis que jamais face aux défis planétaires.» Qui plus est, le risque d'une contagion rapide des problèmes est accru dans un monde de plus en plus interdépendant.
Plus précisément, les disparités économiques grandissantes — entre pays riches et pauvres — et les échecs flagrants en matière de gouvernance mondiale — notamment dans le dossier des changements climatiques — alimentent plusieurs «risques mondiaux», en plus d'annihiler la capacité de la communauté internationale à y répondre.
Parmi ces risques croissants qui pèsent sur l'humanité, les auteurs du rapport notent l'épineuse question de l'accès à l'eau, à la nourriture et à l'énergie. L'augmentation de la population mondiale et de la prospérité provoque en effet des pressions «insoutenables» sur les ressources, font-ils valoir dans ce document publié à deux semaines du forum de Davos, en Suisse. Des problèmes qui seront exacerbés par les conséquences des changements climatiques, conséquences qui se font d'ailleurs déjà sentir.
«La demande pour l'eau, la nourriture et l'énergie devrait croître de 30 % à 50 % d'ici deux décennies. Mais les disparités économiques conduisent à des réponses à court terme dans la production et la consommation qui minent les capacités de répondre aux besoins à long terme. Or, les pénuries pourraient provoquer de l'instabilité sociale et politique, des conflits géopolitiques et des dommages environnementaux irréversibles.»
Dans certains pays pauvres, par exemple, on a assisté depuis quelques années à des émeutes provoquées par des pénuries de nourriture ou des hausses des coûts des denrées. Ce fût notamment le cas très récemment en Algérie.
Et c'est sans compter les augmentations importantes prévues d'ici quelques années dans le secteur énergétique, notamment du côté pétrolier. Qui plus est, pas moins de 75 % des centrales énergétiques qui seront nécessaires pour répondre à la demande d'ici 2030 sont toujours à construire.
Comment affronter ce choc inévitable? Ardent défenseur d'une plus grande libéralisation économique, le Forum économique mondial plaide pour des prix qui refléteraient davantage le coût «réel» de l'utilisation de la ressource. On suggère en même temps de mettre en place des mécanismes de contrôle qui permettraient de rendre les hausses plus «progressives» afin d'atténuer les chocs pour les populations les plus vulnérables.
États malmenés
La sévère crise économique mondiale a en outre mis à mal les finances publiques de plusieurs pays, forcés de sauver des institutions financières ou encore de lancer de coûteux plans de stimulation économique. Les États-Unis et certains membres de l'Union européenne peuvent en témoigner. Ces États sont donc davantage vulnérables aux chocs futurs, selon ce que rappelle le rapport. Une situation qui les forcera à choisir entre la réduction des dépenses ou l'augmentation des impôts afin de faire face à leurs obligations.
Enfin, le nombre grandissant d'États fragilisés constitue un terreau fertile pour l'accroissement de l'économie mafieuse, qui représente déjà entre 7 % et 10 % des échanges mondiaux. «Un monde fortement connecté, des défauts de gouvernance et des disparités économiques font le lit d'activités criminelles, souligne le document d'une cinquantaine de pages. [...] Il est donc urgent de mettre sur pied une forme de coopération internationale efficace.» Une coopération qui passerait par un meilleur suivi fiscal pour les citoyens, mais aussi les entreprises.
Toutes ces questions devraient être au coeur des discussions lors du forum économique mondial de Davos, en Suisse, du 26 au 28 janvier. Le premier ministre du Québec, Jean Charest, a annoncé hier qu'il s'y rendra en compagnie du ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, Clément Gignac.
«Le monde n'est pas paré pour affronter de nouveaux chocs significatifs, insistent les auteurs du document. D'une part, la crise financière a affaibli la capacité de résilience économique mondiale, tout en avivant les tensions géopolitiques. D'autre part, la recrudescence des préoccupations sociales indique que les gouvernements et les sociétés sont plus démunis que jamais face aux défis planétaires.» Qui plus est, le risque d'une contagion rapide des problèmes est accru dans un monde de plus en plus interdépendant.
Plus précisément, les disparités économiques grandissantes — entre pays riches et pauvres — et les échecs flagrants en matière de gouvernance mondiale — notamment dans le dossier des changements climatiques — alimentent plusieurs «risques mondiaux», en plus d'annihiler la capacité de la communauté internationale à y répondre.
Parmi ces risques croissants qui pèsent sur l'humanité, les auteurs du rapport notent l'épineuse question de l'accès à l'eau, à la nourriture et à l'énergie. L'augmentation de la population mondiale et de la prospérité provoque en effet des pressions «insoutenables» sur les ressources, font-ils valoir dans ce document publié à deux semaines du forum de Davos, en Suisse. Des problèmes qui seront exacerbés par les conséquences des changements climatiques, conséquences qui se font d'ailleurs déjà sentir.
«La demande pour l'eau, la nourriture et l'énergie devrait croître de 30 % à 50 % d'ici deux décennies. Mais les disparités économiques conduisent à des réponses à court terme dans la production et la consommation qui minent les capacités de répondre aux besoins à long terme. Or, les pénuries pourraient provoquer de l'instabilité sociale et politique, des conflits géopolitiques et des dommages environnementaux irréversibles.»
Dans certains pays pauvres, par exemple, on a assisté depuis quelques années à des émeutes provoquées par des pénuries de nourriture ou des hausses des coûts des denrées. Ce fût notamment le cas très récemment en Algérie.
Et c'est sans compter les augmentations importantes prévues d'ici quelques années dans le secteur énergétique, notamment du côté pétrolier. Qui plus est, pas moins de 75 % des centrales énergétiques qui seront nécessaires pour répondre à la demande d'ici 2030 sont toujours à construire.
Comment affronter ce choc inévitable? Ardent défenseur d'une plus grande libéralisation économique, le Forum économique mondial plaide pour des prix qui refléteraient davantage le coût «réel» de l'utilisation de la ressource. On suggère en même temps de mettre en place des mécanismes de contrôle qui permettraient de rendre les hausses plus «progressives» afin d'atténuer les chocs pour les populations les plus vulnérables.
États malmenés
La sévère crise économique mondiale a en outre mis à mal les finances publiques de plusieurs pays, forcés de sauver des institutions financières ou encore de lancer de coûteux plans de stimulation économique. Les États-Unis et certains membres de l'Union européenne peuvent en témoigner. Ces États sont donc davantage vulnérables aux chocs futurs, selon ce que rappelle le rapport. Une situation qui les forcera à choisir entre la réduction des dépenses ou l'augmentation des impôts afin de faire face à leurs obligations.
Enfin, le nombre grandissant d'États fragilisés constitue un terreau fertile pour l'accroissement de l'économie mafieuse, qui représente déjà entre 7 % et 10 % des échanges mondiaux. «Un monde fortement connecté, des défauts de gouvernance et des disparités économiques font le lit d'activités criminelles, souligne le document d'une cinquantaine de pages. [...] Il est donc urgent de mettre sur pied une forme de coopération internationale efficace.» Une coopération qui passerait par un meilleur suivi fiscal pour les citoyens, mais aussi les entreprises.
Toutes ces questions devraient être au coeur des discussions lors du forum économique mondial de Davos, en Suisse, du 26 au 28 janvier. Le premier ministre du Québec, Jean Charest, a annoncé hier qu'il s'y rendra en compagnie du ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, Clément Gignac.
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